La parenthèse est déjà refermée. Après une journée de repos bienvenue à Plérin, les neuf équipages du Tour Voile reprennent la mer ce dimanche avec la troisième étape de ralliement de cette 47e édition. Les bateaux ont appareillé à 10 heures avant de franchir l’écluse à 10 h 10 pour rejoindre la zone de départ, au large de la pointe du Roselier. Le coup d’envoi sera donné à 11h15, avec, pour le spectacle, une bouée mouillée devant la plage des Rosaires.
Reste une inconnue de taille : le vent. Annoncé très discret en début de matinée, il pourrait finalement s’établir au secteur ouest à nord-ouest, dans des proportions plus encourageantes que ne le laissaient présager les prévisions de la veille. De quoi permettre au directeur de course, Yann Chateau, de lancer ce parcours de 118 milles à destination de Camaret-sur-Mer. Dans le cas contraire, la flotte avancera sur le parcours avant qu’un départ ne soit donné dès la première fenêtre exploitable. Si l’optimisme est de mise pour le lancement de cet offshore, les interrogations se concentrent davantage sur son dénouement. Les derniers routages tablent en effet sur près d’un jour et demi de mer, avec une longue phase de navigation dans les petits airs, face au courant, en mer d’Iroise. Une situation qui pourrait considérablement ralentir les Figaro Beneteau 3 à la pointe Bretagne. Pour éviter de laisser les équipages de longues heures dans une zone délicate, même par petit coefficient de marée, la Direction de course se réserve la possibilité de juger l’arrivée au Four, où les premiers concurrents sont attendus à la mi-journée, lundi.
Ils ont dit avant de quitter le port du Légué :
Colombe Julia (LGC Sailing – Bretagne Plaisance) :
« Après cette journée de repos, on a bien envie de repartir naviguer. Et puis une arrivée à Camaret-sur-Mer, c’est toujours sympa. Sur le papier, cette troisième étape de ralliement paraît assez calme, mais elle s’annonce très intéressante. On sort du briefing météo et on commence à avoir une bonne idée du début du parcours. Il y aura déjà quelques coups à jouer, notamment dans les cailloux. Cette première partie sera importante, mais elle ne fera pas tout. La fin reste beaucoup plus ouverte, avec encore pas mal d’incertitudes. Il faudra rester dans le match jusqu’au bout, parce qu’il y aura forcément des rebondissements et tout pourra encore se jouer dans les derniers milles. Bon… ces derniers milles risquent d’être un peu longs s’il n’y a pas de vent ! En mer d’Iroise, ça peut vite devenir compliqué. On verra si la Direction de course a pitié de nous… ou s’il faut préparer le mouillage ! »
Nine Rault (APCC Centre de Formation) :
« Cette étape s’annonce passionnante. Il n’y aura pas beaucoup de vent, mais justement énormément de choses à faire. C’est le genre de parcours où il va vraiment falloir se gratter la tête. Entre les cailloux, le courant et toutes les incertitudes météo, ce sera très tactique et très technique. Dès le début, il y aura des choix importants à faire. On va passer beaucoup de temps le nez sur la cartographie pour savoir où passer ou non. Avec les renverses de courant, le premier qui franchira certains passages au bon moment pourra rapidement créer un écart. La flotte peut très vite se retrouver coupée en deux. Ensuite, tout reste très ouvert, notamment à la pointe de Bretagne. On ne sait pas encore exactement ce que le vent va faire et la Direction de course pourra toujours adapter le parcours si nécessaire. C’est une étape où il faudra savoir s’adapter en permanence. On ne sait pas vraiment combien de temps on va passer en mer. On préfère toujours se préparer au scénario le plus long, quitte à rentrer plus tôt. Personnellement, ça me plaît. Je fais beaucoup de trail et j’aime les efforts qui s’inscrivent dans la durée. Je pense que cette étape va être longue… mais surtout très chouette. »
Anaëlle Pattusch (CER – Ville de Genève) :
« Cette étape s’annonce vraiment passionnante. Il y aura très peu de vent, beaucoup de courant, des cailloux et énormément d’incertitudes. C’est le genre de parcours où tout peut évoluer très vite. En plus, on va longer une magnifique portion de la côte bretonne, donc on a vraiment hâte d’y être. Si le départ est donné dans la baie de Saint-Brieuc, on sera tout de suite dans le match. Il faudra composer immédiatement avec les cailloux. On a bien préparé la navigation et maintenant, il n’y a plus qu’à espérer que tout se passe bien. J’ai l’impression que cette étape pourra rebondir jusqu’au bout. Avec une météo aussi incertaine, il faudra peut-être aller chercher la côte, peut-être rester plus au large… et il n’est même pas impossible qu’on soit amenés à mouiller pour limiter l’effet du courant. Ici, même avec de petits coefficients de marée, le courant reste déterminant, surtout quand le vent est faible. C’est un domaine dans lequel nous avons encore beaucoup à apprendre. On attaque une nouvelle semaine de course. La fatigue commence forcément à se faire sentir, mais cette journée de repos nous a fait beaucoup de bien et on est impatients de repartir. On ne sait pas exactement combien de temps on va rester en mer, alors on préfère voir large et embarquer tout ce qu’il faut. Mieux vaut rentrer plus tôt que manquer de nourriture ! »