L’ultime rendez-vous

Il ne reste plus qu’une journée de course. Une dernière poignée d’heures pour aller chercher un classement, défendre une place ou simplement quitter le Tour Voile avec le sentiment d’avoir tout donné. Ce dimanche, l’édition 2026 s’achève en rade de Lorient dans les conditions que les équipages espéraient depuis plusieurs jours. Pour profiter pleinement du vent synoptique soufflant entre 12 et 16 nœuds de nord-est, la Direction de course a avancé l’appareillage des Figaro Beneteau 3 à 8 heures. L’objectif est clair : lancer un premier départ dès 9 heures afin de valider deux parcours construits, puis un parcours côtier d’une douzaine de milles, un format que les équipages n’ont plus eu l’occasion de disputer depuis plusieurs jours. Le retour de la flotte à Kernével est attendu aux alentours de 14 heures, avant une remise des prix programmée à 19 heures qui viendra refermer près de trois semaines d’une compétition particulièrement disputée.

 

Le scénario est presque idéal. Après plusieurs journées marquées par les petits airs et de longues phases d’attente, les concurrents devraient enfin pouvoir s’exprimer dans des conditions plus toniques. Il ne sera plus temps de calculer : trois courses restent à disputer, de quoi conforter une position… ou rebattre une dernière fois les cartes.

Le principal suspense se concentre sur la lutte pour la troisième place du classement général. Seul un demi-point sépare PAPREC by Normandy Inshore Program et La Réunion avant ce dernier acte, promettant un duel jusqu’à la dernière arrivée. Mais derrière, rien n’est totalement figé non plus.

Au-delà des points, c’est surtout l’envie de finir en beauté qui domine les pontons. Tous se réjouissent de retrouver enfin un peu d’air, de pouvoir lancer les bateaux à pleine vitesse et de renouer avec un parcours côtier. Défendre une place, en conquérir une autre ou simplement savourer une dernière journée de régates : chacun aura sa propre motivation au moment de larguer les amarres. Car dans quelques heures, les classements seront figés.

 

Florine Bourit (PAPREC by Normandy Inshore Program) : « Il reste trois manches, donc tout est possible. Dans les deux sens, d’ailleurs ! Avec seulement 0,5 point d’écart, on est quasiment à égalité. Je pense que c’est l’endroit du classement où ça se joue le plus, donc la journée est vraiment très ouverte. On a essayé de bien récupérer et de bien débriefer. Maintenant, l’objectif, c’est de tout aligner pour garder notre place sur le podium. Il y aura peut-être un peu de marquage. Deux stratégies sont possibles : soit on joue le match race avec nos concurrents directs, soit on fait notre propre course. On n’a pas encore totalement arrêté notre choix. Ce qui est sûr, c’est que les conditions s’annoncent superbes et qu’on va se régaler. C’est aussi ça le plus important : prendre du plaisir, finir ce Tour en beauté et donner le maximum. Il ne faut pas non plus se mettre trop de pression. Si on a été devant pendant tout le Tour, c’est aussi parce qu’on sait faire. Il faut se faire confiance… et que le meilleur gagne. »

Noah Guichoux (LGC Sailing – Bretagne Plaisance) : « C’est le dernier jour, le dernier sprint, et ça s’annonce comme une belle journée. Il y aura du soleil, du vent, tout ce qu’on aime. On devrait enchaîner trois manches avant de terminer par un parcours côtier. Ça fait un moment qu’on n’en a pas fait et, avec une quinzaine de nœuds annoncés en fin de journée, les conditions seront parfaites pour finir en beauté. Là, oui, on va pouvoir lâcher les chevaux ! De notre côté, on va essayer de grappiller la cinquième place. Avec trois manches et un côtier, tout reste possible. Si on se donne à fond, on peut y arriver. Il faudra quand même faire attention à ne pas abîmer le bateau, mais on part avec un état d’esprit très positif. On est un peu fatigués, forcément, mais le niveau est tellement homogène qu’on peut faire une mauvaise manche, puis revenir tout de suite avec une quatrième ou une cinquième place. Ça promet encore une journée très serrée, avec pas mal de suspense. En plus, on accueille Emma à bord aujourd’hui, ça apporte un peu de fraîcheur au sein de l’équipage. Et puis oui… on est quand même un peu éclatés à la fin de ce Tour ! Il n’y a peut-être pas eu beaucoup de vent, mais il a fait chaud… au moins, on aura bronzé ! »

Iona Jan (CER – Ville de Genève) : « C’est le moment de ne plus trop réfléchir et de se faire un maximum plaisir. Les conditions s’annoncent vraiment chouettes et il faut en profiter. Ça fait du bien de retrouver du vent. On se disait que c’était un peu ce qui nous avait manqué depuis le début de la saison, donc c’est agréable de terminer là-dessus. En plus, on devrait refaire un parcours côtier. Ça fait un moment qu’on n’en a pas couru et c’est une belle manière de conclure ce Tour Voile. L’objectif, maintenant, c’est de confirmer ce qu’on a montré ces derniers jours. On sait qu’on est capables de signer de bons résultats, alors on a envie de bien finir. Évidemment, tout le monde pense la même chose, mais il faudra bien qu’il y en ait qui terminent derrière ! Avec un peu plus de vent, le courant devrait aussi être un peu moins pénalisant. Et c’est assez drôle, parce qu’on dit souvent que les Suisses sont à l’aise dans le petit temps… mais nous, pour l’instant, on se sent plutôt mieux quand ça souffle un peu ! »