Cap sur Plérin, avec un parcours très ouvert

À peine le temps de refermer le chapitre malouin que le Tour Voile embraye déjà sur la deuxième étape de ralliement. Ce mercredi, les neuf équipages quitteront les bassins de la Cité corsaire après un ou deux parcours construits disputés en baie, avant de s’élancer à destination de Plérin. Long de 180 milles, le parcours emmènera la flotte dans l’est de l’île de Sercq, puis au large de Granville, avant de contourner Le Taureau, au nord-ouest de l’île de Bréhat, pour une arrivée attendue demain entre 16 h et 17 h face au port du Légué, après 25 à 27 heures de navigation.

Les conditions s’annoncent une nouvelle fois propices à une belle bagarre, avec un vent de 12 à 15 nœuds attendu sur les parcours construits, avant de se renforcer légèrement sur la grande étape. « C’est un parcours très complet », explique le directeur de course Yann Château. « Les équipages commenceront par du près, avant d’enchaîner du reaching, puis du portant. Ils retrouveront ensuite un long bord de près jusqu’au Taureau. C’est probablement là que les choses pourront le plus s’ouvrir, avec plusieurs façons de gérer les courants et les placements entre la côte et le large. » Ce bord pourrait bien devenir le principal théâtre des options tactiques de cette étape avant une dernière descente sous spi vers Plérin. Après un début de Tour où rien n’a vraiment réussi à figer la hiérarchie, cette deuxième manche offshore pourrait offrir de nouvelles occasions de faire bouger les lignes.

 

Parcours InShore au large de Saint-Malo pour les Figaro3 du Tour Voile, Saint-Malo le 30 Juin 2026, Photo © Jean-Marie LIOT / Tour Voile

 

William Hill (APCC Centre de Formation) :

« Le Tour Voile ne laisse vraiment aucun répit. Hier, nous sommes partis sur l’eau à 8 h 45 et nous ne sommes rentrés au ponton qu’à 20h30 après quatre parcours construits et un côtier de près de 25 milles. En plus de ça, nous avons déchiré la grand-voile. Trouver un voilier à 21 heures pour la réparer et récupérer une voile conforme dès 8 h 15 ce matin, ce n’était pas gagné. Heureusement, toute l’équipe s’est mobilisée et nous repartons avec une GV prête à naviguer. La fatigue commence à se faire sentir, mais c’est aussi ça, le Tour Voile. Il faut savoir se remobiliser très vite. Aujourd’hui encore, nous avons un ou deux parcours construits avant la grande étape vers Plérin. Les journées sont longues, mais nous sommes là pour naviguer et marquer le moins de points possible. Les conditions devraient être un peu plus soutenues que sur la première étape, avec une vingtaine de nœuds au maximum. Il y aura quelques manœuvres, mais surtout beaucoup de vitesse. À nous d’être devant. »

 

Thomas Lepère (CER – Ville de Genève) :

« Le programme est encore bien chargé avec un ou deux parcours construits avant la grande étape de ralliement. Heureusement, nous pouvons compter sur une rotation au sein de l’équipage. Ceux qui naviguent aujourd’hui ont pu se reposer hier, donc nous repartons avec de la fraîcheur. Malgré tout, cette étape s’annonce intense. Il y aura beaucoup de courant, des passages techniques et pas mal de cailloux. Ce n’est pas un parcours où l’on pourra beaucoup dormir. C’est aussi ce qui le rend passionnant. Nous sommes en train d’étudier la cartographie, car certains routages nous font passer dans des secteurs très engagés où il faudra choisir avec précision. Le bord entre Videcoq et Le Taureau pourrait être particulièrement intéressant. À cet endroit-là, ce sera sans doute davantage une affaire de stratégie que de vitesse. Il faudra être au bon endroit au bon moment, et cela pourrait bien faire une grande partie du classement. Les copains ont réalisé une belle journée hier, ce qui nous donne confiance… et nous met aussi un peu la pression ! Lors de la première étape offshore, nous étions passés à côté. Cette fois, nous avons envie de redresser la barre. »

 

Joss Creswell (digiLab x RORC) :

« J’aborde cette journée plutôt frais. Hier, pendant que l’équipage disputait les parcours construits, j’ai pu récupérer et même faire un détour par le Mont-Saint-Michel. Le défi sera surtout de retrouver rapidement les sensations, car je n’ai pas navigué depuis trois jours. Heureusement, je peux m’appuyer sur une équipe qui a beaucoup navigué hier et qui connaît parfaitement le rythme de la course. Cette étape s’annonce passionnante. Il faudra penser très tôt à gérer son énergie, car toute la fin du parcours demandera énormément de lucidité. La navigation près des cailloux sera déterminante, autant pour la sécurité que sur le plan tactique. Nous avons la chance d’avoir Ella (Boxall) à bord. C’est ma météorologue sur les courses en solitaire, mais aussi une excellente tacticienne. Je suis impatient de la voir mener la réflexion stratégique sur cette étape. Ce sera aussi très enrichissant pour les plus jeunes de l’équipage d’observer sa manière de préparer et de courir une course comme celle-ci. »

 

Parcours InShore au large de Saint-Malo pour les Figaro3 du Tour Voile, Saint-Malo le 30 Juin 2026, Photo © Jean-Marie LIOT / Tour Voile