Après deux journées consacrées aux différents contrôles et aux derniers réglages, les pontons de Cherbourg-en-Cotentin vont laisser place au spectacle. Ce vendredi, les neuf équipages du Tour Voile vont entrer dans le vif du sujet avec une première journée qui s’annonce aussi dense que rythmée. La météo a décidé de leur offrir de belles conditions pour ouvrir cette édition. « Beau temps, belle mer », résume Yann Chateau, le Directeur de course. Un vent d’ouest à sud-ouest de 10 à 12 nœuds, pouvant localement atteindre 15 nœuds, accompagnera les premiers bords de la flotte.
À 11 heures, le premier signal donnera le départ d’un parcours côtier de 14 milles. Depuis l’est de la Grande Rade, les Figaro Beneteau 3 mettront le cap sur Pierre Noire avant de contourner une marque du large du phare du cap Lévi, première occasion pour les équipages de se jauger et de lancer leur Tour Voile.
Le rythme s’accélérera ensuite. À partir de 13 h 30 ou 14 heures, trois, voire quatre parcours construits viendront compléter le programme du jour, avec un retour à quai attendu aux alentours de 18 h 30.
L’idée est simple : profiter pleinement de cette fenêtre météo favorable. Les prévisions annonçant une journée de samedi beaucoup plus molle au large de la pointe du Cotentin, la direction de course entend multiplier les manches dès aujourd’hui. Une manière d’offrir un premier classement déjà significatif dès ce soir.
Ils ont dit :
Gabriel Jean-Albert (La Réunion) : « C’est une belle façon de commencer le Tour Voile. On a de belles conditions annoncées aujourd’hui, après quelques jours très instables et très chauds. On devrait avoir une journée bien ventée, même si ça ne durera peut-être pas jusqu’au bout. La Direction de course nous a préparé un beau programme. On va démarrer par un côtier d’une quinzaine de milles avant d’enchaîner avec trois ou quatre parcours construits. C’est une excellente manière d’utiliser les conditions annoncées et d’entrer directement dans le vif du sujet. Le côtier va nous emmener à l’est de Cherbourg avant de revenir dans la rade. Ensuite, on basculera sur les parcours construits. Ce sont deux exercices assez différents, donc on va très vite voir les forces en présence. On sera dans une douzaine de nœuds. Ce sont des conditions où tout le monde est plutôt à l’aise. La différence se fera surtout sur les courants, les effets de site et tous ces détails qui font le charme de la Manche. Ça risque d’être assez serré. Il n’y a que neuf équipages, mais il y a vraiment du beau monde. Beaucoup de Figaristes, des marins expérimentés sur le Tour Voile et aussi beaucoup de jeunes. C’est ce qui fait l’ADN de cette épreuve, qui a toujours été une formidable école de la course au large. À La Réunion, cela fait maintenant trois ans qu’Aurélien Barthélémy a relancé le projet. Moi, je l’accompagne dans cette logique de transmission. On a terminé quatrième puis troisième. Cette année, on vise clairement le podium… et si on peut faire encore mieux, on ne va pas s’en priver. »
Charlotte Yven (Région Bretagne – CMB Espoir) : « Ça y est, on rentre dans le vif du sujet. C’est le premier jour du Tour Voile et on a une super météo pour commencer. Le programme s’annonce bien chargé, avec un côtier puis trois ou quatre parcours construits. Franchement, on ne pouvait pas rêver mieux pour lancer la course. Ce sont deux exercices très différents. Le côtier est plus long, avec davantage de stratégie et de lecture du plan d’eau. Les parcours construits sont beaucoup plus rapides, avec énormément de manœuvres. Il faut être parfaitement coordonnés et ne rien laisser passer, parce que tout peut se jouer sur un détail. Ça va demander beaucoup de polyvalence aux équipages. Dès ce soir, on devrait déjà avoir une première idée des forces en présence. La flotte est très homogène : neuf bateaux, mais surtout 90 marins de très haut niveau, tous sur des Figaro Beneteau 3, donc sur des montures identiques. Chaque point va compter. Si quatre ou cinq courses sont disputées aujourd’hui, on commencera à voir quels équipages sont déjà bien en place et lesquels auront encore besoin de quelques manches pour trouver leur rythme. Mais le Tour Voile est une course longue. Certains vont monter en puissance, d’autres connaîtront peut-être des moments plus compliqués. Aujourd’hui, ce sera surtout un premier étalonnage. »
Pierre Leboucher (APCC Centre de Formation) : « Les conditions s’annoncent vraiment agréables. On ne devrait pas avoir trop chaud, il y aura un peu de vent et une mer sans doute assez plate grâce à l’abri de la côte. Avec une flotte comme celle-là, on devrait vraiment se régaler. On va commencer par un parcours côtier. L’idée, c’est d’aller chercher différents points de passage déjà existants – des cardinales, des digues, des îles – avant de revenir dans la rade. Ensuite, on basculera sur les parcours construits, avec des bouées mouillées par le comité de course qui permettront de naviguer en permanence dans l’axe du vent. Ce sont deux exercices très différents. Ça va être une grosse journée. Si tout se passe comme prévu, on ne rentrera pas de bonne heure ! Mais c’est une belle manière de lancer le Tour Voile. On devrait rapidement voir quels équipages sont déjà bien en place. Après, Cherbourg est un plan d’eau où il y a toujours du jeu. Avec les courants et les effets locaux, les écarts peuvent évoluer assez vite. Je pense qu’on aura déjà une première tendance, mais rien ne sera figé. »
Maé Cottereau (Seiko – Les Etoiles Filantes – TAKHYS) « On est trop contents que ça démarre enfin ! C’est un projet qu’on prépare toute l’année avec notre association, Takhys. On navigue sur Seiko – Les Étoiles Filantes, un bateau bien coloré, à notre image. Forcément, on avait hâte d’y être. On rentre directement dans le vif du sujet. Il y a un côtier pour commencer, puis plusieurs parcours construits. Ça va être une grosse journée, bien physique, mais avec de belles conditions. Franchement, c’est parfait pour se mettre dans le bain tout de suite. C’est notre deuxième Tour Voile sur ce bateau et le troisième pour la majorité de l’équipe. On vient avec une vraie envie de performer, mais aussi de transmettre. Il y a des nouveaux qui découvrent le Figaro Beneteau et d’autres qui ont déjà plus d’expérience. C’est aussi ça qui fait la richesse du projet. Performer, transmettre… et surtout s’amuser. On reste une bande de copains qui aime naviguer ensemble. On a envie de faire de belles choses, mais sans perdre ce qui nous rassemble avant tout : le plaisir d’être sur l’eau. »