Le thermique comme allié

Après une troisième étape de ralliement particulièrement exigeante, dont l’arrivée a finalement été jugée au phare du Four en raison des très faibles conditions de vent en mer d’Iroise, les derniers équipages du Tour Voile n’ont rejoint le port de Camaret-sur-Mer qu’au cœur de la nuit. Une arrivée tardive, mais finalement moins pénalisante qu’elle n’aurait pu l’être. Ce mardi matin, le plan d’eau est en effet d’un calme absolu, offrant aux marins quelques précieuses heures supplémentaires pour récupérer, remettre les bateaux en ordre et recharger les batteries avant de repartir au combat. Car le répit sera de courte durée. Les amarres seront larguées à 13 h 30 et, si la pétole persiste encore en matinée, les prévisions laissent entrevoir l’installation d’une légère brise thermique au fil des heures. Un scénario confirmé ce matin par le directeur de course, Yann Chateau, bien décidé à tirer le meilleur parti de cette fenêtre météo. Son intention est d’enchaîner trois parcours construits dans la baie de Camaret-sur-Mer (avec la possibilité de remplacer le dernier par un parcours côtier de 11 milles si les conditions le permettent), avant un retour à quai attendu aux alentours de 19 heures. Après une journée où les courants ont dicté leur loi, les marins retrouveront cet après-midi le rythme nerveux des parcours construits. Les manches devraient être courtes, intenses et particulièrement disputées. Dans une flotte où personne ne parvient à prendre durablement l’ascendant, les régates s’annoncent une nouvelle fois très ouvertes.

 

Louise Acker (PAPREC by Normandy Inshore Program) :

« On s’attend à une journée dans des conditions assez légères. Les modèles météo ne sont pas tous d’accord : certains voient un peu plus de vent que d’autres, mais j’ai l’impression que le thermique ne s’installera pas très fort. Il faudra donc être très attentif, réussir les départs et sortir rapidement des zones sans vent pour rester devant. Si la brise s’établit suffisamment, on pourrait aussi courir un parcours côtier d’une dizaine de milles. Tout dépendra de la façon dont il va se mettre en place et de la rotation annoncée dans l’après-midi. Je connais surtout la baie de Douarnenez et la rade de Brest. Ici, on est un peu à l’intersection des deux. Je découvre encore les effets locaux, mais entre le thermique, les effets de site et le relief de la côte, il y aura beaucoup de choses à lire sur le plan d’eau. Depuis le début du Tour Voile, on sent aussi que le niveau monte encore d’un cran. Les écarts se resserrent, tout le monde est désormais capable de réussir de très belles manches et plusieurs équipes accueillent de nouveaux équipiers. Il faut réussir à se mettre rapidement dans le rythme, tout en profitant de la fraîcheur qu’apportent ces rotations. Les petits plans d’eau et la micro-météo sont des domaines que j’aime bien. J’espère que ça nous réussira aujourd’hui. »

 

Eliott Coville (Dunkerque – Kiloutou) :

« On espère voir une petite brise thermique s’installer. Si elle rentre, ça peut devenir vraiment sympa, même si ça risque de rester assez léger. La baie de Camaret-sur-Mer est un vrai terrain de jeu : elle est assez fermée, le vent s’annonce timide et sûrement très instable. On ne sait ni quand la brise va s’établir, ni comment elle va se mettre en place. Il va donc falloir rester très attentif. Et puis, entre le Four et le raz de Sein, il y a énormément de courant. Même si on a quitté la Manche, on va continuer à jouer avec les mouvements d’eau le long des côtes bretonnes. Rien n’est fait, il y aura encore des opportunités pour tout le monde. On sent aussi que le « Tour » entre dans sa dernière ligne droite. Les équipages font tourner leurs effectifs, il y a des « balles neuves » qui arrivent un peu partout. C’est l’une des particularités de cette épreuve : le banc de touche compte énormément. Chez nous, par exemple, plus aucun des navigants de l’étape offshore d’hier n’est à bord aujourd’hui. Tout le monde essaie de faire entrer ses meilleurs atouts au bon moment. Ça apporte de la fraîcheur et ça peut faire gagner de précieux points en termes de performance. »

 

Théo Gonin (CER – Ville de Genève) :

« On espère que la brise thermique va s’installer, même si elle ne devrait pas être très forte. Une chose est sûre, la journée s’annonce encore très tactique. La baie de Camaret-sur-Mer est assez fermée, il y a du courant, des effets de site… Il va falloir être attentif à tout. Pour moi, c’est une découverte : je n’ai jamais navigué ici et je viens tout juste d’arriver sur le Tour Voile. Ce sera donc un baptême dans des conditions qui ne sont pas forcément les plus simples, même si les petits airs offrent souvent beaucoup d’opportunités. Hier, les courants ne nous ont pas vraiment souri, alors on espère faire mieux aujourd’hui. Je suis le seul nouvel arrivant à bord, donc j’ai forcément envie d’apporter quelque chose à l’équipe. Les petits airs et la micro-météo, ce sont des conditions que l’on connaît plutôt bien en Suisse. On va essayer d’en tirer le meilleur parti. »