À peine arrivés… déjà repartis

Le Tour Voile n’accorde décidément aucun répit. Les sacs sont à peine défaits, les cirés n’ont presque pas eu le temps de sécher et les Figaro Beneteau 3 s’apprêtent déjà à reprendre la mer. Quelques heures après avoir bouclé la première étape de ralliement entre Cherbourg-en-Cotentin et Saint-Malo, les neuf équipages de cette 47e édition ont déjà rendez-vous en baie malouine pour la première journée du Grand Prix Bretagne Plaisance. Dès l’ouverture du sas, programmée à 9h16, ils rejoindront leur zone de navigation afin d’enchaîner trois parcours construits (voire quatre si le timing le permet) avant de conclure par un parcours côtier de 22 milles reliant La Saint-Servantine, Vieux Banc Est, la Basse du Boujaron et Fort La Latte. Un programme, une nouvelle fois particulièrement dense, dans la plus pure tradition du « Tour ». Les équipages devront d’abord composer avec un vent encore paresseux, compris entre 6 et 8 nœuds, avant qu’il ne s’établisse progressivement autour de 10 à 12 nœuds dans l’après-midi. Le retour à quai n’est pas attendu avant la toute fin de journée, avec un passage du sas prévu à 20h01. Le décor est planté pour une nouvelle journée où il faudra, une fois encore, enchaîner les efforts sans perdre le rythme tout en gérant le début de fatigue accumulé.

 

Première course de ralliement du Tour Voile 2026, entre Cherbourg-en-Cotentin et Saint-Malo, passage de la bouée Saint Servantine, en face de Saiont-Malo, le 29 Juin 2026, Photo © Jean-Marie LIOT / Tour Voile

Thomas Jourdren (Seiko – Les Étoiles Filantes – Takhys) :

« On s’attend à une grosse journée. Le programme est dense, avec trois ou quatre parcours construits puis un côtier. Pour moi, ce sera ma première vraie journée de régates sur ce Tour Voile, donc j’ai hâte d’aller sur l’eau. Saint-Malo est un plan d’eau très technique. Il y a beaucoup de courants, des cailloux, des bascules de vent… Il faudra rester concentrés du début à la fin. J’y ai déjà beaucoup navigué, donc j’ai quelques repères, même si je suis avant tout un Breton du Nord-Finistère ! Hier, nous étions un peu déçus du résultat du ralliement, alors nous avons envie de repartir de l’avant. Deux équipiers intègrent le bateau aujourd’hui, cela apporte un peu de sang neuf. Nous avons vraiment la niaque. Quant aux cirés… ils n’ont pas encore complètement séché. Il y avait même le spi qui séchait encore dans la cabine ce matin ! Mais l’essentiel, c’est que l’équipage, lui, est prêt. »

 

Awen Le Huec (Dunkerque – Kiloutou) :

« Pour moi, le Tour Voile commence vraiment aujourd’hui ! Je prends le relais après la première étape offshore et je suis impatiente d’entrer dans le match. Le programme est copieux, avec trois ou quatre parcours construits puis un côtier : il va falloir être dedans du début à la fin. Je découvre en plus la baie de Saint-Malo, où je n’ai encore jamais navigué en régate, donc ce sera une expérience de plus à engranger. C’est aussi ce que je viens chercher sur le Tour Voile : apprendre aux côtés de marins qui naviguent toute l’année en Figaro Beneteau, progresser et accumuler de l’expérience. J’arrive du Mini 6.50, j’ai déjà disputé quelques étapes du « Tour », et à chaque fois je repars avec quelque chose de nouveau. J’ai hâte de m’y mettre. Le vent sera un peu timide ce matin avant de monter dans l’après-midi. Moi, j’aime bien quand ça souffle un peu plus, mais finalement ce sera une bonne façon de se mettre progressivement dans le rythme avant une très longue journée. »

 

Lorenzo Palazzi (La Réunion) :

« Les cirés ont à peine eu le temps de sécher que nous repartons déjà sur l’eau ! Nous sommes rentrés hier soir vers 21 heures après le passage de l’écluse et nous reprenons dès la première écluse ce matin. Le rythme est très intense, mais c’est aussi ce que nous venons chercher sur le Tour Voile. Dans ces moments-là, on mesure surtout la valeur d’une bonne équipe à terre. Quand nous rentrons, tout est déjà prêt : les repas, la préparation du bateau, les voiles… Nous pouvons prendre une douche, dormir quelques heures et repartir. Sans cette organisation, il serait impossible de tenir un tel enchaînement. Le Tour Voile ne se gagne pas uniquement sur l’eau. Toute la préparation à terre compte aussi énormément. Chacun a son rôle. Ce matin, par exemple, je me suis occupé de toute la partie technique pendant que les autres récupéraient un peu. Nous essayons de construire la meilleure composition d’équipage à chaque journée en fonction des profils de chacun. C’est une épreuve longue, où il faut savoir performer sur l’eau… mais aussi être bien organisé à terre. »

 

Thomas Dinas (LGC Sailing – Bretagne Plaisance) :

« Nous sommes rentrés vers 21 heures hier soir et nous reprenons dès ce matin. Le rythme est soutenu, mais nous sommes venus pour naviguer, alors nous n’allons pas nous en plaindre. Aujourd’hui encore, le programme est chargé, avec des parcours construits puis un côtier. Nous aurons tout le temps de nous reposer à la fin du Tour ! Heureusement, nous pouvons compter sur une équipe à terre qui gère une bonne partie de la logistique : les repas, les courses, toute l’organisation entre deux journées. Cela nous permet de nous concentrer sur notre rôle de marins et de récupérer dès que possible. Nous sommes sept ou huit à tourner tout au long de l’épreuve. Cette rotation est essentielle pour garder de la fraîcheur et éviter de laisser filer des occasions au fil des jours. C’est aussi l’une des forces du Tour Voile : chacun apporte sa pierre à l’édifice, sur l’eau comme à terre. Et puis naviguer à Saint-Malo reste toujours un plaisir… »