Après deux jours passés à enchaîner les parcours construits en baie de Camaret-sur-Mer, les concurrents du Tour Voile retrouveront ce jeudi le large pour la quatrième et dernière étape de ralliement de cette édition 2026. Au programme : 168 milles à destination de Larmor-Plage, via La Plate, Belle-Île, la bouée ODAS située à l’est de la presqu’ile de Quiberon, et Groix. Une étape qui pourrait bien s’avérer aussi complexe que décisive. Dotée d’un coefficient 3, elle pèsera lourd dans la course au classement général et promet de nombreux rebondissements sur un parcours où le vent ne devrait jamais cesser d’évoluer. « Il y aura surtout plusieurs transitions à négocier entre le synoptique et le thermique », résume Yann Chateau. « Le premier vrai piège pourrait bien être la baie d’Audierne. Elle a une réputation… et ce n’est pas impossible qu’elle lui reste fidèle. »
Après un départ prévu aux alentours de 10 h 30, les Figaro Beneteau 3 quitteront le Finistère dans un faible flux d’est avant de rejoindre les Tas de Pois, puis le raz de Sein. C’est ensuite que les choses pourraient sérieusement se compliquer. Une première bascule de vent est attendue dans l’après-midi, avec un renforcement thermique qui pourrait créer d’importants écarts selon le moment où chaque équipage abordera la baie d’Audierne. Une nouvelle transition accompagnera le retour d’un flux de nord nord-est qui guidera la flotte jusqu’à la bouée ODAS, attendue demain au petit matin. Là encore, les scénarios restent très ouverts. « Les modèles ne racontent pas tous la même histoire », souligne le directeur de course. « Certains dessinent des trajectoires assez directes, d’autres imposent davantage de manœuvres. »
Et le jeu pourrait ne pas être terminé pour autant. Les derniers milles vers la rade de Lorient demeurent, eux aussi, entourés d’incertitudes. Selon le rythme de progression de la flotte, les équipages pourraient devoir composer avec une nouvelle transition thermique à l’approche de Groix. « La fin dépendra beaucoup des timings d’arrivée. Si c’est autour de midi, ce ne sera sans doute pas la même course que s’ils arrivent plus tard », prévient Yann Chateau. Autrement dit, cette ultime étape offshore ne devrait laisser que peu de place aux certitudes. Plus que la vitesse pure, c’est probablement la capacité à franchir les différentes transitions au bon moment qui fera la différence. Les bateaux ont appareillé à 9h45, avant un départ attendu une quarantaine de minutes plus tard. Une dernière grande explication au large où chaque porte météo franchie au bon moment pourrait ouvrir la route… ou la refermer.