Auteur d’une carrière auréolée de nombreuses victoires, dont une sur le Vendée Globe 2004-2005 et deux sur la Transat Jacques Vabre (2013 et 2015), Vincent Riou est en visite sur cette étape de Serre-Ponçon. Rencontre avec celui que l’on surnomme Vincent « le terrible » et qui a participé à plusieurs reprises au Tour Voile :

Vincent, qu’est-ce que représente pour toi le Tour Voile ?

Vincent Riou : « Le Tour Voile représente beaucoup de choses. J’y ai fait mes premières grosses compétitions lorsque j’avais à peine 20 ans. Depuis, c’est une épreuve que je suis tous les ans. J’ai suivi la transition en Diam24 OD en 2015 puisque j’étais venu avec mon équipe participer à l’épreuve. Je suis très attaché à cette épreuve. C’est une super belle compétition sportive. Et elle permet de découvrir notre magnifique pays sous plein de facettes. De toutes les façades du littoral jusqu’au lac de Serre-Ponçon comme ici, le Tour Voile permet de naviguer dans des endroits incroyables, de faire de belles courses et surtout d’amener les jeunes à la course à la voile et à la compétition de haut niveau. Ça reste un super vivier de compétiteurs. Je crois qu’il n’y a pas un marin français qui n’est pas un jour passé par le Tour Voile. »

Ton expérience du Tour Voile, c’est quoi ?

Vincent Riou : « Je l’ai fait une dizaine de fois. En sélection, en JOD 35, en FARR 30, en Diam 24… J’ai dû le faire 3-4 fois d’affilée quand j’étais jeune et après je revenais régulièrement faire des étapes. En 2015, je suis revenu avec une équipe faire le Tour Voile complet en Diam24. »

Que penses-tu du format de cette année avec des parcours construits, des côtiers et des ralliements ?

Vincent Riou : « Je suis ravi que l’on remette les ralliements. Quand on avait démarré en Diam24 OD, on avait fait quelques essais de ralliements en avant-saison pour voir si c’était jouable. J’étais depuis longtemps persuadé qu’on pouvait le faire. Le reste, les raids et puis la course en stade, ça reste un modèle sympa parce que ça fait de la diversité dans le type de compétitions.  Et le Tour Voile est aussi l’opportunité de faire venir des purs régatiers venant de l’olympisme pour apporter de l’expertise sur les parcours construits. Tout cela amène de la richesse, de la diversité et c’est ça qui est sympa dans le Tour Voile. L’épreuve réunit toute la famille de la voile. »

Pour une finale sur plan d’eau fermé, faut-il avoir une certaine polyvalence ? Que penses-tu de ce choix ?

Vincent Riou : « Je pense que c’est un bon choix parce que les plans d’eau intérieur en France sont nombreux et très riches. Je trouve que c’est bien d’amener une grande compétition sur un lac. Mais ce sont des plans d’eau difficiles à naviguer. Ce n’est pas hyper simple mais ça reste de la voile avec du vent, avec du relief,… Tous les ingrédients qu’on peut retrouver dans la régate. Peu importe le site, ce seront les meilleurs qui ressortiront vainqueurs et c’est ça qui est important dans le sport. »

Aujourd’hui c’est le dernier jour pour se qualifier pour la Super Finale, tu vas suivre un peu la course ?

Vincent Riou : « Depuis que je suis arrivé, j’ai du mal à garder la tête ailleurs que sur les bateaux. J’ai encore du mal à les identifier clairement car j’ai suivi le Tour Voile à distance. Je connais un peu les classements, les enjeux de la journée, donc oui jusqu’à ce soir je vais avoir les yeux rivés sur le plan d’eau pour regarder ce qu’il s’y passe et voir qui va sortir son épingle du jeu. »

Originaire de Nice et finisher du dernier Vendée Globe sur l’Imoca TSE – 4MyPlanet, Alexia Barrier est elle aussi en visite sur cette étape de Serre-Ponçon. Elle a participé à de nombreuses courses renommées, notamment la Transat AG2R ( Transat en Double), la Route du Rhum, la Transat Jacques Vabre et le Tour Voile qu’elle a disputé en 2017. Préoccupée par l’état des océans, Alexia est la fondatrice de l’association 4MyPlanet dont l’objectif est de sensibiliser à la protection des océans. Elle a également participé sur le village du Tour Voile à une table ronde sur la mixité dans la voile. Entretien avec cette navigatrice engagée :

Alexia, que représente le Tour Voile pour toi ?

Alexia Barrier : « Tout d’abord, je suis super contente d’être aujourd’hui à Serre-Ponçon pour la dernière étape du Tour Voile. C’est canon ! J’adore cet événement, j’adore ce format avec des petits trimarans assez rapides et accessibles aux jeunes et aux amateurs. Cela permet aux amateurs de se confronter aux professionnels. C’est assez exceptionnel de voir un circuit de haut niveau de ce type donc j’ai hâte de voir les courses de cet après-midi. »

Un Tour Voile qui se termine sur un lac, que penses-tu de l’idée ?

Alexia Barrier : « Quand j’ai dit à mes amis que j’allais à Serre-Ponçon pour le Tour Voile, ils ont été très étonnés. Je trouve l’idée très bonne. Je trouve que la navigation sur un lac est très technique. Les risées arrivent de l’on-ne-sait-où … Je pense que le match de cet après-midi va être super intéressant. »

Que penses-tu du format de cette année avec des parcours construits, des côtiers et des ralliements ?

Alexia Barrier : « Je pense que c’est bien de faire évoluer le format. Les courses progressent, on a de nouvelles idées et c’est bien de les appliquer. Je trouve ça top, ça permet de faire du match sur des parcours serrés. Le raid et les ralliements, c’est cool parce qu’on travaille un peu plus sur des parcours sur la longueur. C’est une très bonne idée. »

Tu étais là pour une table ronde sur la mixité dans la voile, un mot à ce sujet ?

Alexia Barrier : « Go girls, ne lâchez rien ! Ce n’est pas gagné mais on va y arriver ! (rire) Il y a beaucoup plus de filles dans la voile, de filles à haut niveau. Grâce à plus de communication, aux efforts de la Fédération Française de Voile, à des quotas imposés, malheureusement on doit en passer par là. Je pense qu’on n’a pas encore accès à des gros budgets de sponsoring pour vraiment performer et figurer aux premières places mais ça évolue. »

Un petit mot sur 4MyPlanet ?

Alexia Barrier : « 4MyPlanet, c’est l’association que j’ai créée il y a 11 ans pour la préservation de l’océan. Depuis 11 ans, je prends des données sur l’eau. À chacune de mes navigations si c’est possible j’équipe mes bateaux de course de capteurs. Je suis ambassadrice pour l’UNESCO. Je travaille avec la Classe Imoca et d’autres skippers pour faire évoluer les équipements sur les bateaux de course. Nous travaillons aussi sur l’éducation car c’est important de partager avec les kids. Plus de 50 000 enfants nous suivent à travers des kits pédagogiques gratuits, téléchargeables sur le site de 4MyPlanet. Des enfants nous suivent depuis l’Afrique du Sud, le Brésil, New York, des enfants défavorisés, … Le but est d’essayer de leur donner envie de préserver la planète et aussi leur donner confiance en eux pour qu’ils réalisent leur rêve… Comme ce que j’ai fait avec ce Vendée Globe. »

Est-ce que vous allez suivre la dernière journée de qualificationpour la Super Finale ?

Alexia Barrier : « Grave, je vais la suivre ! J’ai mes chouchous mais je vous le dirai après parce que je ne veux pas leur porter mal chance, je suis superstitieuse… (rire) »

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