Avec plus de vingt-cinq victoires à son actif, dont trois victoires dans la Solitaire du Figaro ainsi qu’un doublé dans le Vendée Globe (2000-2001 et 2008-2009), Michel Desjoyeaux est en visite sur cette étape royannaise. L’occasion d’échanger avec les jeunes marins de ce Tour Voile 2021 et pourquoi pas de leur donner quelques ficelles tirées de sa longue expérience. Entretien avec celui que l’on surnomme « le professeur » :

 Michel, en quoi le Tour Voile est une épreuve incontournable à tes yeux ?

Michel Desjoyeaux : Tout d’abord merci à Bernard Decré, son créateur en 1978. Il a permis à énormément de jeunes de beaucoup naviguer puisque pendant presque un mois, c’est une régate par jour. Je pense que quasiment toute la voile française est passée par le Tour Voile. Moi aussi j’y suis passé. Comme équipier d’abord, puis comme barreur, puis comme skipper. J’avais notamment fait un Tour Voile avec les marins de l’École Navale, j’en garde de très bons souvenirs. Le Tour Voile, c’est aussi une école de la vie. Ce n’est pas que les navigations, c’est aussi vivre ensemble 24h sur 24, faire à manger ensemble, dormir dans un certain dénuement parfois. C’est un mélange de compétition, de croisière, de camping … Il y a beaucoup d’ingrédients, c’est super formateur pour ça.

Toi qui as un immense parcours de course au large, que penses-tu du retour des étapes de ralliement sur cette édition 2021 ?

Le Diam24 OD s’adapte très bien au format initié par A.S.O. C’est un support beaucoup plus spectaculaire, il y a beaucoup plus de proximité avec le public. Mais je pense que malgré tout, c’était important d’intégrer des étapes de ralliement dans le programme. C’est important pour les jeunes de se former sur des parcours un petit plus longs. Ils ont l’habitude de tourner autour de 3 bouées, de faire des raids avec des bouées qu’ils voient quasiment d’une marque à l’autre, mais c’est aussi important d’anticiper, de regarder la météo, de jouer avec les courants, d’appréhender plus de paramètres de ce milieu qu’est la voile. Ça permet d’avoir un avant-goût de la course au large.

C’est une édition post Covid, avec un petit plateau de 10 participants, mais la volonté est là pour que le Tour Voile reparte fort, avec la participation de jeunes mais aussi de teams plus expérimentés, quelle est ton analyse là-dessus ?

 Michel Desjoyeaux : C’était important que cette édition du Tour Voile puisse se faire. Certes sur un format un peu allégé, peu de villes étapes, peu de concurrents, mais il y a une belle bagarre qui va certainement inciter des teams à venir l’année prochaine. Pour moi, le paysage de la voile ne peut pas se faire sans le Tour Voile !

Que penses-tu de cette dernière étape sur le lac de Serre-Ponçon ?

Michel Desjoyeaux : C’est super d’amener les bateaux vers ces plans d’eau intérieurs. Le fait que ce support se démonte et se transporte facilement en remorque rend simple l’accès aux lacs. Ce sont des petits bateaux, très manœuvrants. Les équipages les maitrisent très bien donc au contraire, il faut pouvoir s’adapter à tous les plans d’eau. On essaye d’initier à la course au large, mais on peut aussi initier des gens de bord de lac ou de plan d’eau intérieur. Si on vient naviguer chez eux, ils peuvent aussi venir naviguer chez nous. C’est un cercle vertueux.

Le format de la Super Finale, qu’en penses-tu ?

Michel Desjoyeaux : Ce format de super finale est assez similaire à ce qui se fait dans l’olympisme depuis quelques années avec un bonus sur la medal race qui compte double. C’est bien d’avoir un système qui pousse les compétiteurs à se battre jusqu’au bout. Là, le classement est très serré avant les parcours construits d’aujourd’hui et le raid de demain. Donc j’espère que lorsque les bateaux vont rentrer dans leur remorque direction Serre-Ponçon, il y aura toujours beaucoup de suspense pour assister à une dernière étape passionnante.

Ton cata Z nous suit depuis le début, c’est sympa…

 Michel Desjoyeaux : En fait, le cata Z est exactement fait pour ce genre de programme. Emmener des invités à la journée : des élus locaux, des partenaires de l’organisation, des opérations de RP des sponsors des bateaux… C’était aussi l’occasion d’avoir un bateau plus « marin » dans les courses de ralliement si jamais il faut les remorquer, accueillir de potentiels blessés avec le médecin de la course qui est à bord. C’est un peu le produit idéal pour ça et j’ai été ravi de le mettre à disposition. L’année prochaine, je ferai bien tout le Tour Voile, mais à bord du catamaran… J’ai passé l’âge d’être concurrent. Place aux jeunes, c’est bien de les regarder, j’ai beaucoup d’admiration pour cette épreuve et pour ce qu’il s’y passe.

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