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Historique

La naissance d’une course en équipage, à armes égales
"Dieu, je lui rends grâce tous les jours. Il a créé le monde, mais il m'a laissé créer le Tour de France à la Voile…". A la fin des années 70, Bernard Decré souhaite lancer une course à « armes égales », avec des marins naviguant tous sur le même bateau.
Il écrit aux plus grands chantiers pour leur commander vingt bateaux de série de 8 mètres. Il n'obtient pas de réponse. Il finit par convaincre Mallard, seul constructeur à accepter sa requête avec son Écume de Mer ! Obstiné, Decré lance une société, s'associe avec Cégemer, un organisme de crédit, et acquiert sa flotte de bateaux, qu'il entend proposer à des villes, associations ou départements.

L’Ecume de Mer, premier témoin d’une grande fête populaire
Optimiste de nature, Bernard Decré sait séduire et convaincre. Il bat la campagne, loue ses Écume un à un, consent des retards dans les traites… Contre vents et marées, le premier Tour de France à la Voile quitte Dunkerque le 1er juillet 1978 pour Menton. Avec, en prime, une traversée du canal du Midi en 11 jours où l’ambiance kermesse, majorettes, fanfares, manifestations d'agriculteurs et gastronomie ne manque pas de sel. Le pari est en passe d'être gagné. Et des centaines de jeunes découvrent la course au large.

Brestois et Marseillais à l’origine du Tour
François Pailloux et Jean-Yves Le Hir en sont. Le premier, Marseillais pur jus, est promu, à tout juste 18 ans, skipper du bateau phocéen. Il navigue déjà depuis plus de quatre ans en habitable mais n’a jamais mis les pieds en Manche et en Atlantique : "Nous étions tout juste majeurs et n’avions pas la moindre connaissance des courants et de la navigation. Pour nous, c’était l’aventure. De fait, nous avons gagné très peu d’étapes, car on ne savait souvent pas où se situait l’arrivée, et il fallait attendre qu’un bateau nous montre le cap à suivre".
Le second est brestois pure souche. Jean-Yves Le Hir, 27 ans, l’œil vif, la barbe et le cheveu hirsute, marque de son empreinte l’épreuve. Non seulement, il dispute 14 éditions comme skipper mais il forme aussi plusieurs dizaines d'équipiers… sans oublier de leur inculquer le sens de la fête. Car "Bléo" ne se fait pas remarquer uniquement par ses qualités de marin et ses résultats en course. Redoutable et redouté à terre, il est de (presque) tous les coups. "Ce sont les lendemains de fête où nous marchions le mieux", se justifie Jean-Yves, qui regrette cette époque où il n'y avait pas d'assistance à terre, et où l'on naviguait sur de vrais bateaux de course-croisière avec des débutants. "Entre les Brestois très baba-cool de Bléo et nous, petits bourges marseillais, il y avait des différences culturelles évidentes et une rivalité sportive qui a été attisée par la presse", se souvient François Pailloux.

De l’Ecume de Mer au First 30 : le Tour est lancé
Sur l’eau, Brest et Marseille dominent les débats, et les Marseillais sans assistance, qui dorment à bord et entassent les coupes gagnées sous les couchettes, l’emportent brillamment au final à Menton. Le Tour de France à la Voile est lancé. Bernard Decré commande illico vingt-cinq First 30 au chantier Bénéteau, et suspend la traversée du canal du Midi.

Arthaud, Pajot, Tabarly, de grands noms sur le Tour.
Eugène Riguidel, Florence Arthaud, André Viant ou Marc Pajot embarquent tour à tour, apportant du crédit à l'épreuve. Eric Tabarly aime venir en voisin quand le Tour de France à la Voile passe à proximité de chez lui, à Bénodet.

Dunkerque, ville historique de départ
Le départ de Dunkerque est tragi-comique. Lors de la première étape, au coup de fusil du départ, une flammèche va se nicher dans la boîte à fusées du bateau-comité. S'en suit une forte explosion, puis un incendie. Le Comité de course saute à l'eau. Dunkerque, mené autour de Joé Seeten puis Damien Savatier, par une bande de gamins bourrés de talent - Bertrand Pacé, Pascal Leys, Gilles Le Coz, François Lamiot – triomphe trois années de suite.

Bernard Decré, fondateur paternaliste
A l'image de sa course, Bernard Decré est devenu incontournable. Quelle que soit la météo, impeccable en habits de yachtman il est partout, donnant les départs, roulant au-delà du raisonnable entre deux villes étapes et cumulant les nuits blanches pour accueillir les vainqueurs d'étape magnum de champagne en main. Paternaliste, il surveille ses ouailles, fait de la prévention, calme le jeu lors des soirées trop arrosées, arrondit les angles avec les municipalités suite aux débordements. La vie est belle. Les couples se forment. "J’ai été un peu la madame Desachy du Tour de France à la Voile", aime rappeler Bernard Decré, ravi et fier d'avoir été à l'origine de nombreux mariages.

La génération « Tour de France à la Voile »
De jeunes coureurs débarquent à leur tour. Ils sont la génération Tour de France à la Voile et ont pour nom Stéphane Sevaux, Dominique Wavre, Hervé de Kergariou, Benoît Caignaert, Michel Desjoyeaux, Jean-Paul Mouren, Alain Fédensieu, Vincent Fertin ou Bernard Mallaret – rejoints par des centaines d’étudiants de grande écoles et des champions de dériveur, tels que Thierry Péponnet, Marc Bouët, Laurent Delage ou Luc Pillot. Jimmy Pahun, numéro un sur l'admiraler Diva, marque lui aussi le TFV, par ses brillants résultats et son record de participations, mais aussi par son sens de l’animation, et ses récitals de jeune crooner… Les équipages apprécient Bernard qui le leur rend bien. Les sponsors accrochent enfin.

Changement de direction !
En reprenant le TFV en 1995, Bruno Troublé – une sommité incontournable de la Coupe de l’America – a un objectif ; internationaliser l’épreuve. Il réussit à convaincre notamment le Franco-Américain Paul Cayard, les Néo-Zélandais Chris Dickson et Russell Coutts de venir découvrir les côtes de France en course. Pour enfoncer le clou, Troublé sait qu’il faut aussi passer sur un monotype international. Le Mumm 30 dessiné par le célèbre Bruce Farr est tout trouvé, bien que guère adapté au large et plus exigeant techniquement que le JOD 35. En 1999, Manfred Ramspacher prend les commandes du TFV, et le Mumm 30 le départ de sa première grande boucle. Le début de l’épreuve disputé dans la brise au près malmène les équipages… et Russell Coutts champion olympique et triple vainqueur de la Coupe de l’America a même du mal à débarquer de son bateau à Dieppe tant son corps est meurtri.

Du Farr 30 au M34, Bertrand Pacé huit fois vainqueur
Le Mumm 30 est très critiqué à ses débuts… avant d’être plébiscité par les régatiers, à commencer par un certain Bertrand Pacé. Ce dernier n’avait pas 18 ans quand il a remporté son premier TFV en 1979 sur l’Ecume de Mer « Dunkerque » sa ville natale… et s’offre le luxe de gagner son septième Tour trois décennies plus tard. Issu d’un concours d’architectes, le successeur du Mumm 30 – le M 34 construit par le chantier français Archambault – lancé au début de la crise ne va pas empêcher le champion du monde de match racing et ses six participations à la Coupe de l’America de s’imposer une huitième fois ! C’est clair, Pacé rime plus que jamais avec TFV.

D’une course croisière à une véritable école de la course au large
Depuis 1978, des milliers de régatiers ont découvert les côtes françaises, ont été refoulés par les courants de la Manche, ont demandé leur position aux pêcheurs bretons ou se sont fait coucher par du Mistral. D’une joyeuse course-croisière, le Tour de France à la Voile est devenu une belle école de course au large pour de nombreux équipages amateurs et jeunes marins talentueux, puis une compétition de haut niveau avec la présence de grands champions.

Le Tour Voile

En 2018, le Tour de France à la Voile devient le Tour Voile.

 

Copyright Didier Ravon / Voiles et Voiliers

1978 : L’ECUME DE MER

Elu bateau de l’année en 1977, l’Ecume de Mer est choisi par Bernard Decré pour la première édition du Tour de France à la Voile en 1978.

  • Chantier: Mallard
  • Architectes : Jean-Marie Finot
  • Année de lancement de la série : 1969
  • Longueur de coque : 8 m
  • Largeur de coque : 2,7 m
  • Tirant d’eau : 1,5 m

1979 >1981 : LE FIRST 30

Le First 30 vient remplacer l'Ecume de mer dès la deuxième édition du Tour de France à la Voile en 1979 après avoir été élu bateau de l'année en 1978.

  • Chantier : Bénéteau
  • Architectes : André Mauric
  • Année de lancement de la série : 1977
  • Longueur de coque : 8,8 m
  • Largeur de coque : 2,86 m
  • Tirant d’eau : 1,73 m

1982 > 1983 : LE RUSH ROYAL

Bateau du Tour pendant 2 ans, le Rush Royal était la version sportive du Rush construit chez Jeanneau plus communément appelé le « Rush régate ».

  • Chantier : Jeanneau
  • Architectes : Ron Holland
  • Année de lancement de la série : 1979
  • Longueur de coque : 9,2 m
  • Largeur de coque : 3,15 m
  • Tirant d’eau : 1,7 m

1984 >1991 : LE SELECTION

Le Sélection a été conçu spécifiquement pour le Tour de France à la Voile et a rencontré par la suite un vif succès. En effet, le bateau a été produit à 350 unités.

  • Chantier : Jeanneau
  • Architectes : Bernard Nivelt et Michel Joubert
  • Année de lancement de la série : 1984
  • Longueur de coque : 10,9 m
  • Largeur de coque : 3,25 m
  • Tirant d’eau : 1,9 m

1992 – 1998 : LE JOD 35

Le JOD 35 a été utilisé durant 7 années sur le Tour de France à la Voile. Ce bateau a été construit à 300 unités.

  • Chantier : Jeanneau
  • Architectes : Daniel Andrieu
  • Année de lancement de la série : 1990
  • Longueur de coque : 10,6 m
  • Largeur de coque : 3,5 m
  • Tirant d’eau : 1,95 m

1999 – 2010 : LE MUMM 30 REBAPTISÉ FARR 30

Bateau le plus utilisé sur le Tour de France à la Voile, le Mumm 30 puis Farr 30 a marqué un tournant dans l’histoire de l’épreuve : il est taillé sur mesure pour la compétition.

  • Chantier : Farr Yacht Design
  • Architectes : Bruce Farr
  • Année de lancement de la série : 1995
  • Longueur de coque : 9,43 m
  • Largeur de coque : 3,08 m
  • Tirant d’eau : 2,1 m

2011 – 2014 : LE M34

 

Le M34 est un produit “made in France”. Bateau du Tour entre 2011 et 2014, il est le premier monotype dans l’histoire du Tour à être équipé d’une quille relevable terminée par un bulbe.

  • Chantier : Archambault
  • Architectes : Bernard Nivelt, Michel Joubert et Alexandre Mercier
  • Année de lancement de la série : 2010
  • Longueur de coque : 10,34 m
  • Largeur de coque : 2,98 m
  • Tirant d’eau : 2,5 m

2015 - ... : LE DIAM 24

Le Diam 24 marque le début d'une nouvelle ère sur le Tour de France à la Voile. Dans la droite ligne des bateaux précédents, le Diam 24 est un monotype mais il est le premier trimaran à être choisi comme bateau du Tour. Dessiné par le cabinet VPLP et construit à Port La Forêt par Vianney Ancelin, ce sport boat a déjà séduit de nombreux grands marins français depuis son lancement officiel.

  • Chantier : ADH Inotec, Port-La-Forêt
  • Architectes : Van Peteghem – Lauriot Prévost
  • Année de lancement de la série : 2013
  • Longueur de coque : 7.25 m
  • Largeur de coque : 5.62 m
  • Tirant d’eau : 0.20 – 1.50 m

D’une joyeuse course-croisière à ses débuts en 1978, le Tour Voile est devenu une belle école de course au large pour de nombreux équipages amateurs et jeunes marins talentueux, puis une compétition de haut niveau avec la présence de grands champions : Michel Desjoyeaux, Jean-Pierre Dick, François Gabart, Franck Cammas, Vincent Riou,Bernard Stamm, Damien Seguin…