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Actualités

Tour de France à la Voile 2017 : record de participation

Le 9 mai 2017

Un record de participation en Diam 24

Depuis 2015 et son passage du monocoque au vif multicoque qu'est le Diam 24, jamais le Tour n'a connu un tel engouement. Ce sont à ce jour 31 Teams qui ont confirmé leur participation ; d'autres projets sont en cours de finalisation. C'est donc une flotte exceptionnelle qui sera réunie pour fêter la 40ème édition du Tour de France à la Voile. 

Sur la ligne de départ, le 7 juillet à Dunkerque, des grands noms de la course au large qui rejoignent les rangs du Tour à l'image de Paul Meilhat et qui reviennent comme Kito de Pavant ou Bernard Stamm. Les athlètes olympiques et paralympique signent également leur retour en force : Damien Seguin, double champion paralympique et skipper de Team Fondation FDJ – Des Pieds et Des Mains, Sofian Bouvet avec le Team SFS (7ème des J.O. de Rio en 470), Billy Besson avec Team Occitanie - Sud de France (quadruple champion du monde en Nacra 17), Manon Audinet, Félix Pruvot, Sophie de Turckheim, Pierre Leboucher, Noé Delpech (5ème des J.O. de Rio en 49er) ou encore Jason Saunders, le Néo-Zélandais. 

En effet, attirés par la nouvelle dynamique du Tour de France à la Voile, les Teams et équipiers internationaux sont de plus en plus présents. Ainsi, ce sont sept nationalités différentes qui seront réunies en juillet : Belges, Suisses, Omanais, Espagnols, Polonais, Britanniques et bien sûr, Français de métropole et des Dom-Tom avec la  Guadeloupe et Tahiti. 

A noter également, une belle participation féminine avec le retour de Pauline Courtois et son équipage 100% féminin Helvetia by Normandy Elite Team et d'Elodie-Jane Mettraux qui, après la dernière Volvo Ocean Race à bord de Team SCA, revient à ses premières amours en tant que project manager des deux Teams Ville de Genève – CER. 

« Une des richesses du Tour, c'est son plateau hétérogène composé de régatiers expérimentés mais aussi de jeunes et d'amateurs » confie Sofian Bouvet, skipper du Team SFS. « Cette régate c'est la rencontre de marins de milieux différents, du multicoque à la course au large en passant par l'olympisme. Cela donne de belles choses : un plateau hyper riche avec plein d'approches différentes et un niveau élevé. » 

A l'image de l'avant-saison qui a vu des régates engagées, le Tour 2017 s'annonce relevé. De l'avis de tous, les Teams sont particulièrement préparés et prêts encore plus tôt comme l'explique Quentin Delapierre, skipper du Team Lorina Limonade - Golfe du Morbihan et vainqueur du Tour de France à la Voile 2016 : « Le plateau va être dense pour cette 40ème édition avec des Teams structurés et le retour des athlètes olympiques. »

 

Un format de course validé 

Après la révolution du format sportif en 2016, l’année 2017 sera celle de la confirmation. Alternance de Stades Nautiques et de Raids Côtiers, pavillon noir, finale,… la formule a fait ses preuves et a enthousiasmé les Teams.

Quelques évolutions sont à noter comme le passage des finales de Stades Nautiques de 6 à 8 Diam 24. « Cela ouvre le jeu » confie Quentin Delapierre. « C’est une bonne nouvelle pour les outsiders. À l’avant, il va falloir se battre pour garder sa place car il y aura plus de risques de terminer en seconde partie de tableau. » 

Les prétendants à la victoire s’annoncent en effet nombreux et ont déjà animé le haut du tableau lors du Grand Prix Atlantique, du Spi Ouest France ou du Grand Prix Guyader à l’image de Fondation FDJ – Des Pieds et Des Mains, Omansail, Team SFS ou encore Beijaflore sailing. Le Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, grand animateur lui aussi de l’avant-saison, sait qu’il aura fort à faire s’il veut garder son titre, acquis de façon impériale en 2016. 

 

Le Village Animations, une véritable expérience pour le spectateur

Pour cette 40ème édition, le Village du Tour de France à la Voile a été repensé pour placer le spectateur au cœur de la régate.

Ainsi, parmi les nouveautés, la Zone spectateurs au cœur du Village : toutes les 30 minutes, un Point Course aura lieu depuis cet espace avec une liaison live entre l’animateur et un commentateur embarqué, pour avoir les dernières actus des régates et tout comprendre aux stratégies de course.

La Quotidienne, l’émission TV du Tour sera enregistrée tous les jours en public et en direct entre 15h30 et 16h30 en présence d’intervenants de renom avant d’être rediffusée le lendemain à 11h sur La Chaine l’Equipe. Les Groupes France Télévision et Canal Plus se feront eux aussi le relais des plus belles images du Tour de France à la Voile 2017. 

Du côté des animations, un Diam 24 entièrement décoré aux couleurs de la Fondation FDJ sera exposé au cœur du Village, avec des présentations pédagogiques et une animation sailing grinder. Inspiré des IMOCA, les bateaux du Vendée Globe, l’Accromât représentera un vrai challenge pour les spectateurs qui devront monter à plus de 16 mètres de haut grâce au système de l’olivette.

Tour de France à la Voile 2017, la 40ème

Le 3 décembre 2016

2017 : 40ème édition du Tour de France à la Voile !

En 1978, Bernard Decré créait le Tour de France à la Voile qui, pour sa première édition, avait caboté sur le Canal du Midi pour rejoindre la Méditerranée. Pendant près de 40 ans, les grands noms de la voile se sont succédé sur cette épreuve mythique. Eric Tabarly, Michel Desjoyeaux, Jean-Pierre Dick, Isabelle Autissier et plus récemment  Franck Cammas, François Gabart, Armel Le Cléac’h ou encore Loïck Peyron ont participé à la notoriété et au développement de l’une des plus grandes épreuves sportives estivales.

Huit bateaux officiels ont fait l’histoire du Tour depuis 1978, avec une ligne intangible : la monotypie. Sur le Tour de France à la Voile, ce sont les marins, et non pas les bateaux, qui font la différence.

Cinq nouveaux Actes pour 2017

Cette année encore, le Tour de France à la Voile fera escale sur les plus belles côtes françaises. Après une édition 2016 à forte consonance méditerranéenne, le parcours 2017 fera la part belle au Nord et à l’Ouest. Deux escales normandes sont au programme : à Fécamp d’abord puis à Jullouville, et sa grande plage, qui accueillera pour la 1ère fois le Tour de France à la Voile. La Manche, deuxième département littoral de France, sera donc à l’honneur. Cette grande première est possible grâce au Diam 24 qui permet désormais de déployer des Paddocks techniques directement sur les plages, en plus des accueils traditionnels au Port. A noter que le clou de l’Acte de Jullouville sera un raid côtier inédit dans la baie du Mont Saint-Michel !


Puis direction la Bretagne et la sortie du Golfe du Morbihan avec Arzon et le port du Crouesty et un côtier qui se déroulera en baie de Quiberon. La caravane estivale prendra ensuite ses quartiers aux Sables d’Olonne, port mythique du Vendée Globe, avant de filer en Méditerranée. Le Tour de France à la Voile retrouvera Le Grau du Roi-Port Camargue qui l’accueille pour la 12ème fois.

Les autres actes de ce Tour 2016 étaient déjà villes hôtes l’an dernier : Dunkerque (Grand départ pour la 31ème fois !), Roses, Marseille et Nice, qui accueillera la Grande Arrivée pour la quatrième fois consécutive.

Un plateau étoffé et hétéroclite

C’est ce qui fait la richesse du Tour et cela sera encore vrai cette année : professionnels et amateurs, marins expérimentés du monde de la course au large, de l’olympisme ou du match racing et jeunes talents de la voile, tous seront réunis pour fêter cette 40ème édition. Les inscriptions ne sont ouvertes que depuis lundi dernier mais déjà les dossiers sont nombreux. On peut s’attendre en 2017 à un record de participation en Diam 24.

Dominant sans partage le Tour l’été dernier, le Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan (Quentin Delapierre et Matthieu Salomon) viendra remettre son titre en jeu avec, à ses côtés, l’équipage amateur Lorina Mojito – Golfe du Morbihan. Le CER de Genève, mené par Elodie-Jane Mettraux fera son grand retour avec deux bateaux en compétition et signera sa 30ème participation au Tour de France à la Voile. Le COYCH de Hyères associé au Yacht Club de Toulon ainsi que la SNBSM reviendront également disputer l’épreuve estivale.

Toujours plus tourné vers l’international, le Tour de France à la Voile accueillera le Team anglais de Piers Hugh Smith et le duo polonais formé par Piotr Weltrowski et Filip Walczak. Ceux qui avaient profité du tour à terre l’an dernier pour engendrer des connaissances sur l’épreuve seront cette fois sur l’eau pour défendre les couleurs de la Pologne.

Récemment double médaillé d’or aux Jeux Paralympiques, Damien Seguin courra à nouveau sous les couleurs de la Fondation FDJ.

Coureurs au large de renom, Kito de Pavant et Bernard Stamm ont également annoncé leur participation au Tour de France à la Voile 2017. Notons enfin la présence de Sofian Bouvet (7ème des JO de Rio en 470). Il sera pour la première fois barreur d’un Team sur le Tour, le Team SFS qui aura pour manager, Lionel Péan (vainqueur notamment de la Whitbread, ex-Volvo Ocean Race en 1986). 

Une formule sportive confirmée

Après la révolution du Diam 24 en 2014 et les évolutions du format sportif en 2016, cette 40ème édition sera celle de la confirmation. Alternance de raids côtiers et de stades nautiques, départs sous pavillon noir, Super Finale, la nouvelle formule du Tour a fait ses preuves l’an dernier. Plébiscitée par les équipages, elle sera renouvelée à l’identique cette année.

A noter : la création d’un classement féminin pour les Teams 100% féminins afin d’améliorer la mise en avant de ces équipages et de soutenir la présence des femmes sur le Tour de France à la Voile.

ILS L'ONT DIT

Jean-Baptiste Durier, Directeur du Tour de France à la Voile :

 
« Nous allons fêter la 40ème édition du Tour de France à la Voile. Nous sommes très fiers de cet héritage. Nous avons choisi en 2015 de réinventer le Tour, de le faire évoluer vers la voile du futur, plus rapide, plus spectaculaire et plus proche du public dans la lignée de la Coupe de l’America. Cette nouvelle formule a été largement plébiscitée par tous les acteurs de l’écosystème du Tour : coureurs, sponsors, medias et bien sûr le public très nombreux à nous retrouver au moins de juillet. De Dunkerque à Nice, nous attendons en 2017 des centaines de milliers de spectateurs pour rencontrer les équipages et suivre la trentaine de bateau qui offrira un show nautique extraordinaire ! »

 

Matthieu Salomon & Quentin Delapierre, Lorina Limonade-Golfe du Morbihan, vainqueurs en 2016

« Après notre victoire en 2016, nous remettons tout à plat. Il y a des superbes équipes qui vont arriver sur ce bel événement alors nous repartons tous à zéro. Il va falloir se remettre au travail pour essayer de faire aussi bien voire un petit peu mieux ! »

 

Bernard Faucon, conseiller communautaire en charge du nautisme à la Communauté Urbaine de Dunkerque

« Dunkerque et ses bateaux ont remporté trois Tour de France à la Voile grâce à des marins issus de la filière Dunkerque Nautisme qui forme des navigateurs de génération en génération. Notre ambition est de former des jeunes qui intégreront ensuite les équipages du Tour de France à la Voile.

L’histoire de Dunkerque et du Tour de France à la Voile, c’est un record de longévité avec 32 étapes accueillies ! Merci à A.S.O de nous convier une fois encore le départ de ce bel événement. »

 

Christian Estrosi, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur

« Ce qu’il y a d’extraordinaire avec le Tour de France à la Voile, c’est cette capacité à se remettre en cause, à faire en sorte qu’ici, au cœur de ce que nous avons de plus beau en matière d’industrie nautique, cet événement soit un véritable laboratoire avec cette nouvelle génération de multicoques. Cela permet au public d’assister à un spectacle extraordinaire, et notamment dans la Baie des Anges.

Nous sommes très fiers qu’A.S.O nous ait encore une fois accordé sa confiance pour organiser l’ultime Acte du Tour de France à la Voile 2017. »

2017 : Les inscriptions sont ouvertes !

Le 28 novembre 2016

Rendez-vous le 3 décembre au Nautic pour la révélation du parcours !

Du 7 au 30 juillet, le Tour de France à la Voile sera de retour sur le littoral français.

La grande boucle estivale promet déjà une 40ème édition mémorable avec la participation de teams expérimentés, ayant fait leurs preuves en 2016 mais aussi la révélation de jeunes talents de la voile. 

Les inscriptions sont ouvertes : rendez-vous dans l’Espace Teams

Retrouvez-nous samedi 3 décembre à 11h au Salon Nautique de Paris, sur Facebook et Twitter @TourVoile, pour découvrir le parcours de la 40ème édition.

9 voitures pour les gagnants du Grand Jeu du Tour de France à la voile by Triominos !

Le 24 octobre 2016

Un formulaire glissé dans une urne, un tirage au sort, et neuf voitures gagnées pour les participants du Grand Jeu du Tour de France à la Voile by Triominos ! 

Ce dimanche à l’occasion du salon Kidexpo, le Tour de France à la Voile et son partenaire Goliath ont remis les clés des Renault Twingo aux 8 heureux gagnants. Ils avaient participé aux tirages au sort organisés en juillet sur le village du Tour de France à la Voile lors de chaque Acte. 

Le gagnant de la neuvième voiture, mise en jeu sur le salon Kidexpo, a été tiré au sort aujourd’hui à 15h. Il s'agit de Anjatiana LAURET.

 

Philippe Bernard, Directeur Général de Goliath France

« Cela fait maintenant deux ans que nous sommes partenaires du Tour de France à la Voile et nous sommes montés en puissance cette année en offrant une Renault Twingo lors de chaque Acte. Aujourd’hui, dans le jeu de société, l’important est de se retrouver en famille, entre générations pour partager des moments de convivialité. C’est pourquoi nous avons voulu nous rapprocher des familles en participant à un événement comme le Tour de France à la Voile. Merci à tous d’avoir participé au Grand Jeu du Tour de France à la Voile by Triominos cet été et bravo aux gagnants ! »

 

Madame Huet, gagnante d’une Renault Twingo à Hyères

«C’est ma fille, Manon, qui a joué au Grand Jeu du Tour de France à la Voile by Triominos alors qu’elle était en vacances chez mes parents à Roscoff. Ils ont visité le Village pour participer aux différentes activités et animations. Manon a participé au tirage au sort et a remporté une voiture ! Je n’y croyais pas vraiment quand elle me l’a annoncé au téléphone ! Nous avons rarement de la chance aux jeux mais là, c’est une très bonne nouvelle ! Nous n’avons pas des cadeaux comme ça tous les jours !»

Fêtez avec nous la 40ème édition !

Le 30 septembre 2016

Partagez vos anecdotes et meilleurs souvenirs du Tour

En 2017, nous fêterons la 40ème édition du Tour de France à la Voile. Une année d’exception qui inscrit l’épreuve dans l’histoire de la voile française et internationale. 

Depuis près de 40 ans, le Tour de France à la Voile a vu passer des générations de marins, des plus expérimentés aux jeunes talents qui se sont révélés et se révèlent encore lors de l’événement estival. 

Fêtez avec nous cet anniversaire en partageant vos anecdotes mais aussi vos photos et vidéos.

Faites-vous connaître !
Partagez vos anecdotes et vos meilleurs souvenirs du Tour de France à la Voile

Participez en cliquant sur ce lien

http://po.st/RacontetonTourdeFrancealaVoile

On refait le Tour

Le 31 juillet 2016

Du triomphe de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan à l’efficacité du « black flag », voici en 9 points, comme autant d’Actes, ce qu’il faut retenir de cette édition 2016 du Tour de France à la Voile.  


Tour de France Voile 2016, Hyeres le 27 Juillet 2016
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Hyeres le 27 Juillet 2016 Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO

1 – Lorina, le pack de 10  
18, c’est le total de points que Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a laissé en cours de route. Les vainqueurs du Tour 2016 ont été notés 882 sur 900 en 17 courses disputées, dont la dernière qui comptait double, soit environ 98% de réussite. Les Morbihannais ont remporté 10 courses, terminé trois fois deuxièmes, deux fois troisièmes et deux fois sixièmes – leur pire classement. Leur secret ? Un talent évident qui, déjà, avait fait d’eux, l’an dernier, les 4e du classement général et les vainqueurs du classement amateur ; l’apport de Quentin Ponroy, expert voilier qui a apporté des réglages au millimètre ; la préservation du groupe de navigants, ainsi qu’un budget de fonctionnement qui leur a permis de s’entraîner bien plus que les autres tout au long de l’hiver. S’ils ont juré revenir sur le Tour 2017, ces champions mériteraient qu’on leur confie aussi d’autres destinées. 

 
2 – Le jackpot de Kinou  
La copie rendue par Jean-Christophe Mourniac, son fils Tim (18 ans) et les équipiers permanents (Pierre-Yves Durand, Valentin Bellet) ou intermittents (Corentin Horeau) est d’une régularité impressionnante. Il aura certes manqué une victoire à « Kinou » et les siens pour parachever leur œuvre, mais l’équipage qui a terminé cinq fois à la deuxième place a bien mérité cette deuxième marche du podium. Maître du suspense, Grandeur Nature Véranda a renversé la situation, qui était favorable à Crédit Mutuel de Bretagne, sur l’unique manche de stade nautique du groupe Or, dans laquelle les six premiers du classement général s’affrontaient. Avec panache, pile au bon moment, et devant ses supporters.  

 
3 – Aurélien Ducroz se décarcasse  
Que dire du double champion du monde de ski freeride, 4e de ce Tour de France sinon qu’il élève à chaque sortie son niveau de performance tout en restant d’une humilité délicieuse ? En Laurent Voiron et Olivier Backès, deux spécialistes des multicoques olympiques, Aurélien Ducroz a trouvé deux mentors qui le nourrissent de leur expertise à chaque navigation. Le montagnard qui rêve de Vendée Globe profite à plein de l’expérience que lui offre le Tour. Le plus sur cette performance aura sans doute été de naviguer à trois, tout au long du Tour, à l’exception de l’Acte de Marseille, où Eric Péron est venu réaliser une pige pour laisser le temps au genou droit de son skipper de se reposer. Team Coved a également remporté le Prix de la Super Combativité by Finagaz. 
 
 
4 – Les coureurs au large tiennent la cadence  
Privé de 60 pieds Imoca cette année, Bernard Stamm est venu disputer son deuxième Tour de France à la Voile en Diam 24. Il faut reconnaître au Suisse de Brest une sacrée humilité : ce n’était pas si simple, pour une légende de la course au large, d’accepter de ramasser quelques bouées la première année. Cheminées Poujoulat termine 13e, cette année : il a indéniablement progressé. Le mieux classé est bien entendu Nicolas Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne), 3e du Tour et qui, avec son équipe a réalisé un début de Tour idéal, avec trois victoires, dont deux à Roscoff… avant de marquer le coup et de devoir assimiler que Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan était totalement intouchable.  
Mentions bien : Corentin Horeau qui, une fois son opération d’un ménisque digérée, a apporté un plus évident à Grandeur Nature Véranda en Méditerranée. Du flair, de la hargne, une vision du plan d’eau… autant de qualités louées par Jean-Christophe Mourniac. Belle pige également d’Eric Péron à bord de Team Coved en l’absence du skipper.  

 
5 – Un peloton jeune 
 
Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a 24 ans de moyenne d’âge ; Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan doit en avoir deux de moins, comme Team France Jeune, Helvetia Blue by Normandy Elite Team ou encore Dunkerque Voile et Marie et ses frères. Malgré le changement de bateau, malgré le changement de format, le Tour de France à la Voile reste bel et bien une formidable école de la voile pour les meilleurs jeunes de notre nation.  

 
6 – On allait oublier  
L’excellente 6e place d’Installux Aluminium avec, à la barre, Charles Hainneville. Sans trop faire de bruit, l’équipe où seul Malo Bessec est professionnel a toujours été bien placée, terminant même 4e de la Course Or samedi. Une belle réussite pour cet équipage normand.  
 
7 – Le succès de la Super Finale et du black flag  
Quatre règles novatrices ont été posées cette année : le principe de la Super Finale, à 6 bateaux ; la Super journée de finale, scindant la flotte en trois groupes sur le stade nautique ; la règle du black flag, ou l’élimination de la manche de tout bateau qui anticiperait le départ et, enfin, la fin des « redress » ou compensations pour un bateau impacté par un concurrent. Ces règles ont apporté ce qui était attendu : du suspense, du spectacle, de la lisibilité et des émotions, foi de Michel Desjoyeaux, dont le cœur a battu lors de la course Or qui, samedi, a distribué les places sur le podium.  

 
8 – Le bilan de Jean-Baptiste Durier  
Le directeur du Tour de France à la Voile pose son regard sur cette édition. 
A lire ci-dessous 

 
9 – Les chiffres  
24 équipages  
102 courses dont  
9 raids 
61 qualifications 
8 Super Finales 
23 Insides partenaires.  
59 black flags  

« On a créé de l’émotion »

Le 31 juillet 2016

Interview de Jean-Baptiste Durier

Spontanéité des résultats, lisibilité de l’événement, courses emplies d’émotions… Cette édition a, pour Jean-Baptiste Durier, le Directeur du Tour de France à la Voile, rempli les objectifs fixés.

Que faut-il retenir de cette édition ?  
Jean-Baptiste Durier, Directeur du Tour de France à la Voile : « Ce qui a marqué ce Tour, avant tout, c’est que nous avons frotté nos convictions à la réalité de trois semaines de course. Nous sommes depuis toujours convaincus qu’il faut rapprocher la voile de ses spectateurs et nous n’avons pas cessé de tester des solutions pour rendre la voile plus lisible pour les publics à qui nous nous adressons. Les « black flags », la fin des règles de « redress » et les Super Finales permettent de rendre les choses plus simples et plus directes. A la fin de la finale de l’Euro 2016 de foot, les commentateurs n’ont pas renvoyé l’antenne en disant que le Portugal avait sans doute gagné mais qu’il fallait attendre le jury pour en être sûr. La spontanéité du résultat est une donnée essentielle sur laquelle nous avons travaillé et, à l’usage, il apparaît que ce n’est pas fondamentalement antisportif.  
 
Le corollaire de la spontanéité, c’est l’émotion ?  
J.-B. D. : C’est un des bienfaits, avec l’intensité du spectacle. Que le vainqueur de la Super Finale, disputée à 6 bateaux, soit celui qui coupe la ligne d’arrivée est d’une grande clarté et même les plus réticents se sont très vite pris au jeu, même lorsque ça a tourné en leur défaveur. Les marins vivent avec force ces courses, et j’ai vu des joies très belles, comme celle de Team Coved hier, Trésors de Tahiti lors de sa victoire à Roses lors du stade nautique, ou la qualification de Pays de l’Or – Hérault. Tout le monde y trouve son compte de belles émotions. Tous ces changements sont parfois compliqués à admettre pour les marins, mais ils ont bien compris que, ce qui nous intéresse, c’est de développer la puissance de leur sport, de leur art, et que ça passe par une médiatisation renforcée. On travaille ensemble, on est sur la bonne voie, même s’il reste encore énormément à faire. 
 
La production télévisuelle était au cœur du Tour, cette année. Pour quel objectif ?  
J.-B. D. : On ne cache pas une seconde que notre volonté est de proposer une heure de live, de 15h30 à 16h30 dès l’an prochain ou dans deux ans. Le Tour de France à la Voile a une place à prendre en broadcast, j’en suis convaincu. Cela créera aussi de la valeur pour la voile, cela aidera les marins à trouver des sponsors et c’est un sport qui peut être aimé du plus grand nombre. Il n’est pas l’heure des bilans, il y a sans doute des choses à développer en éditorial et en technique, mais on a montré des choses intéressantes. Un immense merci à Christophe Gaumont, le directeur sportif – et à son équipe - qui a su trouver les moyens de répondre à ce créneau horaire sans jamais dévaloriser le pan sportif.  

Ce qui est encourageant, c’est que beaucoup de jeunes navigateurs ont participé à ce Tour.  
J.-B. D. : Ceux qui pensaient qu’avec le passage du Tour sur Diam24, c’était la fin de la formation des jeunes marins doivent être ravis de constater que cette édition a été animée par les jeunes. Le numéro exceptionnel des deux bateaux de Team Lorina – Golfe du Morbihan, la fraîcheur de Tim Mourniac, le talent de Team France Jeune, Installux Aluminium, Marie et ses frères, Dunkerque Voile, Dynamique Homkia et bien d’autres ont beaucoup apporté à ce Tour. De jeunes talents se sont révélés et la victoire d’une équipe qui a 24 ans de moyenne d’âge démontre, si c’était nécessaire de le faire, que la France a un vivier de superbes navigateurs. Il a aussi réuni des spécialistes de match racing, de la course au large, du F18, des champions d’Europe de J80… Je pense qu’on se souviendra, quand Quentin Delapierre, Matthieu Salomon et leur équipe brillera en GC32 ou ailleurs, qu’ils ont gagné le Tour. Il n’y a peut-être plus d’étapes de ralliement comme avant, mais les raids côtiers en sont un concentré : il faut connaître les courants, comprendre le vent, estimer la navigation en flotte, et puis Nicolas Troussel, Corentin Horeau, Eric Péron et Bernard Stamm ont fait bien mieux que de la figuration sur ce Tour. Preuve que ce Tour, s’il a beaucoup changé, n’a pas renié sa vocation ».

Le tour d’honneur des limonadiers

Le 30 juillet 2016

Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a parachevé son triomphe à Nice, samedi, en prenant la deuxième place de la Super Finale d’un stade nautique remporté par Aurélien Ducroz et Team Coved. Grandeur Nature Véranda coiffe Crédit Mutuel de Bretagne dans la course – haletante – à la deuxième place du Tour 2016. Chez les amateurs et jeunes, c’est Team France Jeune qui s’impose.

Tour de France Voile 2016, Nice le 30 Juillet 2016.Journée de finales
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Nice le 30 Juillet 2016.Journée de finales Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO

 

Testé pour la première fois dans l’histoire du Tour de France à la Voile, le principe de la journée en or a fait ses preuves. Quel match, pardon, quels matches puisqu’il y eut plusieurs bras de fer entre les six équipages qui se sont partagé les honneurs de l’ultime régate du groupe Or !  
 
La victoire de Team Coved  
 
Le premier était bien sûr celui pour la victoire du jour, que Team Coved a remporté en allant chercher au fond de son intime conviction les moyens de limiter les empannages dans le tout petit temps. Derniers sur la ligne de départ, Aurélien Ducroz, Olivier Backès et Laurent Voiron ont tiré au maximum leur dernier bord pour se caler en ligne directe vers l’arrivée et s’épargner des manœuvres fatales au reste de la flotte. En 80 mètres, de la bouée noire à laisser à bâbord à la ligne d’arrivée, les Montagnards sont passés de la 5e à la 1re place, pour s’imposer devant Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan et Grandeur Nature Véranda. Team Coved venait alors d’assurer sans frémir sa quatrième place au classement général final, s’emparant également du prix Finagaz de la Super  Combativité, remis par Michel Desjoyeaux. 
 

Grandeur Nature Véranda d’un souffle  
 
Jean-Christophe Mourniac, qui savait que CMB allait, avec Mathieu Richard à son bord, mener le combat façon match-racing, a choisi de se caler derrière son rival sur la ligne de départ, histoire de ne pas se faire pousser en dehors de la ligne. Le reste se joue à la porte sous le vent : un bord assumé, un brin de réussite et une petite erreur de Crédit Mutuel de Bretagne : voici le cocktail parfait pour remporter la deuxième place du Tour 2016. Le bord gagnant, c’est la grande transversale au près qu’ont tiré Jean-Christophe Mourniac, Tim le fiston prodige et Pierre-Yves Durand et qui leur a permis de remonter de la 6e place, à la bouée sous le vent, à la deuxième à la bouée au vent. Une ruse de « coKinou » renforcée par le fait que, un peu collés à la piste, les hommes de Crédit Mutuel de Bretagne n’ont pas eu d’autre choix que virer pour éviter d’entrer dans la zone d’exclusion des 300 mètres. Grandeur Nature Véranda n’avait alors plus qu’à descendre en marquant Nicolas Troussel, Fred Guilmin et Mathieu Richard pour remonter sur la deuxième marche du podium promise à celui qui devançait l’autre. 
 
 
Limonade impériale  
 
Il était acté depuis Hyères que Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan allait remporter le Tour de France 2016. Mathématiquement sacrés deux jours avant l’arrivée, les Morbihannais auront eu le goût exquis de ne pas relâcher leur seuil d’exigence jusqu’à la fin. Deuxièmes de cette Super Finale, ces grands espoirs de la voile française ont remporté le raid côtier de Nice, vendredi, et ont pris la deuxième place du stade nautique, ce samedi, après être passés près d’un énième succès. Au final, Quentin Delapierre, Matthieu Salomon, Quentin Ponroy, Kevin Péponnet et Bruno Mourniac ont remporté 10 des 17 courses courues sur cette édition ; ils n’ont jamais fait pire que 6e, et ils ont cumulé 882 points sur 900 possibles, quand leurs dauphins en ont additionné 818. Vertigineux. 
 

Team France Jeune, la belle promesse  
 
Les jeunes talents de Team France Jeune ont pris le meilleur sur Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, samedi, pour s’emparer au moment le plus opportun de la victoire du classement Jeunes et Amateurs. Une victoire sur le fil, puisque conquise le dernier jour lors des deux manches courues par le groupe réunissant les bateaux classés de 7 à 16.  Ce fut finalement assez simple car les « Mojito boys » ont un peu raté leur sortie. Dans le tout petit vent de sud qui n’a jamais sorti la baie des Anges de sa torpeur estivale, les Morbihanais ont terminé 9e (sur 9) de la première régate, avant d’anticiper un départ et de se faire éliminer par le terrible « black flag » dans la seconde. De leur côté, les protégés de Groupama Team France ont rendu une copie quasi parfaite, en prenant deux fois la deuxième place derrière Cardinal-FenêtréA lors de la première, et Trésors de Tahiti pour la seconde.

ILS ONT DIT

Le 30 juillet 2016

Aurélien Ducroz, skipper de Team Coved:
« On finit en beauté par une victoire, quel immense plaisir !
C’est la cerise sur le gâteau, car Notre Tour était déjà réussi, avec cette quatrième place au classement général, bien au-delà de mes objectifs de l’année. Je pensais très élevé notre objectif de terminer dans le Top 5, mais on s’est accroché, tous les trois, avec Olivier Backès et Laurent Voiron, et avec le coup de main d’Eric Péron quand j’ai dû laisser reposer mon genou. On est parti en faisant notre course, sans tenir compte des autres qui disputaient leurs propres matches. Il fallait simplement qu’on maîtrise Oman Airports. Sur le dernier portant, on décide d’aller à fond à droite, tandis que tout le monde « jybait », sans que je sache trop pourquoi, mais on a insisté dans notre option, qui était de limiter le nombre de manœuvres. Elles coûtaient trop cher dans ce tout petit vent. Je suis très content des progrès d’un Tour à l’autre : je commence à servir à quelque chose à bord (rires). Je voulais revenir sur le Tour, pour apprendre, et j’ai appris, aux côtés d’Olivier et de Laurent qui partagent toutes les infos avec moi, qui m’expliquent tout. Faire le Tour avec ces deux supers marins et supers coaches a été un privilège. Quant au prix Prix Finagaz de la Super Combativité, j’en suis très fier. On est une petite équipe face à des beaucoup plus gros. Une équipe qui s’est d’abord battue pour prendre le départ du Tour et qui s’est battue pendant le Tour. Cest une belle reconnaissance. Ça me touche que ce soit Michel Desjoyeaux qui me remette ce Prix : il m’a beaucoup aidé, il y a quelques années, en bateau. Ça fait des années que je me bats pour progresser. »

Jean-Christophe Mourniac, Grandeur Nature Véranda :
« Pour nous, ce Tour est réussi depuis hier soir parce qu’on était déjà sur le podium. Mais cette finale Or sera inoubliable, et si on avait voulu écrire le scénario, on n’aurait pas fait mieux. Cela s’est passé exactement comme on pouvait l’imaginer. Team Lorina Limonade Golfe du Morbihan a écrasé cette édition. Ce sont des jeunes très talentueux. Ils se sont donné tous les moyens pour gagner le Tour, ils sont super entraînés, ils ont parfaitement préparé leur bateau. Ils étaient quasiment intouchables dès le début. Ce sont des jeunes qui ont un avenir très prometteur au plus haut niveau. Je ne peux que les féliciter. On est ravi pour eux ». 

 

Fred Guilmin, Crédit Mutuel de Bretagne :
«
Ça s’est joué sur un coup du sort que Nicolas (Troussel) a du mal à digérer. On avait bien l’intention d’aller loin, comme l’a fait Grandeur Nature Véranda, sur le bord de près qui nous permettait de remonter à la porte au vent… Mais on a eu un tout petit peu moins de vent, ce qui nous a envoyés vers la zone d’exclusion des 300 mètres (qui protège la baignade). A l’inverse, Kinou (Jean-Christophe Mourniac) a touché un tout petit peu plus de vent, ce qui lui a permis d’éviter la bouée de la zone. C’est une grosse déception, parce qu’on venait sur le Tour avec l’intention de l’emporter. Puis, en Méditerranée, on a compris qu’il fallait viser la deuxième place, tant les « Lorina » avaient d’avance. Et on rétrograde encore d’une place, ce qui est particulièrement désagréable. Il faut laisser le temps passer sur tout ça avant de réaliser que finir sur le podium est quand même une jolie réussite ».  

Kevin Péponnet, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Il va falloir un peu de temps pour réaliser qu’on a gagné, mais on est déjà particulièrement heureux. Ça me rappelle ce qu’on a vécu l’an dernier en remportant le classement amateur et en terminant 4e de l’édition 2015, ce qui était déjà un tour de force pour nous. Cette année, on a réalisé quelque chose d’impressionnant au niveau comptable, et on s’est appliqué jusqu’au bout à ne pas changer notre façon de naviguer, à chaque manche, jour après jour. L’image qui va me rester en tête, c’est très certainement les instants qui ont suivi la Super Finale, à Hyères. Sur le bateau de mon oncle (Thierry Péponnet, champion olympique de 470 à Séoul 1988), il y avait tous nos partenaires et les familles. Tout ce monde qui se jette à l’eau, qui fonce vers nous pour partager notre bonheur, c’était grand». 

 

Michel Desjoyeaux, ambassadeur du Prix Finagaz de la Combativité : 
« Aurélien Ducroz, Olivier Backès et Laurent Voiron ont failli aujourd’hui perdre leur 4e place sur une Super Finale très disputée, avec beaucoup de renversements de situations. C’est un équipage aguerri, certes, mais c’est quasiment le seul équipage qui n’a pas fait de rotations. Ils se sont battus jusqu’au bout. Même aujourd’hui, il y avait des choses à faire et des places à perdre. Ils ont décidé de crocher dedans. Avec l’ensemble du jury, nous avions décidé Team Coved serait le Super Combatif Finagaz avant même le départ de la Super Finale. Et, lorsque nous les avons vus franchir la ligne d’arrivée en tête, cela n’a fait que confirmer le choix que nous avions déjà fait. Ce sont des gens qui se battent jusqu’au bout et c’est ça qu’on aime chez Finagaz ! » 

Tour 2016, un finish en or !

Le 30 juillet 2016

Ce samedi de finales à Nice a livré son verdict. Si Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihané était certain de remporter le Tour de France à la Voile 2016, Grandeur Nature Véranda a coiffé au poteau Crédit Mutuel de Bretagne pour la deuxième place. Dans le petit temps, Team France Jeune remporte le classement Jeunes et Amateurs aux dépens de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Nice, le 30 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Nice, le 30 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

 

Jour de finales !

Le 30 juillet 2016

Le Tour tire ses derniers bords en ce samedi, dans la baie des Anges, lors d’un dernier stade nautique qui, quoi qu’il arrive, sera marqué par la consécration du Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, en tête du Tour depuis Dunkerque.

Tour de France Voile 2016, Nice le 29 Juillet 2016.Raid cotier.
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Nice le 29 Juillet 2016.Raid cotier. Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO


Le programme :  

Le format de cette journée de finales est différent. La flotte est répartie en trois groupes distincts. Dans le groupe Or, les 6 premiers du classement établi hier après le raid côtier ; dans le groupe Argent, les 9 suivants et, dans le groupe Bronze, les 9 derniers. Les 6 premiers sont ainsi assurés de terminer entre les places de 1 à 6, reste à savoir dans quel ordre, les points comptant double aujourd’hui. Il en est de même pour les deux groupes Argent et Bronze.  
 
Ces deux ronds disputeront autant de manches que possible (à concurrence de 6) entre 11h30 et 14h45. Le classement général final sera établi sur leurs résultats du jour, de 17e à 24e pour les « Bronze », de 7e à 16e pour les « Argent ».  
 
Le groupe Or, lui, ne disputera qu’une seule et unique manche de finale à partir de 15h45. 
 
La météo :  
 
Limpide sur le papier, le programme risque de souffrir de la légèreté de l’air qui souffle sur Nice. Le vent de sud qui peine à se lever sous le plafond nuageux apporté par le vent d’est, hier, devrait rester mollasson tout au long de la journée : il soufflera entre 5 et 8 nœuds dans l’après-midi.  

Les matches :  
 
- Pour le titre, c’est acquis depuis Hyères pour Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan  
- Pour la deuxième place, il est acté qu’elle se jouera entre Crédit Mutuel de Bretagne et Grandeur Nature Véranda, que seul un point sépare. Et, comme tout point comptera double aujourd’hui, on aura un vainqueur.  
- Pour arracher la 4e place, que Team Coved détient avec 10 points d’avance, il faudra que Oman Airports by Oman Sail remporte la Super Finale Or et voit les hommes d’Aurélien Ducroz terminer en 6e position.  
- Versés dans le groupe Argent, Team France Jeune a 8 points de retard sur Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, leader du classement Jeunes et Amateurs. Pour s’imposer, la poussinière de Groupama Team France devra mettre quatre bateaux entre elle et les Morbihanais 

Le bon coup d’Oman Airports

Le 29 juillet 2016

Si Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a poursuivi son festival, le raid côtier de Nice était aussi la dernière chance de prendre place dans le groupe Or avant une journée de stade nautique qui comptera double (Super Finale). 3e du raid, Oman Airports by Oman Sail a expulsé le seul équipage amateur qui pouvait encore y prétendre.  

Tour de France Voile 2016, Nice le 29 Juillet 2016.Raid cotier.
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Nice le 29 Juillet 2016.Raid cotier. Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO

Ce matin, le Tour de France à la Voile a rendu hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet. Dans le jardin Albert 1er, où a été improvisé un mémorial, les équipages et l’organisation sont venus se recueillir au milieu des fleurs et des peluches déposées là depuis quinze jours. « Touchés au plus profond du cœur », comme l’a souligné Jean-Chistophe Mourniac (lire par ailleurs), les navigateurs du Tour arboreront jusqu’à dimanche des flammes noires dans leurs haubans, matérialisant ainsi l’expression de leur forte émotion.  
 
Une journée à fort enjeu 

Sur l’eau, le dernier raid côtier de cette édition devait livrer son verdict. A l’issue de celui-ci devait en effet être déterminée la composition des trois groupes qui navigueront séparément en stade nautique demain. Dans le groupe Or, les six premiers du classement ; les neuf suivants seront réunis dans le groupe Argent et les neuf autres équipages dans le groupe Bronze.  

Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a signé sa 10e victoire en 16 courses en devançant d’une grosse minute Trésors de Tahiti, barré par Pierre Pennec – qui avait connu l’enfer et perdu le Tour 2015 au même endroit l’an dernier, en terminant 14e. Cette deuxième place n’a pas suffi à compenser la journée noire qu’ont connue les Tahitiens hier dans le stade nautique de Hyères. 19e après avoir été disqualifiés d’une manche pour un refus de priorité, et contraints à ne pas courir la suivante, le temps de réparer, les hommes de Téva Plichart ont perdu l’occasion de figurer dans le Top 6 du Tour.  
 
Oman signe le jackpot du jour  
 
La belle opération du jour est à mettre à l’actif de Oman Airports by Oman Sail, 7e avant le départ du raid et qui, grâce à sa 3e place dans la Baie des Anges et à la 9e place de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, avec qui il était à égalité de points, arrache son ticket pour le groupe des leaders.  

Depuis deux semaines, Grandeur Nature Véranda et Crédit Mutuel de Bretagne ne se lâchent plus… et ça n’a guère changé aujourd’hui : 4e, Jean-Christophe Mourniac et les siens ont repris un point sur Nicolas Troussel et ses match-racers. Les deux teams se retrouveront effectivement demain pour une journée qui aura tout d’une compétition de match-racing 

Reversé dans le groupe Argent suite à sa 9e place dans le raid, Team Lorina Mojito est toujours leader du classement Jeunes et Amateurs, même si Team France Jeune a terminé 4e. 8 points séparent les deux équipes à l’aube d’une journée qui compte double.  
 
Le samedi, comment ça marche ?  
Trois groupes ont été constitués, en vertu du classement.  
 
Groupe Bronze - Les 9 derniers du classement : 24 - Columbus Café – IDTGV ; 23 – Marie et ses frères ; 22 – Helvetia Purple by Normandy Elite Team ; 21 – Be.Brussels ; 20 – Dunkerque Voile ; 19 – Fondation FDJ – Des pieds et des mains ; 18 – Techneau ; 17 – EMCC by Normandy Elite Team.  
 
Groupe Argent - Les 9 qui les précèdent : 16 – Pays de l’Or – Hérault ; 15 – Réel PGO – Réseau Entreprendre ; 14 – Helvetia Blue by Normandy Elite Team ; 13 – Cheminées Poujoulat ; 12 – Dynamique Homkia ; 11 Natixis – Défi YC Saint-Lunaire ; 10 – Cardinal-FenêtréA ; 9 – Team France Jeune ; 8 – Trésors de Tahiti ; 7 – Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan.  
 
Ces deux groupes courront autant de manches que possible et les points attribués ce samedi compteront double.  
 
Groupe Or - Les 6 premiers 6Installux Aluminium ; 5 – Oman Airports by Oman Sail ; 4 – Team Coved ; 3 – Crédit Mutuel de Bretagne ; 2 – Grandeur Nature Véranda ; 1 – Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan.  
 
Le groupe Or disputera, à 15h30, une seule manche, dont les points seront doublés. Elle déterminera non pas le vainqueur du Tour, déjà connu depuis Hyères, mais la composition du podium.   

ILS ONT DIT

Le 29 juillet 2016

Quentin Delapierre, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« 
On est content de poursuivre avec la même exigence, même si on a déjà gagné le Tour. On prend un bon départ, puis Quentin Ponroy nous fait tirer des bords parfaits. Comme on était un peu derrière, on a vu l’option payante prise par Pierre Pennec, qui nous met bien 200 mètres avec Trésors de Tahiti dans la descente vers la bouée de Cap-Ferrat. Quentin a bien retenu la leçon et a pris la même route quand on y est repassé, et c’était le coup gagnant. C’est bien de réussir à rester aussi impliqué et, de toute façon, si on s’investissait à moitié, on se ferait taper sur les doigts ».  

Teva Plichart, skipper de Trésors de Tahiti :
« 
C’est beaucoup mieux qu’hier, c’est une belle satisfaction d’avoir su redresser la barre sur ce plan d’eau généralement peu venté, mais qui était navigable aujourd’hui. Mais il reste l’énorme déception de ne pas accéder à la Super Finale et au groupe Or, demain, après notre stade nautique de Hyères, où connaît une grosse collision qui nous fait perdre tant de points. Si on ne vit pas cette collision, on est dans le groupe Or demain… C’est le sport et ça n’enlève rien du fait qu’on a vécu un très beau Tour de France.  Nous serons là l’an prochain et nous avons déjà une idée de ce que nous pouvons améliorer sur l’eau, et en amont de la course ». 
 
Pierre Leboucher, barreur d Oman Aiports by Oman Sail :
« L’objectif
était de rentrer dans les six du groupe Or pour demain. On a réussi, c’est donc une super journée. Mathématiquement, nous étions plusieurs à pouvoir y accéder et ce n’était pas gagné, il a fallu se battre. Je pense que, dans les moments importants où il faut être présent, Stevie et moi avons l’expérience pour supporter la pression. On s’est bien amusé sur l’eau et c’était super de passer la bouée de dégagement en tête. Mais l’objectif n’était pas de gagner, mais de contrôler nos adversaires ».  


Le Tour se recueille

Le 29 juillet 2016

Ce matin, le Tour de France à la Voile est venu se recueillir au Mémorial dressé dans le jardin Albert 1er. L’organisation et les équipages entouraient les représentants de la Ville de Nice, dont José Cobos, délégué aux événements sportifs, qui voit en le Tour « une petite évasion ».  

Tour de France Voile 2016, Nice le 29 Juillet 2016. Cérémonie d'hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet dernier.
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Nice le 29 Juillet 2016. Cérémonie d'hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet dernier. Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO

ILS ONT DIT 

Jean-Baptiste Durier, Directeur du Tour de France à la Voile :
« C’est extrêmement particulier pour le Tour de France à la Voile de venir à Nice. Les autorités nous ont manifesté leur volonté de maintenir l’arrivée du Tour uniquement dans son aspect sportif, sans le volet populaire et nous adhérons à cette prise d
e position sans aucune réserve. 
Pour tout le monde, la vie reprend, à petits pas, et nous avons avançons avec le devoir d’être sobres et dignes. Ces trois jours de présence à Nice du Tour seront marqués par beaucoup d’enjeux sportifs, mais aussi par notre volonté de nous recueillir, de rendre hommage aux victimes et de manifester notre soutien à leurs proches. 
Nice et Amaury Sport Organisation ont toujours été très proches et ce lien s’est encore renforcé. Comme tous les Français, comme tous les humains, les gens qui composent la caravane du Tour de France à la Voile sont particulièrement touchés par les événements ». 
 
José Cobos, adjoint au Maire de Nice, délégué aux événements sportifs et à la fondation en faveur du sport et de la culture :
« Je voudrais remercier Amaury Sport Organisation pour sa compréhension lorsqu
e nous avons choisi le maintien de l’événement sportif, le premier à survenir après l’attentat du 14 juillet. 
Depuis 2008, Nice est une ville sportive, selon la volonté de son Maire, et, à travers le Tour de France à la Voile, nous montrons que nous avons le devoir de continuer à vivre. Nous sommes très touchés, il faut lever la tête et continuer la route. On n’a même pas pu apprécier tous les bienfaits de l’Euro 2016, dont certains matches se sont déroulés dans notre ville. Tout le monde a conscience des difficultés que nous traversons et, même s’il est bien difficile de sourire, le Tour de France à la Voile nous offre une petite évasion ».  

Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda :
« Forcément, nous sommes hyper touchés. Le climat dans la ville est très particulier et on est marqué au plus profond du
coeur, comme on l’a été lorsque Paris a été meurtrie. On est là parce que la vie continue et parce que nous portons les valeurs du sport qui restent essentielles dans ces moments difficiles. C’est difficile pour nous aussi, qui pensons à chaque instant aux familles touchées et aux Niçois depuis le 14 juillet. Mais il faut continuer à vivre, des gens se promènent, discutent ou rigolent sur la Promenade des Anglais, d’autres courent, c’est comme ça. Il faut avancer ».  

Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel de Bretagne :
« On a senti dès notre arrivée le poids du drame sur la ville, et on est marqué par ce qu’il s’est passé ici, sur la Promenade des Anglais, et on pense très fort aux victimes et à leurs familles. C’est particulièrement émouvant. On court, mais on n’oublie pas toutes ces victimes. On pense à eux ».
 

Nice, Acte 9 scène 1

Le 29 juillet 2016

Raid côtier à partir de 12H45

Si le vainqueur du Tour de France à la Voile 2016, Nicolas Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne) et Jean-Christophe Mourniac (Grandeur Nature Véranda) vont se livrer à une lutte sans merci pour la conquête de la deuxième place. L’autre match marquant opposera Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan à Team France Jeune pour la conquête du titre Jeunes et amateurs.


Le programme :
Départ du raid côtier à 12h45
Arrivée à partir de 15h45

Le parcours :
30 milles nautiques sont annoncés. Départ au large de la Promenade des Anglais, côté est, avec comme points de passage le Cap Ferrat et l’aéroport de Nice, à l’opposé. Deux pièges locaux à éviter : le passage des ferries vers la Corse, nombreux en cette période, et la zone de l’aéroport.

La météo :
Beau temps légèrement couvert. Vent faible en matinée qui se renforcera à 7-11 nœuds dans l’après-midi.

ILS ONT DIT

Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel de Bretagne :
« On a senti dès notre arrivée le poids du drame sur la ville, et on est marqué par ce qu’il s’est passé ici, sur la Promenade des Anglais, et on pense très fort aux victimes et à leurs familles. C’est particulièrement émouvant. On court, mais on n’oublie pas toutes ces victimes. On pense à eux ».

Matthieu Salomon, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :

« On a passé une nuit comme toutes les autres nuits : on a monté le bateau et on est allé se coucher. On est super content de conclure ainsi quand on monte projet comme celui-ci, avec pas mal de pression sur toute la saison, mais aussi pas mal d’envie. Pour tout ça, la victoire est encore plus gratifiante. On va aborder cette étape comme toutes les autres : il faut que tout le Tour, jusqu’au bout, soit disputé de la même manière, avec la même équité sportive. Si on se retire du combat sportif, on fera perdre un peu de sa saveur au Tour ».

Solune Robert, co-skipper de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan :
« On est super fier d’eux (l’autre équipe de Team Lorina) : les gars ont fait un travail remarquable. Il reste deux courses sur lesquelles on doit se centrer sur nous. Nous avons 13 points d’avance sur Team France Jeune, il va falloir rester très concentré sur l’événement pour l’emporter ».

Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel de Bretagne :
« Tout va se jouer sur les deux dernières journées, sur plan d’eau peu venté. On est content d’avoir fait deux belles journées à Hyères et d’avoir repris cette belle deuxième place. Mais tout peut tourner rapidement dans cette baie de Nice. On va poursuivre cette bagarre qui est belle depuis longtemps maintenant. Je félicite encore le Team Lorina Limonade, qui a fait du bon boulot, comme Mojito et Team France Jeune ».

Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda :
« Je préférerais être devant, car il reste deux journées. L’objectif est le podium mais, si on peut rester collé à Nicolas et l’affronter en match race samedi, ça sera terrible ! Mais il a deux super pointures du match racing à bord, avec Damien Iehl et Mathieu Richard, qui est sans doute le plus fort de notre pays dans cet exercice. C’est un jeu, on va lâcher les watts sur la première journée, et puis que le meilleur gagne ! On aime la voile pour ses émotions, et celles qui vont venir les deux prochains jours seront fortes, c’est un régal. Je rends hommage à Quentin (Delapierre) et Matthieu (Salomon) qui ont constitué une formidable équipe. Elle va aller très loin si elle reste soudée. Je les vois, oui, vraiment très loin. Il doivent rester unis, croire en eux et j’espère que les partenaires sauront les accompagner parce qu’ils peuvent apporter des choses extraordinaires pour la voile française. Leur Tour, c’était vraiment du très haut niveau ».




ILS ONT DIT

Le 28 juillet 2016

Matthieu Salomon, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« On réalise ce qu’on était en passe de faire : gagner avant la dernière journée du Tour de France. Et c’est
un petit plus qui rend l’histoire encore plus belle. On est fou de joie. Ce qu’on a mis sur pieds avec Quentin à l’issue du Tour 2015, en termes de fonctionnement, a mené à cette victoire. On a choisi de fonctionner différemment de l’an dernier, et c’était manifestement la bonne décision. On a déjà envie de faire durer le plaisir, parce qu’on ne sait pas si on aura l’occasion de revivre ça avec le même groupe dans l’avenir. On a été pro ? On a beaucoup travaillé sur la rigueur, chacun est responsable d’un poste dans l’organisation, ce qui nous a permis de nous sentir investis à chaque instant. Toutes ces petites choses ont créé une dynamique hyper positive en termes d’investissement, et nous a aidés à bien faire. On gagne devant des stars comme Nicolas Troussel, qui nous a fait rêver sur la Solitaire. Il y a quelques années, on caressait le rêve de courir un jour à ses côtés, et on se retrouve à gagner devant lui, Thierry Douillard et d’autres stars de la voile. On a toujours su protéger les valeurs qui ont formé notre groupe, ça a payé. Vraiment, notre victoire n’est pas volée. " 

Quentin Ponroy, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Je courais avec
Groupama l’an dernier, et on avait perdu le Tour juste à la fin. Je suis revenu pour le gagner, et c’est fait. Je navigue avec les gars depuis longtemps mais je m’étais dit qu’il fallait vraiment être avec eux cette année ! (rires). Je crois que les forces de notre équipe sont la jeunesse, la fougue, la cohésion et la solidarité. Cela fait déjà des années qu’on navigue ensemble». 

Bruno Mourniac, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« 
La domination est visible au niveau des points mais, sur l’eau, on s’est battu pour décrocher cette victoire. On a été régulier et on a gagné pas mal d’étapes parce qu’on n’a rien lâché, on était à fond tout le temps. C’est génial de gagner le Tour à Hyères ».  

Nicolas Troussel, skipper Crédit Mutuel de Bretagne :
« 
Après quelques étapes difficiles, on est reparti dans le bon sens avec un très bon Acte, à Hyères. Le Team Crédit Mutuel est reparti de l’avant et j’espère qu’on va bien finir ce Tour. Tous les jours on essaie de progresser, de s’améliorer, et de corriger les petites choses qui n’ont pas fonctionné. La machine s’était un peu enrayée, on a beaucoup débriefé ces derniers jours. On est toujours resté soudé. Il y a une très bonne ambiance entre l’équipe à terre et l’équipe en mer, et je crois que c’est ce qui nous permet de rebondir de belle manière. On navigue plus relâché et c’est encourageant pour le dernier Acte de Nice. On a très envie de bien terminer ce Tour, mais la baie de Nice n’est jamais facile avec des vents faibles. On repart du bon pied et c’est l’essentiel. Quant à Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, bravo à l’équipe, qui a très bien navigué toute la saison, qui ne s’est jamais désunie et qui a fait très peu d’erreurs. On n’était pas loin, à Roscoff, puis on a décroché. Ils ont eu la force mentale de dominer sur l’eau, mais de résister aussi aux pressions extérieures, à la nouveauté des médias… Ils ont tout fait très bien ».  

Solune Robert, co-skipper de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan :
«
Il reste encore à confirmer demain, mais si on réussit à être dans les six au classement général, on sera vraiment satisfait. On commence à retrouver un bon élan. Il n’y a que le stadium de Marseille où on prend un « black flag » au départ mais, pour le reste, on fait une belle fin de Méditerranée. On est content de nous et on va essayer de continuer sur cette lancée. On essaie d’être plus prudents sur les départs parce que les disqualifications peuvent coûter cher. Demain, pour le raid à Nice, nous avons un Niçois à bord, Gautier Germain. On va s’arracher pour faire un beau raid et être tranquille le dernier jour».  

 

Le Tour 2016 a son patron !

Le 28 juillet 2016

Sacrés Morbihanais !

Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a remporté le stade nautique de Hyères, mais il a surtout assuré sa victoire dans le Tour de France à la Voile, alors qu’il reste deux courses à disputer. Un sacre magistral pour cette équipe qui avait remporté le classement amateur l’an dernier.  

Tour de France à la Voile 2016, étape de Hyères, le 28 juillet 2016. Crédit photo : Morgan BOVE / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Hyères, le 28 juillet 2016. Crédit photo : Morgan BOVE / ASO - Morgan Bove / ASO

Il ne faisait plus aucun doute que Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan allait remporter ce Tour de France à la Voile 2016. Restait à soigner la manière, et c’est bien à ça que les Limonadiers se sont employés toute la journée. 6e de la première régate de qualification, les Morbihannais ont ensuite enchaîné quatre victoires, avant de dominer la Super Finale.  
 
S’ils sont assurés de remporter le Tour, c’est que leur avance au classement général, de 54 points avant cette journée de Stade Nautique, est ce soir de 56 points et que, à deux journées de la fin, il ne peut plus rien leur arriver.  
 
Du suspense pour deux jours  
 
Il reste du suspense à tous les étages, à commencer par la lutte pour la deuxième place que se livrent Grandeur Nature Véranda et Crédit Mutuel de Bretagne. En retard de deux points ce matin, les hommes de Nicolas Troussel sont repassés devant en terminant deuxièmes du stade nautique, tandis que Grandeur Nature Véranda finissait cinquième. Le coup le plus dur encaissé ce jour, c’est celui qu’a pris Trésors de Tahiti, devancé par tous les autres candidats au Top 5 final. 19e ce jour après avoir été disqualifiés d’une manche, puis contraints à ne pas prendre le départ sur la suivante, le temps de réparer les dégâts d’une collision avec Helvetia Blue by Normandy Elite Team, les Tahitiens sont désormais 8e du général. Team France Jeune, privé de Super Finale, termine 12e et voit son principal rival pour la victoire du Classement Jeunes et Amateurs, Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, prendre 13 points d’avance après sa 3e place, jeudi. 

Nice, l’émotion du Tour

Le 28 juillet 2016

C’est à Nice que le Tour de France à la Voile connaîtra son épilogue, de vendredi à dimanche. Un Acte empreint d’émotion et de recueillement.  

Les autorités locales ayant communiqué à l’organisation leur volonté de maintenir l’arrivée du Tour à Nice, l’événement mettra le cap sur la Baie des Anges dès ce soir. Le raid côtier, vendredi, le stade nautique, samedi et le postlogue de dimanche auront donc bien lieu, comme prévu. En revanche, et en plein accord avec la Ville, la dimension festive et populaire de l’événement -village animations, caravane publicitaire, zone spectateurs, pôle plage- sera bien entendu supprimée, comme une évidence, pour une arrivée dont les maîtres-mots seront sobriété et dignité. 
 
L’émotion est particulièrement profonde au sein de la famille du Tour de France à la Voile, qui viendra se recueillir vendredi matin devant le Mémorial dressé sur la Promenade des Anglais, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet. Les équipages et l’organisation y déposeront des fleurs blanches.  
 
Une flamme noire envoyée dans les haubans pendant toute l’arrivée, en mer comme à terre, symbolisera la peine partagée par tous les marins du Tour et leur profonde affection pour les victimes de l’attentat et leurs proches. 

"Plus qu'une bande de copains"

Le 28 juillet 2016

Entretien avec Quentin Delapierre

Quentin Delapierre avait encore, à la sortie du podium, cette flamme volontaire qui anime son regard depuis le début du Tour de France à la Voile. Le co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan salue l’investissement de cette bande de copains qui a su affronter ses vérités pour gagner le Tour 2016.  

Tour de France à la Voile 2016, étape de Marseille, le 24 juillet 2016. Crédit photo : Morgan BOVE / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Marseille, le 24 juillet 2016. Crédit photo : Morgan BOVE / ASO - Morgan Bove / ASO

Que signifie cette victoire un an après votre succès au classement amateur du Tour de France 2015 ?

Quentin Delapierre, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan : « Après notre victoire en amateur l’an dernier, on avait à cœur de ne pas rater notre entrée dans le monde de la voile professionnelle.  Avec Matthieu, on a su instaurer une ambiance, des règles, des valeurs, qui nous ont portées tout au long du Tour.

Vous êtes apparus particulièrement pros, de bout en bout…

Q. D. : On est super content parce qu’on a bien travaillé, tout le monde s’est investi à plein et pas que sur l’eau. Certes, on s’est particulièrement bien entraîné, plus de dix semaines depuis le début de la saison, mais on a eu la même rigueur à terre. C’est pour tout ce travail que je pense qu’on a réussi notre entrée dans la carrière professionnelle de marin. On a évolué avec un environnement d’une incroyable qualité, des gens exceptionnels qui ont couru les jeux Olympiques ou qui ont eu un rôle de coaches en Coupe de l’America, et j’ai vraiment envie de les remercier parce qu’ils nous ont portés vers cette victoire.

Gagner deux jours avant la fin du Tour prouve que vous aviez de la marge sur la flotte ?

Q. D. : Parce qu’on a gagné des courses en avant-saison, on savait qu’on avait une petite marge sur les autres bateaux leaders, mais il restait à la préserver et à l’exploiter. Sur le Tour,  on savait qu’il nous fallait une marge sur la concurrence avant d’arriver en Méditerranée, et Crédit Mutuel de Bretagne nous a rendu la vie complexe jusqu’à Baden. Nicolas Troussel et son équipe ne perdaient pas beaucoup de points, ils ont gagné deux fois à Roscoff et, à Baden, on a redoublé d’efforts pour créer un break. Il était hors de question de lâcher quoi que ce soit, à quelque moment que ce soit. Et la concurrence a lâché avant nous.


Battre Nicolas Troussel, Thierry Douillard, Pierre Leboucher et bien d’autres noms de la voile en rajoute à votre plaisir ?

Q. D. : En face de nous, il y avait des marins au palmarès monstrueux, des grands noms de ce sport. Le fait qu’on les ait battus est flatteur, mais ils sont les stars et, nous, nous ne sommes pas grand-chose encore.

Vous avez gagné d’entrée de jeu et remporté 9 courses sur 15 courues à ce jour. La victoire appelle la victoire ? 

Q. D. : Ça a bien failli mal commencer : on aurait tout aussi bien finir derniers de la finale du Stade nautique de Dunkerque, le deuxième jour de course, mais on remonte la flotte et on gagne. Le soir, on s’est pris un « brin » par Philippe Mourniac, notre coach. Honnêtement, on aurait pu se retrouver dans un tout autre état d’esprit à ce moment-là, mais ça nous a soudés.

Le Team Lorina, avec ses deux bateaux et sa présence forte sur le Tour vous a portés 

Q.D. : Une spirale très positive s’est installée notamment avec les partenaires. Lorina ne nous a jamais lâchés d’un pas, Jean-Pierre Barjon (le PDG de Lorina) nous a appelés tous les jours, pour nous féliciter quand on gagnait, pour nous encourager sinon. Vannes Agglo était aussi derrière nous et toutes ces énergies se sont cumulées derrière nous en créant un environnement sain et aux bénéfices exponentiels, ce qui a rajouté de la puissance à ce que nous avions déjà : la certitude d’être rapides sur l’eau et l’envie d’enchaîner un maximum de bons résultats. 

Qu’est-ce qui va rester ? Le succès d’une bande de potes ou le fait que vous ayez réussi votre transition dans le monde professionnel ?

Q.D. : Ce que je trouve beau, c’est que notre équipe est une bande de potes qui a su trouver l’énergie de se dire les choses quand il le fallait, sans jamais masquer les problèmes qui pouvaient survenir. Des bandes de potes, il y en a plein qui ont fait le Tour, mais on a su rester soudés après s’être dit la vérité, et c’était bien ça le chemin. On n’a pas oublié tout l’investissement et l’engagement qu’ont mis Spindrift et Groupama, l’an dernier, dans leur course à la victoire : une simple bande de copains ne peut pas gagner autre chose : il faut se sentir investi d’envie et de méthode à chaque instant, pour gagner ».

Le réveil de Crédit Mutuel de Bretagne

Le 27 juillet 2016

Victoire de Crédit Mutuel de Bretagne dans le raid côtier de Hyères

Après une interminable période de disette, Crédit Mutuel de Bretagne a signé sa troisième victoire, mercredi, en s’imposant dans le raid côtier de Hyères. Deuxième, Grandeur Nature Véranda a trouvé l’énergie pour limiter les dégâts au classement : deuxième du jour, il reste le dauphin de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan pour un tout petit point.  


Tour de France Voile 2016, Hyeres le 27 Juillet 2016
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Hyeres le 27 Juillet 2016 Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO

Baissière depuis le doublé à Roscoff, la valeur de Crédit Mutuel de Bretagne revient à la hausse. Voici un moment que les équipiers de Nicolas Troussel n’avaient pas renoué avec le podium d’une manche et, quand une spirale de ce type s’installe, il faut changer soit les hommes, soit le système. « Mais on n’a aucun doute sur les hommes, qui sont tous d’excellents navigateurs, explique Fred Guilmin. Alors on a changé de fonctionnement, en revenant à une matrice proche de celle qui existait sur la précédente version du Tour. A Mathieu Richard la stratégie, à moi la tactique. Cela a soulagé Mathieu de son stress et ça a cassé la spirale de ces derniers jours ». 
 
Trois vents et une bulle
 
 
Il fallait, ce jour, se déjouer des pièges typiques de la baie de Hyères. Sur le plan d’eau, existait un conflit entre un vent de sud ouest qui voulait rentrer, face à du vent de sud et un zest d’est qui poussait derrière. Un mélange détonnant qui créa une bulle de dévent sur le Cap Esterel, par lequel la flotte est passé à deux reprises, en quittant Hyères, puis en y retournant avant de mettre le cap vers le fort de Brégançon. C’est autour de ces deux bulles de vent que CMB, bien lancé et maître de ses choix, a forcé le passage pour se glisser en tête sous le nez de Grandeur Nature Véranda, qui avait eu bien plus à faire.  
 
Sanctionné par un rappel individuel, le trio « Kinou » Mourniac, Corentin Horeau et Valentin Bellet passe la bouée de dégagement en dernière position puis remonte, pas à pas, vers la tête du classement, où se situait déjà CMB.  Fred Guilmin raconte : « Au retour d’Esterel, la même bulle s’étendait devant nous et il a fallu faire un choix à cet endroit là : passer en dessous ou au-dessus ? On choisit d’abord le large, puis on sent qu’il faut complètement basculer vers la côte. Les gens du large se voyaient beaux, et ça se joue à pas grand-chose, mais c’est l’option côte qui passe en tête, et c’est là qu’on passe devant Grandeur Nature Véranda. Il ne restait après la bouée qu’un concours de vitesse, qu’on a gagné ». 
 
« On a très bien navigué »
 
 
Kinou Mourniac confirme : « Crédit Mutuel de Bretagne nous passe devant à Brégançon avec un tout petit peu de réussite. Sur le bord entre Hyères et Brégançon, la flotte s’est scindée en deux groupes, on a choisi la côte, mais on n’a jamais été à l’abri que ça paie pour les bateaux du large. On a très, très bien navigué. Après être passés derniers à la marque après notre rappel individuel, nous avons serré le jeu et gagné du terrain un peu partout. On a toujours été là où on voulait être, on a toujours manœuvré au bon moment. » 
 
Avec quelque cinq cents mètres d’avance, Fred Guilmin, Mathieu Richard et Damien Iehl coupent la ligne d’arrivée devant Grandeur Nature Véranda et Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan. Sans conséquence pour les leaders, quasiment assurés d’être sacrés à Nice samedi prochain, ce podium du jour offre à CMB l’occasion de recoller au plus près des Cow-boys pour la deuxième place : seul un point les sépare.  
 
Quatre tournées pour Mojito  
 
Le match pour le classement Jeunes et Amateurs bat aussi son plein. En terminant 5e, Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan s’offre quatre points d’avance sur Team France Jeune, 9e. A noter également qu’Aymeric Arthaud a signé sa meilleure performance depuis le début du Tour, en terminant 7e. 
 
Demain, la flotte des 24 Diam 24 disputera le stade nautique devant la plage de l’Ayguade avant de partir pour Nice où sera jugée la Grande Arrivée de ce Tour de France à la Voile 2016, samedi 30 juillet. 

ILS ONT DIT

Le 27 juillet 2016

Fred Guilmin, Crédit Mutuel de Bretagne :
«
L’opération aurait été vraiment bonne si Grandeur Nature Véranda avait fait moins bien, mais on est vraiment content de nous ! Ce raid a été bien compliqué et, jusqu’à présent, nous avons eu du mal à gérer ces situations. On n’était pas vraiment content de ce qu’on a produit en Méditerranée et, cette fois-ci, on a super bien bossé. On a modifié notre fonctionnement : on est plus dans une configuration qui rappelle l’ancien Tour de France, avec Mathieu à la stratégie et moi à la tactique. Ça a soulagé Mathieu (Richard) de son stress et ça a cassé la spirale de ces derniers jours. On avait deux solutions après nos contre-performances : changer les bonshommes ou changer le fonctionnement. Or, les hommes sont très bons. Il y a eu des transitions entre le Mistral, au début et à la fin du raid avec, au milieu, le thermique qui est venu se mêler à la lutte, pour créer une bulle de dévents à hauteur de Cap Esterel, qu’on a dû négocier à l’aller et au retour. Il y a eu deux phases cruciales : le dévent d’Esterel, avec un groupe de tête qui reste en tête, mais qui profite à Grandeur Nature Véranda qui passe de 24e à 6e en un rien de temps en faisant le tour du dévent. Nous avions suffisamment d’avance pour accepter de traverser cette zone. Puis, au retour d’Esterel, la même bulle s’étendait devant nous et il a fallu faire un choix à cet endroit là : passer en dessous ou au-dessus. On choisit d’abord le large, puis on sent qu’il faut complètement basculer vers la côte. Les gens du large se voyaient beaux, et ça se joue à pas grand-chose, mais c’est l’option côte qui passe en tête, et c’est là qu’on passe devant Grandeur Nature Véranda. Il ne restait après la bouée qu’un concours de vitesse, qu’on a gagné » 

Tour de France Voile 2016, Hyeres le 27 Juillet 2016
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Hyeres le 27 Juillet 2016 Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO



Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda : « Quelle belle manche ! On aurait préféré que l’ordre soit inversé, mais ça promet un final palpitant. On a très, très bien navigué. Après être passés derniers à la marque après notre rappel individuel, nous avons serré le jeu et gagné du terrain un peu partout. On a toujours été là où on voulait être, on a toujours manœuvré au bon moment. Sur le plan d’eau, on était dans le conflit entre un vent de sud ouest qui voulait rentrer, face à du vent de sud et un peu d’est qui poussait derrière. Cela a créé une grosse zone de molle. Il y avait des choix importants à faire. Il fallait bien viser pour passer devant à Brégançon parce que, après, ce n’était plus qu’une course de petits chevaux et il n’y avait plus de solution pour passer. Crédit Mutuel de Bretagne nous passe devant à Brégançon avec un tout petit peu de réussite. Sur le bord entre Hyères et Brégançon, la flotte s’est scindée en deux groupes, on a choisi la côte, mais on n’a jamais été à l’abri que ça paie pour les bateaux du large. Corentin Horeau a fait les bons choix et Valentin et moi avons bien amené de la vitesse. Corentin est super fort, et Valentin est un équipier qui excelle dans les réglages, surtout dans les zones un peu foireuses. En Atlantique, on a trouvé un trio qui marchait très bien, avec Tim et Pierre-Yves – ils naviguent souvent ensemble – et, là, on a un très beau trio aussi, qui est en phase sur l’eau. 
 
Kevin Péponnet, Team Lorina Limonade - Golfe du Morbihan :
« On est resté avec nos adversaires tout au long du côtier. On a eu quelques difficultés dans la descente vers Brégançon et un piège aussi du côté de la colline de l’Esterel, donc au final on e
st content de conforter notre première place. Maintenant jusqu’à Nice, on va surtout éviter la casse parce que ce serait 25 points perdus bêtement, et garder un œil sur nos deux poursuivants. On est assez confiant et on a la pression qui diminue par rapport au début du tour, donc on prend beaucoup de plaisir en Méditerranée, surtout avec les paysages des magnifiques parcours côtiers."

 
Aymeric Arthaud, skipper de Réel – PGO Réseau Entreprendre :
« 
Oh, cette 7e place soulage ! On a enfin pu chasser quelques frustrations nées de contre-performances parfois pas vraiment acceptables et, en naviguant aux sensations, on se retrouve à la place qu’on devrait occuper. Ça va mieux ! On a remarqué que, sur cette partie méditerranéenne, le jeu est très ouvert. Le thermique est en conflit avec le synoptique, ce qui ouvre plusieurs systèmes, avec des bulles. Je suis content car on a été dans les bons coups du début à la fin. On n’est pas loin de remporter le départ, puis on respecte notre plan de jeu. On va vers la gauche tandis que Limonade va à droite, mais on se positionne rapidement. On est bien entre Hyères et Porquerolles, puis il y a ce portant crucial vers Brégançon. On a bien fait de faire confiance à la gauche, où nous avons navigué avec le « beau monde » de la flotte. On a fini en levant le pied : les écarts étaient de un mille entre nous ».  

 

« Je suis un produit local »

Le 27 juillet 2016

Focus sur Jean-Christophe Mourniac

Né à Sainte-Maxime, Jean-Christophe Mourniac a bien souvent traversé la baie de Hyères avec son Tornado olympique. Le skipper de Grandeur Nature Véranda raconte son Tour.

L’an dernier, vous aviez pris un départ tonitruant, avant de lâcher en bout de Tour et, cette année, vous ne cessez de monter en puissance…

Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda : « Oui, on monte en puissance au fil du Tour, contrairement à l’an dernier. On s’est préparé différemment, pour cela, avec la volonté de viser le classement général. Malgré quelques difficultés, on a bien traversé l’Atlantique, dont on sort en 3e position, et on progresse en Méditerranée. Il reste deux étapes décisives, parce que c’est très serré entre la 2e et la 6e places. Je ne regarde pas les écarts et je ne regarde pas derrière non plus : c’est très difficile de faire un bilan pour le moment.

Tour de France Voile 2016, Hyeres le 27 Juillet 2016
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Hyeres le 27 Juillet 2016 Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO

Est-ce que la nécessité de protéger vos deux points d’avance sur Crédit Mutuel de Bretagne vous pousse à vouloir contrôler la flotte ?

J.-C.M : C’est très difficile de le faire en multicoque. Je pratique ce type de supports depuis 20 ans et, à chaque fois que j’ai essayé de le faire, ça ne s’est pas révélé positif. On va continuer à attaquer. Nous allons continuer à nous occuper de nous, à protéger l’alchimie qui s’est installée, et ça devrait bien se passer.


Comment est organisée votre équipe navigante ?

J.-C.M : A bord, nous avons deux ossatures : l’une, qui a fait l’Atlantique, avec Pierre-Yves Durand, mon fils Tim et moi. L’autre est composée de Valentin Bellet, Corentin Horeau et moi. On essaie de préserver ces équilibres, parce que c’est important, parce que les changements sont certes bien pour se reposer, mais ils cassent un équilibre, à chaque fois. Pour deux jours d’arrêt, il faut deux jours pour se remettre dans le coup. Je ne suis sorti qu’une seule fois parce que c’est moi qui ai la plus grande expérience et il est nécessaire d’en avoir à bord pour préserver tout le monde de la pression extérieure.

Vous connaissez bien le plan d’eau ?

J.-C.M : Je le connais très bien ! Je suis né à Sainte-Maxime, j’y ai couru une dizaine de SOF au cours de ma carrière en Tornado – j’ai dû y faire quatre ou cinq podiums - et je m’y suis beaucoup entraîné avec Yves Silvestro, une légende de Hyères. J’ai aussi pas mal travaillé avec Hobie Cat. L’Ayguade, c’est ma maison et, à Hyères, il y a mes beaux-parents, chez qui on passe les vacances. J’ai beau m’être installé depuis 20 ans en Bretagne, je suis un produit local ».

Hyères, Acte 8 scène 1

Le 27 juillet 2016

Départ du raid côtier à 12h45 à l’Ayguade

A quatre journées de la fin du Tour de France à la Voile, les Diam 24 sont installés sur la plage de l’Ayguade, à Hyères, où sont mouillées les lignes de départ et d’arrivée, et où se courront les régates en stade nautique demain.


Le programme
Départ à 12h45 du raid côtier depuis la plage de l’Aygade. Au menu, 40 milles sur un circuit qui passera par Porquerolles, Cap Esterel, Brégançon, la batterie des Maures. Le vent, qui s’annonce plus installé ce jour, a permis de rallonger le parcours.

La météo
Grand soleil, vent de sud virant ouest dans l’après-midi, il s’établit à 10-15 nœuds avec des rafales à 22.


Nice
L’étape niçoise est maintenue, les 29, 30 et 31 juillet. Directeur du Tour de France à la Voile, Jean-Baptiste Durier confirme que « Nice nous a communiqué hier soir sa volonté de maintenir l’arrivée du Tour de France dans sa ville. Cette arrivée, dont le maître mot sera la sobriété, rendra hommage aux victimes et à leurs proches vers lesquels se tournent nos pensées ».


ILS ONT DIT

Erwan Fischer-Guillou, co-skipper de Team France Jeune :
« On est super content de naviguer ici, sous le soleil, et cette étape nous plaît déjà beaucoup. Jules Bidegaray, qui est le local de l’étape, va bien sûr naviguer avec nous. Il va y avoir une vraie belle bagarre. On a l’habitude, dans notre préparation olympique en 49er, de venir naviguer ici à l’occasion de la Semaine Olympique Française, devenue la World Cup de Hyères. C’est un plan d’eau qu’on apprécie vraiment. En plus, il va y avoir du vent, et on aime ça. Nous sommes 9e, les pros sont bien partis devant, mais le classement Jeunes et Amateurs est très serré. C’est très agréable de naviguer avec les pros, ils nous poussent vers l’avant, nous offrent de belles confrontations, et on va tout faire pour rebondir."

Thierry Douillard, co-skipper de Oman Airports by Oman Sail :
« Cette année est celle du retour d’Oman sur le Tour de France à la Voile. Oman a toujours été impliqué en multicoque, d’abord en Extrem40, puis désormais en GC32. Le Tour est pour nous une filière de formation : deux jeunes marins omanais naviguent en alternance sur le bateau, à chaque étape. Ce sont de vrais compétiteurs. Ali, par exemple, a deux saisons de Extrem40 derrière lui. Pour eux, le Tour est long, ils sont loin de chez eux, mais ils s’en sortent plutôt bien. Le problème de l’équipe, c’est moi, qui me suis blessé au dos à Dieppe, j’ai été contraint au repos. Comme j’ai eu l’autorisation de prendre l’avion et de conduire un petit peu, je suis de retour pour gérer l’équipe, à terre. Il me manquera trois ou quatre jours de repos pour pouvoir remonter sur le bateau. Une de nos contraintes est la communication, et je reviens pour mettre un peu de liant de tout ça ».

Francis Roux, premier adjoint au Maire de Hyères, conseiller communautaire et conseiller départemental :
« Je suis séduit, ravi de ce que le Tour a fait de cette magnifique plage d’Aygade, avec sa flotte féérique, qui restera à coup sûr une des plus belles images de l’été hyérois. Je regrette que Toulon Provence Méditerranée n’ait pas pu inscrire un bateau sur le Tour cette année, j’espère que ça sera le cas bien vite. J’espère aussi qu’il y aura encore une étape sur cette belle plage, qui est au patrimoine des Hyérois et où le Tour va avoir beaucoup de spectateurs ». 

Edith Audibert, adjointe au Maire en charge des ports, des plages et des îles :
« Nous avons beaucoup de plaisir à accueillir le Tour pour la première fois sur une plage puisque, précédemment, c’est le port qui hébergeait les bateaux du Tour. C’est une belle expérience, à renouveler chaque fois que le Tour viendra nous voir : la plage de l’Aygade s’y prête parfaitement. »

 



Derniers matches en Méditerranée

Le 26 juillet 2016

Le Tour de France à la Voile a connu ses sept premiers Actes, dont trois en Méditerranée. A quelques encablures de la fin de l’édition 2016, si la victoire semble promise à Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan de gros matches maintiennent le peloton sous pression.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Marseille, le 25 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Marseille, le 25 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

La victoire

A moins d’un nervous breakdown ou d’une crise de tremblote du mouton comme peuvent en connaître les tennismen sur une balle de match, ou les golfeurs sur le dernier putt, la victoire semble acquise pour Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan. Les Limonadiers ont connu, hier, leur plus mauvaise journée depuis le début du Tour… et ont terminé 6e. Du haut de leur petit nuage situé 55 points au-dessus de la flotte, les Morbihanais contemplent leurs adversaires. Ils pourraient, dans l’absolu, se permettre de passer totalement au travers d’un Acte. Dans le relatif, ils sont supérieurs dans tous les domaines : vitesse, manœuvres, stratégie, et n’ont plus besoin de prendre de risques pour gagner, sinon pour le panache. Bref, la victoire se dessine pour Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan.


Qui pour le podium ?

En regain de performance, Grandeur Nature Véranda a pris la deuxième place à Crédit Mutuel de Bretagne, qui marque le pas depuis Baden. Les hommes de Nicolas Troussel ont été les seuls à inquiéter les Limonadiers en début de Tour, jusqu’à leur doublé à Roscoff. Deux contre-performances à Baden ont bloqué la machine, puis la Méditerranée ne leur a pas vraiment souri : à l’exception d’une 4e place sur le raid côtier de Roses, les Bretons n’ont pas émergé des rangs, se laissant notamment surprendre trois fois par des départs anticipés. Jean-Christophe Mourniac et les siens, en revanche, y ont signé de jolis coups, notamment sur les raids, tout en limitant la casse en stade nautique, qui n’est pas leur terrain de prédilection : ils ne se sont qualifiés pour la Super Finale qu’à deux reprises avec, pour meilleur résultat, une deuxième place à Dieppe.

Grandeur Nature Véranda et Crédit Mutuel de Bretagne, que deux points séparent, ne sont pas à l’abri d’un retour de Team Coved, 4e à 10 points de la deuxième place et à 8 points de la troisième. Même lorsque Aurélien Ducroz est contraint de céder son poste à Eric Péron, Olivier Backès et Laurent Voiron maintiennent le team dans des performances identiques. Trésors de Tahiti n’est pas disqualifié de la course au podium mais, avec 20 points de retard sur « Kinou » Mourniac et 18 sur Nicolas Troussel, Teva Plichart et son armée devront réaliser un sans-faute pour grimper sur la boîte.

 

Le Top 5

Ils sont six à pouvoir y prétendre : 20 points séparent Trésors de Tahiti et Natixis – Yacht Club de Saint-Lunaire. Intercalés entre la 6e et la 9e place, Oman Airports by Oman Sail, Installux Aluminium, Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, Team France Jeune restent de sérieux prétendants à une place d’honneur très convoitée.


Classement Jeunes et Amateurs

Voici un match des plus palpitants, qui oppose Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan à Team France Jeune, avec Natixis – YCSL en juge de paix. Un point sépare les deux premiers dont les équipiers sont issus, comme les p’tits gars de la Limonade, de l’Ecole Nationale de Voile de Quiberon. Si les Mojitos alternent l’excellence et le convenable, en termes de résultats, Team France Jeune paie deux très grosses erreurs de parcours sur deux raids côtiers. Quant à l’équipage de Benoît Champanhac, purement amateur, il  aura réalisé un Tour de France épatant, que la victoire au classement amateur soit là ou pas.



ILS ONT DIT

Le 25 juillet 2016

Mathieu Souben, Cardinal-FenêtréA :
« Quel casse-tête ! Il y avait des bascules dans tous les sens, le vent était faible, c’était vraiment compliqué de bien lire tout ça. C’est l’anniversaire de Julien Villion, c’est bien agréable de pouvoir lui offrir le champagne à l’heure du goûter ! On monte en puissance depuis le début du tour, et ça a même été le cas sur les manches du jour : on termine 5e, 4e, 3e, 1er en qualification et on gagne la Super Finale. Je pense qu’on a trouvé les clés, et on a eu de la réussite. On est deuxième à la première marque, puis on profite d’une erreur de Team Coved pour nous glisser devant. On a eu besoin de temps pour progresser puisque, un mois avant le Tour, on ne savait pas qu’on en serait. On commence à gommer nos erreurs et on avance positivement. Le Tour est un long apprentissage et, désormais, on évolue sans la pression du résultat, contrairement aux équipes qui jouent pour le podium. Notre envie de gagner est notre seul moteur et, plus les navigations seront difficiles, plus on sera à notre avantage, puisqu’on a l’esprit libéré ».

Robin Folin, Team France Jeune :
« Cette journée a été un beau casse-tête pour tout le monde, même pour l’organisation de course qui a dû bouger les bouées toute la journée. Le jeu était d’être le plus régulier possible et on commence par trois belles manches (1, 3, 1), mais la dernière a bien failli nous coûter la place en Super Finale. On avait besoin d’être 8e pour nous y qualifier et je crois qu’on aborde la chose de manière un peu trop légère, et on passe ric-rac. C’est notre 3e podium en stade nautique, on peut compter sur nous pour être bons dans cet exercice, mais c’est plus compliqué sur les raids, que nous découvrons à peine. On a encore un peu de mal à aller chercher la première place, mais tout n’est pas perdu. On fait un super Tour, mais on est un peu loin de nos objectifs à cause de deux erreurs, justement, sur ces raids, avec deux grosses boulettes de navigation qui nous collent en fond du classement deux fois, et on y perd au moins trente points au classement ».

Olivier Backes, Team Coved :
« C’est tellement une belle journée ! Si on nous avait dit ça ce matin, on aurait signé tout de suite pour la troisième place, vu comme ça se présentait. On a couru avec Eric Péron, remplaçant d’Aurélien. Eric est un super marin, mais il fait 7 ou 8 kilos de plus qu’Aurélien, ce qui était un handicap aujourd’hui, compte tenu de la faiblesse du vent. A chaud, on se dit qu’on aurait dû gagner cette Super Finale, mais on ne va pas bouder notre plaisir. On sort 2e des qualifications, on prend la tête de la Super Finale et on termine 3e à cause d’une erreur du local de l’étape – moi. Au lieu de contrôler Cardinal-FenêtréA, on s’est emballé à bord et on est parti en surchauffe. Ça reste une journée riche pour le classement : on met tous nos adversaires directs derrière nous, un peu comme hier, sinon qu’on a laissé s’échapper Grandeur Nature Véranda sur le raid côtier, encore à cause d’une boulette de navigation : au lieu d’abattre, on lofe. Et on laisse passer du monde sur ce coup-là. On est 4e depuis le début du Tour – on a même été troisième -, ce qui est très largement dans nos objectifs chiffrés, qui étaient de terminer dans le top 5. On n’a pas à se plaindre ».


Maxime Garbay, skipper de Pays de l’Or- Hérault :
« Cette 4e place en Super Finale fait tellement plaisir que j’ai presque envie de dire qu’on a gagné notre Tour ! On a longtemps peiné à cause de nos problèmes techniques et du temps et de l’énergie qu’on a pris à les gommer. On a enfin navigué propre de manière constante, sans commettre ces erreurs qui nous pénalisaient très fort jusqu’à présent. La journée de repos forcé à Gruissan nous a sans doute fait du bien, on a eu le temps de respirer, tout comme le fait d’être en Méditerranée. La pression du nord est retombée, on est chez nous et on bénéficie de l’assistance et de l’amitié de nos proches. Ça ne paraît pas fondamental, mais ça l’est : on veille sur nous, et ça nous aide à rester zen ».


Fred Guilmin, Crédit Mutuel de Bretagne :
« On a eu un problème de communication très bête, sur le départ de la Super Finale. Matthieu Richard était à la barre, moi à la tactique – un schéma nouveau – et, presque sur la ligne, je dis « tôt », mais il entend « go » et on vole le départ pour une seconde. Une toute petite question de timing. On s’était pourtant bien qualifié. »

Jour de premières

Le 25 juillet 2016

Cardinal-FenêtréA s’impose à Marseille

Cardinal-FenêtréA remporte le stade nautique de Marseille, ce lundi, devant Team France Jeune et Team Coved. Pays de l’Or – Hérault est la belle surprise, tandis qu’une lettre a poussé Crédit Mutuel de Bretagne à la faute, en Super Finale.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Marseille, le 25 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Marseille, le 25 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Bien peu d’air en ce lundi devant la plage du Petit Roucas. Et le peu qui soufflait a pris la fâcheuse tendance de varier en cap et en force au fil de la journée, jusqu’à ce qu’une brise thermique apporte un peu de consistance à la Super Finale. Ce lundi fut un casse-tête, oui, mais le système de qualification fait qu’il n’y a jamais trop de hasard sur le nom des élus de la Super Finale. Et si des noms apparaissent pour la première fois depuis le début du Tour, ce n’est pas que par le simpliste alignement de Diam en coup de chance.

Pour se hisser en Super Finale, Maxime Garbay et Pays de l’Or – Hérault ont cumulé deux 6e places, une 4e et une 2e, pour terminer à la 4e place de la manche ultime. « Elle fait tellement plaisir que j’ai presque envie de dire qu’on a gagné notre Tour, lâche le skipper. On a enfin navigué propre de manière constante, sans commettre ces erreurs qui nous pénalisaient très fort jusqu’à présent. On est chez nous et on bénéficie de l’assistance et de l’amitié de nos proches. Ça ne paraît pas fondamental, mais ça l’est : on veille sur nous, et ça nous aide à rester zen ».

L’autre belle nouvelle du jour, c’est évidemment cette victoire de Cardinal-FenêtréA, qui a plusieurs fois eu de belles cartes en main, mais qui tardait à faire sauter la banque. Il aura fallu quinze jours de course aux hommes d’Erwan Le Roux, tout juste revenu de la Transat Québec-Saint Malo qu’il a courue à bord de Spindrift, pour trouver ces petites choses qui font la différence entre une course bien entamée mais mal achevée et une performance constante. « On a eu besoin de temps pour progresser puisque, un mois avant le Tour, on ne savait pas qu’on en serait, dit Mathieu Souben. On commence à gommer nos erreurs et on avance positivement. Le Tour est un long apprentissage et, désormais, on évolue sans la pression du résultat, contrairement aux équipes qui jouent pour le podium ».

A retenir également la deuxième place de Team France Jeune pour son troisième podium en stade nautique. Les jeunes pousses de Groupama Team France reviennent à un point de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, leaders du classement Amateurs et Jeunes. Ne pas omettre également la 3e place de Team Coved, deuxième des qualifications, leader de la Super Finale jusqu’à une petite erreur de précipitation qui a ouvert la porte aux deux premiers. L’opération est bonne : au classement, l’équipe d’Aurélien Ducroz a 8 points de retard sur Crédit Mutuel de Bretagne, éliminé de la Super Finale pour un « black flag » sur une incompréhension de consignes : Fred Guilmin à la tactique a dit « Tôt » et Matthieu Richard à la barre a compris « Go ». Une lettre qui vaut une seconde d’avance sur la ligne de départ… Enfin Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a terminé 6e de la Super Finale. Une contre-performance pour les leaders ? Ils n’ont en tout cas jamais fait pire.

Be.Brussels, une histoire d’amour

Le 25 juillet 2016

Pour la 23e fois, un équipage belge court le Tour de France à la Voile

Plus qu’un projet, c’est une histoire de cœur que vit Mady Fobert, à l’origine de l’aventure.

Tous les matins depuis le premier jour à Dunkerque, Mady Fobert promène sa bonhommie discrète sur le village, se glisse dans le paddock pour veiller sur ses protégés jusqu’à ce que le bateau s’éloigne, puis vient caler à l’ombre de la tente presse le carré gris qui l’habille de sagesse. Mady dort parfois sous la tente, pas loin de ses marins, sur le village de toiles et de camping-cars qui se forme à chaque étape du Tour de France. Mady est la team manager de Be.Brussels, mais elle est aussi administratrice du Bruxelles Royal Yacht Club, chargée aujourd’hui de la compétition après avoir animé pendant douze ans l’école de voile bruxelloise. Elle est aussi capitaine du port de plaisance de Bruxelles, petit havre de paix niché au cœur de la capitale.
Mady a 68 ans et mille présents.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 12 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 12 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

La dame belge a découvert le Tour de France à la Voile en rendant visite à son fils, Jean-Marc, qui jouait les équipiers sur un des bateaux de l’édition 1992. Certes, c’est dans le milieu de l’aéronautique que Mady a construit sa culture, mais son marin de mari avait su la convaincre des plaisirs de la vie sur l’eau. « En allant voir notre fils, on en profite pour rencontrer Bernard Decré, qui était le directeur du Tour à l’époque, et on lui propose de l’aider à envisager une étape en Belgique ». Il ne faudra pas deux ans pour que ce projet un peu fou prenne pied. En 1994, Blankenberge et son port au cœur de la ville offre l’hospitalité au Tour. La ville récidivera en 2011, tandis qu’Ostende sera l’occasion d’une étape en 1999 et ville hôte en 1997.

Entretemps, l’AS Bel-Yachting a mis un bateau à l’eau dès 1993. « Depuis, nous avons inscrit 23 bateaux sur le Tour de France, avec la volonté de faire naviguer de jeunes marins, explique l’institutrice de métier. Il faut bien les aider à mettre le pied à l’étrier. Nous avons eu 400 navigants en 23 ans ». Le projet belge n’a fait que de courtes infidélités au Tour. En 2015, puisqu’il n’y avait plus de Diam24 en location, Bel-Yachting est parti faire un tour dans la série Class40. « Je n’étais pas sûre non plus que les jeunes formés au monocoque soient capables de faire du multicoque, prolonge Mady Fobert. Quelques entraînements ont suffi pour comprendre que ces navigateurs comprenaient vite. Et puis nous avons aussi quelques spécialistes du catamaran ».

A bord, depuis Marseille, l’équipage est composé de Patrick Demesmaeker, champion d’Europe de F18 cette année, de son fils Henri, 15 ans, champion du monde de F16 depuis une poignée de jours, et d’Olivier Gagliani, qui a notamment la Saint-Barth Cup à son palmarès. L’équipage est joli, mais l’équipe manque, malgré le soutien indéfectible d’une foule de petits partenaires, des ressources pour envisager plus qu’une présence sur le Tour. « Notre première victoire est d’être là, la deuxième sera de finir le Tour. Avec les ressources dont nous disposons, nous devons rester prudents sur l’eau, pour éviter de casser ».

Mady espère retrouver dès l’an prochain le soutien du Bruxelles Royal Yacht Club. Le BRYC, fort de ses 500 membres, a prudemment dressé un mur face au choix du multicoque. Mady Fobert ne désespère pas de trouver les mots pour partager la capacité de séduction du Tour. Elle rêve aussi d’un retour du Tour en Belgique, sur ses terres, pourquoi pas en 2018 ?


Contenu




Marseille, Acte 7 scène 2

Le 25 juillet 2016

Stade nautique dès 11 heures

C’est devant la plage du Petit Roucas que se dérouleront les régates en stade nautique, ce lundi à Marseille. La Super Finale est prévue pour 15h45.

La météo :

Journée d’été à Marseille : 29 degrés dans l’air, ressentis à 42° C. Un ressenti de température pas vraiment atténuée par le petit vent de nord ouest de 8 à 12 nœuds, qui virera ouest aux alentours de 12h30, en prenant un peu de force (10-14 nœuds).

L’enjeu :

Si Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan paraît intouchable, juché sur ses 53 points d’avance au classement, les autres places sur le podium sont désormais très chèrement vendues. Personne ne les possède encore vraiment : Grandeur Nature Véranda a 3 points d’avance sur Crédit Mutuel de Bretagne, qui en compte 10 sur Team Coved. 13 points séparent donc le 2e du 4e et le 5e, Trésors de Tahiti, est à 20 points de la 3e place. Le moindre départ anticipé risque de coûter bien cher désormais.

Une limonade force 8

Le 24 juillet 2016

Les leaders écrasent le raid côtier de Marseille

Avec 17 minutes d’avance, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a remporté le raid côtier de Marseille, sa huitième victoire sur le Tour 2016. Deuxième, Grandeur Nature Véranda prend la 2e place du classement général tandis que Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, 3e, conforte sa place de leader du classement amateur.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Marseille, le 24 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Marseille, le 24 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO



Il n’y a pas tant de cadres plus prestigieux en France que la rade de Marseille pour courir un raid côtier. Quitter la plage du Petit Roucas pour rejoindre les calanques en naviguant autour des îles Maire et de Jarre, couper par le large pour faire une révérence au port autonome et revenir régater autour du Frioul, ça ne s’invente pas, ça se vit, et ça se déguste. Même chez Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, où l’on se repaît de l’île aux Moines à longueur d’entraînement, les marins ont pris le temps de jeter par la fenêtre un coup d’oeil sur le paysage. Pourtant, à la vitesse à laquelle Quentin Delapierre, Quentin Ponroy et Kevin Péponnet ont englouti les 25 milles de ce raid, l’air devait un peu piquer les yeux.

Partis dans le premier bloc, les Limonadiers engloutissent vite fait be.Brussels, boosté par l’arrivée d’un nouvel équipage expert du F18 et du F16, et les filles de Helvetia Purple by Normandy Elite Team, reines de ce départ, respectivement 2e et 3e à la bouée de dégagement. Leader échappé, Natixis – YC Saint-Lunaire donnera bien plus de fil à retordre aux fusées du Morbihan, qui ne les grignoteront que mille après mille sur le bord de portant vers le port autonome, avant de s’échapper.

Entretemps, il s’est passé au moins autant de choses dans leur dos. La double pénalité pour Trésors de Tahiti qui a doublement touché (2 fois 360 égal 720), mais qui remonte pour prendre la 13e place du jour ; Crédit Mutuel de Bretagne collé sur la ligne de départ, puis sanctionné  pour refus de priorité à la bouée du port autonome, et qui,  9e du jour, lâche sa 2e place au général ; Team Coved, avec Eric Péron à la barre et qui termine 6e, juste devant les Sudistes de Pays de l’Or - Hérault, qui se sont régalés de la Méditerranée…

Sur un parcours raccourci – c’était dimanche aussi pour la brise thermique, et le vent fut  erratique -, Team Lorina Limonade finit par mettre une grosse gifle au reste de la flotte… avant de stopper net à 50 mètres de la ligne d’arrivée, située sous la corniche. Gennaker, foc ou rien du tout ? En bricolant les leaders de ce Tour finissent par franchir la ligne d’arrivée en vainqueurs. Cette bulle, qui colle les arrivants, n’aura pas servi les intérêts de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, qui a pris la décision d’attaquer la bouée par le haut. Elle sert en revanche Grandeur Nature Véranda, qui passe par en bas, grignote son retard, tombe dans le tampon, crie sa déception et repart au petit pas pour prendre la deuxième place du jour… 17 minutes après les vainqueurs. Les Mojitos troisièmes, ce sont les amateurs de Natixis – YCSL qui prennent la 4e place, suivis par Pays de l’Or – Hérault, Team Coved, Team France Jeune et Dynamique Homkia… sans que personne n’ait trop à se plaindre de la loterie organisée sur la ligne d’arrivée.  

Stamm : « Ca se joue à rien »

Le 24 juillet 2016

Le mag du jour

8e à Dunkerque, 5e à Baden, 7e à Gruissan… Bernard Stamm et Cheminées Poujoulat ont trouvé le trousseau de clé qui permet de bien gérer les raids côtiers. Si le trio tarde à s’épanouir en stade nautique, c’est avant tout parce que la préparation a été trop courte pour établir des habitudes communes.

Tour de France Voile 2016, Dunkerque le 07 Juillet 2016
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Dunkerque le 07 Juillet 2016 Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO


Quelles sont vos bonnes satisfactions ?
« On a fait trois top 10 sur les raids côtiers, c’est une vraie belle performance. Ils font du bien parce que nous avons parfois fait des erreurs idiotes, parfois très frustrantes sur les stades nautiques, mais on maîtrise mieux les choses sur les raids côtiers.

Quelle est votre problème sur le stade nautique ?
J’ai l’habitude de prendre des départs au près et, là, ce sont des départs vent de travers. C’est vraiment différent et, pour l’instant, on a plutôt eu du mal. Ce qui est moins acceptable, c’est qu’on fasse des erreurs et qu’on parte au contact.

En quoi est-ce difficile de partir vent de travers ?
Tu te lances plus franchement sur la ligne en cherchant à ne pas te faire couvrir. Quand tu pars au près généralement, il faut prendre ce pli, qui n’est pas si simple. J’ai l’habitude de devoir faire le cap, gérer la vitesse, chercher comment partir lancé… un départ, quoi ! (il rit)

C’est là que tout se joue ?
Une bonne partie : les bateaux sont tellement proches, il y a 12 000 décisions à prendre dans le même instant, les pénalités à gérer… Si tu rates ça, tu es déjà loin.

La communication à bord reste évidemment essentielle ?
Il faut être coordonné pour faire avancer ce bateau. On se connaît peu, Hugues Puimatto, Marie Soler et moi. Une bonne communication vient de la confiance, et on ne l’a pas encore totalement établie, parce qu’il faut du temps pour ça.

Vous étiez sur le Tour en 2015 et vous avez reconstruit une nouvelle équipe…
Oui, on est reparti de zéro. On a juste fait quelques courses d’avant-saison, où on commettait un peu les mêmes erreurs. Il faut qu’on gomme ça, parce qu’on est vraiment capable de faire mieux.

C’est toute une histoire à reconstruire ?
Voilà. Tant que tu travailles sur des fondamentaux de la voile, que tu cherches à progresser sur ces essentiels, tu ne peux pas te consacrer à tous ces petits détails qui font la différence : la quête de vitesse, le coup de patte à la manœuvre qui te fait couper la route pile au bon moment…  Par exemple, on a encore du mal à stopper net. Parfois, on est bien parti, on approche de la bouée et, au lieu de freiner d’un coup, on perd des longueurs et on ressort derrière les mecs qui étaient derrière nous.

Vous sentez vos progrès ?
Oui ! Chaque jour ! Mais ce qui est pénible, c’est que parfois le doute s’installe. Parfois, tu attaques une journée en te disant que tu ne sais plus naviguer. Or, la réalité, c’est que tu sais toujours le faire, et de mieux en mieux, mais il y a une grosse partie de la flotte qui connaît le bateau bien mieux que nous et qui s’est beaucoup plus entraînée. La réalité, c’est que ça se joue à rien ».

Marseille, Acte 7, scène 1

Le 24 juillet 2016

Raid côtier à partir de 12h45

38 milles autour des calanques, des îles du Frioul et Vieux-Port… C’est un parcours princier qui va servir de cadre au raid côtier de Marseille. Il n’est pas beau, ce dimanche, franchement ?

Le parcours :
38 milles nautiques qui vont longer les adresses mythiques de la rade de Marseille. La flotte ira jusqu’à l’entrée de Cassis, poussera à l’opposé vers le Vieux-Port et reviendra faire le tour du Frioul.

La météo :
Un peu souple ce matin, le vent prendra de la force au fil de la journée. La brise thermique se lèvera, venant d’ouest et poussant jusqu’à 15 nœuds pour une arrivée toute en rythme.



ILS ONT DIT

Dimitri Deruelle, Trésors de Tahiti :
« Vous connaissez tous les plans d’eau du monde ? Le meilleur est ici. Marseille est un plan d’eau fantastique et très varié. On a une rade semi-ouverte avec les îles du Frioul, qui est un terrain de jeu extraordinaire, et qui reste intéressant quels que soient les vents. Aujourd’hui, nous aurons un vent d’ouest, ce qui signifie que le jeu sera ouvert et qu’on ne sera pas trop perturbé par la côte. Il y aura sans doute un peu de houle d’ouest, et la levée du thermique dans l’après-midi. On va avoir de super conditions quand ça va entrer, environ 15 nœuds, mais ça va mettre un peu de temps, parce que c’est tranquille ici, le matin. L’organisation a prévu un parcours le long des côtes. On va aller vers Cassis, derrière le cap Croisette et l’île Maire, jusqu’à l’île de Jarre. Des endroits magnifiques. Puis on fera le traditionnel tour des îles du Frioul, un tour vers le port autonome et les terrasses du port, où se massent énormément de Marseillais. C’est bien de montrer l’événement là-bas. J’organise des événements à Marseille, c’est important de stimuler l’intérêt des spectateurs. Sur le site de l’hélice, il y a cette tribune qui est un site parfait pour suivre les régates.

Olivier Backès, Team Coved :
« C’est une belle étape dans la rade qui s’annonce. J’aurais été très content d’accompagner Aurélien aujourd’hui dans cette rade superbe, mais décidément, ça ne veut pas. L’an dernier, on a eu une collision qui nous a privés de course et, cette année, Aurélien est légèrement blessé et il ne naviguera pas aujourd’hui ».

Fabrice Wahlain, skipper de Columbus Café – Idtgv :
« J’ai navigué une fois ici, pour un National F18. On est un équipage amateur qui, un jour, a vu des images du Tour de France à la télé et qui s’est dit : ‘’Pourquoi pas nous ?’’ On a acheté un bateau, trouvé de fantastiques partenaires et l’émulation a pris tout de suite. On apprend tous les jours sur l’eau, et on s’accroche au classement en apprenant au contact des pros. On est plus à l’aise, logiquement, sur les raids et, aujourd’hui, ça va être un régal ».

Aurélien Ducroz, skipper de Team Coved :
« On arrive dans de bonnes conditions, talonnés par Tahiti. Il va y avoir une guerre de Marseillais, entre Dimitri Deruelle et Olivier Backès, ça va être passionnant ! Tout est à jouer dès maintenant entre la 2e et la 7e place, il y a de bons points à prendre. Je me suis légèrement blessé à un genou, j’ai besoin de le laisser se reposer quelques jours et je reviendrai à Hyères. C’est Eric Péron qui me remplace à bord, où j’ai déjà eu l’occasion de le faire venir. On est super content de ce qu’on vit, c’est au delà de ce qu’on espérait en termes de résultats, avec le peu d’entraînement qu’on a eu. Mais j’ai tenu à compenser en repartant avec le même équipage que l’an dernier – on est les seuls à repartir avec la même équipe – et plus ça va, plus on progresse, même s’il y a quelques boulettes de temps en temps. Mais je vis une aventure formidable dans une superbe ambiance ».

Teva Plichart, Trésors de Tahiti :
 "On a eu un début de Tour un peu difficile, lié au manque d’entraînement. Dimitri nous a rejoints le jour du départ du Tour, on a enchaîné avec quelques déboires, dont une coque cassée, et depuis Baden, on enchaîne les bons résultats. On a découvert un petit quelque chose qui nous fait bien avancer, vite, et on veille à préserver ça ».

Didier Réault, Vice-Président du Conseil Départemental 13, Adjoint au Maire de Marseille :
« La tradition nautique est extrêmement ancienne, elle change, se modifie. C’est maintenant l’heure d’attirer des régates en bord de littoral, au près des spectateurs, et surtout d’aider les spectateurs à comprendre ce monde de la voile. Si on ne comprend pas, on ne peut pas apprécier. Dans les événements au large des côtes, on attire un monde d’initiés appliqués. Aujourd’hui, et c’est la tendance du CIO et de la FFVoile, il faut avoir du public qui assiste aux régates. Marseille est lancée dans cette stratégie depuis 7 ans. Le Tour s’est aussi renouvelé, il a modifié sa formule depuis quelques années. On se met au plus près, avec village sportif qui a vu sur la course. Ici, c’est l’endroit qui a été choisi (La plage du Petit Roucas), c’est aussi celui qui est pressenti pour les JO de Paris 2024, avec cet outil qu’est le stade nautique. Le village partenaires est sur le Vieux-Port, qui est un lieu d’appel, pour que les gens viennent assister en direct. Sinon, il y a aussi des grands écrans, et c’est une nouveauté. On fera pareil pour les GC32 en septembre où, depuis trois ans, on assiste à un vrai spectacle et une sacrée compétition depuis le littoral. La voile est le troisième sport à Marseille en termes de licenciés, après le foot et le tennis. On ne va pas oublier que la moitié des marins qui vont à Rio 2016 sont issus de Marseille Olympique : on travaille pour que ceux qui s’intéressent à la voile puissent progresser. Avec Dominique Thian et Patrick Padovani, nous avons fait un beau travail sur le sport handicap, pour augmenter nos standards et crédibiliser notre candidature pour accueillir la voile si Paris était déclarée ville olympique en 2024 ».

Dominique Tian, 1er adjoint au Maire de Marseille :
« Marseille, c’est le 50e anniversaire de la Snim, c’est l’ensemble des régates, c’est 16 000 licenciés sur les Bouches-du-Rhône. Si ce plan d’eau n’était pas animé, on n’aurait pas été choisi pour 2024. Il y a une très grande solidarité des organisateurs et des clubs, qui joignent aussi leur enthousiasme autour du Tour de France à la Voile, bien qu’ils soient face à un type de voile qui est moins leur quotidien. On ne va pas oublier le championnat de France de glisse, dans trois semaines, qui réunira 400 participants ».

Patrick Padovani, Délégué à l'Hygiène et Santé, aux Personnes Handicapées :
« Il fallait que personne ne reste sur la berge, que tout le monde puisse participer aux activités nautiques. Elles sont rendues accessibles à énormément de monde, grâce à associations motivées, par exemple ‘Voile au large, Voile impulsion, La vie sourire, des structures associatives actrices du monde du handicap. Partout, le Tour attribue aux villes des équipements. On a été doté d’un tire à l’eau l’an dernier, cette fois-ci c’est un tapis qui permet de faire rouler ces éléments jusqu’à la mer. Le regard sur le handicap a changé pour acteurs sportifs, les partenaires et les gens qui se sensibilisent et changent leur regard sur le handicap. C’est le cas aussi dans toute la vie de la cité.

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37 nœuds le matin

Le 23 juillet 2016

Le stade nautique de Gruissan annulé

La Tramontane, qui souffle sur Gruissan, aura eu raison de l’envie de naviguer des marins. Depuis cette nuit, ce vent de nord nord-ouest typique du Languedoc souffle à 28 nœuds constants, avec des rafales à 35. Impossible dans ces conditions de faire régater des Diam24. La caravane du Tour met donc le cap en fin d’après-midi sur Marseille, où se courra demain le raid côtier.


La Tramontane aura soufflé fort, ce samedi, au point d’inspirer Dimitri Deruelle (Trésors de Tahiti) qui parlera fort joliment de « 37 nœuds le matin », référence subtile au film qui a construit une bonne partie de la légende de Gruissan. « Si seulement elle s’était contentée de souffler à 20 nœuds, soupire Pierre Pennec, le barreur de Trésors de Tahiti. Naviguer sous ce vent dans le Golfe du Lion est un vrai régal. Mais, là, cela aurait été dangereux de nous envoyer à l’eau ».

Depuis hier, en effet, le vent n’a cessé de monter en puissance et, en ce samedi, elle secoue le village de Gruissan. A 25 nœuds constants ce matin, à 28 sur la côte cet après-midi, avec des rafales à 35 nœuds (45 à 50 au large), les petits trimarans se révèlent des cibles bien trop faciles. « Il était envisageable que le phénomène météo se décale légèrement et nous permette de lancer des régates, mais c’était un vain espoir, explique Christophe Gaumont, le directeur de course. On ne travaille pas pour annuler une course, mais il faut savoir rester raisonnable. C’est une question de sécurité et d’équité sportive : lancer une course avec des bateaux qui ne cherchent qu’à survivre pour rester à l’endroit n’a pas de sens ».

Cap donc sur Marseille, pour deux jours de course. Le raid côtier sera lancé depuis les îles du Frioul, jusqu’à l’île de Jarre, pour un aller-retour de 32 milles le long de la côte. 


« Vivre l’expérience du Tour »

Le 23 juillet 2016

Sophie de Turckheim

L’idée de rejoindre une équipe du Tour de France à la Voile lui a été suggérée par Franck Citeau, son coach lors de sa préparation olympique en Nacra 17 avec Franck Cammas. Sophie de Turckheim est donc équipière à bord du tout jeune projet sudiste du Tour : Pays de l’Or – Hérault. Si les résultats ne sont pas forcément là, la jolie navigatrice s’éclate et apprend.


Comment se passe votre Tour avec Pays de l’Or – Hérault ?

Sophie de Turckheim « On apprend tous les jours. Aucun membre de l’équipe n’avait jamais fait le Tour auparavant, et on prend chaque jour conscience du plaisir que c’est de le courir. Le format de course, avec cette alternance d’exercices, est vraiment chouette, et on trouve aussi ce qu’on était venu chercher : le haut niveau. On régate vraiment contre les meilleurs équipages de Diam 24.

Où se situe le plaisir, pour vous qui êtes une indécrottable compétitrice ?

S. d. T. : Notre plaisir vient de notre progression. On s’éclate plus dans la brise que dans le petit temps, où il faut vraiment maîtriser le Diam24, qui est très lourd quand il n’y a pas de vent.

Quel bilan pouvez-vous tirer après cinq Actes ? 

S. d. T. : On a connu un avant tour assez difficile : on s’est très vite mis dans le rouge. On a eu pas mal de soucis techniques qui nous ont énormément sollicités, et on a commencé le Tour, à Dunkerque, en étant déjà sur les rotules. Franck Citeau nous a poussés à remettre des priorités dans notre manière de faire, il nous a obligés à souffler un peu. Sa grande phrase était : « Le Tour est un marathon, que vous avez commencé par un sprint, respirez ! » On a fini par prendre le pli organisationnel entre Dieppe et Roscoff. Ça va mieux depuis. 

Vos résultats suivent ?

S. d. T. : Nos performances sont un peu décousues en stade nautique. On est capable de faire de superbes choses, mais il y a parfois un ou deux grains de sable dans la machine. Je n’ai pas toujours été d’accord avec les décisions d’arbitrage, également, mais il faut faire avec. Notre niveau réel doit se situer entre la 10e et la 15e place et puis, parfois, on passe complètement à travers. Notre contre-performance à Baden (22e en stade nautique) est inadmissible. Il ne fait aucun doute qu’on sait régater, mais il faut qu’on prenne le bateau en main, et ça demande du temps. Mais tous nos efforts pourraient payer rapidement. 

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet ? 

S. d. T. : Je suis venue sur ce projet par vivre l’expérience du Tour et tenter de domestiquer ce bateau, que je ne connais pas. Je ne sais pas ce que me réserve le futur et ça sera toujours ça de pris pour l’avenir. Je navigue aussi avec une équipe super sympa. Ils sont tous plus jeunes que moi, mais on se régale, on sait faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. 

Qu’espèrent de vous Maxime Garbay, le skipper, et ses équipiers ? 


S. d. T. :
Je pense que je peux leur apporter mon expérience des phases autour des bouées, la rigueur que m’a apporté ma préparation olympique et ces petits détails qui permettent de bien aborder les manches. Je suis plutôt dédiée à la tactique et aux réglages, mais je vais peut-être prendre la barre à Marseille ».



Gruissan dans la Tramontane

Le 23 juillet 2016

La tramontane souffle fort depuis la nuit sur le village de Gruissan. Impossible pour l’heure de lancer les régates de stade nautique. La direction de course attend de voir l’évolution des conditions pour lancer les courses.

Ce ne sont pas moins de 23 à 28 nœuds de nord-ouest, avec des rafales à 45 nœuds en bord des côtes, 50 à 55 au large, qui sont attendus sur le plan d’eau de Gruissan. Largement au-dessus, donc, des plages de vent acceptables par les Diam24. La direction de course a invité la flotte à rester à quai, en attendant une possible accalmie, plutôt annoncée en fin d’après-midi. Un point sera fait à 13h30 si les régates n’ont pas débuté avant.




Les rois de la bulle

Le 22 juillet 2016

7e victoire de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan

Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan renoue avec la victoire ce vendredi en remportant le raid côtier de Gruissan. Vainqueur hier, Trésors de Tahiti illustre sa nette montée en puissance en terminant deuxième devant l’équipage Mojito du team morbihannais.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Gruissan, le 22 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Gruissan, le 22 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

On ne voit plus très bien ce qui pourrait désormais freiner les Limonadiers dans leur conquête du Tour. Si la voile reste un sport mécanique, laissant les équipes à la merci du moindre souci technique un peu long à réparer, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan confirme chaque jour sa domination sur le reste du peloton.

Thermique ou Tramontane ?

Ce vendredi de raid côtier de 33 milles au pays de la Tramontane et du Défi Wind n’a pas fait que des cadeaux. La journée, qui a commencé par des orages et des grains, a fini par trouver son rythme de croisière avec un vent de nord-ouest d’une quinzaine nœuds, offrant aussi quelques claques et des dévents nés de la magie des effets de site, telle cette poche de molle à l’attaque de la plage de Valras Sud, où beaucoup se sont fait piéger.

Pour Quentin Delapierre, à la barre de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, le schéma était limpide : « Le raid était dessiné pour qu’on évite d’aller au large, où soufflait le plus gros du vent. Dans ces cas-là, c’est un aller-retour au portant qui se dessine et, dans ce schéma-là, il faut très vite se porter en tête de la course pour bénéficier du vent frais. » Vite fait bien fait : après un sage départ, les Bleus se porteront en tête dès la bouée de dégagement, et ne cesseront d’accentuer leur avance, cinq minutes quasiment à l’arrivée.

La bulle qui sourit

Lancés sur le même schéma de course, Team Lorina Mojito - Golfe du Morbihan (la famille) et Trésors de Tahiti, barré par Pierre Pennec. Coïncidence ? Je ne crois pas. Ici, l’an dernier, dans des conditions de navigation assez semblables, Quentin Delapierre et Pierre Pennec, respectivement à la barre de Vannes Agglo et Groupama, avaient pris un départ au cordeau, puis misé sur la montée du thermique… avant de se faire piéger dans la même zone de molle. Pas étonnant donc que les trois équipages aient favorisé la navigation à la côte, au plus près de la zone des 300 mètres. « Je m’étais juré de ne pas me faire avoir à nouveau et on a misé sur la Tramontane, se réjouit Quentin Delapierre. On a eu la chance de traverser cette molle en souplesse, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, puisque Crédit Mutuel de Bretagne et Team France, dans une position intermédiaire ou plus au large, se sont fait coincer. Je suis très content qu’on ait réussi à effacer le mauvais souvenir de l’an dernier ». Il ne fait pas de doute que Pierre Pennec avait en tête, lui aussi, le fantôme de ce « maudit » raid côtier lors duquel Groupama avait perdu le Tour…

La montée en puissance de Tahiti

Pour Crédit Mutuel de Bretagne, le coup est dur. 16e du raid, les Morlaisiens ont encore cumulé du retard sur le leader. Et si, comme Nicolas Troussel l’explique, le team ne fait plus des Limonadiers son point de référence, c’est aujourd’hui sous la menace de Grandeur Nature Véranda, Team Coved et Trésors de Tahiti que le « banquier » devra vivre les derniers Actes de ce Tour.

Vainqueur hier du stade nautique de Roses, Trésors de Tahiti monte très clairement en puissance. Avec Pierre Pennec à la barre, Teva Plichart aux réglages et Dimitri Deruelle, pour la tactique et la pointe d’accent du sud, le trio évolue à un niveau remarquable depuis Baden. Les Tahitiens se sont imposés une fois et ont pris trois fois la deuxième place. De quoi effacer pratiquement la contrariété de cette 9e place concédée lors du raid côtier de Roses, qu’ils avaient pourtant mené…  « C'est une belle deuxième place pour Trésors de Tahiti, apprécie Pierre Pennec. On se fait plaisir, on discute beaucoup. Je pense que, tandis que ça chauffait un peu à bord des autres bateaux avec toutes ces décisions tactiques à prendre, nous discutions au calme. On a même rigolé un peu. C'est vraiment sympa d'être devant quand la flotte fait l'élastique ».




ILS ONT DIT

Le 22 juillet 2016

Quentin Delapierre, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Le raid était dessiné pour qu’on évite d’aller au large, pour éviter le plus gros du vent. Dans ces cas-là, c’est un aller-retour au portant qui se dessine et, dans ce schéma-là, il faut très vite se porter en tête de la course pour bénéficier du vent frais. On prend une nouvelle fois un départ très sage, parce qu’on n’a pas l’obligation de prendre des risques sur cette phase, puis on parvient à se glisser en tête dès la première bouée, le scénario idéal pour qu’on déroule le fil de notre stratégie. Il y a de gros écarts à l’arrivée, mais c’est trompeur : on était cinq à pouvoir prétendre à la victoire aujourd’hui. »

Jules Bidegarray, Team France Jeune :
« On a mal analysé la situation. On a beaucoup misé sur le thermique, qu’on espérait trouver juste à la sortie de la zone de molle, et c’est la Tramontane qui est rentrée depuis la terre. Ça a coupé la flotte en trois groupes, au bénéfice de celui qui naviguait à la côte. On était côté opposé, on a fait un choix, on assume ».

Riwan Perron, co-skipper de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan :
« On savait qu’il fallait partir vite devant pour aborder dans les meilleures conditions le long bord vers Valras, puisque la course était, en gros, un aller retour au portant. On est dans le groupe de tête dès le tour de chauffe, ce qui favorise la tactique d’Achille (Nebout), et ça a payé. On est à pas grand-chose de passer les Lorina Bleus, puis on adopte la même tactique sur le retour : aller chercher la Tramontane près de la côte. On perd la deuxième place en se prenant dans un casier, mais ça change peu de choses : on a vécu une super belle après-midi. Cette troisième place nous permet de reprendre la tête du classement Amateurs et Jeunes, mais on se dit qu’on a peut-être mieux à aller chercher encore : on a fait trois podiums, on est souvent dans le top 6. L’objectif est désormais d’aller chercher le Top 5 sur chaque course. »

Pierre Pennec, Trésors de Tahiti :
« C'est une belle deuxième place pour Trésors de Tahiti. On se fait plaisir, on discute beaucoup. Je pense que, tandis que ça chauffait un peu à bord des autres bateaux avec ces décisions tactiques à prendre, nous discutions au calme. On a même rigolé un peu. C'est vraiment sympa d'être devant quand la flotte fait l'élastique. L'année dernière avec Groupama, c'est nous qui étions dans la molle et les autres qui se sont échappés avec les risées, donc c'est bon d'inverser la tendance. Nous aurons une autre ambiance sur le stade nautique, parce que les parcours sont plus petits et il y aura plus d'intensité. Il y a vraiment une belle progression depuis le début, avec une équipe technique qui apprend aussi, et Manutea à bord sur les Stadium. Dimitri a beaucoup d'expérience de la Méditerranée et des parcours côtiers, et c'est calme à bord, et très constructif. A l’inverse, je suis « chaud bouillant » pour ce qui est de la vitesse du bateau, mais je sais ne pas mettre trop de pression sur le tacticien. Et l’ensemble marche bien ».

Gruissan, Acte 6 scène 1

Le 22 juillet 2016

Raid côtier à partir de 12h45

Une fois avalée la route entre Roses et Gruissan, les 24 équipes du Tour de France à la voile ont remonté les bateaux en fin de soirée, pour être prêts pour le raid côtier. Au menu du jour, des orages, du vent et la tramontane en fin de journée.

Le programme :

43 milles nautiques au programme de ce raid côtier, dessiné en fonction des conditions de vent, qui vont se muscler au fil de la journée. Les Diam24 mettront dans un premier temps le cap vers le large, où ils trouveront moins de vent, avant de revenir vers la bande côtière au moment où commencera à poindre la tramontane. La direction de course sera particulièrement vigilante sur la levée de cette dernière. Le parcours pourra ainsi être, à tout moment, raccourci pour permettre aux équipes de rejoindre le port aux alentours de 15h30, avant que les conditions se musclent trop. Prise d’un ris obligatoire.

La météo :

Les orages du matin s’atténuent au fil de la matinée, avec une extinction des phénomènes électriques. Les Diam24 partiront sur le raid dans 10 – 12 nœuds de nord ouest, avec des rafales à 16 nœuds, sur une mer peu agitée. La tramontane devrait se lever vers 16-17 heures, provoquant un retour précoce au port pour les équipages.
Demain, c’est dans 22-24 nœuds établis que les équipes pourraient être amenées à naviguer, avec des rafales à 38 nœuds. Trop, sans doute, pour mettre un Diam dehors.


 Julien villion, Cardinal – FenêtréA :
« Ça va, physiquement : on a une équipe qui tourne. Avec Matthieu Souben, on tourne à la barre, on s’économise et on maintient entre nous une saine compétition entre barreurs. La tramontane va entrer dans la soirée mais, pour la journée, on va surtout se heurter aux vents aléatoires, avec les orages. La tramontane sera sans doute trop forte demain pour qu’on puisse naviguer en Diam24, mais on ira faire du kite surf ! Pour nous, c’est un début de Tour en dents de scie. On est capable de faire de belles choses, mais les résultats sont pour l’instant en dessous de ce qu’on pouvait espérer. Il nous reste une petite moitié de Tour pour progresser en termes de résultats. Le classement n’est pas très flatteur, mais on traîne depuis Dunkerque au moins 20 points de trop, avec une disqualification dès le premier jour. Ça ne cache pas le fait qu’on ne s’est entrainé que trois jours avant de débarquer à Dunkerque. Même si tout le monde est compétent, il manque des petites choses pour faire mieux en termes de résultats, des réglages et de la vitesse à Roscoff et Baden, par exemple, où on a mené une partie du parcours. Il nous a manqué un peu de chance aussi, puisque, coincé avec le reste de la flotte à la bouée La Escala à Roses, on est sorti très tardivement de la zone de molle. Ce n’est pas très agréable, mais ce n’est pas dur psychologiquement : Daniel Souben, qui pilote le projet, a suffisamment gagné le Tour de France pour savoir que la préparation est essentielle, je l’ai gagné aussi, et il n’y a pas de mystère : quand on voit comment fonctionne le bateau des leaders, il est évident que le travail paie ».

Benoît Champanhac, skipper de Natixis – Yacht Club de Saint-Lunaire :
« Nous ne sommes pas fatigués : nous sommes en vacances ! Et notre équipe à terre, qui gère parfaitement les transitions et les montages du bateau, nous soulagent vraiment. Nous voici à Gruissan, où la tramontane va se lever. Je ne connais pas du tout ce vent, je sais juste qu’il est parfait pour les véliplanchistes. Team France Jeune a pris le large au classement Amateurs et Jeunes ? C’est un sport mécanique, ce n’est jamais fini. Mais cette équipe est très fort : c’est le métier de ses équipiers. Sur les raids côtiers, les jeunes ont fait deux belles fautes, ils pourraient en faire encore, même si je ne le leur souhaite pas. On va faire ce qu’on peut, naviguer propre, et on verra bien ».

Maxime Garbay, skipper de Pays de l’Or Hérault :
« Je suis natif de Narbonne, je connais bien ce plan d’eau. La tramontane est un vent de nord-ouest qui souffle et, quand ça souffle, ça ne fait pas semblant. Elle soulève un clapot court un peu casse bateau. ça peut faire de belles image, si ça se lève vraiment. On est au tout début de l’aventure Tour de France, on découvre pas à pas. Chaque jour, on fixe des axes de travail, on valide des réglages. On a envie de faire quelque chose de joli à Gruissan, devant la famille et les amis ».

Jean-Claude Méric, Président Directeur Général de la station de Gruissan :
« La tramontane, c’est le vent sur Gruissan 300 jours par an. Ça permet d’aller très vite sur un plan d’eau qui est relativement plat,. C’est ce qui permet aux 1500 planchistes présents pour le Défi Wind de se régaler. Gruissan est une petite station touristique de 4 500 habitants à l’année, 75 000 lits touristiques et 1 600 anneaux. J’aime cette station, j’essaie de la faire pousser et je susi toujours heureux d’accueillir le Tour de France à la Voile, qui est vecteur d’image dynamique. Cette deuxième édition avec le nouveau format apporte encore plus de visibilité, parce qu’il donne plus de pêche à la voile. Plus on s’approche du public, plus c’est aisé de profiter du spectacle, plus ça donne envie aux gens. C’est arbitré en direct, et c’est un format qui permet un essor important du Tour. Ça ne serait pas idiot que les jeux Olympiques regardent d’un œil attentif ce genre de formats de course, ça pourrait relancer l’image olympique de la voile… »


Un trésor pour Tahiti

Le 21 juillet 2016

Teva Plichart, Pierre Pennec et Manutea Mahai ont remporté le Stade Nautique de Roses, ce jeudi. Trésors de Tahiti s’impose devant Team France Jeune et Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, qui profite de la contre-performance de Crédit Mutuel de Bretagne pour prendre 33 points d’avance en tête du classement général. Quant à l’Acte, il a été remporté par Helvetia Blue by Normandy Elite Team, vainqueur hier du raid côtier et 4e du stade nautique.  


Soudain, Crédit Mutuel de Bretagne a craqué. Après avoir bien géré les quatre premières régates de qualification, le trio est parti à la faute deux fois de suite. Deux départs anticipés consécutivement valent à Nicolas Troussel, Damien Iehl et Mathieu Richard deux disqualifications, et l’élimination de la course à la Super Finale. « On n’a pas encore débriefé, grimace au paddock Nicolas Troussel, mais on est particulièrement déçu. On fait deux grosses bêtises coup sur coup, alors qu’on avait bien commencé. Il va falloir oublier ces deux erreurs très rapidement, parce que la course n’est pas terminée ». Certes, mais cette 12e place à Roses vient se cumuler aux 11e et 10e places à Baden et, à peine freiné sur le raid côtier catalan, hier (6e), Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan caracole en tête en caressant l’idée que ce Tour 2016 est bien le sien, un peu plus chaque jour. 33 points séparent désormais le leader de son dauphin.

L’option doublement payante

Dans cette Super Finale d’où sont absents Crédit Mutuel de Bretagne, Team Coved (9e) et Cardinal-FenêtréA malgré une victoire dans la 5e manche de qualification, c’est une option audacieuse qui, par deux fois, distribue les bons points. « Quentin Ponroy prend une belle option avec Kevin Péponnet, raconte Matthieu Salomon, le co-skipper des Limonadiers, finalement troisièmes. On passe au-dessus, entre la zone interdite et la digue. On est premier en bas, et on cherche à creuser l’écart, mais Trésors de Tahiti prend la même option que nous sur le second tour et, une seconde fois, c’est payant. Les Tahitiens font un beau bord de portant et jouent bien en bloquant notre jibe. On décale pour rester dans leur route, et Team France Jeune joue un beau coup à son tour en allant chercher de l’air à la droite du plan d’eau ».

Teva Plichart : « Je pourrais m’y habituer… »

Cette victoire a le goût d’une madeleine de Proust pour Teva Plichart, qui n’avait plus gagné sur le Tour depuis l’étape Port Bourgenay – Royan en 2007, remportée après une trentaine d’heures de mer devant Elcimaï – Ville de Marseille, skippé par Dimitri Deruelle… aujourd’hui tacticien tahitien. « Le goût de la victoire, je pourrais m’y habituer très rapidement, sourit le skipper, qui avait terminé 2e du Tour en 2007. C’est un petit hold-up qu’on réalise, parce qu’on sort in extremis 6e ex-aequo des qualifications, mais on a très bien navigué pour remonter jusqu’à la tête, sur la Super Finale. Elle efface aussi la déception de notre 9e place hier  ».

Team France Jeune, qui avait décidé de se retirer du raid côtier hier après avoir manqué par deux fois la même porte, a trouvé l’occasion de se racheter sur un parcours dessiné devant la plage, couru dans un vent qui venait de forcir. « Ce parcours était particulier, parce qu’il était rallongé et qu’il y avait une zone interdite avec un jeu possible entre la zone et la digue. On se gave et on remonte de la 5e à la 2e place sur ce coup-là. Il nous manque un rien pour battre Trésors de Tahiti sur le dernier virement, quelques mètres à peine ».

Un leader, des matches

Des matches, il en reste à foison dans ce Tour de France. Pour la 2e place, déjà : 10 points séparent Crédit Mutuel de Bretagne de Grandeur Nature Véranda, 7e de la Super finale de Roses. Team Coved, à 9 longueurs, n’a pas dit son dernier mot pour le podium et, avec sa victoire du jour, Trésors de Tahiti pointe à 20 points de la troisième marche. Et ils sont quatre en six points pour la 5e place. 8e, Team France Jeune compte deux points d’avance sur son rival Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan au classement Jeunes et Amateurs, malgré son retrait du classement du raid côtier, hier. Les limonadiers s’envolent ? Il reste de sacrées empoignades à venir, rythmées dès demain par la tramontane qui souffle fort à Gruissan.


 

Tour de France virtuel

Le 21 juillet 2016

La victoire pour canard 44

On pourra dire que ça s’est joué à peu de choses, peut-être simplement à l’occasion d’une régate nocturne sans merci à travers le Détroit de Gibraltar, lorsqu’au petit matin un groupe a pris la tangente…

Et dans ce groupe, il y en a eu un qui a prolongé son bord plus que les autres, puis a su astucieusement jouer avec les brises faibles autour des Baléares pour prendre une minuscule avance qui l’a amené en vainqueur jusqu’à Nice.
 
En 10j 4h et 27 mn, canard 44 s’est imposé devant les meilleurs skippers  de Virtual Regatta, à commencer par le leader du classement VSR, Freizh Volante TPN qui termine à 2 minutes tandis que speedouone TPN prend la 3e place, 4 minutes plus tard.
 
Deux « Avaloniens » complètent le Top 5, avec herve Avalon et dino45 AVL-A3V qui auront tout tenté  sans succès pour revenir sur le vainqueur, tandis que Touladi_31, soriak et essor50 ont réussi une très belle course. Mais Mare Nostrum et ses vents légers n’ont pas offert suffisamment d’options dans les derniers jours pour espérer revenir sur les échappés de Gibraltar !
 
Bref, la Méditerranée n’a pas été une marre aux canards, mais plutôt un océan de réussite pour canard 44 qui obtient là sa première victoire et auquel nous adressons nos plus chaleureuses félicitations.






ILS ONT DIT

Le 21 juillet 2016

Teva Plichart, skipper de Trésors de Tahiti : 
« Le goût de la victoire, je pourrais m’y habituer très rapidement. C’est un petit hold-up qu’on réalise, parce qu’on sort in extremis 6e ex-aequo des qualifications, mais on a très bien navigué pour remonter jusqu’à la tête, sur la Super Finale. Elle efface aussi la déception d’hier : sur le raid côtier, on a très bien navigué avant de se retrouver collé dans le peloton dans la molle ; on sort dernier ou presque de ce piège et on termine 9e à l’arrivée. Au bilan, on prend la 6e place du classement à Oman Airports, et il reste plein de coups à jouer. Ce qui a changé, c’est qu’on a décidé de ne plus se mettre de pression. On favorise le plaisir de la navigation et ça marche très bien. Il ne nous manque pas grand-chose pour faire encore mieux. Manutea a fait des progrès incroyables – s’il continue à ce rythme, il sera meilleur que moi dans deux ou trois ans -, mais il lui en reste à faire pour nous permettre d’être en permanence dans les bons coups. C’est normal : il découvre à peine la régate en trimaran et ce qu’il fait sur l’eau est déjà incroyable ».

Matthieu Salomon, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« C’est une bonne journée pour nous : nous sommes dans nos objectifs, qui sont de terminer dans les cinq premiers à chaque course. On ne peut que se réjouir de notre troisième place. C’était la première fois que Kevin Péponnet prenait la barre depuis les entraînements de début de saison et, manifestement, il n’a pas perdu la main ! Je ne suis pas surpris de voir Trésors de Tahiti gagner : on connaît très bien le talent à la barre de Pierre Pennec et l’équipage a pris de la bouteille au fil des manches, comme tous les autres bateaux d’ailleurs. L’adversité grandit, ça va être de plus en plus la bagarre sur l’eau ».

Erwan Fischer Guillou, co-skipper de Team France Jeune :
« Ce que nous faisons bien ? Nous ne prenons pas de risques sur les départs, ce qui nous permet d’être réguliers et de nous qualifier pour la Super Finale. L’autre point très positif, c’est qu’on a su monter notre niveau de jeu pour la dernière manche. Ce parcours était particulier, parce qu’il était rallongé et qu’il y avait une zone interdite avec un jeu possible entre la zone et la digue. On se gave et on remonte de la 5e à la 2e place sur ce coup-là. Il nous manque un rien pour battre Trésors de Tahiti sur le dernier virement, quelques mètres à peine. On progresse et on sent que la victoire se rapproche. Elle nous fait très envie, nous qui sommes amateurs : ce serait beau de battre des pros ! Cela pourrait venir assez vite, j’espère : quelques équipiers viennent de la Méditerranée et on va pouvoir s’appuyer sur leur connaissance du terrain ». 

Guillaume Pirouelle, co-skipper de Helevetia Blue by Normandy Ellite Team
« On a pris beaucoup de plaisir à naviguer ici. On n’a pas une énorme expérience du bateau, pas beaucoup d’entrainement non plus. Au fur et à mesure des étapes, on arrive à faire de moins en moins d’erreurs. Ça paye. On n’a rien lâché et on est récompensé pour ça. Quand on voit notre départ, à la Super Finale, nous sommes 300 mètres derrière tout le monde et pourtant on arrive à revenir petit à petit. C’est ça la Combativité : ne jamais rien lâcher à aucun moment ! C’est ce qu’on a fait ici ! ».

Fondation FDJ, l’heure de la revanche

Le 21 juillet 2016

La Méditerranée pour recommencer

Damien Seguin et les siens attendaient mieux d’eux-mêmes. L’arrivée en Méditerranée est l’occasion de prendre un nouveau départ pour le skipper paralympique, qui s’est remis d’une petite entorse des cervicales – il a stoppé la chute du mât de Fondation FDJ – Des pieds et des mains avec la tête à Roscoff – et pour Pierre Le Clainche, l’autre barreur du team.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Roses, le 20 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Roses, le 20 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

« On efface tout et on recommence ». Pierre Le Clainche dresse d’emblée l’humeur du moment. Effacer de la mémoire collective ce « mauvais début de Tour de France », et reprendre la course sur de nouvelles bases.

Jusqu’à présent, l’équipe avait adopté un fonctionnement par actes. Tour à tour, Damien Seguin et Pierre Le Clainche prenaient la barre, ville après ville. « On a noté que j’étais plus à l’aise sur les raid côtiers que sur les stades nautiques, où Damien s’exprime bien. On va donc tester, sur deux actes, ce fonctionnement en alternance. Ce qui est bien, c’est qu’on se « tire la bourre » de manière positive. Il n’y a pas de rivalité malsaine, mais au contraire une stimulation entre nous ».

Le bon air de la Méditerranée

Rien de mieux pour gommer les frustrations que l’ambition. Fondation FDJ – Des pieds et des mains vise le top 5 sur les raids et la Super Finale pour les journées de stade nautique. « C’est important de convaincre notre sponsor qu’on a les moyens de bien faire, mais c’est encore plus importants pour nous de vouloir terminer ce Tour sur des notes positives », ajoute le barreur. Truffé de pièges, le raid côtier de Roses aura été une réussite partielle. 12e, les Blue boys y ont enregistré leur deuxième meilleur résultat du Tour, après la 9e place sur le raid de Baden.

Entretemps, l’équipe a un peu changé. Eric Flageul a cédé sa place et l’équipage est désormais constitué, outre de Damien Seguin et Pierre Le Clainche, de Mathieu Bourdais, Mathieu Renault et Antoine Joubert, l’équipier de Le Clainche en F18. « Perdre Eric est un petit coup pour l’équipe, parce qu’on s’entend super bien, mais je récupère mon équipier, avec qui j’ai beaucoup d’automatismes. L’équipe va continuer à tourner dans un bon esprit ».

« S’entraîner deux semaines par mois l’an prochain »

Dans ces performances en demi-teinte se dessinent aussi les solutions à adopter pour l’édition 2017.
« Il n’y a pas de mystère, assure Pierre. Quand on voit naviguer le Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, on voit tous les bienfaits d’un hiver d’entraînement. Le Diam24, c’est leur maison, et ils mettent plusieurs mètres à tout le monde sur chaque manœuvre. Si on parvient à s’entraîner deux semaines par mois en Diam24 en début d’année prochaine, on aura la capacité à rivaliser avec les meilleurs, c’est une évidence. Damien aura plus de disponibilités après son année paralympique et, moi, je ménagerai du temps dans ma saison de D35 ».

Roses, Acte 5 scène 2

Le 21 juillet 2016

Régate en stade nautique à partir de 11h30

Derniers bords en Catalogne avant de reprendre la route en direction de Gruissan, dans la soirée. Au menu du jour, les régates en stade nautique dans des vents légèrement hésitants.

Le programme :

Début des qualifications devant la plage à 11h30
Super Finale à 15h45

La météo :

Au très léger souffle du nord qui habille la matinée, contré par la levée du thermique, succèdera un vent d’est-sud est de 7 nœuds environ en début d’après-midi. Le vent tournera sud à l’heure de la Super Finale, s’annonçant à 12 nœuds avec des rafales à 14.

Ils sont forts ces Bleus !

Le 20 juillet 2016

Helvetia Blue by Normandy Elite Team s’impose magistralement dans le raid côtier de Roses, ce mercredi. Efficaces et opportunistes, Guillaume Pirouelle, Valentin Sipan et Mathieu Corruble sont les premiers vainqueurs amateurs de ce Tour 2016, devant Grandeur Nature Véranda et Team Coved. Longtemps leader, Cardinal-FenêtréA s’est fait coincer par le peloton et termine 22e.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Roses, le 20 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Roses, le 20 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Cette baie de Roses, gorgée de vent 330 jours par an, a encore joué de drôles de tours au Tour. Des bons, pour certains, des moins bons pour d’autres. Il fallait un sacré coefficient de réussite pour faire tourner en sa faveur les soubresauts des éléments. La chance, c’est bien ce qui a manqué à Cardinal-FenêtréA. En tête aux deux tiers du long bord de portant à l’entrée du golfe, où le vent hésitait déjà en force et en direction, l’équipage de Julien Villion mena la danse avec Team Coved, Crédit Mutuel de Bretagne, Trésors de Tahiti, Grandeur Nature Véranda et Helvetia Blue by Normandy Elite Team.

Puis, d’un coup, tout est devenu compliqué et aléatoire. Dès la bouée de Torre Mongo, le vent bascula à 90°, provoquant une remontée en escalier vers la bouée posée à l’entrée de L’Escala. A 5 nœuds, Trésors de Tahiti menait la danse à son tour, avec Lorina-Golfe du Morbihan et Cardinal-FenêtréA. Et puis… plus rien. Plus le moindre souffle d’air pour secouer une flotte réduite à avancer à 1 nœud et quelques brouettes sur près d’un mille.

Du bol dans la molle 

Survint alors le regroupement général, le coup de l’accordéon essoufflé, la mistoufle asthmatiforme. Les premiers à la bouée se retrouvèrent coincés à 300 mètres de la plage, en apnée, à attendre que rentre le vent, depuis le large. Collée serrée, la flotte vit finalement revenir un filet d’air qui, en bon garde barrière, laissa passer les équipages au compte-gouttes, en commençant par les derniers arrivés à la bouée, les seuls à pouvoir manœuvrer vers le large.

Helvetia Blue by Normandy Elite Team, qui avait jusqu’à lors joué une partition de très belle facture, s’envola en premier, et en solo, tandis que les autres Diam24 attendaient la réouverture du péage. Team France Jeune, puis Pays de l’Or – Hérault, Techneau, Trésors de Tahiti et les favoris du classement repartaient tour à tour, largués par les Normands, mais en position de postuler pour le podium… à l’exception de Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, collé en fond de flotte (18
e).

470 et nez au vent


Ni l’aller-retour entre la bouée de San Pedro et l’Escala, ni le long bord vers la ligne d’arrivée ne briseront la marche triomphale de Helvetia Blue, premier vainqueur amateur de ce Tour 2016. Les choses n’arrivent pas par hasard : Guillaume Pirouelle et Valentin Sipan ont été sacrés champions du monde de 470 juniors l’an dernier, ils sont d’ailleurs les remplaçants officiels de l’équipage olympique Sofian Bouvet et Jérémie Mion. Mathieu Corruble, lui, a été vice-champion de France Espoirs de 420 et champion d’Europe de match-racing. Les trois savent très bien naviguer le nez au vent pour sentir les bons coups.

Tandis que Lorina Limonade-Golfe du Morbihan limitait les dégâts sur sa seule vitesse (6e), Jean-Christophe Mourniac (Grandeur Nature Véranda) et Aurélien Ducroz (Team Coved) complétaient le podium devant Crédit Mutuel de Bretagne et Oman Airports by Oman Sail. Loin, très loin derrière, Cardinal-FenêtréA clôturait pratiquement la marche d’une course qu’il avait pourtant prise par le bon bout.

Bouleversement chez les amateurs

Au classement général, Grandeur Nature Véranda (2e) reprend deux points à Crédit Mutuel de Bretagne (4e), qui reprend deux points à Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan. La grosse info du jour, c’est la décision prise par Team France Jeune de se retirer de cette course, après avoir manqué par deux fois le passage à la bouée de San Pedro. Ce retrait prive les jeunes pousses de Groupama Team France de la 5e place au classement général, et de la place de leader au classement amateur. Les voici 9e, et 2e, derrière Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan.



ILS ONT DIT

Le 20 juillet 2016

Guillaume Pirouelle, skipper de Helvetia Blue by Normandy Elite Team : 
« On était dans le groupe de tête depuis le départ, mais cela s'est joué à la deuxième bouée. Il n'y avait vraiment pas d'air et on a réussi à prendre une petite risée et à partir devant les autres. Ensuite on a pris l'option du large et ça a payé. Et à partir de là, on a creusé l'écart. Nous sommes vraiment très contents de cette victoire en côtier parce que nous venons de la régate en dériveur et nous sommes plus à l'aise en stade nautique que sur les raids au large. C'est notre dernier Acte : le bateau change d'équipage, ça fait plaisir de terminer comme ça ».


Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda :
« Pour décrocher ce podium, on s’est battu place après place, tous ensemble. On était un peu déçu par ce gros coup de molle qui, à l’autre bout de la baie, a scotché toute la flotte. On avait bien travaillé jusqu’alors et cette poche sans vent avait annihilé tout le boulot qu’on avait effectué. Dans ces cas-là, généralement, mieux vaut aller chercher la bouée, sauf aujourd’hui. Avec le regroupement général, on se retrouve derrière le peloton pour l’enrouler de bouée, mais ça nous permet de mettre le cap tout de suite vers le large, pour toucher du vent en premier, tandis que le paquet n’arrive pas à relofer. Et, là, on s’est bien battu. Corentin (Horeau) a trouvé sa place, il nous a fait une bonne navigation qui nous a bien servi ».

Aurélien Ducroz, skipper de Team Coved :
« On attaque très bien le raid, puis on se pose plein de questions sur le départ, par rapport aux casiers à huîtres, mais on profite de quelques degrés pour partir avec Cardinal-FenêtréA. La question d’après : est-ce que le vent allait rentrer ? Mollir ? On revire au large, avec Julien Villion, Trésors de Tahiti et Crédit Mutuel de Bretagne. On fait un bon bord de portant jusqu’à la bouée de Torremirona, puis on lofe jusqu’à la Escala et, au bout, c’est un nouveau départ. On est sous les bateaux, à la bouée, à l’arrêt. On fait confiance à Laurent (Voiron), qui sait par où va revenir le vent et, d’un coup, ça rentre et on repart. Helvetia Blue était déjà reparti comme une balle. On fait le portant avec CMB, qui lofe et lofe encore et on préfère décrocher, puis on fait le remontée avec Grandeur Nature Véranda, qui voit la poche de molle qui se profile et s’échappe vers la 2
e place. Sur le portant, on revient sur Crédit Mutuel de Bretagne, et on prend la 3e place. Ils sont bons, ces deux équipages, ils sont bons ! »

Dimitri Deruelle, tacticien de Trésors de Tahiti :
« On fait bien le boulot jusqu’à la première bouée, en allant chercher du large et on garde la pression jusqu’à La Escala avec Crédit Mutuel de Bretagne. Et, là, on est empétolé comme jamais, tout le monde revient et la redistribution des rôles se fait. On voulait aller chercher le large, mais on ne pouvait pas : toute la flotte était collée, et ceux qui sont arrivés en dernier ont pu éviter le bouchon pour repartir plus vite. On a attendu que se relève notre passage à niveau, en regardant les autres partir. Puis on fait une belle remontée. On a finalement peu de regrets : vu les circonstances, on ne pouvait guère faire mieux ».

Julien Villion, skipper de Cardinal- FenêtréA :
« Nous sommes les dindons de la farce. On fait un super début de course, on se sort bien de la première « mistoufle » et on se fait piéger à La Escala. A la bouée, tous les bateaux se collent dans la pétole, en dérivant vers la côte. Et, là, on est les plus proches de la côte et les derniers à repartir. Le temps de repartir, après le dernier bateau devant nous, on a plusieurs minutes de retard. Il ne nous restait plus qu’à essayer de se faire plaisir sur le dernier bord de portant. Ça fait partie du pansement à mettre sur une journée comme celle-là. Mais rien n’est grave. On peut être déçu, mais ce n’est que de la voile, on a la chance infinie de faire ce qu’on aime. Il ne faut pas oublier ce que vivent bien des gens aujourd’hui, on aurait bien tort de se plaindre. »

Roses, Acte 5 scène 1

Le 20 juillet 2016

Raid côtier dès 12h45

Le Tour de France se remet au boulot ce mardi avec, au programme, un raid côtier qui promet du spectacle : c’est ici, l’an dernier, que les Diam 24 avaient offert leur premiers dessalages spectaculaires.

La météo : 15 à 20 nœuds de sud-est, avec des rafales à 25 nœuds. Ça, c’est pour le fond de baie. A l’entrée, le vent sera plus soutenu, avec des rafales jusqu’à trente nœuds et beaucoup de mer.

Le parcours :
Compte tenu de la météo, le parcours a été légèrement modifié, pour favoriser la navigation dans le fond de baie. 46 nœuds sont prévus plus au large, les bateaux évolueront plus près des côtes. Une prise de ris obligatoire est plus que probable.

ILS ONT DIT


Charles Hainneville, skipper de Installux Aluminium :
« C’est toujours un plaisir de revenir en Méditerranée, surtout à Roses. Il y fait toujours beau et chaud, on est super bien accueilli. En tant que bon Normand, la chaleur est un défi pour moi, mais c’est bien. Il y a toujours du vent, qui permet de faire de superbes parcours et de prendre du plaisir à naviguer. L’arrivée en Méditerranée est un nouveau départ : on n’est pas encore à la moitié du Tour, et on recommence une aventure assez compliquée, avec des vents que je ne connais pas vraiment bien. Cela va demander de la concentration. Ça avait été musclé, l’an dernier, avec des dessalages explosifs, et les conditions sont réunies pour ça cette année aussi. Mais on ne freine pas avec le frein à main, on va continuer à s’amuser. C’est en mettant le frein à main qu’on « cabane ». Il faut naviguer avec du feeling et rester détendu. J’espère qu’on va s’amuser. Pour l’heure, le bilan est satisfaisant : on a couru deux Super Finales. On avait fait un coup, l’an dernier, en stade nautique, ça pourrait se reproduire, on verra bien. On serait ravi de faire un petit hold-up en Super Finale. On est une bande de copains qui aiment naviguer ensemble, avec un partenaire qui s’est déclaré assez tard mais qui s’est très vite pris au jeu : il compte monter en puissance au cours des deux années à venir. Je parle beaucoup de plaisir ? Le peu d’expérience que j’ai m’a appris qu’on navigue toujours mieux quand on prend du plaisir, c’est fondamental pour moi ».

Thomas Tiffon, skipper de Marie et ses frères :
« C’est ma première en Méditerranée, à peu de choses près : je n’ai fait que quelques régates près de Barcelone. Mais il y a des vagues et c’est une bonne nouvelle : ça me rappelle la maison. Pour le reste, je ne connais pas trop la mer, ici, mais on va profiter de l’expertise de Dimitri Deruelle, qui est Marseillais, qui nous a donné pas mal d’infos. Il y a des risques de dessalages ? Ça pourrait faire de belles images… Vu qu’on ne connaît pas encore bien le bateau, on va continuer à attaquer en essayant de ne pas se mettre au tas. Notre projet est un projet familial : Je navigue avec mes deux grands frères et ma petite sœur. On n’avait pas prévu de faire le Tour, mais on a été invité à passer des tests pour faire du Diam24. On a trouvé ça sympa et on a réalisé que des jeunes de notre âge le font. C’est un projet porté par notre père, le bateau est sympa et toute expérience est bonne à prendre ; l’idée est de prendre du niveau en voile. On va prendre le temps de découvrir comment ça se passe et on essaiera de revenir avec plusieurs projets. On n’a pas encore parlé d’objectifs sportifs, mais seulement de travailler ce qui ne va pas. L’idée est de naviguer propre et on verra bien comment exprimer notre tempérament de compétiteurs… »

Montserrat Mindan Cortada, Maire de Roses :
« Pour Roses, c’est important de recevoir le Tour de France à la voile. A chaque fois, c’est un peu différent, les courses et les bateaux sont différents et, cette année, on va essayer de faire plus de navigations sur le front de mer de la ville. On espère que les gens qui sont là vont s’amuser du spectacle et du village qui est installé cette fois-ci en centre-ville. Le retour médiatique pour la ville est essentiel. Grâce au Tour de France à la Voile, les gens peuvent nous situer dans le monde nautique ».

Miquel Gotanegra, Président de la Station nautique de Roses :
« C’est un honneur de pouvoir accueillir le Tour, et je remercie la ville et le port d’avoir fait l’effort financier pour continuer cette belle aventure, essentielle pour nous. Le retour de cet événement est extraordinaire pour les entreprises de la ville que nous représentons. J’ai été séduit par le Tour en 2006, en allant voir une étape à Saint-Cyprien. C’est un moment important pour les passionnés de nautisme et de voile à qui nous nous adressons : nous pouvons démontrer que nous avons un spot fantastique pour naviguer, avec une baie magnifique et 330 jours de vent par an. Un événement comme le Tour est un coup de projecteur international salutaire. Il nous reste un rêve à accomplir : mettre à l’eau un bateau qui porterait, sur le Tour, les couleurs de Roses et de la Costa Brava. On a essayé ces dernières années, mais le contexte économique ne s’y prêtait pas. On n’a pas oublié pour autant : ici, on aime dire que, dans la vie, il faut se coucher avec un rêve et se lever avec une proposition ».

Hola Catalunya !

Le 19 juillet 2016

La caravane du Tour de France à la Voile a rejoint Roses, hier

Pas de course ce jour : cette journée de repos devrait aider les équipes à récupérer de leurs efforts cumulés sans relâche depuis le raid côtier de Dunkerque, le 8 juillet.

Tour de France a la Voile 2016; etape de Roses; le 19 juillet 2016. Credit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France a la Voile 2016; etape de Roses; le 19 juillet 2016. Credit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO


La route fut longue, lundi, entre Baden et Roses, cité balnéaire espagnole située à une trentaine de kilomètres de la frontière franco-espagnole. Presque 1000 kilomètres de transfert, un incendie sur l’autoroute A9 entre Perpignan et l’Espagne ayant encore rallongé le parcours.

Le programme de ce mardi s’annonçait plus ou moins chargé, certains équipages ayant décidé de passer la matinée à la préparation physique. Tous ne devaient avoir accès au paddock situé sur la grande plage de Roses qu’à partir de 16 heures.

Tempête de soleil et levée du vent thermique dès midi… Rien n’a changé en Catalogne, ce qui promet un sacré spectacle pour le raid côtier, ce mercredi à partir de 12h45, et pour les régates en stade nautique jeudi, dès 11h30. Pour mémoire, c’est ici que les Diam24 avaient, pour la première fois du Tour, offert de spectaculaires dessalages. 

 

Le bilan après l’Atlantique nord

Le 18 juillet 2016

C’est Team Lorina Limonade le patron

Après une étape en mer du nord, deux en Manche et une dans le Golfe du Morbihan, et tandis que se profilent cinq étapes en Méditerranée, l’heure a sonné d’établir un premier bilan du Tour de France à la Voile 2016, archi dominé par Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan. Les équipages font route ce lundi vers Roses (Espagne), où ils prendront une journée de repos mardi, avant la reprise des courses avec un raid côtier dans 48 heures.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Baden, le 17 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Baden, le 17 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

 

Les Morbihanais tout-terrain

Un doublé à Dunkerque, un autre à Dieppe, même engagement et mêmes résultats à Baden, dans leur golfe du Morbihan… Quentin Delapierre, Matthieu Salomon, Quentin Ponroy et Bruno Mourniac ont survolé cette première partie du Tour de France. Le bateau va très vite, les équipiers manœuvrent au cordeau sans avoir besoin de se parler, les options sont certaines et assumées, et les stratégies développées à terre par Hervé Gautier, une légende du Tour, se révèlent redoutables. Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan n’a marqué le pas qu’à Roscoff – et encore. Tandis que Crédit Mutuel de Bretagne, avec Nicolas Troussel, Damien Iehl et Mathieu Richard à l’affût de la moindre opportunité depuis Dunkerque, remportait le raid côtier et le stade nautique en baie de Morlaix, les Morbihanais terminaient deux fois deuxièmes, ne concédant que deux de leurs points d’avance. Ceux qui les espéraient friables dès que le vent tomberait en sont pour leurs frais : hyper rapides dans la brise, ils sont aussi les moins lents dans le petit temps.

La stat qui tue

Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan a remporté 13 des 21 manches qualificatives en stade nautique, et 3 Super Finales sur 4. Ils signent un Grand Chelem à Dieppe. Les Morbihanais n’ont pas volé le moindre départ – ils sont les seuls parmi les prétendants à la victoire finale.

La stat qui tue (bis)

27 black flags (départs anticipés et disqualification) ont été distribués en 21 manches, zéro en Super Finale. Répartition : 1 à Dunkerque, 14 à Dieppe, 4 à Roscoff, 8 à Baden.

Des miettes à se partager

Longtemps Crédit Mutuel de Bretagne a tenu le tempo, ne terminant qu’à un, deux ou trois points des leaders à chaque Acte. Et puis il y eut Baden, un tour de l’île dans un filet d’air et quatre nœuds de courant en guise de raid côtier, conclu dans le pare-choc arrière de Oman Airports by Oman Sail qui venait de prendre un arrêt buffet sur un caillou et une douloureuse 11e place. Il y eut deux victoires de manche en qualification, mais aussi une 12e place et un drapeau noir comme l’humeur avant de partir en Méditerranée. Troisièmes du classement général, les cow-boys de Grandeur Nature Véranda. Pour Jean-Christophe Mourniac, son fils Tim, Pierre-Yves Durand et Valentin Bellet, les résultats sont tantôt presque parfaits, avec deux deuxièmes et deux troisièmes places, tantôt honorables. Manque encore une victoire pour le team qui avait éclaboussé de classe le début du Tour 2015 en empochant le raid côtier de Dunkerque. Corentin Horeau, qui peaufinait la rééducation d’un genou va embarquer dès Roses. Il devrait constituer un apport non négligeable sur les raids côtiers.

Les Montagnards sont là

Aurélien Ducroz, Olivier Backès et Laurent Voiron portent à eux trois Team Coved en 4e position du classement général. Le double champion du monde de freeride est en train d’écrire une nouvelle fois une bien jolie histoire : « Quatrièmes en partant de Baden ? On m’aurait dit cela au début, j’aurais signé tout de suite ! Le niveau est très homogène. C’est hyper serré, on fait encore des bêtises, mais on progresse tous les jours. L’expérience du Tour 2015 nous permet de mieux maitriser le bateau. Du coup, on s’amuse encore plus, parce qu’on anticipe davantage. Une image en tête qui m’a marqué particulièrement sur ce début de Tour ? Le raid côtier de Dunkerque ! On a fini 5ème et ça nous a permis de bien nous lancer dans le tour. »

C’est jeune et ça sait déjà (presque) tout

Team France Jeune est 5e du classement général, et 1er du classement amateur. La poussinière de Groupama Team France est riche de talents, mais il manque encore aux « babies Cammas » un coup d’éclat pour rendre fier le patron. A leurs trousses, pour la tête du classement jeunes et Amateurs, les jeunes pousses de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan pointent à 10 points, à la 6e place. Natixis – YC de Saint-Lunaire est 10e.

L’œil de Bernard Stamm

Le skipper de Cheminées Poujoulat, 14e du classement général après quatre Actes, n’est pas forcément très satisfait des résultats de son team. « Ça n’avait pas mal démarré pour nous mais le deuxième jour, on s’est fait rentrer dedans. On perd deux manches, du coup, on est un peu tombé dans le classement. Nous faisons de bonnes choses et des mauvaises, pour un bilan globalement mitigé ». Le coureur au large est impressionné par le niveau général de la flotte : « Je pense que le niveau est plus élevé que l’année passée. C’est monté un peu. Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan est visiblement au-dessus du lot. Quand ils manœuvrent ou quand il y a plus de place, ils sont tout de suite devant ».

ILS ONT DIT

Le 17 juillet 2016

Solune Robert, co-skipper de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan :
« 0n est content d’avoir traversé si bien cette journée très dure nerveusement. Il y avait tellement de tension pendant la phase de qualification ! C’est la première fois qu’on se qualifie si facilement, puisqu’on sort deuxième. C’est un vrai plaisir de placer les deux bateaux du Golfe du Morbihan sur le podium du jour. C’était vraiment des conditions aléatoires. Il fallait une bonne part de réussite pour se qualifier, mais aussi tenir ses options jusqu’au bout. C’est d’ailleurs ce qui a permis à Quentin Delapierre de s’imposer en Super Finale, quand deux autres bateaux ont hésité et viré trop tôt. Il fallait aussi pas mal de confiance en soit tellement c’était aléatoire. La règle du drapeau noir a fait des ravages aujourd’hui, mais c’était si compliqué de ne pas griller le départ, avec ce courant dans le dos… »

Bruno Mourniac, équipier de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Quel plaisir d’offrir cette victoire à Quentin Delapierre pour son anniversaire ! On se qualifie pour la Super Finale en déjouant les aléas du vent. Nos résultats prouvent que c’était aléatoire : on finit aussi facilement 1er que 10e. La journée a été spéciale pour Quentin (Delapierre), c’était difficile pour lui de ne pas penser à autre chose, avec ses proches sur les bateaux accompagnateurs. Il y avait bien une dizaine de bateaux d’amis, et quelle folie après la victoire ! Sur la Super Finale, on prend un départ parfait – avec un peu de réussite parce qu’on part pile dans le bon timing – et on va tirer un long bord le long de la côte. Kevin (Péponnet), qui avait le nez à ras de l’eau, a senti le premier la petite « bouffe » qui est entrée et qui nous a permis de creuser l’écart. La règle du drapeau noir, nouvelle sur le Tour, nécessite qu’on s’y acclimate. On a beaucoup travaillé cette phase cet hiver, pour éviter de se faire disqualifier. Mais c’est un piège tendu en permanence ».

Pierre Pennec, barreur de Trésors de Tahiti :
« 
C’est la première fois qu’on entre en Super Finale, après avoir pris la 2e place hier sur le côtier. C’est vraiment très satisfaisant. Ça fait du bien à toute l’équipe : on sent qu’on progresse. Il y a toujours des aléas et on ne sait pas ce que la Méditerranée va nous réserver, mais en tout cas on a bien progressé en vitesse et Manutea apprend encore à bord, à une vitesse assez hallucinante. Il ne fait du multicoque en régate que depuis 20 jours, et on gagne déjà une manche avec lui ! Je pense que notre équipe s’était fixée des objectifs un peu trop élevés au départ : Manutea apprend la voile, on a couru ensemble seulement deux régates en début de saison, et Dimitri est arrivé seulement deux jours avant le début du tour. On s’est dit les choses hier, on a recadré et, du coup, on a moins de pression puisqu’on accepte le fait qu’on est en apprentissage ».

Jules Bidegaray, régleur de Team France Jeune :
« Les conditions étaient vraiment très difficiles, on est super content d’avoir réussi à se qualifier en Super Finale. On a bien assuré nos quatre premières manches, mais la dernière était une catastrophe : on a écopé d’une pénalité pour un refus de tribord. Sur la Super Finale, on fait un très bon « start ». On est les seuls à avoir vu que le vent avait chuté, mais on était entre deux secteurs de vent… Notre avance au classement Jeunes et Amateurs est bonne à prendre, mais le Tour est encore long. On est content d’arriver en Méditerranée : on est quelques uns à en venir. Je suis de Hyères et les autres sont soit du Var, soit des Alpes Maritimes. Et j’ai fait deux Tours de France avec Toulon Provence Méditerranée. Le petit break à Roses va faire du bien : ce début de Tour a été dur physiquement et psychologiquement ».







Magie noire en Morbihan

Le 17 juillet 2016

Champagne pour les limonadiers

Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan remporte le stade nautique de Baden, sa sixième victoire en huit courses. Les Morbihanais comptent désormais 26 points d’avance sur Crédit Mutuel de Bretagne, privé de Super finale pour un drapeau noir. Un gouffre alors que le Tour va lever le pied deux jours, le temps de descendre à Roses et de prendre une journée de repos.


Tour de France à la Voile 2016, étape de Baden, le 17 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Baden, le 17 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

C’était une de ces journées où il valait mieux ne pas être trop près de la ligne de départ à deux minutes du coup de trompette. Dans les airs faibles et instables de la baie de Kerdelan, Crédit Mutuel de Bretagne, Grandeur Nature Véranda et Helvetia Blue by Normandy Elite Team, notamment, se sont faits piéger par la terrible équation appliquée depuis le début du Tour comme dans le stade nautique de Baden : pas de vent + courant dans le dos -  absence de marge à la ligne de départ = « black flag », drapeau noir, sanction et donc élimination sur la manche.

Huit vainqueurs de manches

Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan ne s’est pas fait prendre par la « magie noire », mais le coup est passé près et le début de journée n’a pas été si simple. Après deux victoires et une deuxième place dans les trois premières manches qualificatives, le trio a marqué le pas. Dixièmes de la quatrième, septièmes de la dernière, les leaders du classement général ont craint, un très bref instant, de ne pas être qualifiés pour la Super Finale. C’est que le classement, qualification après qualification, ne cessait d’évoluer. Il y a eu pas moins de huit vainqueurs de manche, cet après-midi, un record de ce Tour. A la régularité, les Limonadiers ont fini par décrocher leur ticket pour la manche ultime, face à leur public et familles.

« On se qualifie pour la Super Finale en déjouant les aléas du vent, raconte Bruno Mourniac. Nos résultats prouvent que c’était aléatoire : on finit aussi facilement 1er que 10e. La journée a été spéciale pour Quentin (Delapierre) qui fêtait son anniversaire, c’était difficile pour lui de ne pas penser à autre chose, avec ses proches sur les bateaux accompagnateurs. »


Une super Finale qui pétille

La Super Finale n’aura pas échappé aux Limonadiers, qui fêtaient ce jour le 24e anniversaire de Quentin Delapierre. Royal à la barre, le co-skipper prenait un départ magistral, plaçait une merveille d’option et terminait  les deux boucles en vainqueur devant Trésors de Tahiti et Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, plus malins sur le plan d’eau. Il restera aussi de cette Super Finale l’image de Team Coved, meilleur du jour en qualifications, scotché pendant près de deux minutes juste avant la ligne de départ et incapable de bouger faute de vent, tandis que le peloton s’échappait. Aurélien Ducroz et les siens parviendront – ô miracle – à grignoter une place pour terminer cinquièmes de la journée.

Gros débit pour Crédit Mutuel de Bretagne

Après la 11e place sur le raid côtier, Nicolas Troussel et son team traversent une mauvaise passe. Dixièmes ce jour, ils cumulent ce dimanche 26 points de retard sur les Lorina’s Boyz, et 17 d’avance sur les cow-boys de Grandeur Nature Véranda, troisièmes du général. 26 points de retard, c’est plus que le nombre de bateaux engagés (24) sur ce Tour. Outre le fait qu’il a su démontrer qu’il savait aussi naviguer à la perfection dans le tout petit temps, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan pourrait se permettre de terminer dernier d’une journée sans perdre son leadership sur la flotte. La transition vers la Méditerranée s’annonce plutôt plaisante.

Les ambassadeurs de Saint-Lu

Le 17 juillet 2016

Des amateurs sur le Tour

Le Diam 24 de Natixis – Yacht Club de Saint-Lu, c’est l’histoire d’un club de la côte de la Bretagne nord qui aimerait grandir et qui se montre sur le Tour de France à la Voile pour séduire. Et il séduit.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 11 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 11 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Si Saint-Lunaire vit les volets ouverts l’été, les grandes maisons bourgeoises des Parisiens et des Lillois ont les yeux clos, sitôt la saison terminée. Calée rive gauche de la Rance quand Saint-Malo rythme la rive droite, la cité de Saint-Lunaire a pour voisins Saint-Cast-le-Guildo et Matignon. Ni ministre ni ministe, Nicolas Hulot y vit. Gamin, il conduisait le tracteur qui amenait les bateaux à l’eau. Faire exister un yacht club ou un club nautique à l’année en ne comptant que sur les Parisiens n’est pas chose aisée. Le YCSL a décidé de prendre son destin à deux mains. Avec la volonté de fédérer les talents de la voile, et plus spécialement les surdoués du multicoque – le créateur du Flying Fantom, Alex Udin, est d’ici – le Yacht Club de Saint-Lu s’est réengagé sur le Tour de France à la Voile 2016 après une année « pour voir ». Les résultats n’avaient pas forcément été au rendez-vous : le principe était en effet de faire tourner les équipes, acte après acte.

L’objectif est plus ambitieux et il se matérialise par le fait qu’une équipe a été déterminée, qui courra toutes les courses, avec quelques rotations en interne. « Nous visons la première place du classement amateur, explique Hugo D’Hallenne. Notre atout, c’est que nous avons beaucoup navigué ensemble en avant saison et que l’équipage ne changera pas beaucoup entre Dunkerque et Nice. Mais il va falloir tenir le rythme pendant trois semaines ».

Ah, le Tour, ses villes étapes et ses journées de ralliement pas tout à fait des journées de repos. C’est pire encore quand, en marge des navigations, des briefings, du coaching, de la tambouille, du montage et du démontage du bateau, il faut encore faire tourner sa boutique. Entre Dieppe et Roscoff, Benoît Champanhac, le skipper de Saint-Lu (ou Seins-Lu si on se réfère au bras de liaison arrière du Diam 24) s’est arrêté à sa boutique, à Miniac, pour réparer le tracteur tondeuse d’un client. Car, oui, Benoît est motoculturiste  - c’est son bon mot.

Après un bon début de Tour, l’équipe de Saint-Lu a légèrement marqué le pas dans les vents mollissants du stade nautique de Dieppe et du raid côtier de Baden. Les voici 11e du classement général, et 3e sur 10 au classement amateur avec, pour lièvres, la pépinière de Team France Jeune, et pour cible directe Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan, le pendant, en un rien plus jeune, des leaders Quentin Delapierre et Matthieu Salomon.


« C’est vrai que les jeunes du Team France sont très bons, mais c’est leur métier », ajoute Benoît Champanhac. « Ils naviguent à longueur d’année avec des entraînements, des coachs, des analyses... et tant mieux d’ailleurs parce qu’ils représenteront sans doute un jour la voile française ! Mais l’objectif c’est quand même de les battre et c’est possible. Nous allons encore progresser. Le Tour est long et tout se joue sur la durée et la régularité. Si on ne fait pas d’erreur, ça va bien se passer ».

L’équipage de Natixis – YC Saint-Lunaire

Benoît Champanhac (skipper).
Palmarès : 11 podiums en 12 régates en 2015, dont la victoire sur la Transaquadra ; Vainqueur de l’Armen Race en Multi 50 avec Loïc Féquet (2013 et 2014) ; Vainqueur du Tour de Belle Ile et vainqueur du Grand Prix Guyader en Multi 50 avec Loïc Féquet (2012), de multiples victoires en F8 et F18.

Equipiers : Hugo D'Hallenne, Marin Jarry et Benjamin Gautier. 
Les équipiers du YCSL à terre : Nina Moulin, Corentin Rivé et Titouan Sessa. A tour de rôle, ces trois jeunes issus de l'école de sport ont participé aux régates d'avant saison. Ils constituent la majorité de l'équipe à terre durant le Tour.  

Baden, Acte 4 scène 2

Le 17 juillet 2016

Régates en stade nautique dès 11h

Dans son jardin, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan va probablement tout faire pour assurer à Quentin Delapierre, 24 ans aujourd’hui, le plus beau des anniversaires. Les manches seront courues au plus près de la côte, au sud de l’île aux Moines.

. Le programme

Manches de qualification, en deux groupes, à partir de 11 heures
Super Finale à 6 bateau à partir de 15h45

. La météo

Au menu du jour, tempête de soleil sur le golfe du Morbihan, sous un vent synoptique de 12 à 15 nœuds, qui pourrait tomber en fin d’après-midi, et qui ne sera probablement pas remplacé par le thermique. Des conditions suffisantes pour lancer les manches de qualification et assurer une Super Finale équitable. 

. Les invités du live

Yoann Richomme (Skipper Macif), tout frais vainqueur de la Solitaire Bompard le Figaro et Nicolas Lunven (Generali), vainqueur en 2009, animeront le live disponible sur facebook (Tour de France à la voile), sur le site tourvoile.fr et sur le village de la course.







ILS ONT DIT

Le 16 juillet 2016

Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda :
« Ce raid a été lunaire. On fait un raid magnifique, dans des conditions encore plus compliquées quand on fait la course en tête, ce qui a été notre cas. On a constamment buté dans la molle et, malgré ça, on a longtemps tenu en tête. Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan est au-dessus, on le sait, mais on ne va pas à la même vitesse, ils sont vraiment très forts.  On prend un très mauvais départ, mais on ne se désunit pas. Quand on entre dans le courant au début du golfe, on a un peu de réussite. Pour passer, il faut barrer d’une certaine manière, que je connais pour avoir souvent disputé la Catagolf. Puis on prend deux décisions qui nous permettent de remonter la flotte et de passer en tête avec Cardinal FenêtréA, puis on bute dans la molle. On parvient à préserver pendant longtemps notre avantage, mais le peloton revient avec plus de pression (de vent frais) et de vitesse. On se met en travers de leur route, mais ça ne suffit pas. Je crois aussi qu’on avait dépensé énormément d’énergie pour rester devant, et on termine moins bien ce raid. On vire trente mètres trop tôt, on attaque mal pour la deuxième place, et nous voilà troisièmes. On perd deux places à l’approche de la ligne. On aurait dû simplement s’occuper de notre course, mais on s’est précipité et on s’est retrouvé dans la zone de courant, pendant qu’ils passaient devant. C’est vraiment dur de rester devant Team Lorina, mais on a peut-être perdu un peu de sérénité sur la fin. Ce soir, je pense qu’on profitera à fond de notre 3e place mais, pour l’instant, c’est la déception qui prévaut. On réalise un joli coup au classement, avec la 11e place de Crédit Mutuel de Bretagne, ça fera partie des satisfactions du jour… ce soir ».  
 

Teva Plichart, skipper de Trésors de Tahiti :
«
C’était plus que fou ! On pensait que ça n’allait pas être navigable tant le vent était faible, ce fut juste très difficile. On a passé 10 minutes à faire des ronds dans l’eau, pris dans le courant, à ne pouvoir rien faire pour s’en sortir. Puis on a pris une risée et c’est reparti, et plutôt bien : on accroche le bon paquet, on fait des bons choix aussi. Pierre (Pennec) et Dimitri (Deruelle) ont passé leur journée à parler de la manière de sortir de ces pièges, je les ai laissés faire, en gérant seulement la vitesse. A un moment, on va loin chercher le vent frais, c’était audacieux mais ça nous a permis de recoller en 2e position. On a même pris, un court instant, la tête de la course, un peu avant l’arrivée et, au final, on bat tout le monde sauf Lorina Limonade. Ils sont tellement forts, ils naviguent tellement bien qu’on les a presque regardés nous battre avec admiration. Cette 2e place arrive à point nommé après quelques jours un peu désespérants, avec des manques de réussite, une ou deux pénalités et, hier, de la casse. C’était important pour notre moral de faire quelque chose de bien après tous ces coups sur la tête ».  
 
Quentin Delapierre, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« 
Je commence bien mal, avec une faute sur Crédit Mutuel de Bretagne et Trésors de Tahiti et on débute la course par une pénalité (un 360°). Matthieu et Quentin (Ponroy) n’ont pas lâché. La chance qu’on a eue, sur cette course, a été de bénéficier de cobayes en tête. Nous étions derrière et nous pouvions noter où ils s’empêtraient dans la molle ou le courant. Comme le vent s’est levé tard, nous avons bénéficié de vent frais et c’est pour nous que les portes s’ouvraient, tandis qu’ils restaient scotchés, à devoir chasser les risées. On navigue ici depuis toujours et je crois que notre connaissance de l’île aux Moines a été particulièrement précieuse le long de l’île, entre la Truie et la pointe. C’est à partir de là qu’on a commencé à faire des coups à l’endroit, et il faut absolument saluer Quentin Ponroy qui a fait une stratégie parfaite ! J’ai fait une reconnaissance ce matin, et j’ai pu remarquer que ce n’était pas très franc à certains endroits, notamment là où Crédit Mutuel de Bretagne a talonné. Pour être très honnête, c’est surprenant qu’on gagne aujourd’hui : Grandeur Nature Véranda a formidablement bien navigué, en tête, dans les pires conditions de la flotte et, le bateau n’a cédé la victoire que très, très tard. Pour moi, c’est l’équipe qui va aussi vite que nous, mais on avait manifestement un petit nuage qui ne nous a pas lâchés. Eux ont manqué de vent frais, c’est tout ce qui leur a manqué. Là, ça nous a souri, encore une fois. Il faut en profiter tant que ça dure… »  

 
Damien Iehl, barreur de Crédit Mutuel de Bretagne :
«
C’est une très mauvaise opération pour nous. Avec cette 11e place, nous voilà à 17 points de la course. Le Tour a beau être long, ça va devenir compliqué de gagner. Ça a été très difficile tout au long de la journée, on fait bien le boulot et on remonte aux alentours de la 7e place, puis, alors qu’on est à l’attaque, Oman Airports talonne et stoppe brutalement à la cardinale verte. On était juste derrière, on leur rentre dedans – forcément, on ne pouvait pas s’arrêter aussi vite qu’eux -, on prend une pénalité (360°) qu’on doit réaliser dans le courant. Dès lors, c’était cuit. Heureusement, le bateau va bien ».  

 

 

Et à la fin, c’est le Morbihan qui gagne

Le 16 juillet 2016

Lorina Limonade – Golfe du Morbihan vainqueur à Baden, sa 5e victoire

Revenu de nulle part, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan remporte le raid côtier de Baden en coiffant au poteau les grands animateurs de la course, Trésors de Tahiti, 2e, Grandeur Nature Véranda, 3e, et aussi Dynamique Homkia, Cheminées Poujoulat et Cardinal-FenêtréA. Un coup de maître pour les Morbihanais qui s’envolent au classement.

Port Blanc le 16 juillet 2016
Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
TOUR DE FRANCE A LA VOILE 2016
Port Blanc le 16 juillet 2016 Photo © Jean-Marie LIOT / ASO TOUR DE FRANCE A LA VOILE 2016 - JEAN MARIE LIOT / ASO

Dans le cocon de la baie de Kerdelan, petit bijou du golfe du Morbihan, il y aura ce soir plus de monde au bal des déçus qu’à la parade des prétendants. Quentin Delapierre, Matthieu Salomon et Quentin Ponroy ont, dans cette baie qui a vu naître à la navigation les deux co-skippers, assommé la concurrence. Comment ? En partant mal, en commettant une faute sur Crédit Mutuel de Bretagne et Trésors de Tahiti, en faisant un tour sur eux-mêmes en guise de pénalité, dans le vent mou du début d’après-midi, en ramant encore en 14e position à Penhap avant de grappiller une partie de leur retard entre Arz et l’île aux Moines, de grimper dans le Top 5 à la Truie Arradon, de passer deuxièmes au moment de mettre le clignotant à droite pour rejoindre la baie de Kerdelan… et d’asséner le coup de grâce à 300 mètres de l’arrivée. 
 
Lorina en terrain connu  
 
Il y avait bien un petit quelque chose du Tour de France, oui, à contempler la multiplicité des efforts des cinq échappés soufflés au poteau par le maillot jaune. Vainqueurs de la course à celui qui va le moins lentement, dans l’estival tout petit temps du golfe du Morbihan écrasé par ses premières chaleurs de l’été, Trésors de Tahiti, Grandeur Nature Véranda, Dynamique Homkia, Cheminées Poujoulat et Cardinal-FenêtréA ont réalisé une course magnifique, mais finalement peu récompensée. Il fallait du panache pour continuer à se battre à l’avant, dans la molle tandis que les poursuivants allaient forcément toucher de l’air frais avant eux, à l’arrivée du thermique de l’après-midi. Sur leur terrain de jeu, les Limonadiers auront bien exploité, au bon moment, leur connaissance parfaite du parcours. 
 
« On navigue ici depuis toujours et je crois que notre connaissance de l’île aux Moines a été particulièrement précieuse le long de l’île, entre la Truie et la pointe, raconte Quentin Delapierre. C’est à partir de là qu’on a commencé à faire des coups à l’endroit, et il faut absolument saluer Quentin Ponroy qui a fait une stratégie parfaite ! » La petite reconnaissance matinale a permis au co-skipper de Team Lorina limonade – Golfe du Morbihan de repérer que certains cailloux affleuraient encore le long de l’île aux Moines. Et c’est bien là, tandis que Crédit Mutuel de Bretagne heurtait Oman Airports, que les Limonadiers ont consacré leur remontée.  
 
Tahiti ravi, Crédit Mutuel de Bretagne encastré  
 
Un rien de lucidité en moins – assez logique après tant d’effort – et du vent moins frais dans les voiles condamneront Jean-Christophe Mourniac et les siens à lâcher prise à 300 mètres de l’arrivée devant les autres grands heureux du jour, Trésors de Tahiti, mené par Teva Plichart, Pierre Pennec et Dimitri Deruelle. « C’était plus que fou, raconte le skipper tahitien. On pensait que ça n’allait pas être navigable tant le vent était faible, ce fut juste très difficile. On a passé 10 minutes à faire des ronds dans l’eau, pris dans le courant, à ne pouvoir rien faire pour s’en sortir. Puis on a pris une risée et c’est reparti, et plutôt bien : on accroche le bon paquet, on fait des bons choix aussi. Cette 2e place arrive à point nommé après quelques jours un peu désespérants, avec des manques de réussite, une ou deux pénalités et, hier, de la casse. C’était important pour notre moral de faire quelque chose de bien ». Mention bien pour Bernard Stamm : Cheminées Poujoulat, qui a passé la journée en tête de course, prend une encourageante 5ème place.  
 
Parmi les grands déçus, Crédit Mutuel de Bretagne, 11e de cette étape après avoir bien remonté un retard à l’allumage. Nicolas Troussel et les siens gâchaient tout en s’encastrant dans Oman Airports by Oman Sail, qu’ils coursaient depuis un moment, lorsque les « Omanais » talonnaient brutalement au ras de la cardinale verte. Le temps de s’en dépêtrer et de réaliser la pénalité, la tête de flotte s’était échappée. Toujours deuxième du classement général, Crédit Mutuel de Bretagne termine 11e du jour et se retrouve, désormais, à 17 points des leaders, exactement à mi-course de ce Tour. Tous les espoirs de victoire ne sont pas perdus, mais certains espèrent secrètement que la limonade s’évente un peu…  

Baden, Acte 4 scène 1

Le 16 juillet 2016

Raid côtier à partir de 12h45

Grand soleil et petits airs, l’été est installé sur le golfe du Morbihan pour le raid côtier de Baden. Au menu, le mythique tour de l’île aux Moines.

Le parcours :
16 milles nautiques autour de l’île aux Moines, en passant par les côtes de l’île d’Arz avec, Baden pour lignes de départ et d’arrivée.

Le temps :
Petit vent d’est qui prendra de la droite avec la montée du thermique, pour finir en vent d’ouest légèrement plus soutenu. 27 degrés annoncés dans l’après-midi.

ILS ONT DIT

Quentin Delapierre, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« On va naviguer juste devant la Cata school, dans la baie de Kerdelan, là où on a appris à faire de la voile. C’est assez fort de revenir là en Diam24. Aujourd’hui, pour le raid côtier, on va faire le tour de l’île aux Moines, qui est le cadre d’une régate mythique le 15 août, avec une discipline reine : la plate en V (la gazelle). On l’a souvent courue, avec Matthieu (Salomon), mais cela ne veut pas dire qu’on sera intouchable. On ne va pas être déçu par le public : à Vannes, il n’y a que des voileux. L’équipe de Spindrift, qui a gagné l’an dernier, venait quasiment exclusivement du Golfe du Morbihan, qui est un vivier de la voile française. Même ce matin, à l’hôtel, les gens nous demandaient à quelle heure commençait la course. Ici, le Tour crée une ferveur particulière. La pression, on l’a depuis qu’on s’est fixé pour ambition de gagner le Tour, elle n’est pas plus forte ici. Nous avons des entraîneurs fantastiques qui nous ramènent au calme et qui nous aident à chasser les humeurs négatives ».

Matthieu Salomon, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Le Tour de l’île aux Moines est piégeux, il y a pas mal de courant, des vents et dévents autour des îles. Il faut être vigilant parce qu’il y a aussi des cailloux ».

Riwan Perron, co-skipper de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan  :  
"On ne vient pas exactement d’ici, mais on connaît la baie presque par cœur. On a fait le tour de l’île, nous aussi, en cata 18 pieds et on est très heureux d’y revenir en Diam 24. Ça va être une étape assez compliquée avec, à mon avis, pas mal de retournements de situations. Le temps s’y prête aussi : le vent d’est va tourner à droite avec la chaleur, avec le thermique qui va se lever, pour finir en ouest. Il faudra faire un bon mix entre vent et courant, qui est la spécialité locale : le courant du golfe est un des plus forts d’Europe
».

Pierre Le Clainche, équipier de Fondation FDJ – Des pieds et des mains :
« On s’était mis comme objectif de terminer dans les 10 premiers. Nos calendriers respectifs ont fait qu’on s’est très peu entraîné cette année et, du coup, c’est assez compliqué pour nous en ce début de Tour. On est sous notre objectif, on a des soucis de vitesse à régler, mais Baden arrive à point nommé : il n’y a que des locaux à bord. On va jouer la victoire d’étape : c’est maintenant ou jamais ! »

Damien Seguin, skipper de Fondation FDJ – Des pieds et des mains :
«  C’est un tour qui débute de manière spéciale pour nous : l’équipe n’était pas au complet puisque j’ai rallié le groupe à Roscoff seulement. C’est compliqué en termes de résultats, mais on va redresser la barre, on sait qu’on a les qualités pour le faire. Il faut aborder l’avenir de manière positive, qui est notre attitude générale. Le bateau FDJ est un projet global, avec un programme de jeunes espoirs en situation de handicap à qui on fait découvrir le trimaran tout au long de l’année. Le but est d’élever leur niveau sur le trimaran dans l’espérance de leur faire intégrer l’équipe Diam 24 l’an prochain. Ange, qui vient de Nouvelle-Calédonie et Matthieu, qui est Golfe du Morbihan, ont 17 et 18 ans et ils ne naviguent pas qu’en paralympique. Quant à moi, je savais que j’avais un gros calendrier à tenir et je suis ravi de revenir sur le Tour qui m’avait beaucoup plu l’an dernier. Il faut que je gère la fatigue de mes courses d’avant saison, le Tour et les Jeux paralympiques à venir. Puis j’ai eu un petit souci hier : en démontant le bateau, j’ai pris le mât sur la tête. J’ai une petite entorse des cervicales, mais ça va aller mieux rapidement ».

Crédit Mutuel de Bretagne récidive

Le 15 juillet 2016

Deuxième victoire consécutive à Roscoff

Déjà victorieuse du raid côtier de Roscoff, hier, l’équipe skippée par Nicolas Troussel a remporté le stade nautique, ce vendredi, devant les deux bateaux de Team Lorina – Golfe du Morbihan. Crédit Mutuel de Bretagne compte encore six points de retard sur les leaders.

Tour de France Voile 2016, Roscoff le 15 Juillet 2016, Stade nautique, Photo © Jean-Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Roscoff le 15 Juillet 2016, Stade nautique, Photo © Jean-Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO

La troisième fut la bonne. Pour la première fois depuis Dunkerque, la Super Finale s’est disputée entre les six meilleurs équipages du jour. A Dieppe comme à Dunkerque, des égalités de points avaient propulsé sept bateaux sur la ligne de départ de la manche ultime de ces journées de stade nautique. Une fois la ligne d’arrivée mouillée à l’entrée du port de plaisance de Bloscon, dans un vent d’une douzaine de nœuds qui venait de nord ouest, le spectacle pouvait commencer.

Des airs de match racing

Avec Damien Ielh à la barre, Fred Guilmin aux réglages et Mathieu Richard en tacticien, l’équipage de Crédit Mutuel de Bretagne prend le meilleur départ, dans des conditions qui ne lui sont pas étrangères.
« Je crois que les conditions nous ont servi, soutient Damien Iehl : elles ressemblent à ce qu’on a l’habitude de rencontrer en match race, où on navigue aussi très près des côtes ». Sous gennaker, tandis que Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan tentait le pari de partir sous foc, CMB creusait très rapidement un écart conséquent. « Quand Damien Iehl te fait prendre un si bon départ, c’est plus facile ensuite de placer tes empannages à l’endroit que tu as choisi, au moment que tu as choisi, sourit Fred Guilmin. Le vent de terre était instable et il a fallu chasser les risées. C’est Mathieu Richard qui s’y est collé, en plus du reste, et il les a détectées de façon magistrale ! »

Team Lorina Mojito sur le podium du jour

Avec une confortable avance, les Bretons du nord s’imposent devant les deux équipages de Bretons du golfe du Morbihan. Neuvièmes du classement général, Solune Robert, Gaulthier Germain et Achille Nebout ont pris la troisième place du stade nautique du jour. De bon augure dans la course à la victoire du classement jeunes  et amateurs by FInagaz, pour l’heure dominée par Team France Jeune et Natixis – Yacht Club de Saint-Lunaire.

Au classement général, et à la veille du raid côtier de Baden, dans le golfe du Morbihan qui leur est cher, les Limonadiers conservent six points d’avance sur Crédit Mutuel de Bretagne et 28 sur Grandeur Nature Véranda qui, en se qualifiant pour la Super Finale (6e), arrache à Team Coved la 3e place du podium.

Les équipages du Tour de France à la Voile solidaires des Niçois

Stupeur et compassion, ce vendredi matin dans le village du Tour de France à la Voile, quelques heures après la nuit insensée qui a frappé Nice. Une profonde minute de silence a été respectée sur les pontons du port de Bloscon. Directeur du Tour de France à la Voile, Jean-Baptiste Durier a fait part « de toute notre affection à Nice et ses habitants, aux victimes et à leurs proches. Le Tour de France à la Voile, le Tour de France et Amaury Sport Organisation sont très proches de la ville de Nice, avec qui s’est construite une histoire d’amitié au fil des événements qui y ont été organisés ».

ILS ONT DIT

Le 15 juillet 2016

Fred Guilmin, Crédit Mutuel de Bretagne :
« Que ce fut intense ! Ah, ça nous a rappelé nos belles heures de match racing, où nous vivions la même tension. On est chez nous, dans cette Bretagne nord, et il était important de marquer notre territoire. Les petits jeunes avaient huit points d’avance avant d’arriver à Roscoff, ils ne leur en reste plus que six, c’est important pour nous de répondre du tac au tac. Nous avons rencontré des conditions particulières, car le vent est rentré tard et il venait de terre. Cela signifie qu’il était instable et qu’il fallait donc chasser les risées. C’est Mathieu Richard qui s’y est collé, en plus du reste, et il les a détectées de façon magistrale ! Et puis on a bien géré cette journée de stade nautique : il n’est pas nécessaire de chercher à tout à gagner, mais de passer le cut pour accéder à la Super Finale. On a fait ce qu’il fallait pour se qualifier tout en gardant de l’influx pour le match décisif. Parfois, on gagne sans parvenir à tout expliquer. Je pense qu’il y avait un petit quelque chose de facile aujourd’hui, peut-être parce qu’on avait vraiment très envie de gagner. Et puis, quand Damien Iehl te fait prendre un si bon départ, c’est plus facile ensuite de placer tes empannages à l’endroit que tu as choisi, au moment que tu as choisi ».

Damien Iehl, barreur de Crédit Mutuel de Bretagne :
« On a bien débuté la journée avant de connaître un petit souci de gennaker, qui s’est heureusement résolu bien vite. Je n’ai pas pris que des bons départs, mais ça a été parfait en revanche sur la Super finale. Je crois que les conditions nous ont servi : elles ressemblent à ce qu’on a l’habitude de rencontrer en match race, où on navigue aussi très près des côtes. La bonne nouvelle, c’est que Fred était à bord à la place de Nicolas (Troussel). Du coup, tout le monde a gagné sa course et, ça, c’est bon pour le moral. 0n a repris deux points au leader, il ne nous en reste que six de retard et c’est bon pour le Tour et pour le spectacle. Et puis c’est bon pour nous parce que, il faut bien l’avouer, on aime gagner… Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan régate vraiment bien et, quand l’équipage ne gagne pas, il termine deuxième. Rien n’est joué et on sait parfaitement que la route est longue jusqu'à la dernière course. Pour gommer nos points de retard, les raids côtiers ne seront pas forcément la meilleure des solutions : plus on va avancer dans le Tour Voile, plus les équipages qui ont peu navigué avant juillet vont progresser, pour se mêler à la lutte. Ça sera vrai aussi en stade nautique, où on devra rester agressif sans faire (trop) de fautes ».

Quentin Delapierre, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Bravo à Crédit Mutuel de Bretagne qui fait une superbe étape à Roscoff. Sur la grande finale, aujourd’hui, ils prennent une meilleure option en choix de voile en déroulant le gennaker au départ, c’était plus risqué, mais ça a payé. Tant pis pour nous. A Baden on va être chaud, c’est chez nous ! C’est le Golfe qui nous a formés, Matthieu et moi, et ça va faire plaisir de courir dans la baie de la Cata School ».

Solune Robert, barreur de Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan :
« On est super content de notre troisième place. Jusqu’à présent, on avait réussi à être assez régulier entre le 5e et la 10e place. On s’est arraché pour se qualifier en super finale, en gagnant la dernière manche de qualification. Ensuite, on fait une belle super finale, où il y avait un niveau très élevé et beaucoup d’intensité. Le bateau n’allait pas très vite, car il était réglé pour du petit temps. On a eu du mal sur les bords de près, mais on a réussi à tenir et à avoir un peu de réussite pour décrocher cette troisième place. Notre objectif sur ce Tour est la victoire au classement amateur, mais on a tardé à être dans le coup à cause d’une petite bêtise sur le raid côtier de Dunkerque, où on enroule mal une bouée. On est disqualifié alors qu’on était 5e. On a encore pas mal de points de retard sur nos petits amis Natixis et Team France Jeune qui sont très bons aussi, mais il reste de la route ».

Roscoff, Acte 3 scène 2

Le 15 juillet 2016

Stade nautique dans le petit temps

Après le raid côtier remporté hier par Crédit Mutuel de Bretagne, place au stade nautique. Face à la jetée du port de Bloscon, les Diam 24 disputent les qualifications à partir de 11h30, la manche de la Super finale étant prévue à 15H45.

Stupeur et compassion, ce matin, dans le village du Tour de France à la Voile. La caravane du Tour a débuté la journée par une profonde minute de silence. Directeur du Tour de France à la Voile, Jean-Baptiste Durier a fait part « de toute notre affection à Nice et ses habitants, aux victimes et à leurs proches. Le Tour de France à la Voile, le Tour de France et Amaury Sport Organisation sont très proches de la ville de Nice, avec qui s’est construite une histoire d’amitié au fil des événements qui y ont été organisés ».

Le programme du jour
Manches de qualifications : les deux groupes, bleu et jaune, s’élanceront à la conquête des six premières places à partir de 11h30. Avec les deux bateaux de Team Lorina, Team Coved, Oman Airports by Oman Sail et Trésor de Tahiti notamment, le groupe bleu sera particulièrement relevé.

Super Finale : les six meilleurs (et ex æquo) courront une seule manche, qui déterminera les places de 1 à 6 du jour.

La météo
Beau temps, vent faible de 5 à 8 nœuds de sud-ouest le matin, puis une brise de nord-ouest montera dans l’après-midi, qui poussera jusqu’à 12-18 nœuds en fin de journée. Mer plate. 

ILS ONT DIT

Le 14 juillet 2016

Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel de Bretagne : « On est ravi de gagner notre première course, et je suis ravi que ça se passe chez moi, dans cette baie de Morlaix qui est si belle ! C’est une bonne chose de faite pour notre partenaire, pour l’équipe : le travail qu’on fait depuis un bon moment a fini par payer. On avait encore très bien préparé le coup sur la lecture des cailloux, pour aider Matthieu Richard, qui est notre tacticien, à tracer la bonne route. Est-ce que ça peut déclencher quelque chose ? On verra bien d’ici la fin du Tour ! Ce qui est sûr, c’est qu’on est régulier dans le top du classement et c’est bien le plus important. Les erreurs coûtent bien cher, certains de nos principaux adversaires l’ont malheureusement pour eux expérimenté à leurs dépens aujourd’hui.

Mathieu Richard, tacticien de Crédit Mutuel de Bretagne :
« On a bien navigué, je crois, aujourd’hui. On prend un bon départ, on sent qu’on va vite, et on a bien navigué dans les cailloux. La stratégie était la bonne également. C’est super agréable de tout bien faire et de terminer avec une confortable avance (2’11). On part dans le groupe de tête dès le début, mais pas vraiment en tête. On a trouvé une belle vitesse sur le long bord de portant qui nous envoyait vers Carantec, sous gennaker. On joue des coudes et, au relof pour partir au près, on vire en tête. On est content encore de la vitesse qu’on a eu à cette allure dans ce vent petit médian. Ce n’est pas une surprise dans ces conditions, comme dans le vent plus fort : on est placé à chaque manche et dans chaque course depuis le début ».

Quentin Delapierre, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« On est super content de notre deuxième place ! Ça se joue à pas grand-chose, notamment à hauteur de la bouée de dégagement. Cardinal – FenêtréA devant nous, un tout petit peu décalé, et on passe en 7e ou 8e position. Puis on perd encore 3 ou 4 places, on a du mal à sortir du paquet, mais on sort 3e à la deuxième bouée, parce qu’on est vraiment bien en vitesse. Au fil du parcours, on a réussi à grignoter notre retard pour venir prendre la deuxième place. Gagner n’était pas vraiment possible aujourd’hui, du fait de notre démarrage un peu difficile, et puis Crédit Mutuel de Bretagne, qui avait pris la tête bien avant, avait tout le champ pour faire sa vitesse. Une fois encore, on peut se réjouir de la cohésion du groupe : Kévin (Péponnet) a eu une journée difficile, à surveiller tous les cailloux. Oui, c’était chaud, notamment dans la sortie du chenal entre le continent et l’île de Batz, ou au château du Taureau, mais on est passé sans dommage technique, c’est une bonne chose de faite ».


Matthieu Souben, skipper de Cardinal – FenêtréA :

« On ne part pas si bien que ça, mais on se met rapidement aux avant-postes. On avait bien préparé la navigation, qui n’était pas simple avec les cailloux de l’île de Batz, mais on a pu faire ce qu’on voulait y faire, ce qui nous a permis de mener pendant un long moment. Heureusement qu’il fallait faire un bord tout droit à Batz, d’ailleurs… C’est sur le tour du château de Taureau qu’on a réalisé qu’on manque d’entraînement : il y a un mois, on ne savait pas qu’on allait le Tour de France. Du coup, on manque de repères à certaines allures et, dans les dévents, on l’a senti. Au château, il fallait absolument aller jouer avec les cailloux pour éviter le gros du courant et Didier le Vourc’h, qui a déjà beaucoup à faire à l’avant avec son épaule qui souffre, a gardé la tête au ras de l’eau pour nous guider. Mais on a réussi à monter dans les wagons de tête et on a tenu le tempo jusqu’à l’arrivée, pour une cinquième place qui nous ravit ! »

Benoît Champanhac, skipper de Natixis YC de Saint-Lunaire :
« C’est passé à la côte après le départ. On était bien placé et on est allé virer la bouée de Batz en deuxième position derrière Cardinal FenêtréA. En ressortant du chenal, on est passé au large, mais ce n’était pas vraiment payant. Les grandes équipes pro qui ont été plus rapides que nous et qui nous ont doublés. On est super content d’avoir bataillé jusqu’à la fin avec Team Coved. Je pense qu’on est à notre place, et c’est satisfaisant d’entrer dans le top 5 du classement général en reprenant la tête du classement Amateurs ».

Aurélien Ducroz, skipper de Team Coved :
« Ça a été une magnifique journée, c’est la première fois cette année que nous terminons sur le podium. On se sent beaucoup plus à l’aise avec le bateau. On arrive à trouver les bonnes vitesses, notamment au près. Il y a encore quelques petites choses à faire au portant, mais on est content. Nous visons le top 5 du classement et, ce soir, nous prenons la troisième place. On est bien dans le jeu ! ».

Stevie Morrison, skipper de Oman Airports by Oman Sail :
« Journée un peu difficile pour nous aujourd’hui. Nous avons pris une bonne option à la côte à un moment et nous sommes revenus à la 5e ou 6e place, ce qui n’était pas mal, compte tenu de notre départ. Ensuite, le vent est revenu de l’île et nous n’étions pas du bon côté. La côte est vraiment magnifique, ici ! Normalement, Thierry est avec nous sur les côtiers parce que son anglais est un peu meilleur que celui de Pierre, mais il s’est blessé au dos lors du raid côtier de Dieppe. Il lui faudra quelques séances de kinésithérapie avant qu’il puisse revenir à bord avec nous. C’est frustrant, mais c’est la vie (en français !) ».

Troussel en son jardin

Le 14 juillet 2016

Crédit Mutuel de Bretagne remporte le raid côtier de Roscoff

Crédit Mutuel de Bretagne a signé sa première victoire sur le tour, jeudi, en remportant le raid côtier de Roscoff. Le trio de Nicolas Troussel efface un point de son retard au classement sur le leader, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan qui, quand il ne joue pas gagnant, joue donc placé. Excellente troisième place pour Team Coved et non moins superbe quatrième place pour les amateurs de Natixis YC de Saint-Lunaire.

Avoir tiré des bords en baie de Morlaix toute son enfance, franchement ça aide. Sur ce parcours de 23 milles nautiques qui a mené la flotte du port de Bloscon à Carantec en passant par le chenal de l’île de Batz et le château du Taureau, il fallait bien connaître les cailloux pour s’arracher des courants sans se griffer les coques sur ces morceaux de Bretagne qui affleurent et qui ont de tout temps envoyé quelques unités par le fond. Dunkerque Voile, qui a talonné à Batz avant de renoncer, peut en témoigner.

Habitué aux lieux depuis ses années Optimist, Nicolas Troussel a ouvert la route à la flotte. Oh, pas tout le temps car, dans le gruppetto de tête, le skipper de Crédit Mutuel de Bretagne, accompagné des deux as des as Damien Ielh à la barre et Matthieu Richard à la tactique, a dû attendre de faire route au portant vers Carantec pour tenter une bordure - dans un vent quand même pas très nerveux. Tout en vitesse, CMB grignotera alors le peu de retard qu’il lui restait, avant de lofer en tête à la Pierre Noire, à l’entrée du chenal de Carantec, puis d’enrouler le château du Taureau, pour attaquer le bord de près après avoir creusé un écart encourageant.

Pas de champagne pour les limonadiers

« On est content encore de la vitesse qu’on a eue à cette allure dans ce vent petit médian, sourit Mathieu Richard, le tacticien du bord. Ce n’est pas une surprise dans ces conditions de petit médian, comme dans le vent plus fort : on est placé à chaque manche et dans chaque course depuis le début. » Commencera alors la remontée au près sur laquelle Crédit Mutuel de Bretagne et les siens s’assureront 2’11 d’avance sur le deuxième à l’arrivée.

C’est tout sauf une surprise : Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan ne gagnera pas toutes les courses de ce Tour de France à la Voile. Pas très bien partis, les Vannetais ont passé la journée à écoper, minute après minute, un retard qui se serait révélé incommensurable si les Morbihanais n’avaient pas prouvé qu’ils avancent comme la patrouille de France. Les limonadiers perdent, certes, le monopole qu’ils exerçaient sur la victoire depuis le début du Tour, mais ils ne concèdent qu’un point à leur dauphin, dont le retard n’est « plus » que de sept points.

Le show des montagnards et de Saint-Lu’

Longtemps Natixis Yacht Club de Saint-Lunaire, Team Coved et Cardinal FenêtréA ont animé la tête de la course. En tête à l’abord de la bouée de Pierre Noire avant de se faire « déposer » par un Nicolas Troussel maître en son jardin, les trois rivaux ont signé une course formidable, finalement remportée par Aurélien Ducroz, Laurent Allais Voiron et Olivier Backès, troisièmes devant les amateurs de Saint-Lu’ menés par Benoît Champanhac.

Tous n’auront pas eu la chance de jouer devant. Privé de Thierry Douillard, touché au dos, Oman Airports a terminé 14e de ce raid, et rétrograde à la 8e place du général. Le coup est dur aussi pour Grandeur Nature Véranda. Sans la science de Jean-Christophe Mourniac resté à terre, le trio ne s’est jamais totalement remis d’une traversée du chenal de Batz hasardeuse et termine 12e du raid côtier après avoir même été pointé en 23e position à Carantec. Grandeur Nature Véranda quitte la troisième marche du podium, chassé par Aurélien Ducroz qui, en bon montagnard, aura été particulièrement à l’aise dans l’ascension du mont vent doux.

 

Roscoff, Acte 3 scène 1

Le 14 juillet 2016

Raid côtier dès 12h45

Après une journée de transfert depuis Dieppe, la caravane du Tour de France fait halte à Roscoff, pour deux jours. En ce 14 juillet, place au raid côtier, 23 milles en baie de Morlaix.

Le parcours :
La flotte de Diam 24 va dessiner un joli croissant de lune en baie de Morlaix depuis le port de Bloscon, où se situe la ligne de départ. Au menu, 23 milles avec sur la route le chenal de l’île de Batz, le château du Taureau et un clin d’œil au Trégor, si cher à Nicolas Troussel, le skipper de Crédit Mutuel de Bretagne.

La météo :
Grand soleil, vent de nord nord est à 10 nœuds, faiblissant dans l’après-midi.


Ils ont dit :

Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel de Bretagne :
« Il va falloir bien faire attention aux courants et aux cailloux mais, vu la météo, ça va être une superbe journée. Nous sommes prêts à affronter une journée semée d’embûches. Il faudra être très bon dès le départ : ce n’est pas parce que je suis d’ici que ça va forcément bien se passer. Il y a des souvenirs qui reviennent, mais il faut que je reste dans la compétition : une victoire ici nous ferait du bien.
Jusqu’à présent, on n’a pas perdu trop de points, et c’est une très bonne chose. Nous allons courir dans un peu moins de vent que ces derniers jours et, à conditions différentes, événements différents. Team Lorina – Golfe du Morbihan a dominé les débats, et je crois que nous sommes aussi à l’aise qu’eux dans ce petits temps. Nous avons eu le temps de faire un débrief des deux premiers jours et, entre nous, nous avons réfléchi à pas mal de solutions pour les prochaines journées avec de l’air ».

Aymeric Dary, skipper de Dynamique Homkia :
« Je suis très content de retrouver mon équipe ! J’ai jusqu’à présent tout vécu de loin, l’œil sur la cartographie, en me demandant pourquoi ils viraient ici ou là. Mais je sais bien que la réalité du terrain impose les choix. Tout ça me donne encore plus envie de me donner, alors qu’on traverse une période un peu difficile : sur une manche de stade nautique, notre tacticien Julien Lebrun s’est fracturé une omoplate. Sur un planté, il est parti vers l’avant et a heurté le mât. Il a terminé le stade nautique courageusement en se demandant pourquoi il avait si mal. La radio a révélé sa blessure. Ça nous fait mal au cœur. »

Jean-Luc Prat, vice-Président de la CCI de Morlaix :
« La démarche de la CCI de Morlaix, c’est d’accueillir dans le port de Bloscon une très belle course à la voile. J’en profite pour féliciter ASO qui organise tous les ans un événement parfait en termes d’organisation, et on en accueille, des événements. C’est un véritable plaisir que d’accueillir le Tour dans ce port neuf, mais qui a déjà une belle histoire. La CCI aime avoir des ambassadeurs de ce rang au cœur d’un weekend très chargé puisque, entre les Vieilles Charrues et Brest 2016, l’actualité est particulièrement chargée. Mais le sport, c’est à Bloscon que ça se passe, et nulle part ailleurs. Tout le wekeend, il y aura du monde sur l’eau et sur la côte pour admirer les marins ».  





Les trois léopards

Le 13 juillet 2016

Journée de transition ce mercredi entre Dieppe et Roscoff

Les 24 équipages de Diam 24 ont mis le cap sur la Bretagne avant l’aube pour la plupart, histoire d’être prêts à courir le raid côtier autour de l’île de Batz jeudi, dès 12h45. Parmi eux, trois bateaux sont frappés des léopards normands et des couleurs de Normandy Elite Team.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 12 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 12 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Depuis les années 90, la Normandie a commencé à organiser son activité nautique par le biais de la création de la Ligue de Voile, avec pour ambition de favoriser la formation des jeunes navigants âgés de la vingtaine. Le temps structurel allant moins vite que l’évolution des jeunes pousses, un certain nombre de talents véliques a renoncé à entrer en carrière sportive, préférant les études (allez savoir pourquoi), quand d’autres ont préféré changer de ligue pour armer de moyens leurs ambitions. Cédric Château explique ainsi l’ambition de son Normandy Elite Team : « On essaie de mettre du ciment sur la formation plutôt que de se focaliser sur l’élite, ce qui est toujours plus facile. En 2013,  on a monté une équipe apte à accompagner les jeunes dans leur bascule entre le monde amateur et le monde professionnel. C’est là que se cache le plus gros besoin d’assistance ». C’est vrai en voile comme dans la majorité des sports individuels.


Normandy Elite Team s’est donc fixé l’objectif de rassembler les meilleurs navigateurs normands de la course au large, de match racers et de prétendants olympiques. « Le projet Tour de France à la Voile est, pour nous, l’occasion de faire le trait d’union entre nos différents marins. On les rassemble sur les trois Diam 24, on favorise les échanges entre disciplines pour que chacun se nourrisse du savoir-faire de l’autre ».


Les trois léopards

Normandy Elite Team, financé par des fonds publics et privés via son club de partenaires, intervient en soutien logistique et financier des jeunes talents normands de la course au large, du match racing et de l’olympisme. « Nous avons trouvé des partenaires qui ont envie de défendre les couleurs de la Normandie. Nous avons, jusqu’ à présent, travaillé sur des soutiens hauts-normands, mais la réunification des deux Normandie va aussi nous permettre de passer un cap ».

Trois Diam 24 portent donc dans la grand-voile les « treis cats », les trois léopards normands. Ou lions, tout dépend du temps historique auquel on se réfère. Peu importe finalement puisque le Tour est un merveilleux prétexte à l’union des compétences.  A bord d’EMCC by Normandy Elite Team, les match racers côtoient le large, représenté par Alexis Loison ou Sophie Faguet. Chez Helvetia Blue by Normandy Elite Team, ce sont les équipages olympiques qui s’éclatent sur de nouveaux jouets : Guillaume Pirouelle et Valentin Sipan, champions du monde jeunes de 470 sont les remplaçants de Sofian Bouvet et Jérémie Mion – un autre Normand aidé par NET.

« On a aussi l’équipage Helvetia Purple by Normandy Elite Team, qui est très important pour nous, assure Cédric Château. Le développement de la voile féminine nous tient à cœur. A bord, il y a des filles de Match in Pink, une équipe de match racing qui brille au haut niveau mondial. Elles partagent leur savoir-faire de navigantes avec des filles de l’olympisme ». 

« Les filles sont très importantes pour nous »

Depuis sa création, Normandy Elite Team, présidé par Paul Adam et dirigé par Francis Le Goff,  a soutenu du monde, à commencer par Charlie Dalin en 2013, année où il a terminé à la 3e place de la Solitaire du Figaro, juste avant d’être sélectionné par le programme Skipper Macif. Alexis Loison, Sophie Faguet, Claire Pruvot chez les coureurs du large, Jérémie Mion, Charles Hainneville et les match racers de Match in Pink, Paprec Espoir (avec Victor Migraine) ou Maxime Mesnil trouvent dans l’équipe un certain nombre de ces soutiens si précieux au moment de quitter le monde merveilleux de la voile amateur pour l’univers impitoyable de la professionnalisation.

Bon, et les résultats ? Pour l’heure, les équipages de Normandy Elite Team n’ont su trop se faire remarquer sur les raids côtiers de Dunkerque et Dieppe. Ils ont en revanche été bien plus inspirés par le stade nautique : les Helvetia Blue ont accédé à la Super finale de Dunkerque, et EMCC en a fait autant à Dieppe. Au classement général, les premiers sont 12e, EMCC by Normandy Elite Team est 17e, et les filles sont 23e sur 24. Purple traîne ? Oui, mais on fait le pari que ça va vite changer.

Demain, les trois équipages Normandy Elite Team se présenteront comme leurs 21 adversaires sur la ligne de départ du troisième Raid Côtier de ce Tour de France à la Voile, à Roscoff avant de disputer vendredi le stade nautique au pied du château du Taureau.


Les équipages :

Helvetia Blue by Normandy Elite Team 
- Skippers : Victor Migraine et Guillaume Pirouelle ; équipiers : Mathieu Corruble, Pierre Michel, Sébastien Riot, Valentin Sipan 

Helvetia Purple by Normandy Elite Team - Skippers : Pauline Courtois et Jennifer Poret ; équipiers : Claire Berthoux, Noémie Bessec, Juliette Le Friec, Lucie Scheiwiller.

EMCC by Normandy Elite Team – Skippers : Alexis Loison et Cédric Château ; équipiers : Benjamin Bon, Cédric Château, Baptiste Choquenet, Sophie Faguet, Yves-Marie Pilon.



Acte 3 : Roscoff

Le 13 juillet 2016

Journée de transfert pour les 24 équipages

Après les deux premiers Actes à Dunkerque et Dieppe, c’est Roscoff qui se prépare à accueillir le Tour de France à la Voile. Les bateaux sont en transfert aujourd’hui pour rejoindre le port du Bloscon.

L’année dernière, la flotte avait régaté autour de l’île de Batz pour un raid exceptionnel qui compte parmi les plus beaux souvenirs du Tour de France à la Voile 2015. Dès demain, les Diam 24 vont retrouver ce superbe plan d’eau pour un nouveau raid côtier avant les régates de stade nautique vendredi. 

Le village sera également ouvert pour accueillir le public breton avec de nombreuses animations dont l’émission Live quotidienne entre 15h30 et 16h30.

La tournée des patrons

Le 12 juillet 2016

4 sur 4 pour les Vannetais

Incroyables Vannetais de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, qui réalisent le Grand Chelem en remportant non seulement leur quatrième victoire en autant de courses sur ce Tour de France à la Voile, mais aussi toutes les manches en stade nautique ce mardi à Dieppe, qualifications comme Super Finale. Les autres bonnes opérations du jour sont à l’actif de Grandeur Nature Véranda, qui grimpe sur le podium du classement général après deux Actes (3e), et de Team France Jeune, leader du classement amateur, et 4e du général.
 

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 12 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 12 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Problème de maths. En deux journées de stade nautique, à Dunkerque dimanche puis à Dieppe ce mardi, 24 manches de qualification ont été courues par une flotte scindée en deux groupes de 12. Sur ces 24 manches, 10 ont été remportées par Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, qui a également survolé les deux Super Finales auxquelles, deux fois consécutivement, 7 bateaux ont participé au lieu de 6. Question : est le pourcentage de victoires des Vannetais, sachant qu’ils ont en outre remporté les deux raids côtiers ? Vous avez la journée de transfert, ce mercredi, pour y répondre - l’âge du (des) capitaine(s) est déjà connu, ne vous fatiguez pas : 23 ans pour Quentin Delapierre et 24 pour Mathieu Salomon.

Les statistiques affichées par les équipiers du Golfe du Morbihan sont sidérantes, presque autant que la qualité des prestations qu’ils donnent sur l’eau dans des vents toujours soutenus. Contrairement à Dunkerque, où ils avaient manqué quelques départs avant de revenir comme des balles sur la tête de la course, les Vannetais ont touché à la perfection ce mardi. « C’est une incroyable journée, s’extasie Kevin Péponnet, le régleur du trio. On a pris manche après manche, en soignant les départs et, quand on partait moyennement, on avait encore la hargne pour revenir. Je crois qu’on avait envie de marquer notre territoire. La confiance appelle la confiance et, manche après manche, on se sentait plus sûr de notre force. Quentin (Delapierre) a pris un magnifique départ sur la Super Finale et, ensuite, on n’avait plus qu’à travailler la vitesse et les manœuvres, sur un bateau préparé aux petits oignons ».

Grandeur Nature Véranda monte en puissance

La résistance est là, pourtant, et bien là. Car, quand Crédit Mutuel de Bretagne ne prend « que » la 4e place et qu’Oman est contraint à l’abandon après un bris de safran, c’est Grandeur Nature Véranda, sur le podium l’an dernier à Nice, qui prend le relais et donne la réplique aux gamins. « Je suis ravi d’avoir disputé la Super Finale, dont on a été privé à Dunkerque, se délecte Jean-Christophe Mourniac, le skipper. C’est d’autant plus encourageant qu’on a pris un « drapeau noir » (une disqualification pour départ anticipé) dès la troisième manche. Est-ce que cela nous a énervés ? Au contraire, on a fait l’effort de rester concentrés sur l’objectif et de rester précis sur nos manœuvres. Je pense que l’expérience du Tour nous a aidés aussi à maîtriser l’ambiance ». Bingo : tandis que les Vannetais avaient survolé le groupe jaune, les Mourniac père, fils et camarade de jeux (Pierre-Yves Durand) ont éreinté la concurrence dans le groupe bleu en remportant quatre manches de qualifications, avant de signer une très belle 2e place en Super Finale.

Team France Jeune, qui s’est entraîné tout l’hiver avec les deux bateaux de Team Lorina, peine encore à répondre au tempo. Troisièmes de la Super Finale, les jeunes pousses du défi de Franck Cammas ont repris à Natixis – Défi Yacht Club de Saint-Lunaire la place de leader du classement amateur, et occupent la 5e place du classement général, juste derrière Team Coved. 

ILS ONT DIT

Le 12 juillet 2016

Kevin Péponnet, régleur de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Ça ne se voit pas, mais la journée a été éprouvante, dans le vent. On est rincé, mais la préparation physique qu’on a effectuée cet hiver nous permet de garder toute notre lucidité, même dans le dur. On tire sans doute notre force du moment au fait que c’est quasiment le même équipage que l’an dernier, et nous sommes un des rares groupes à avoir su rester ensemble : d’une année sur l’autre, les équipages fusionnent pour en constituer de nouveau. Et, si on ajoute à ça le fait qu’on a passé l’hiver à se préparer et qu’on a tout couru ensemble au printemps, on n’a même plus besoin de se parler pour envoyer une manœuvre, un simple geste suffit. Le vrai apport dans le groupe, qui est majoritairement constitué de marins de l’olympisme et qui est rôdé aux exercices des bouées, c’est Quentin Ponroy qui nous apporte un vrai plus sur les raids. Est-ce qu’on va continuer comme ça ? On a l’exemple de Groupama l’an dernier pour nous rappeler à la prudence : en Méditerranée, tout peut arriver, même perdre 20 points sur un seul raid. Alors on essaie d’augmenter l’épaisseur de notre matelas. »

Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda :
« L’équipage, avec Tim (Mourniac, son fils) et Pierre-Yves Durand a passé un cap au fil des manches, aujourd’hui. Ça commence à rentrer. L’autre bonne nouvelle est que, dans cette journée très exigeante physiquement, on est à l’aise. Mon cas me surprend très agréablement. L’autre projet que je mène, un projet en D35 qui est piloté presque comme un projet Coupe de l’America, me permet de travailler avec un préparateur physique extraordinaire, qui m’a notamment bien fait travailler la diététique. Et, bizarrement, j’ai la forme toute la journée ! Tim, lui, est en formation constante au Pôle France et Pierre-Yves travaille de son côté. C’est aussi une avancée importante par rapport à l’an dernier ».

Jules Bidegaray, régleur de Team France Jeune :
« On a pour objectif de courir toutes les Super Finales en stade nautique et, pour l’instant, on est dans notre tableau de marche. C’est bien. On fait mieux à Dieppe qu’à Dunkerque, puisqu’on n’a pas connu de souci technique cette fois-ci. Pour y parvenir, nous n’avons pas pris de risques lors des qualifications, nous voulions assurer notre place en finale, où nous terminons troisièmes, ce qui n’est pas si mal. Nos partenaires d’entraînement (Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan) vont vite, oui. On les accrochait en début de saison, on était parfois mieux, mais ils sont pour l’instant intouchables en ce début de Tour. Mais, même si on semble avoir un petit déficit au portant, on est confiant dans notre vitesse ».

Ali Al Balushi, régleur à bord d’Oman Airports by Oman Sail :
« On a pris de bons départs et vécu quelques jolis moments de tactique, ce qui nous a permis de remplir l’objectif du jour, à savoir se qualifier pour la Super Finale. Mais dès que le safran a lâché, on savait que c’était terminé pour nous, dans cette Super Finale. C’est une petite déception, mais on est quand même parmi les 7 meilleurs du jour. »

Benoît Champanhac, skipper de Natixis – Défi Yacht Club de Saint-Lunaire :
« C’est la première fois qu’on accède à la Super Finale et on en est très content. On a navigué propre toute la journée, mais on aurait pu mieux faire dans la première manche. Je suis mal parti et j’ai eu du mal à revenir. Les jeunes du Team France sont très bons, mais c’est leur métier, ils ne font que ça à longueur de temps avec des entraînements, des coachs, des analyses… et tant mieux d’ailleurs parce qu’ils représenteront sans doute un jour la voile française ! Mais l’objectif c’est quand même de les battre, ce qui c’est possible s’ils refont une erreur de parcours sur un côtier, comme à Dunkerque ». Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel de Bretagne : « On aurait aimé finir dans les trois premiers mais l’objectif était avant tout de se qualifier pour la Super Finale, et nous avons réussi. On connaît nos lacunes sur cette journée, mais dans l’ensemble c’était une belle journée. On s’est bien amusé. Grandeur Nature Véranda fait aussi une belle journée et montre qu’il est totalement dans le match. Je suis content de faire une petite pause demain pour prendre la route, direction Roscoff, la maison ! »

 

Dieppe, Acte 2 scène 2

Le 12 juillet 2016

Régates en stade nautique dès 11 heures

C’est dans un vent plus léger qu’hier, mais avec plus de mer, que les régates en stade nautique sont lancées, ce mardi dès 11 heures. L’occasion de déstabiliser Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan ?

Au menu de la flotte des Diam 24, du vent d’ouest de 13 à 16 nœuds avec des rafales à 21 nœuds. C’est presque une promenade après les conditions musclées qui ont rythmé le raid côtier de Dieppe, hier. La petite gourmandise du jour viendra de la mer : venant d’ouest, le vent va lever la houle.

Les qualifications vont permettre à deux groupes de 12 Diam 24, le jaune et le bleu, de s’opposer sur un maximum de six manches. Les six meilleurs du classement général du jour, déterminés aux points marqués, se retrouveront à 15h45 pour la Super Finale. Courue en une seule et unique manche – à suivre en direct sur le site tourvoile.fr et sur la page Facebook – elle déterminera l’attribution des 6 premières places du jour.


ILS ONT DIT

Charles Hainneville, skipper d’Installux  Aluminium : « On a plutôt pas mal débuté ce Tour. On est d’autant plus content que l’équipage n’avait jamais navigué ensemble avant Dunkerque. Le petit point décevant, c’est qu’on a connu quelques petits soucis mécaniques les uns après les autres sur notre bateau, qui est le premier à être sorti des chantiers ADH Inotec ; des choses à réparer dans l’instant, mais ça nous fait faire le yoyo entre la tête et la queue de la flotte. J’espère qu’on va rapidement réussir à fiabiliser tout ça pour enfin envoyer les chevaux ! Pour l’instant, on se régale avec tout ce vent et j’espère que ça sera comme ça jusqu’au 31 juillet. Ce sont des conditions dans lesquelles on est à l’aise, et elles correspondent au bateau : il réagit comme un trimaran quand il y a du vent, et comme un monocoque dans les airs faibles. Et comme je suis définitivement multicoque… » 

Pierre Leboucher, tacticien d’Oman Sail : « On aura un peu moins de vent qu’hier, mais quand même une quinzaine de nœuds et plus à droite, ce qui veut dire plus de vagues sur le plan d’eau. Hier, on a eu une petite casse matérielle qui nous a fait perdre des places. C’est une écoute qui a lâché alors que nous étions assez bien placés. On a perdu du temps à réparer et, au lieu de jouer dans le paquet de 5, on a joué dans le paquet de 10. Depuis le début du Tour, j’ai navigué à bord uniquement sur la manche de coefficient 0 donc je suis content de régater. Après le côtier assez musclé d’hier, il est nécessaire de tourner pour laisser les équipiers se reposer. la clé aujourd’hui sur les manches du stade nautique va être de bien gérer tous les croisements. Et il faut soigner les départs et les manœuvres. La vitesse joue un peu moins. Tactiquement il y a aussi pas mal de choses à faire pour bien se positionner par rapport aux autres bateaux. L’année dernière je pensais que la tactique était moins importante sur ce format, mais je me suis rendu compte que ça jouait beaucoup et c’est génial !"

Programme du jour à Dieppe

Le 12 juillet 2016

Stade Nautique

Ouverture du Village : 10h

Départ des courses en stade nautique : 11h

Emission Live quotidienne : 15h30 - 16h30

Remise des prix : 18h

Fermeture du Village : 20H

Ça gaze au Morbihan

Le 11 juillet 2016

Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan poursuit son cavalier seul

Lundi, les Vannetais ont remporté le raid côtier de Dieppe, leur troisième victoire consécutive en autant de courses à disputer. Grandeur Nature Véranda prend la deuxième place, Crédit Mutuel de Bretagne est troisième.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 11 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dieppe, le 11 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Trois courses, trois victoires, en s’accordant même le luxe de gérer leur effort une fois l’écart creusé… Les deux Quentin, Delapierre et Ponroy, et Matthieu Salomon sont d’une folle insolence en ce début de Tour. Tout leur sourit et il faut dire que le Team Lorina – Golfe du Morbihan, constitué de deux bateaux, a mis toutes les chances de son côté. 17 personnes composent une équipe dans laquelle Hervé Gautier est chargé de préparer la navigation du jour. Et c’est bien aux précieux conseils de cette figure du Tour de France que tout le monde s’arrache que les Vannetais rendent hommage ce lundi. Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, qui avait pourtant un peu manqué son départ, a profité de la descente vers la bouée de Penly pour recoller à la deuxième place au bénéfice d’un petit coup tactique signé Quentin Ponroy puis, dès le bord de près, les Vannetais ont suivi les consignes de Hervé Gautier : « On reprend près de la côte pour éviter le gros courant, raconte Mathieu Salomon. La contrepartie, c’est qu’il a fallu enchaîner les virements de bord, mais on savait que ça allait payer, d’autant qu’on va vite dans le vent de près ».

Dès lors, l’écart n’a cessé de se creuser. C’est donc derrière que le plus gros match eut lieu, dans un vent soutenu avec des bouffes assez violentes, au point que la direction de course avait exigé de la flotte la prise d’un ris, pour réduire les risques le long de la côte d’Albâtre. Au fil de la journée, cette contrainte se révélera vraiment opportune, d’autant que la mer était bien formée. Le match du jour, c’est Grandeur Nature Véranda qui l’a emporté. Pas à pas, l’équipage qui avait flambé lors des débuts du Tour de France l’an dernier, avant de s’épuiser notamment dans les transferts de ville en ville, est en train de monter en puissance malgré l’absence de Corentin Horeau qui, opéré d’un ménisque, ne pourra naviguer qu’à partir de Roses. Les Mourniac père et fils et Pierre-Yves Durand prennent la deuxième place du jour après avoir été privés de Super Finale hier suite à un contact avec le Diam 24 de Marie et ses frères, ce qui les a privés d’une manche, et d’une « redresse » puisque les compensations ne sont plus incluses dans les instructions de course.

Les Mourniac aux affaires, Tahiti dans le coup

Deuxième, Grandeur Nature Véranda a réussi à devancer Crédit Mutuel de Bretagne, dont l’équipage est plus typé pour le vent moyen. « On mange notre pain noir, le blanc arrive bientôt », assure Fred Guilmin. Mais l’autre fait du jour, c’est sans doute la superbe quatrième place de Trésors de Tahiti. Pas très bien partis, un peu en retrait sur les premiers longs bords, les Tahitiens de Teva Plichart (Pierre Pennec et Dimitri Deruelle…) ont progressivement trouvé la bonne carburation. En manque de navigations communes, les trois hommes ont progressé bord après bord, jusqu’à venir taquiner Grandeur Nature Véranda, avant de lâcher prise pour préserver leur 4e place.

Après trois jours de course, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan est leader avec 150 points, devant Crédit Mutuel de Bretagne (145 points) et Team Coved (139). Réaliser un sans-faute confère quelques privilèges, dont celui de savoir se faire redouter. Mais la perfection a aussi ses défauts : les voici chassés par une meute qui ne cesse de s’étoffer.

ILS ONT DIT

Le 11 juillet 2016

Mathieu Salomon, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Ce fut un côtier compliqué, avec des vagues et de grosses bouffes de vent. Ce fut très physique. On commence par se mettre en difficulté, en manquant un peu le départ, puis Quentin (Ponroy) fait un petit coup tactique qui nous a permis de remonter dans le bus et, ensuite, on a déroulé la navigation dessinée ce matin par Hervé Gautier. Cela nous aide beaucoup, on n’avait plus qu’à chercher de la vitesse. On passe en deuxième place à la bouée sous le vent et, en suivant le plan d’Hervé, on reprend près de la côte pour éviter le gros courant. La contrepartie, c’est qu’il a fallu enchaîner les virements de bord, mais on savait que ça allait payer, d’autant qu’on va vite dans le vent de près, dans ces conditions musclées. Par la suite, on a géré notre avance et nos efforts, en remettant un coup d’accélérateur quand c’était nécessaire ».

Frédéric Guilmin, équipier sur Crédit Mutuel de Bretagne :
« Qu’est-ce que c’était venté ! Il y a eu du bien et du moins bien, pour nous. Le bien, c’est la troisième place et le fait qu’on ne perd que peu de points sur les gamins, qui vont très vite dans ces conditions. Le moins bien, c’est qu’on est quand même moins rapide au près dans ces conditions de vent. On sait qu’on est en train de manger notre pain noir, le pain blanc ne devrait pas tarder à arriver. Notre équipage a été conçu pour le vent médium, pas pour ces conditions qu’on croise peu au mois de juillet. Il y a des chances que nous trouvions les conditions qui nous plaisent à Roscoff et à Baden avec, peut-être, un retour des airs soutenus à Roses et Gruissan. Team Lorina Limonade « rentrent dedans » parce qu’ils se connaissent très bien et qu’ils sont très entrainés. Je me souviens de l’époque où, sur mon dériveur, je pouvais vraiment pousser les gaz parce que j’étais très à l’aise sur mon bateau. Nous sommes
encore un équipage « jeune ».

Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel de Bretagne :
« Encore une belle journée bien sportive. Le parcours était mouillé dans l’axe du vent et c’était un beau côtier à tirer des bords le long des falaises et au portant ça allait vite, voire très vite dans le petit grain qu’on a eu. Avec ces conditions intenses, c’est bien tonique pendant trois heures, il n’y a pas de temps mort. On a fait trois podiums depuis le début de ce Tour donc on est dans le match, maintenant il va falloir concrétiser mais le tour est long donc on a un peu le temps. On connaît les points que l’on doit encore travailler, mais il y a plein de choses de positives. C’est vrai que ce n’est pas très agréable de voir Lorina revenir comme ça si vite car on avait pris un super départ et fait un très bon bord de portant. On était bien devant. Et c’est un peu frustrant de les voir passer au près. Ils ont une bonne vitesse. Mais on s’est accroché et on est content de notre performance, parce qu’on aurait aussi pu perdre d’autres places. Le Tour est parti sur les chapeaux de roue parce que depuis le début de ce Tour nous avons régaté avec du vent donc c’est bien tonique physiquement, mais on a un équipage qui a l’expérience du Tour de France et on tourne pas mal. Il faut savoir se reposer avant d’être fatigué. Et on sait faire ».

 

Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda :
«  Ce qui nous est arrivé hier avec le redresse peut très bien leur arriver. Pour l’instant ils gagnent mais nous sommes en train de monter en régime. Je pense que sur la partie Méditerranée, on sera mieux armés que l’année dernière. On a vraiment misé sur cette partie là cette année. On aura toutes nos forces vives alors que pour l’instant on a toujours un blessé à bord, Corentin Horeau. Et puis on fait partie de ceux qui n’ont pas beaucoup navigué en avant-saison donc nous prenons le rythme maintenant. L’année dernière, on avait aussi pas mal perdu en fatigue parce que l’équipe à terre était plus petite alors que cette année, nous avons anticipé et nous avons plus de monde à terre. Il ne faut pas perdre trop de points mais la route est longue ». 

 

Dimitri Deruelle, équipier de Trésors de Tahiti :
« Nous prenons un départ moyen, nous passons dans le bon paquet à la bouée sous le vent, mais nous ratons une manœuvre par ma faute. Sur le grand bord de près, nous tenons la cadence en 5 ou 6e position, même si c’était moyen. Et puis nous nous sommes accrochés, nous avons trouvé des petites choses au niveau des réglages. C’était assez positif ! Sur la dernière boucle avant la ligne d’arrivée, nous sommes bien revenus au contact de Crédit Mutuel de Bretagne et Grandeur Nature Véranda. Nous étions content de cette remontée car nous les avons eu au physique. On sentait que devant ils étaient fatigués et ça devenait un peu long. Puis sur le dernier bord de spi, Crédit Mutuel nous passe et nous avons préféré assurer notre position sur Coved qui revenait. Nous ne sommes pas encore complètement calés sur les manœuvres, ce qui est dû à un manque criant d’entraînement en commun. Mais, question vitesse, à certains moments, nous étions plus à l’aise que les autres, c’est encourageant. Ça remet de la confiance dans l’équipage ».

Julien Lebrun, Dynamique Homkia :
« C’était sportif ! On a dû puiser dans nos réserves pour terminer cette course, en 13e position. On a commencé dans le dur, en termes de vitesse, puis on a réussi à se caler sur la fin, pour terminer avec un très bon bord qui nous a beaucoup plus, ça glissait bien. Ces journées sont importantes pour nous car, même si nous avons tous des palmarès intéressants, nous n’avons navigué ensemble que deux ou trois fois avant le Tour. Tout est à construire, mais l’objectif reste de terminer dans les 12 premiers du Tour. Le Diam24 est un bateau difficile dans les fortes conditions : il a tendance à passer sous la vague et il faut une énorme technique pour ne pas enfourner à chaque vague ».

Dieppe, Acte 2 scène 1

Le 11 juillet 2016

Dieppe, Acte 2 scène 1

En transit dimanche soir, la flotte des Diam 24 était déjà en rangs serrés ce lundi matin sur les galets de la plage de Dieppe. Au menu du jour, un raid côtier de 32 milles, dans des conditions soutenues. Départ : 12h45 !


Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 10 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 10 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Le plus costaud, ce ne sera pas la mise à l’eau des Diam 24, bien qu’elle reste un moment d’intense concentration pour les équipages et l’organisation. A Dieppe, comme à Fécamp l’an dernier, il faut de la méthode pour propulser les trimarans à l’eau en maîtrisant le clapot. Mais les conditions de navigation qui s’annoncent dans l’après-midi seront sans aucun doute le gros défi du jour. Dans un vent de sud-ouest établi à 13-16 nœuds, ce sont surtout les rafales qu’il faudra dominer, qui pourront pousser à 24-29 nœuds dans les moments les plus fougueux. Et puis, il faudra également jouer avec la houle, entre 1,5 et 2 mètres, le courant et les effets de site générés par les falaises de calcaire. Bref, les 24 équipages ne vont pas chômer !
Le raid, dont le départ sera donné à 12h45, emmènera la flotte sur des allers-retours d’environ 32 milles sur un parcours modulable afin que l’arrivée ait lieu aux alentours de 15h45 et sera visible en direct dans le live prévu entre 15h30 et 16h30.

ILS ONT DIT

Cédric Château, skipper de EMCC Normandy Elite Team et capitaine de Normandy Elite Team : « On prend nos marques. Nous ne sommes pas aussi prêts que les équipes professionnelles, mais nous arrivons à nous caler depuis Dunkerque, et à mettre en place notre organisation. Nous sommes moins entrainés, mais nous n’avançons pas si mal sur l’eau. Les garçons de Helvetia Blue by Normandy Elite Team ont fait 4ème sur les qualifications en stade nautique hier, et 6e de la Super Finale. L’équipage de Purple des filles a encore à progresser un peu pour arriver à niveau de l’équipage de Guillaume Pirouelle. Tout le monde est venu nous demander les secrets du plan d’eau de Dieppe et j’avoue avoir eu un peu de mal à répondre. Nous n’y venons que lors du Tour de France à la Voile, qui a ses marques ici, mais nous nous y entraînons rarement ».

Guillaume Pirouelle, co-skipper de Helvetia Blue by Normandy Elite Team : « Nous avons fait de très belles qualifications en réussissant la totalité de nos départs. Et ça aide pour  jouer devant… Les conditions du stade nautique à Dunkerque étaient idéales, avec du vent et une mer plate, nous nous sommes régalés. Se qualifier en Super Finale, c’était une très bonne nouvelle, mais il faudra penser à faire moins d’erreurs pour faire mieux qu’une 6e place. A 7 bateaux, et pire encore à 6, la moindre erreur t’envoie en queue de peloton. Nous avons retenu la leçon et c’est un exercice que j’aime bien : ça ressemble à une medal race en dériveur. Mais nous n’avons pas une grosse expérience en trimaran. Ça viendra… »

Pauline Courtois, co-skipper de Helvetia Purple by Normandy Elite Team : « Ce tour m’a attiré parce que le projet est attirant, parce que la flotte est d’un super niveau et parce que la voile glisse globalement vers le multicoque. C’est même le cas pour la discipline que je pratique, le match-racing. Les hommes courent déjà en multi, ça devrait être le cas d’ici quelques années chez les femmes également. Côté compétition, nous n’avons eu le bateau qu’en février, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre, à caler, mais nous progressons ».

Dominique Garçonnet, président de la Chambre de commerce de Dieppe : « Entre le Tour de France à la Voile et Dieppe, la ville aux quatre ports, c’est une longue histoire d’amour. Comme toutes les longues histoires, elle s’est peut-être un peu essoufflée et, dans ces cas-là, il faut prendre un peu de distance pour effacer la lassitude et mieux revenir. C’est le cas donc cette année après un an d’éloignement. Dieppe est la ville du Tour de France à la Voile et de la Solitaire du Figaro. Nous accueillons le Tour pour la 27e fois ! J’espère que nous connaîtrons autant de succès qu’il y a deux ans, où 80 000 personnes s’étaient déplacées pour venir voir le spectacle ».

Appelez-les Super !

Le 10 juillet 2016

Team Lorina Limonade - Golfe du Morbihan survole Dunkerque

Vainqueurs du raid côtier de Dunkerque, vendredi, vainqueurs de quatre manches de qualification en stade nautique dimanche et également vainqueurs de la Super Finale au terme d’un scénario renversant…

Les Vannetais de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan ont survolé l’Acte 1 du Tour de France à la Voile. Cardinal – FenêtréA et Crédit Mutuel de Bretagne, deuxième du classement général, complètent le podium du jour. A la régularité, Team Coved est troisième du classement général. 

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 10 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 10 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

 

Les « gamins » ont bien grandi. Vainqueurs du classement amateur l’an dernier, Quentin Delapierre, Matthieu Salomon et leurs équipiers ont manifestement franchi un cap. Certes, Franck Cammas et Pierre Pennec ne pilotent pas le Diam 24 de Groupama cette année et Xavier Revil et Thierry Douillard ne sont plus ensemble sur le Tour avec Spindrift, mais les jeunes Vannetais avaient déjà démontré l’étendue de leur répondant en prenant la 4e place du Tour de France à la Voile l’an dernier. Et puis, les empoignades du jour, notamment lors de la Super Finale, sont là pour témoigner du niveau relevé de ce plateau 2016 et des objectifs de victoire de plusieurs teams.

Depuis vendredi, les Limonadiers survolent les débats. Intouchables sur le raid côtier, qu’ils ont remporté avec 8’14 d’avance sur Nicolas Troussel et Crédit Mutuel de Bretagne, ils ont encore apposé leur marque à plusieurs reprises ce dimanche, en remportant quatre des six manches qualificatives du groupe Jaune (avec une 2e place et une 3e en guise de contre-performance), puis en signant un retour renversant sur une Super finale qui semblait bien mal embarquée.

Les 6 Super qui étaient 7

Il faut avoir un certain sens du panache pour inaugurer une règle par son exception. La flotte n’en manqua pas en proposant à la Super Finale une intronisation hors-cadre. Au lieu de six bateaux comme le dictent les instructions de course, ce sont sept Diam 24 qui se sont qualifiés pour la manche ultime, Team Coved et Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan terminant les qualifications à égalité de points à la 6e place.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre tout ce que cette Super Finale allait proposer en termes de suspense, de renversement de situation et aussi, finalement d’équité sportive. Dans un vent d’ouest - sud ouest forcissant, les sept qualifiés allaient signer une merveille d’œuvre hitchcockienne. D’abord, c’est le leader du classement général provisoire qui manque son départ.

Team France Jeune et la loi de Murphy

Dans la foulée, son dauphin, Team France Jeune, joue avec le bord de ligne et perd son safran bâbord contre la bouée côté viseur. Dans la réalisation de l’empannage, c’est l’autre safran qui cède avant que l’Arthur de mât (système qui permet de limiter la rotation du mât) lâche à son tour. Rien pourtant dans les instructions de course n’oblige à subir à plein la loi de Murphy… Team France Jeune finira la course en boitant, histoire de ne pas prendre un point de pénalité pour ne pas avoir terminé une course.

En tête du peloton, Cardinal – FenêtréA, piloté par un Julien Villion déchainé, et Crédit Mutuel de Bretagne secouent durement le club des Cinq sur le chemin de la bouée sous le vent. Une « petite erreur » de Crédit Mutuel de Bretagne scotche une partie de la flotte au plan d’eau et… pendant ce temps, Team Lorina Limonade, qui n’a pas bullé en queue de peloton, s’engouffre dans la brèche pour

venir coiffer sur la ligne d’arrivée Cardinal – FenêtréA et Crédit Mutuel de Bretagne, et parachever leur domination sans partage sur les côtes de Flandre !

5+4 = 3 pour Team Coved

Au classement général, les limonadiers ont fait carton plein. Avec 100 points, ils devancent Crédit Mutuel de Bretagne, 2e du raid et 3e du stade nautique… et le Team Coved d’Aurélien Ducroz, qui grimpe sur le podium en misant placé : cinquièmes vendredi, le double champion du monde de freeride et son équipe terminent quatrièmes ce jour. Avec, en prime, le Prix Finagaz de la Combativité. Enfin, 6e du classement général, Natixis – Défi YC Saint-Lunaire est leader du classement Jeunes et Amateurs by Finagaz.

 

ILS ONT DIT

Le 10 juillet 2016

Quentin Delapierre, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan : « On aime être dans le vent, on l’a démontré sur le début de la saison de Diam 24. J’ai complètement raté le départ de la Super Finale et heureusement que Kevin (Péponnet) et Bruno Mourniac ont tout fait pour récupérer ma boulette ! Kevin a très bien lu le plan d’eau. »

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 10 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 10 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO



Kevin Péponnet, équipier de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan : « Après ce départ, on était libre. Les autres finalistes ont fait peut-être une petite erreur en allant un peu loin sur un bord et on s’est engouffré dans la brèche ».

Bruno Mourniac, équipier de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan : « C’est très dur de si mal partir, mais on s’est tout de suite convaincu qu’on avait des chances de revenir. On s’est battu, on s’est appliqué sur nos manœuvres et ça a payé ».

Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel Bretagne : « Ce fut une journée très sportive dans un vent qui n’a cessé de monter. Il était un peu instable, il fallait être réactif en tactique et très appliqué dans les manœuvres. Dans notre groupe, le niveau était très élevé et ce n’était pas facile d’en sortir. On n’a pas fait que des bonnes manches, mais la moyenne du tout nous a permis de nous qualifier, en 3e position du classement général après qualification. La manière de se qualifier pour la Super finale importe peu, pourvu qu’on y soit. On était plutôt bien parti, mais une petite erreur de notre part a bloqué la flotte et c’est ainsi que les Limonadiers ont repris la tête. J’ai adoré le principe de la Super Finale : tu es fatigué par les qualifications, mais il faut à nouveau donner le maximum… tout peut arriver. Et courir le stade nautique à six – sept – est très différent des courses en flotte qui ont précédé ».

Aurélien Ducroz, skipper de Team Coved : « C’était une journée incroyable de régates intenses ! On est ravi ! On termine 5e sur le raid côtier, 4e aujourd’hui : on ne pouvait pas rêver mieux pour un début de Tour. La difficulté des stades nautiques, c’est la régularité. Ça se joue à vraiment rien, la moindre erreur te fait perdre cinq places. Il faut être super régulier pour atteindre la Super finale. On manque encore d’entraînement, mais on progresse tous les jours et l’ambiance à bord est super bonne. Et l’envie est là. La suite ? On verra sur la durée. »

Erwan Fischer-Guillou, co-skipper de Team France Jeune : « Nous avons très bien géré les qualifications, en sortant deuxièmes du classement général provisoire, mais ça s’est moins bien passé lors de la Super Finale. Nous cassons le safran bâbord sur la bouée de départ côté viseur – c’était le jeu de tenter sa chance -, parce qu’il nous a manqué juste un mètre. Nous prenons une pénalité et, en empannant pour la réaliser, le safran tribord casse à son tour parce qu’il était de travers. Par chance nous le récupérons, mais nous cassons aussi l’Arthur du mât (un système qui permet de limiter la rotation du mât, ndlr). Ça s’est bien enchaîné, mais nous tenions à ne pas abandonner : ça coûte un point de pénalité au classement. Le très bon point ? Nous avons remporté six départs sur autant de manches de qualification. »

Vivement la Super Finale !

Le 10 juillet 2016

DUNKERQUE ACTE 1, SCÈNE 2

La journée en stade nautique du Tour de France à la Voile se conclura par une Super Finale, à Dunkerque, où seuls seront admis les six premiers du classement général du jour, à l’issue de la phase de qualification. Pour les 24 équipages, ce dimanche est aussi une prise de marques dans un exercice qui compte autant que les raids côtiers.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 09 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 09 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Le bulletin météo  
 
Vents d’ouest - sud ouest, à 11-13 nœuds avec des rafales à 21-24 nœuds 
Beau temps, mer peu agitée : 1 à 1,5m de houle  
 
Le format de course 
- La flotte est scindée en deux groupes équitables : dans le jaune, le leader ; dans le bleu, les 2e et 3e du classement général, les 4e et 5e intégrant le jaune, et ainsi de suite, deux bateaux par deux bateaux.  
- Leader, Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan est dans le groupe jaune. Crédit Mutuel de Bretagne et Grandeur Nature Véranda sont dans le groupe bleu. 
- De 11h30 à 15 heures, six manches par groupe devraient être disputées 
- Les six meilleurs (aux points) sur l’ensemble des deux groupes sont retenus pour la Super finale.  
- Le coup de corne de la Super finale est donné à 15h45. Une seule manche est courue. Les six finalistes jouent pour les places de 1 à 6 du jour, sanctionnées respectivement de 50 et 45 points.  
 

ILS ONT DIT
 
 
Maxime Garbay, skipper de Pays de l’Or - Hérault: « Le raid côtier de vendredi ne s’est pas super bien passé pour nous, nous avons connu quelques soucis techniques. La journée de samedi, à coefficient zéro, nous a permis de recaler tout ça, et nous sommes prêts pour le stade nautique. C’est un exercice que j’aime bien, c’est sympa de naviguer au contact. J’ai couru un peu sur le Tour l’an dernier, où la flotte est assez dense, et je fais aussi du 470. C’est génial d’avoir Sophie de Turkheim comme équipière. Elle est « facile » à naviguer, elle est au top physiquement et on sait tout ce qu’elle a à nous apporter. Le reste de l’équipage s’est constitué en février dernier et Pieter (Tack), qui est notre Belge, est un proche de ma famille. Nous faisons tout ensemble : du ski, de la voile… Et Caroline Vandame et Mathieu Claveau sont dans le même esprit sportif que moi. L’ambition du jour ? Aller chercher le top 10, au moins. Malgré nos soucis techniques à résoudre, samedi, j’ai l’impression que nous avons bien tiré notre épingle du jeu. Mais ça bascule vite : les régates sont si courtes que la moindre erreur est fatale pour le résultat ».  

Pauline Courtois, skipper de Helvetia Purple by Normandy Elite Team : « Nous n’avons pas mal commencé le Tour, avec une 16e place sur le raid côtier, malgré le fait que nous n’avions pas encore nos nouvelles voiles. Elles sont arrivées, elles sont décorées, nous sommes prêtes à passer à l’attaque ! Nous avions eu un peu de mal sur le bord de portant et, progressivement, nous sommes montées en puissance sur la remontée au près. L’équipe est constituée de deux groupes qui se mélangent très bien : les spécialistes du match racing - dont je fais partie – et qui affectionnent le contact, et des filles qui viennent de l’olympisme et du J80. C’est hyper enrichissant de croiser les mondes et les expériences. On a tout à gagner de ces échanges de points de vue. L’objectif du jour est de prendre du plaisir. Si nous prenons du plaisir, c’est que nous aurons bien navigué. »  
 
Marie Tiffon Terrade, équipière de Marie et ses frères : « Notre première victoire est d’être ici pour disputer le Tour, ce fut un peu compliqué. Nous avons pris un bon départ, vendredi, avec une 15e place et, surtout, le fait que nous n’ayons pas eu de casse, alors que quelques bateaux ont souffert des premiers bords. Du coup, nous étions contents de notre raid. Les cinq Tiffon Terrade qui forment l’équipe découvrent le Tour de France à la Voile. C’est vraiment génial de pouvoir naviguer si près du public. Notre ambition est avant tout de ne rien casser et de s’amuser. Nous faisons du Nacra 17 (âgée de 16 ans, Marie a couru la Sailing World Cup de Hyères sur le catamaran olympique avec son frère Thomas en avril dernier, ndlr) et du Hobie Cat 16, et le Tour nous permet de découvrir le trimaran. L’équipage est constitué de mes trois grands frères et moi, ainsi que de trois amis de Chatelaillon. Notre quête ? Le fun ! »  

Cardinal FenêtréA, un samedi de gala

Le 9 juillet 2016

Un samedi de stade nautique à coefficient 0


Fidèle à l’hospitalité de la Flandre flamingante, Dunkerque a rendu un bel hommage au Tour de France à la Voile, qu’elle accueille pour la 31e fois, la 30e en tant que ville de départ. Avant la présentation des skippers, les 24 équipages ont profité de la journée à coefficient zéro pour embarquer des invités, faire découvrir le potentiel des Diam 24 et réviser leurs gammes avant de renouer avec la compétition ce dimanche. 

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 09 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 09 juillet 2016. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Sous un grand soleil et dans un vent d’une douzaine de noeuds, la flotte de 24 Diam 24 a répété en conditions réelles les procédures de départ et les enroulés de bouée en stade nautique… la pression en moins : si tout le monde a joué le jeu, ce samedi de course était à coefficient zéro. Avec Julien Villion aux manettes, Cardinal FenêtréA s’est révélé le meilleur pour tirer des bords à blanc devant Team France Jeune et Dunkerque Voile.
De bon augure pour les régates en stade nautique de dimanche ? Dès 11h30, les 24 équipages joueront la scène 2 de l’Acte 1 de ce Tour de France 2016. Entre 15h30 et 16h30, les six meilleurs teams de la journée s’engageront dans un tout nouvel exercice : La Super Finale. Au départ de cette course, les compteurs seront remis à zéro. Un premier enjeu de taille pour les six teams sélectionnés.

Et, puisque les runs comptaient pour des prunes, l’occasion était belle de revenir sur le Tour 2015 avec Thierry Douillard, vainqueur au terme d’un final haletant qui a vu Spindrift fondre sur Groupama, égaliser en nombre de points et de victoires en remportant le raid côtier de Nice… et s’imposer au nombre de deuxièmes places.
Coskipper cette année de Oman Airports by Oman Sail, Thierry Douillard raconte le Tour, qu’il a remporté quatre
fois.

Quels souvenirs gardez-vous du Tour de France à la Voile 2015 avec Spindrift ?

Thierry Douillard : « Il était génial, vraiment super ! On était arrivé après avoir tout gagné. Même si on avait fait une courte avant-saison, avec Groupama, Spindrift était le grand favori du Tour. On avait bien marché à Dunkerque, puis on s’était pris les pieds dans le tapis à Fécamp, avec une 11e place sur le raid côtier, ce qui nous avait obligé à faire la course derrière. Nos navigants étaient très expérimentés, mais ils ne connaissaient pas le tour. J’ai pu leur rappeler que tout s’y joue à la fin à condition de ne jamais lâcher un point en route. Ça a réussi, on a gagné quatre côtiers sur huit, pour terminer à égalité de points avec Groupama. C’était épique ! Surtout, ce fut une belle aventure d’équipe, un travail d’abnégation, une guerre menée point après point avec François (Morvan), Xavier (Revil), Mathieu (Vandamme) et Fred (Moreau), de super mecs. Et notre victoire était finalement justice ».

Il est resté l’impression que Spindrift avait  fait une montée en puissance irrésistible…

« L’équipe avait un gros programme, avec la préparation du Trophée Jules Verne pour moi par exemple, du D35, du GC32. On était super en forme jusqu’à fin mai, mais il nous avait été impossible de naviguer jusqu’au Tour, tandis que les autres étaient montés en puissance. Il nous fallait repartir dans une démarche de progression et l’échec du raid côtier de Fécamp nous a permis de faire une grosse remise en cause. Le petit « clash » que les autres ont connu en fin de course, nous l’avons connu à ce moment là. Ce qui nous a permis de repartir très vite de l’avant.

Qu’est-ce qui vous lie si fort au Tour ?

« J’ai couru une dizaine de fois le Tour de France. Mon premier date de 1992 ou 1993, j’en ai gagné quatre, un en Jod 35, deux en Mumm et un en Diam 24, l’an dernier, après onze ans d’absence. Ce que j’aime, c’est que c’est un exercice très particulier. Peu d’épreuves te proposent trois semaines de course comme ça. J’adorais le format régate côtière. Le nouveau format est sympa, assez proche de ce que j’ai pu connaître en Extrem 40. J’ai hésité à revenir, mais le projet Oman Sail est sympa, parce qu’il est international, avec un Anglais et deux Omanais. C’est vraiment ce qui m’a stimulé ».

Quel est votre rôle au milieu de cette équipe polyglotte ?

« Les Omanais sont bons, il leur reste encore beaucoup à apprendre en stratégie, en tactique. Je gère ça. Stevie Morrison, le barreur, est un vrai bon : il a couru deux fois les jeux Olympiques, à Pékin 2008 (9e) et à Londres 2012 (5e), il a été champion du monde de 49er, et il porte en lui le flegme britannique. C’est très amusant de voir le décalage avec Pierre Leboucher qui est tout feu tout flamme. Et nos deux Omanais se débrouillent très bien ».

Qu’est-ce qui va se révéler difficile à gérer ?

« La durée. Des raids de trois heures, comme hier, c’est long. Et puis la durée du Tour est un point crucial également. C’est un effort de concentration très intense et, physiquement, il est extrêmement exigeant, au delà de ce qu’on peut imaginer. J’ai eu la chance de faire ce Tour deux fois, la première avec Spindrift qui avait une grosse équipe à terre et maintenant Oman Airports, qui a également des moyens, mais l’enchaînement régates, démontage des bateaux, trajet jusqu’à la ville étape suivante et remontage des bateaux est très, très dur pour les toutes petites équipes ».


Comprenez-vous l’intention d’ASO dans ces formats novateurs ?

« Je vois où ils veulent en venir et l’idée de ce Tour, qui est aussi fait pour séduire les spectateurs et les partenaires, est vraiment bonne. Mais ce n’est plus tout à fait le Tour de France tel qu’il a été conçu. Et ce n’est pas un problème, sinon que ce n’est plus le Tour qui formera les jeunes à la régate côtière comme avant. Il faut se rappeler cette édition 1998 – que je gagne sur le bateau de Luc Pillot – où il y avait tous les meilleurs du monde : Russell Coutts, Paul Cayard, Chris Dickson, Bertrand Pacé, Luc Pillot, Marcus Hutschinson, John Cutler, Dean Barker… Tout ce qui se faisait de mieux en voile dans le monde s’était donné rendez-vous, parce que c’était hyper enrichissant en termes de course côtière. C’est comme s’il y avait aujourd’hui James Spithill et les autres rois du multicoque. Ils étaient aussi les meilleurs en match race. Il faut préserver deux choses essentielles dans le Tour : l’éthique sportive de la voile et une place pour les amateurs éclairés et les anciens bons qui ont envie de venir s’éclater. C’est eux qui font le sel du Tour, autant que les pros. On a besoin d’être en nombre, comme le Vendée Globe, qui ne serait plus rien s’il se limitait aux six bateaux à foils. Ce qui est beau, c’est de savoir que trente mecs prennent le départ ».

Quelle est votre ambition avec Omain Airports by Oman Air ?
 
« Faire un Top 5 serait énorme. La communication et l’expérience sont des problématiques en jeu pour nous. Sur le M34, il était encore possible de niveler les différences au sein d’un même équipage. On demande encore plus à ces jeunes marins, en termes d’investissement à terre, de rigueur, de rythme… Les jeunes Omanais que nous embarquons ont un gros cahier des charges. Entre Pierre et Stevie, nous avons deux super barreurs, qui aiment aussi la vocation de ce projet, qui est le partage. Je fais bien des choses avec Oman et je suis leur projet que j’aime vraiment bien. Le projet a du sens, une direction et, depuis 2007, il faut voir comment la base nautique à Muscat a changé. C’est très impressionnant ».

 

Thierry Douillard
Champion du monde de match racing
Deux campagnes Coupe de l’America (Defi Areva et Areva Challenge)
Record du monde de vitesse avec Spindrift
Quatre victoires sur le Tour de France à la Voile



Douillard : « Tout se joue à la fin »

Le 9 juillet 2016

Focus sur un tenant du titre

Avec Fred Moreau, qui avait couru une étape en 2015, Thierry Douillard est le seul vainqueur du Tour de France à la Voile présent sur la grande boucle cette année. Aujourd’hui co-skipper de Oman Aiports by Oman Sails, l’ancien champion du monde de match racing raconte sa relation au Tour de France.

Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 09 juillet 2016. Crédit photo : Morgan BOVE / ASO
Tour de France à la Voile 2016, étape de Dunkerque, le 09 juillet 2016. Crédit photo : Morgan BOVE / ASO - Morgan Bove / ASO

Quels souvenirs gardez-vous du Tour de France à la Voile 2015 avec Spindrift ?

Thierry Douillard : « Il était génial, vraiment super ! On était arrivé après avoir tout gagné. Même si on avait fait une courte avant-saison, avec Groupama, Spindrift était le grand favori du Tour. On avait bien marché à Dunkerque, puis on s’était pris les pieds dans le tapis à Fécamp, avec une 11e place sur le raid côtier, ce qui nous avait obligé à faire la course derrière. Nos navigants étaient très expérimentés, mais ils ne connaissaient pas le tour. J’ai pu leur rappeler que tout s’y joue à la fin à condition de ne jamais lâcher un point en route. Ça a réussi, on a gagné quatre côtiers sur huit, pour terminer à égalité de points avec Groupama. C’était épique ! Surtout, ce fut une belle aventure d’équipe, un travail d’abnégation, une guerre menée point après point avec François (Morvan), Xavier (Revil), Mathieu (Vandamme) et Fred (Moreau), de super mecs. Et notre victoire était finalement justice ».

Il est resté l’impression que Spindrift avait  fait une montée en puissance irrésistible…

« L’équipe avait un gros programme, avec la préparation du Trophée Jules Verne pour moi par exemple, du D35, du GC32. On était super en forme jusqu’à fin mai, mais il nous avait été impossible de naviguer jusqu’au Tour, tandis que les autres étaient montés en puissance. Il nous fallait repartir dans une démarche de progression et l’échec du raid côtier de Fécamp nous a permis de faire une grosse remise en cause. Le petit « clash » que les autres ont connu en fin de course, nous l’avons connu à ce moment là. Ce qui nous a permis de repartir très vite de l’avant.

Qu’est-ce qui vous lie si fort au Tour ?

« J’ai couru une dizaine de fois le Tour de France. Mon premier date de 1992 ou 1993, j’en ai gagné quatre, un en Jod 35, deux en Mumm et un en Diam 24, l’an dernier, après onze ans d’absence. Ce que j’aime, c’est que c’est un exercice très particulier. Peu d’épreuves te proposent trois semaines de course comme ça. J’adorais le format régate côtière. Le nouveau format est sympa, assez proche de ce que j’ai pu connaître en Extrem 40. J’ai hésité à revenir, mais le projet Oman Sail est sympa, parce qu’il est international, avec un Anglais et deux Omanais. C’est vraiment ce qui m’a stimulé ».

Quel est votre rôle au milieu de cette équipe polyglotte ?

« Les Omanais sont bons, il leur reste encore beaucoup à apprendre en stratégie, en tactique. Je gère ça. Stevie Morrison, le barreur, est un vrai bon : il a couru deux fois les jeux Olympiques, à Pékin 2008 (9e) et à Londres 2012 (5e), il a été champion du monde de 49er, et il porte en lui le flegme britannique. C’est très amusant de voir le décalage avec Pierre Leboucher qui est tout feu tout flamme. Et nos deux Omanais se débrouillent très bien ».

Qu’est-ce qui va se révéler difficile à gérer ?

« La durée. Des raids de trois heures, comme hier, c’est long. Et puis la durée du Tour est un point crucial également. C’est un effort de concentration très intense et, physiquement, il est extrêmement exigeant, au delà de ce qu’on peut imaginer. J’ai eu la chance de faire ce Tour deux fois, la première avec Spindrift qui avait une grosse équipe à terre et maintenant Oman Airports, qui a également des moyens, mais l’enchaînement régates, démontage des bateaux, trajet jusqu’à la ville étape suivante et remontage des bateaux est très, très dur pour les toutes petites équipes ».


Comprenez-vous l’intention d’ASO dans ces formats novateurs ?

« Je vois où ils veulent en venir et l’idée de ce Tour, qui est aussi fait pour séduire les spectateurs et les partenaires, est vraiment bonne. Mais ce n’est plus tout à fait le Tour de France tel qu’il a été conçu. Et ce n’est pas un problème, sinon que ce n’est plus le Tour qui formera les jeunes à la régate côtière comme avant. Il faut se rappeler cette édition 1998 – que je gagne sur le bateau de Luc Pillot – où il y avait tous les meilleurs du monde : Russell Coutts, Paul Cayard, Chris Dickson, Bertrand Pacé, Luc Pillot, Marcus Hutschinson, John Cutler, Dean Barker… Tout ce qui se faisait de mieux en voile dans le monde s’était donné rendez-vous, parce que c’était hyper enrichissant en termes de course côtière. C’est comme s’il y avait aujourd’hui James Spithill et les autres rois du multicoque. Ils étaient aussi les meilleurs en match race. Il faut préserver deux choses essentielles dans le Tour : l’éthique sportive de la voile et une place pour les amateurs éclairés et les anciens bons qui ont envie de venir s’éclater. C’est eux qui font le sel du Tour, autant que les pros. On a besoin d’être en nombre, comme le Vendée Globe, qui ne serait plus rien s’il se limitait aux six bateaux à foils. Ce qui est beau, c’est de savoir que trente mecs prennent le départ ».

Quelle est votre ambition avec Omain Airports by Oman Air ?
 
« Faire un Top 5 serait énorme. La communication et l’expérience sont des problématiques en jeu pour nous. Sur le M34, il était encore possible de niveler les différences au sein d’un même équipage. On demande encore plus à ces jeunes marins, en termes d’investissement à terre, de rigueur, de rythme… Les jeunes Omanais que nous embarquons ont un gros cahier des charges. Entre Pierre et Stevie, nous avons deux super barreurs, qui aiment aussi la vocation de ce projet, qui est le partage. Je fais bien des choses avec Oman et je suis leur projet que j’aime vraiment bien. Le projet a du sens, une direction et, depuis 2007, il faut voir comment la base nautique à Muscat a changé. C’est très impressionnant ».

 

Thierry Douillard
Champion du monde de match racing
Deux campagnes Coupe de l’America (Defi Areva et Areva Challenge)
Record du monde de vitesse avec Spindrift
Quatre victoires sur le Tour de France à la Voile

La cavalcade des limonadiers

Le 8 juillet 2016

DUNKERQUE ACTE 1, SCENE 1

Sacrés Morbihanais !
Quentin Delapierre, Matthieu Salomon et Quentin Ponroy ont frappé un grand coup d’entrée en remportant le premier raid côtier du premier Acte du Tour de France à la Voile 2016 avec une nette avance au terme de 39 milles de course dans des vents soutenus.
Quatrième du classement général en 2015 et vainqueur amateur, le trio de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, passé cette année en professionnel, devance donc Crédit Mutuel de Bretagne, skippé par Nicolas Troussel, et Grandeur Nature Véranda (Jean-Christophe Mourniac), vainqueur du raid le long des dunes de Flandres l’an dernier et qui grimpe une nouvelle fois sur le podium.

Tour de France Voile 2016, Dunkerque le 08 Juillet 2016
Photo © Jean Marie Liot / ASO
Tour de France Voile 2016, Dunkerque le 08 Juillet 2016 Photo © Jean Marie Liot / ASO - Jean Marie Liot / ASO

. Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan en patron
. Les chiffres : 39 milles, 3h21 de course, 8’14 d’avance sur le deuxième.
. Nicolas Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne) et Jean-Christophe Mourniac (Grandeur Nature Véranda) complètent le podium.
. Faux départ pour Helvetia Team Normandy, privé d’un safran juste avant le départ.
. Régates en stade nautique dimanche !

Ce Tour 2016 est parti et bien parti ! Quentin Delapierre, Matthieu Salomon et Quentin Ponroy confirment la sensation qu’ils avaient créée l’an dernier. Vainqueurs du classement amateur et quatrièmes du classement général final, ils avaient tenu la dragée haute aux ténors du Tour. Les voici, cette année, présentés comme un des équipages favoris après trois victoires lors des trois dernières courses de préparation au Tour, dont la Normandy Cup et le Grand Prix de l’Ecole Navale, où ils ont été sacrés champions de France de Diam 24.

Et, pour étrenner ce statut de favori, quoi de mieux qu’une victoire flamboyante le long des dunes des Flandres ? Après un départ convenable devant la plage de Malo-les-Bains, les Bretons amorcent dans le top 10 le long bord de portant à contre-courant – et dans un clapot de 1,50 mètre - en direction de Nieuport. En vitesse pure, stimulé par Grandeur Nature Véranda avec qui il aura disputé un sacré test de vitesse, le trio du Morbihan creuse l’écart progressivement sur le reste de la flotte. Un écart qui ne cessera de gonfler sur le chemin du retour, au près et dans des vents faiblissant à mesure que se profilera la plage de Malo. 

C’est donc une copie parfaite que les Morbihanais ont rendu ce vendredi. « Nous avons eu la chance d’entamer le Tour dans des conditions qui nous conviennent bien, sourit Quentin Delapierre. Quentin Ponroy a signé une navigation parfaite entre les casiers, les bancs de sable et les épaves. Après notre départ en demi-teinte, nous avons vécu une belle confrontation de vitesse avec Kinou (Jean-Christophe Mourniac). On a peut-être gagné les trois dernières courses de préparation et ce raid, mais le Tour sera très long et Grandeur Nature Véranda, Crédit Mutuel de Bretagne et Team France Jeune – entre autres - ont des équipes pleines de talent ».

Difficile pour Jean-Christophe Mourniac de ne pas se réjouir. Vainqueur avec son équipage du raid côtier dunkerquois l’an dernier, le skipper de Grandeur Nature Véranda monte une nouvelle fois sur le podium. Dixième à la bouée de Nieuport, le trio grignotera pas à pas son retard jusqu’à manquer de réaliser une OPA sur Crédit Mutuel de Bretagne à quelques mètres de la ligne, après avoir déposé Oman Airports by Oman Sail (Stevie Morrison et Thierry Douillard) et Team Lorina Mojito Golfe du Morbihan (Solune Robert et Riwan Perron), respectivement quatrièmes et cinquièmes. « On est d’entrée dans le vif du sujet, se régalait Nicolas Troussel, le skipper de Crédit Mutuel de Bretagne. Avec Damien Iehl à la barre, on a trouvé la clé pour remonter une partie des leaders et se glisser en deuxième position à la moitié du bord de près. Commencer le Tour avec un raid bien physique, avec du vent, une renverse de marée au moment de remonter au près, et donc deux longs bords à contre-courant, c’était parfait pour se mettre en jambes ! »

 

Dunkerque dans le vent

Le 8 juillet 2016

ILS ONT DIT

Le Tour de France 2016 prend son envol dès 12h45 ce vendredi avec le raid côtier. Le parcours qui attend les 24 Diam 24 est une double boucle depuis la plage de Malo-les-Bains jusqu’à Nieupoort (Belgique) avant un retour vers la plage de Malo.

Les conditions du jour : peu nuageux, vent de sud-ouest de 16 à 18 nœuds établis avec des rafales à 20-21. En fonction du vent, le parcours initialement de 36 milles pourra être réduit afin de favoriser une heure d’arrivée aux alentours de 15h45. Si la direction de course dresse le pavillon R, les Diam24 devront opérer une prise de ris pour sécuriser la navigation.

Matthieu Salomon, co-skipper de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan :
« Quelle belle régate ! Nous ne sommes pas partis avec la pression et j’avoue que nous n’étions pas malheureux de réaliser que, comme prévu, il y avait de l’air sur le plan d’eau. Nous avons réussi à faire avancer le bateau comme nous le voulions, à accélérer quand nous le souhaitions… L’équipe à terre a fait un super boulot : notre Diam 24 est au top ! L’idée, sur le stade nautique de dimanche, sera de partir avec le même état d’esprit. Il faut continuer à faire de ce que nous maîtrisons, à savoir aller vite ».


Jean-Christophe Mourniac, skipper de Grandeur Nature Véranda :

« C’était difficile de faire mieux que l’an dernier, avec la victoire. Autant dire que nous sommes ravis de cette place sur le podium. On est mal parti, dans le jus, la tête un peu de travers, au point qu’on a manqué de chavirer. Puis nous avons réussi à nous remettre les idées au clair en nous focalisant sur la vitesse et les manœuvres, si bien qu’il nous a manqué bien peu sur Nicolas Troussel. Deux points de retard sur le leader, c’est bien peu finalement, et le Tour est si long… »


Stevie Morrison, co-skipper de Oman Airports by Oman Sail :
« La course du jour a été particulièrement longue, mais c’est un excellent départ pour le Tour, avec du vent et du soleil. Nous avons pris le départ en tête, puis Team Lorina Limonade Golfe du Morbihan a accéléré. Leur équipage mérite largement la victoire car il navigue très bien depuis le début de saison. Nous, nous sommes encore débutants dans l’exercice et nous apprenons tous les jours. Nous avons aussi réussi à créer un langage commun car l’équipage est fait de Français, d’Omanais et d’Anglais. Et nous avons opté pour le franglais… »

V



Morgan Good, équipier de be.brussels :

« L’équipage se connaît parce que nous naviguons ensemble depuis longtemps, mais nous découvrons un nouveau support. Il nous manque un peu d’entraînement. L’objectif de ce Tour, pour nous, est d’aller au bout, de garder le bateau en bon état. Si nous pouvons réaliser de temps en temps de bons petits résultats dans les hauteurs des classements, ça sera un très bon début »

Bernard Stamm, skipper de Cheminées Poujoulat

« Nous venons pour nous faire plaisir. J’embarque Marie Soler et Hugues Pulmatto, qui ont l’ambition de courir les jeux Olympiques de Tokyo 2020 en Nacra 17. Depuis le début de la saison, nous avons passé pas mal de temps à essayer de nous coordonner, entre coureurs de voile olympique et skipper au large. Nous n’avons pas encore trouvé toutes les manettes, mais nous sommes plutôt contents de notre préparation. J’ai beaucoup appris sur le Tour l’an dernier, mais il faut encore que les leçons que j’ai prises de régate entre bouées s’intègrent dans mes schémas dans l’instant I. Finir ce Tour dans le Top 10 nous ravirait. Contrairement à l’an dernier, je suis un des rares représentants de la course au large en solitaire sur le Tour : les autres sont un peu occupés par la préparation du Vendée Globe. Je vais essayer de leur faire honneur ».

Bertrand Pacé, entraîneur de Dunkerque Voile

« Les ambitions du team sont surtout de bien naviguer et de faire en sorte que l’équipe reste soudée de bout en bout, et que les jeunes soient contents d’avoir fait le Tour. Nos objectifs en termes de résultats ne sont pas très élevés : nous aimerions finir dans la première moitié du tableau, mais l’important est la formation, qu’ils réalisent de bonnes manches. La formule du Tour a considérablement évolué et, oui, je regrette un peu le offshore. Mais c’est l’évolution du temps qui provoque cette mutation, et le format est intéressant. J’aime bien l’idée des départs des raids côtiers au près et des régates en stade nautique au largue ».

Timothée Deplasse, skipper de Dunkerque Voile

« On a envie de se régaler ! Le tour est une chouette régate que nous allons courir comme la bonne bande de potes que nous sommes. Le but est de réaliser de belles choses, pour monter de temps en temps dans le top 5 du classement amateur. Nous sommes très impatients d’attaquer après avoir couru toute l’avant-saison contre les bateaux qui sont présents ici ».

Martine Arlabosse, maire-adjointe de Malo-les-Bains et vice-présidente de la communauté urbaine de Dunkerque en charge des sports de haut niveau

« En tant que maire-adjointe, je suis ravie de recevoir le Tour pour la deuxième fois consécutive sur nos plages. Nous sommes prêts à trois jours de fête et d’animation. Plus de 25 000 personnes étaient venues sur le village l’an dernier. En tant que vice-présidente en charge du sport de haut niveau, je suis très fière d’avoir un bateau sur le Tour, et je remercie Frédéric Watteau, qui seconde Bertrand Pacé, d’avoir créé cette équipe. Il y a un vrai travail d’équipe avec des jeunes de grand talent. Nous soutenons la formation, mais nous ne sommes pas là que pour ça : j’espère qu’ils vont faire de belles performances. Ces jeunes représentent l’avenir ! »


C’est reparti pour un Tour !

Le 7 juillet 2016

Le Tour de France à la Voile 2016 s’élancera ce vendredi depuis Dunkerque dans une formule
éprouvée l’an dernier et peaufinée pour cette deuxième édition courue à bord de Diam24, ces
véloces trimarans. Les 24 équipages se rendront coup pour coup dans deux exercices
différents : les parcours côtiers et les régates en stade nautique disputées au plus près des
spectateurs. Mode d’emploi !

LES ACTES
Le Tour de France à la Voile fait étape dans neuf villes des côtes françaises et espagnoles :
Dunkerque, Dieppe, Roscoff, Baden, Roses, Gruissan, Marseille, Hyères et Nice. Chaque acte sera
rythmé par le raid côtier le jour 1 et des régates en stade nautique le jour 2. Dunkerque, ville du Grand
Départ et Nice, hôte de l’arrivée du Tour, prolongeront le plaisir lors d’une journée de régates
d’exhibition.

RAID CÔTIER
Le déroulement : Chaque acte sera ouvert par le raid côtier, dont la durée ne devra pas excéder trois
heures. Le parcours sera donc adapté aux conditions de vent, pour un retour au point de départ, au
plus près de la zone spectateurs. Le tracé pourra comporter plusieurs marques intermédiaires
choisies de manière à mettre en valeur les points iconiques du littoral.

SCORING
Le premier à franchir la ligne d’arrivée empochera 50 points, le deuxième 49 points et ainsi de suite.
L’avis de Christophe Gaumont, directeur de course :
« Le raid a une importance cruciale : c’est en partie parce que Groupama est passé à côté dans un
raid que le maillot de leader a changé d’épaules. Autant les équipes restent assez proches en
performances en stade nautique, autant les écarts se creusent sur le raid. Les options ont leur
importance, le jeu est ouvert et c’est un exercice qui peut se révéler risqué. Avec, à la clé, des
résultats positifs ou négatifs ».

JOURNEE EN STADE NAUTIQUE

QUALIFICATIONS
Dès 11 heures, place à la phase de qualification, faite de régates longues d’une dizaine de
minutes et dont le nombre pourra aller jusqu’à 8. Intenses et spectaculaires, elles auront lieu
devant la zone spectateurs, où commentaires en direct et musique maintiendront les fans en
éveil. Et tant pis pour la sieste.

LA SUPER FINALE
A l’issue de ces qualifications – et c’est la grande nouveauté de ce Tour 2016 – se courra la
Super finale. Seuls resteront alors à l’eau les six meilleurs équipages du jour. Une seule et
unique manche leur permettra de se départager, qui sera courue entre 15h30 et 16h30.

Le départ des régates en stade nautique s’effectuera sous pavillon noir. Pas droit à l’erreur, donc : tout
bateau qui anticipera le départ sera disqualifié de la manche. Et surtout, les compteurs des six meilleurs équipages de la journée seront remis à zéro au départ de cette Super Finale.

SCORING
Le vainqueur de la Super finale remportera 50 points, le 6e aura 45 points et le reste des points sera
attribué aux non qualifiés selon le classement des qualifications, le 7e de ces dernières recevant 44
points et ainsi de suite.
L’avis de Christophe Gaumont, directeur de course :
« La Super finale est un exercice spécial. On garde les six meilleurs des qualifications, mais les
compteurs sont remis à zéro. Il n’y a plus de matelas pour le premier, puisque le 6e des qualifications
peut aussi gagner. On n’est plus, comme le matin, dans la stratégie, le calcul ou le marquage, mais
dans un jeu de l’instant. Il faut chercher à être devant, c’est tout ».

LES CLASSEMENTS
À l’issue de chaque journée de chaque Acte, quatre classements seront mis à jour : le classement
général by Yanmar, le classement jeunes et amateurs by Finagaz. A l’issue de chaque Acte sera
également récompensé du Prix Finagaz de la combativité l’équipage qui aura le plus animé les deux
journées de course, équipage qui n’aura pas forcément grimpé sur les podiums des autres
classements.

Zones spectateurs : Elles seront « The places to be » tout au long des neuf Actes. Situées aux
endroits les plus stratégiques sur les sites de course, ces zones spectateurs offriront au public le
meilleur emplacement depuis lequel suivre à vue les régates, avec une sonorisation qui permettra de
comprendre facilement les combats en cours sur l’eau. Ces zones seront également des aires de
détente et de loisirs. Sur l’écran géant situé au coeur du village, les badauds pourront suivre l’émission
live quotidienne de 15h30 à 16h30.

A la maison (ou au bureau) : Grâce aux caméras embarquées sur chaque Diam24, la production
d’images s’enrichit considérablement cette année. Chaque jour, sur le site www.tourvoile.fr, le live
d’une heure sera également accessible entre 15h30 et 16h30 avec l’arrivée du raid côtier ou
l’intégralité de la Super finale. Des consultants de renom seront invités en plateau pour commenter les
performances. Le suivi en direct des raids et des régates sera également assuré via un tracking.

France Télévisions, Canal + et L’Equipe 21 sont également partenaires média du Tour. Chaque jour à
11H30, dès ce samedi 9 juillet, L’Equipe 21 diffusera un 26’ de résumé de la journée de la veille.

L’avis de Jean-Baptiste Durier, directeur du Tour de France à la Voile :
« Nous sommes ravis d’avoir à nos côtés nos trois diffuseurs. Nous faisons un vrai grand pas en avant
avec L’Equipe 21 : ce sera la première fois de toute l’histoire du Tour qu’un 26 minutes quotidien lui
sera consacré. Notre objectif est de prouver que, d’ici un an ou deux, la diffusion live de la voile est
envisageable dans des créneaux horaires respectés, de manière à intégrer une grille de programmes.
C’est un vrai défi pour Christophe Gaumont, le directeur de course ? C’est surtout un pas essentiel
que nous cherchons à faire en faveur de la voile ».


Contenu




Le Tour de France à la Voile débute vendredi 8 juillet à Dunkerque

Le 5 juillet 2016

C’est dans trois jours, à Dunkerque, que s’élancera le Tour de France à la Voile 2016. Pour les 24 teams engagés sur la grande épreuve estivale et présents sur place depuis ce matin, l’heure est aux derniers préparatifs. Montage et mise à l’eau des bateaux, contrôle de jauge, entraînements… C’est la dernière ligne droite avant les premières courses qui débuteront ce vendredi 8 juillet. Au total, ce sont 20 jours de navigation qui attendent les teams, 600 milles en alternant les raids côtiers et les stades nautiques.

Après un mois de bataille intense sur l’eau, c’est à Nice, le 31 juillet, que sera désigné le grand vainqueur de cette 39ème édition.

24 teams engagés

Alors que la liste définitive des engagés a été révélée il y a quelques jours, le Tour de France à la Voile reste fidèle à son ADN  avec un plateau réunissant des marins de tous horizons. Habitués de l’épreuve comme Nicolas Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne),  Teva Plichart (Trésors de Tahiti) ou Erwan Le Roux (Cardinal-FenêtréA) qui font leur grand retour sur le Tour de France à la Voile ; mais aussi bizuths qui expérimenteront pour la première fois cette épreuve mythique. C’est le cas de Team France Jeune, équipage issu de la Filière d’Excellence Team France (défi français pour la 35ème Coupe de l’America) mené par le jeune Robin Follin ou encore du team Helvetia Purple by Normandy Elite Team. A la barre de cet équipage 100% féminin, Pauline Courtois, spécialiste du match-race. 

Déjà présent l’an passé, le coureur au large Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), vainqueur de la Barcelona World Race en 2015, s’alignera à nouveau sur cette nouvelle édition tout comme Quentin Delapierre et Matthieu Salomon (Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan), vainqueurs du classement amateurs en 2015 et qui reviennent cette année avec un projet professionnel. Lorina-Golfe du Morbihan engagera un 2nd bateau mené par les jeunes espoirs Riwan Perron et Solune Robert.

Il faudra également compter sur la présence d’Aymeric Arthaud, neveu de Florence Arthaud et skipper du team Reel-PGO Automobiles. Aurélien Ducroz (Team Coved), le skieur-skipper double champion du Monde de ski freeride  repart pour un tour avec sa paire d’équipiers olympiques, Olivier Backès et Laurent Voiron, 4ème des Jeux Olympiques 2004 en Tornado.

Et comme une mise en jambes avant les Jeux Paralympiques 2016, Damien Seguin participera à nouveau au Tour de France à la Voile avec son équipage de la Fondation FDJ – Des Pieds et Des Mains avant de s’envoler défendre les couleurs de la France à Rio. 

Au total, ce sont 24 teams qui participeront à cette 39ème édition. La révolution est en marche.

ILS L'ONT DIT...

Arthur Meurisse – équipier sur Dunkerque Voile
« Ces dernières journées sont bien remplies entre le bricolage sur le Diam, la jauge, le stickage des voiles, etc. Nous allons également faire une navigation d’entraînement jeudi pour valider tout le travail qui a été fait sur le bateau. Dans tous les cas, nous sommes prêts à attaquer et nous avons hâte de commencer ce Tour. En tant qu’équipage local de cette 1ère étape, nous avons une petite pression face au public dunkerquois, il faudra bien figurer ! » 

Emeric Dary – skipper de Dynamique Homkia
« Notre équipe est arrivée lundi à Dunkerque et nous naviguons tous les jours pour re caler l’équipage, les automatismes. C’est un collectif formé récemment donc nous devons prendre nos repères. Cette 1ère étape est importante. Il faut lancer la bonne dynamique pour bien débuter ce mois de régates. L’esprit du groupe est bon, sans pression même si nous avons tout de même un objectif en tête : se rapprocher de la 1ère moitié du classement. » 

Aurélien Ducroz – skipper de Team COVED
« Nous sommes arrivés à Dunkerque aujourd’hui et nous sommes très contents d’être là ! Nous avons eu l’avant-saison pour nous préparer et les choses sérieuses vont commencer maintenant. Ça ne va pas forcément être simple car il y aura du niveau sur l’eau mais nous allons essayer de bien attaquer, nous appliquer et surtout être réguliers sur la longueur.

LES TEAMS ENGAGES

Par ordre alphabétique

BRUSSELS - Nicolas Spilleboudt

CARDINAL - FENETREA - Erwan Le Roux

CHEMINEES POUJOULAT - Bernard Stamm

COLUMBUS CAFE - IDTGV - Fabrice Walhain

CREDIT MUTUEL DE BRETAGNE - Nicolas Troussel

DUNKERQUE VOILE - Timothée Deplasse

DYNAMIQUE HOMKIA - Emeric Dary

EMCC BY NORMANDY ELITE TEAM - Alexis Loison & Cédric Château

FONDATION FDJ – DES PIEDS ET DES MAINS - Damien Seguin

GRANDEUR NATURE VERANDA - Jean-Christophe Mourniac

HELVETIA BLUE BY NORMANDY ELITE TEAM - Victor Migraine & Guillaume Pirouelle

HELVETIA PURPLE BY NORMANDY ELITE TEAM - Pauline Courtois & Jennifer Poret

INSTALLUX ALUMINIUM - Charles Hainneville

MARIE ET SES FRERES - Thomas Tiffon

NATIXIS / DEFI YC ST-LUNAIRE - Benoit Champanhac

OMAN AIRPORTS BY OMAN SAIL - Stevie Morrison & Thierry Douillard

PAYS DE L’OR - HERAULT - Maxime Garbay

REEL - PGO – RESEAU ENTREPRENDRE - Aymeric Arthaud

TEAM COVED - Aurélien Ducroz

TEAM FRANCE JEUNE - Robin Follin & Erwan Fischer-Guillou

TEAM LORINA LIMONADE - GOLFE DU MORBIHAN - Quentin Delapierre & Matthieu Salomon

TEAM LORINA MOJITO – GOLFE DU MORBIHAN - Solune Robert & Riwan Perron

TECHNEAU - Arnaud Daval & Benoît Daval

TRESORS DE TAHITI - Teva Plichart

 

Pour accéder au détail des équipages, cliquez ici

Un franc succès pour le Diam24 à la Poole Regatta 2016

Le 1 juin 2016

La Classe Diam24 débarque outre-manche !

Les 28, 29 et 30 mai 2016, cinq équipages en Diam24 ont participé à la Poole Regatta. Mike Golding s’est démarqué en se hissant sur la première marche du podium, suivi par Philip Cotton et Robert Gullan qui s’alignera cet été sur le Tour de France à la Voile à la tête de Team Concise.

Ce sont cinq Diam24 anglais qui se sont donné rendez-vous à Poole pour trois jours de régates sur les eaux de la Manche. Durant le week-end dernier, 8 courses ont été courues dans des conditions idéales, un temps ensoleillé et un vent de 20 nœuds.

Parmi les concurrents, de grands noms de la voile découvraient le petit trimaran de course, à l’image de Mike Golding, skipper britannique ayant participé à trois éditions du Vendée Globe. Il remporte, à la Poole Regatta, la moitié des manches disputées et s’impose comme le grand vainqueur de l’épreuve. « C’est un super bateau ! » explique Mike Golding. « Nous avons pris beaucoup de plaisir avec de bonnes sensations. Ça me fait penser aux Extreme 40. Ce serait sympa d’avoir une belle flotte au Royaume-Uni ! »

De même, Philip Cotton réalise de très belles manches et occupe, sur le bateau Buzz, la deuxième place du classement.

Robert Gullan sur Team Concise monte sur la troisième marche du podium. Très content de la Poole Regatta, il envisage sa participation au Tour de France à la Voile de manière sereine.

Ravi de sa navigation, Piers Hugh Smith aimerait s’engager sur le Tour de France à la Voile pour l’édition 2017, épreuve phare de la classe Diam24OD. Son Team a d’ores et déjà acheté un bateau à l’issue de ce week-end.

D’ici là, tous espèrent venir assister à un acte cet été sur le littoral français. « Ce bateau, c’est beaucoup de plaisir et de la vitesse » raconte Piers Hugh Smith. « Il est rapide à monter et plutôt facile à apprivoiser. Un de nos équipiers a même avoué n’avoir jamais pris autant de plaisir sur un bateau ! C’était un week-end réussi ! »

La découverte du Diam24 a dès lors remporté un franc succès et a conquis les marins anglais. Considéré comme un bateau léger, rapide et fun, il a fait le bonheur le temps d’un week-end des cinq équipages et d’Andi Robertson, journaliste pour Yachts & Yachting qui a également testé le bateau.

Prochaines étapes en Diam24 en Angleterre à la Plymouth Regatta du 15 au 17 juillet 2016, la Taittinger Regatta du 29 au 31 juillet, la Cowes Week du 6 au 13 août et le Southampton Event du 16 au 18 septembre.

Présentation du Tour de France à la Voile : Ils ont dit

Le 24 mai 2016

Jean-Marc Reynaud, Président de Yanmar

« Nous avons reconduit avec plaisir notre partenariat avec le Tour de France à la Voile, initié l’an dernier. Yanmar est un nom légitime dans la voile, et la voile en juillet a un pouvoir d’attraction incroyable. »

Nicolas Troussel, skipper de CREDIT MUTUEL DE BRETAGNE

« Avec notre partenaire Crédit Mutuel de Bretagne, nous avons monté un beau projet avec un équipage fort. Nous nous sommes préparés durement pour réussir cette année et nous avons hâte de commencer ! »

 

Jean-Christophe Mourniac, skipper de GRANDEUR NATURE VERANDAS

« Nous allons essayer de gagner cette année ! Nous avons la chance d’avoir un partenaire fabuleux qui a pris goût au projet. Cette année on s’est renforcé, nous avons une équipe très sympa ! »

 

Robin Follin, skipper de TEAM FRANCE JEUNE

« Au sein de notre team, nous venons de tous les horizons. Notre force, c’est cette complémentarité. Nous sommes très heureux d’être sur le Tour cette année et sommes ravis d’avoir des adversaires de taille ! »

 

Matthieu SALOMON, co-skipper de LORINA LIMONADE – GOLFE DU MORBIHAN

« Nous alignons quasiment la même équipe que l’an dernier avec notamment Quentin Delapierre en co-skipper. Grâce au partenariat entre Lorina et Vannes Agglo, un autre bateau sera également présent, c’est super. Nous avons fait un bon début de saison et maintenant nous avons hâte d’être à Dunkerque et d’ouvrir les hostilités ! »

Le Tour de France à la Voile 2016, une 39ème édition en mouvement

Le 24 mai 2016

En 2016, le Tour de France à la Voile poursuit de plus belle la dynamique impulsée l’an passé à bord des Diam 24, qui sera bateau officiel du Tour jusqu’à l’édition 2019 minimum.

L’évènement estival s’affirme comme sportivement incontournable avec un plateau dense et 28 Teams attendus. Toujours plus proche du public, Le Tour de France à la Voile propose en 2016 de nombreuses nouveautés pensées et créées sur mesure pour une meilleure lisibilité des régates et un show accessible à tous.

Les Diam24 OD ont offert un spectacle à couper le souffle lors des régates d’avant-saison. Le Spi Ouest France, le Grand Prix Atlantique, le Grand Prix Guyader ou encore le Grand Prix de l’Ecole Navale ont été le théâtre de performances exceptionnelles de la part des futurs concurrents du Tour de France à la Voile… Elles ont révélé au grand jour des Teams talentueux à l’image de Team France Jeune, Lorina Limonade Golfe du Morbihan ou encore Grandeur Nature Vérandas. Tous trois se sont illustrés sur la première marche du podium lors de chacune de ces épreuves.


La concurrence est relevée, les joutes nautiques vont sans nul doute laisser peu de place à l’erreur. Il faudra être bon techniquement, trouver la bonne vitesse et ne jamais relâcher la pression durant les 20 jours de régate du Tour pour espérer toucher les étoiles à Nice ! Qui des 28 Teams engagés cette année succèdera à Spindrift, premier vainqueur l’an dernier du Tour de France à la Voile en Diam 24 ?

 

Les nouveautés pour les sportifs

 

Dans un souci de rendre le Tour de France à la Voile toujours plus lisible et spectaculaire, certaines règles ont été simplifiées. Ainsi, lors des Stades Nautiques, les départs s’effectueront sous pavillon noir et une Super Finale viendra départager les champions de la journée.

Avec l’instauration du pavillon noir lors des régates de stades nautiques, l’erreur n’est plus permise ! Dès lors, un bateau qui anticipe un départ est tout simplement disqualifié.

Quant aux premières places de la journée, elles se joueront sur une seule course, la Super Finale. Elle confrontera à l’issue des qualifications les six meilleurs Teams, dont les compteurs seront remis à zéro au départ de cette ultime régate. La journée de Stades Nautiques sera donc remportée par le premier à franchir la ligne d’arrivée de cette Super Finale.

Une nouvelle récompense : le Prix Finagaz de la Combativité.

Partant du constat que des équipages méritants n'étaient pas toujours récompensés sur le podium, ce Prix Finagaz de la Combativité sera attribué aux marins ayant réalisé une performance sportive remarquable. Il sera décerné une fois par acte et mettra à l’honneur les valeurs de la voile. Michel Desjoyeaux sera l’ambassadeur de ce nouveau prix.

Les nouveautés pour les spectateurs

Les spectateurs seront au cœur de ce Tour de France à la Voile 2016 avec des nouveautés comme la Zone Spectateurs, le live quotidien, le développement des paddocks (6 sur 9 actes cette année) ou encore les nombreux cadeaux à gagner.

 

La Zone Spectateurs sera « The place to be » pour suivre le spectacle des champions au plus près ! Avec une visibilité parfaite sur les zones de courses, cette aire de détente et de loisirs animera chaque ville étape. L’émission live quotidienne de 15h30 à 16h30 sur écran géant au cœur du village et sur le web permettra aux spectateurs de mieux comprendre la bataille nautique. Pour ce live, des consultants de renom à terre comme en mer aideront le public à décrypter les enjeux.

 

Et enfin de nombreux cadeaux à gagner.

Le Tour de France à la Voile gâte ses spectateurs sur cette édition 2016 ! Lors de chaque acte, un tirage au sort exceptionnel proposé par Triominos, Partenaire Officiel, révélera le nom du gagnant de la voiture pour le Grand Jeu du Tour. Neuf voitures sont en jeu pendant toute la durée du Tour. La Caravane Promotionnelle continuera à sillonner le littoral français pour offrir goodies et bonbons. Elle connait un fort succès depuis son lancement en 2013, avec près de 1 000 km parcourus chaque été à la rencontre du public !

 

Enfin, pour partager toujours plus d’images du Tour de France à la Voile, tous les Teams seront cette année équipés de caméras embarquées. Une nouvelle fois, ce sera la garantie de vivre au plus près des régates spectaculaires !

 

 

Tour de France à la Voile 2016 : vers un record de participation

Le 4 décembre 2015

C’est aujourd’hui au Nautic qu’a été présenté le Tour de France à la Voile 2016. Pour cette deuxième édition en Diam 24, l’événement se présente sous ses meilleurs atours. Alors que les inscriptions ne sont ouvertes que depuis un mois, 31 teams ont déjà annoncé leur engagement. Et plusieurs autres candidats sont encore sur les rangs, à la recherche du financement nécessaire.

Le succès de la nouvelle formule du Tour lancée l’an dernier suscite donc l’adhésion des coureurs, de leurs sponsors et des partenaires de l’événement mais aussi des collectivités. « Toutes les villes hôtes de l’édition 2015 ont demandé à recevoir de nouveau le Tour de France à la Voile à très court terme, ce qui est révélateur de la dynamique nouvelle de l’événement » a expliqué Jean-Baptiste Durier, directeur du Tour de France à la Voile devant près de 300 personnes massées ce matin pour découvrir le parcours et les nouveautés de l’édition à venir.

L’esprit du Tour réitéré

Les équipes d’Amaury Sport Organisation ont réussi à changer le visage de l’épreuve l’année dernière sans dénaturer ce qui fait la spécificité sportive du Tour de France à la Voile, à savoir rassembler des marins de tous horizons. Ce sera encore le cas cette année avec une mixité qui montre à quel point l’événement est attractif.

Pour preuve, la plupart des Teams présents l’an dernier vont se représenter sur la ligne de départ l’été prochain. C’est le cas de Filière Team France, l’équipe de Franck Cammas, qui défendra les chances françaises sur la prochaine Coupe de l’America, et qui alignera cette année un Team de jeunes espoirs. Fred Guilmin et Damien Iehl, troisièmes l’an passé, s’élanceront en 2016 sous les couleurs de Crédit Mutuel Bretagne aux côtés de Nicolas Troussel, qui signe son retour sur le Tour. Quentin Delapierre et Mathieu Salomon embarqueront sur Team Lorina Golfe du Morbihan qui engage aussi un deuxième bateau avec Solune Robert et Riwan Perron. L’écurie Spindrift est actuellement sur l’eau, pleinement focalisée sur sa tentative de battre le Trophée Jules Verne et bénéficie quant à elle d’une place réservée en tant que tenante du Titre. Elle annoncera son programme sportif 2016 à l’issue de son tour du monde.

Par ailleurs, les jeunes de l’APCC défendront à nouveau les couleurs de leur club tout comme Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), Aurélien Ducroz (COVED), Fred Duthil (Grandeur Nature Véranda), Damien Seguin (Fondation FDJ), Benoit Champanach (Accor Hôtel Natixis Yacht Club Saint-Lunaire), Emeric Dary (Dynamique Homkia), Sébastien Rogues (Team Engie), Charles Hainneville (Installux Aluminium), Loic Féquet associé à Franck-Yves Escoffier (SNBSM Espoir Compétition Saint-Malo), Arnaud Daval (Techneau) ou Daniel Souben (Extrem Team Morbihan). Dunkerque Voile et West-Courtage auront eux aussi de nouveau un Diam 24 à leurs couleurs en 2016.

De nouveaux teams au RDV

D’autres projets ont vu le jour et viennent gonfler les rangs des premiers inscrits: Trésors de Tahiti, VDC Offshore, Colombus Café, le projet mené par le Centre d’Entrainement Méditerranée, Normandy Elite Team au féminin, Marc Thiercelin (Flying boat by Thiercelin), Ile de France – CVSQ, Team Terrillon Avocats, Reel / PGO Automobiles, ORPI Sailing Team, les Anglais de Team Concise, les Belges de BE Bruxelles et les Omanais de Oman Sail qui font leur retour. De nouveaux visages se présenteront donc sous l’objectif des photographes et des cameramen aux côtés de ceux qui ont fait le show l’an dernier.

La liste des engagés s’allongera dans les prochains mois, avec par ailleurs 4 wild cards disponibles pour des projets hors Union Européenne. Mais cette première mouture à 7 mois du départ, déjà plus importante que les 28 Teams engagés l’an dernier, est révélatrice d’un événement en pleine expansion. « Voir que le Tour éveille l’intérêt de tant de marins est une réelle satisfaction. Cette nouvelle formule a été pensée avec eux et pour eux. Nous sommes donc ravis de la perspective d’accueillir encore plus de Teams cette année ! » commente Jean-Baptiste Durier.

Trois nouveaux actes iconiques

Le 4 décembre 2015

Le Tour de France à la Voile attire toujours plus de candidatures de nouvelles collectivités. Dans le cadre du renouvellement du parcours par tiers, le Tour fera son retour devant les falaises de Seine-Maritime, à Dieppe cette année. Et puis les Diam 24 découvriront deux nouveaux actes offrant des paysages parmi les plus remarquables du littoral français : direction la Bretagne-Sud, d’abord, et le site mythique de Baden-Golfe du Morbihan, devant l’Ile aux Moines. Sur la Grande Bleue, ensuite, la nouveauté sera Hyères et ses îles mythiques, dont Porquerolles, au cœur de l’agglomération Toulon Provence Méditerranée. Le parcours comptera comme chaque année 9 actes, avec une forte consonance Méditerranéenne en 2016. « Nous nous devons comme chaque année d’insister sur certaines parties du littoral, essentiellement pour des raisons de cohérence sportive et logistique, dans le cadre imposé des 3 semaines de courses, tout en restant par ailleurs fidèles à notre principe d’équité entre les différentes façades maritimes sur plusieurs éditions » a rappelé Jean-Baptiste Durier ce matin. Les autres actes de ce Tour 2016 étaient déjà villes-étapes l’an dernier : Dunkerque, Roscoff, Roses, Gruissan, Marseille et Nice, qui accueillera la Grande Arrivée pour la troisième fois consécutive.

Ce qui a guidé ces villes dans leur volonté de retrouver les Diam 24 cet été, c’est essentiellement le nouveau dynamisme généré par l’épreuve. Le spectacle en mer, tout près des côtes et le grand Village Animations font partie des points clés pour les collectivités comme l’explique Jean-Paul Chapalain, Président de la CCI de Morlaix : « Le port de Plaisance de Roscoff devient un lieu privilégié pour le Tour de France à la Voile puisqu’il va accueillir l’épreuve pour la troisième fois consécutive. Le succès, en 2015, était encore au rendez-vous, et les Diam 24, qui peuvent naviguer très près des terres mettent parfaitement en lumière notre magnifique côte nord du Finistère. Le spectacle offert l’an dernier autour de l’île de Batz était somptueux et l’intensité de la régate nous a éblouis. Grâce au Tour de France à la Voile, la vie est aussi à terre et le village animations attire de nombreuses familles. C’est ce qui nous fait tant apprécier cet événement ».

Village grand public, caravane publicitaire, animations sur les plages, le Tour de France à la Voile a touché 25 000 contacts lors de chacun de ses actes, en 2015, avec un allongement de la durée de présence des spectateurs, relevé par une enquête terrain de TNS Sofres, de 2 à 3 heures, signe d’un contenu sportif et d’animations à terre toujours plus riches.

Un tour, des nouveautés

Le 4 décembre 2015

Le Tour de France à la Voile va continuer sa mutation cette année, suite aux enseignements de la première édition 2015 de « Révolution » et pour répondre aux enjeux posés par sa forte croissance.

Notons par exemple que la logistique nautico-terrestre va être optimisée, avec des moyens humains et matériels doublés, pour encore améliorer la fluidité des opérations techniques des spectaculaires « Paddocks ».

Aux côtés d’autres innovations et investissements à venir, certaines règles vont aussi évoluer. Par exemple, afin d’améliorer la lisibilité pour le public, l’enchaînement des régates et la dramaturgie, les départs des courses de Stades Nautiques seront automatiquement donnés sous pavillon noir, tout faux départ étant désormais éliminatoire, à l’image de ce qui se pratique dans d’autres sports comme en athlétisme ou en natation. Par ailleurs, le nombre d’arbitres sur l’eau sera augmenté de manière significative, avec notamment l’intégration de Juges internationaux, pour permettre, lors des stades nautiques, aux deux groupes de courses de qualifications d’encore mieux s’enchainer, voire de se chevaucher légèrement, afin d’offrir un spectacle encore plus dense et continu aux spectateurs.

Enfin, la volonté de l’organisateur est d’engager toujours plus le public sur le volet sportif de l’événement. L’une des innovations phares cette année pour faciliter la compréhension des spectateurs est la mise en place d’une Super-Finale qui concluera les jours de stade nautique. A l’issue des courses de qualifications, seuls les six meilleurs teams resteront sur l’eau pour disputer cette Super-Finale, au départ de laquelle les compteurs seront remis à zéro. Les six premières places du jour se joueront donc bel et bien sur une seule course, ce qui est inédit dans un sport qui privilégie d’habitude les moyennes sur plusieurs régates. Le premier qui franchira la ligne gagnera donc tout simplement la journée. La tension ou pression sur l’eau n’en sera que plus forte, le droit à l’erreur interdit et ce nouveau système, un régal pour le public, mais aussi pour les médias, qui pourront expliquer plus facilement les enjeux et les classements de fin de journée. « Le Tour est un événement en mouvement. Nous innovons constamment dans le but de satisfaire coureurs, collectivités, partenaires, médias et public, qui nous le rendent bien. Le Tour a fait sa Révolution en 2015, la Révolution est désormais, et plus que jamais, en marche ! » conclue Jean-Baptiste Durier.

Tour 2015, une première réussie

Le 26 juillet 2015

La mutation séduit les marins

Il y a toujours un risque à mener une révolution, aussi positive soit-elle. Du choix du Diam 24 au changement de programme sportif, qui favorise désormais les raids côtiers au détriment des parcours de ralliement et le stade nautique plutôt que des parcours techniques, le Tour de France à la Voile est entré dans une nouvelle ère, qui a séduit les marins. Cette première édition du Tour de France à la Voile en Diam 24 conforte aussi la direction de l’événement dans le virage amorcé cette année.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Marseille, le 22 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Marseille, le 22 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Quel bilan tirez-vous de cette première édition de la nouvelle formule du Tour de France à la Voile ? Jean-Baptiste Durier, directeur du Tour de France à la Voile : « Les marins sont contents, les collectivités et les partenaires le sont également. Nous sommes très heureux de voir que le public accroche de plus en plus à ces régates qui se déroulent sous leurs yeux. On a aussi constaté que les gens se sont intéressés au contenu sportif du Tour. C’est le stade nautique qui a fait levier sur l’intérêt des spectateurs. On a le sentiment d’avoir posé des bases sportives pour l’avenir. Le bateau nous a rassurés également : on était en année une pour ce Diam 24. Certains se posaient des questions sur la capacité de résistance de ce bateau, avec les montages et démontages, et en fait, on n’a pas eu de retours sur la résistance du bateau. C’est un vrai point de satisfaction, car ce bateau monotype est aussi un actif du Tour. »

Comptez-vous, à l’avenir, garder ce tempo qui mène la caravane dans une nouvelle ville tous les deux jours ?
J.-B. D. : « On restera sur le même tempo de deux jours par ville. La question qui peut se poser est le passage à huit villes étapes au lieu de neuf, pour donner un peu d’air aux équipes. Mais ce n’est absolument pas tranché dans notre esprit. Ça fera partie des points d’échanges avec les équipes, auprès de qui nous allons mener une très grosse enquête de satisfaction à l’issue du Tour. Nous nous rendons compte que certains teams sont très fatigués et que d’autres pourraient encore tenir une semaine. Il faut parvenir à déterminer si c’est le rythme de la caravane qui pose problème, auquel cas il faudrait trouver les réponses à ce problème intrinsèque, ou si c’est une question de structuration des équipes. Certaines équipes amateurs, comme Dynamique Voile / HOMKIA, parviennent à embarquer dans l’aventure des copains qui participent au montage et démontage des bateaux, aux transferts, ce qui permet aux navigants de se reposer. On ajustera le curseur en fonction de la majorité, tout bêtement, parce qu’on construit ce Tour avec les équipages. Ils nous ont fait confiance pour cette bascule dans la révolution et on sait qu’ils sont de vrais partenaires. »

Il a pu se poser des questions sur les règles de jauge durant le Tour. Avez-vous prévu de travailler sur ce point ?
J.-B. D. : « Nous ne sommes pas à la manœuvre : il y a une classe, celle des Diam 24, et c’est à elle de travailler sur la jauge, si elle le juge nécessaire. »

Le format du stade nautique a apporté la voile au grand public, mais y-a-t-il des moyens, des formules sportives, qui permettraient à tous de comprendre instinctivement ce qu’il se passe sur l’eau ?
J.-B. D. : « Il y aurait une façon de rendre plus lisible ces stades nautiques. On ne ferait que des courses de qualification, on oublierait le système des finales Or et Argent avec les points qui se compilent au fil de la journée, et on garderait un très petit nombre de bateaux (5, 6 ou 7). Du 8e au 28e , les bateaux repartiraient au port avec les points attribués en fonction de leurs résultats cumulés du jour. Mais on remettrait à zéro le compteur des qualifiés qui régateraient pour les places de 1 à 7. Ainsi, la finale serait bien plus lisible : le premier de la finale remporterait la journée. Il y aurait de la dramaturgie. L’idée semble rassembler les skippers : s’il n’y a pas un trop grand nombre de bateaux finalistes, l’enjeu resterait limité à 5, 6 ou 7 points à perdre. A notre sens, ça rendrait lisible le stade nautique. On n’a pas franchi ce pas cette année, mais on a très envie de le faire dès l’an prochain. On va étudier ce point avec les équipages, en espérant pouvoir mettre ce format en place dès 2016. »

L’AVIS DES SKIPPERS :

Bernard Stamm (skipper de Cheminées Poujoulat) : « Le Tour de France est un très bel évènement et sa formule spectaculaire a beaucoup plu aux quelque mille invités de Cheminées Poujoulat (salariés, clients, partenaires), d’autant qu’il les a mené dans les endroits où ils ont peu l’habitude d’aller tel que Gruissan, Marseille et Nice. »

Antoine Carpentier (skipper de Le Souffle du Nord) : « C’est un gros changement par rapport au Tour de l’an dernier, mais je ne suis pas nostalgique. Nous ne pouvons pas naviguer de nuit avec nos Diam 24, mais nous avons préparé les raids côtiers comme d’antan. C’est un peu la même gymnastique d’esprit et ce format est agréable. »

Nicolas Bérenger (skipper de Beijaflore Sailing) : « L’ancienne formule ne me manque pas : on a tous ses avantages sans ses inconvénients. On navigue toujours dans les cailloux, mais on ne se fait plus déchirer le ventre par le rappel pendant toute la nuit. Beaucoup de choses rendent ce Tour plus intéressant, à commencer par le bateau. Je crois que c’est beau depuis la terre mais, même à bord, on vit aussi ce côté spectaculaire. Le gros point positif de l’organisation, pour nous, c’est le service de restauration qui a été mis en place dans le paddock : il nous fait gagner énormément de temps alors qu’on est sur un timing très serré. Cela nous évite d’avoir à aller chercher à dîner, à faire des courses. Et, côté visibilité, le retour sur investissement est énorme. »

Gwen Gbick (skipper de Made in Midi) : « Ce sont des bateaux qui glissent, qui volent, sur lesquels il faut être à l’affût quand rentre du vent un peu fort. Les stades nautiques offrent à voir des formats serrés qui envoient du spectacle et des croisements chauds ! »

Alain Daoulas (lieutenant de vaisseau, en charge de la voile sportive à l’Ecole navale) : « Les champions sont désormais visibles, le stade nautique est devenu une arène de F1, il y a un retour sur investissement immédiat puisqu’on sait qui fréquente les plages et les médias… Certes, le Tour n’est plus fait de course au large au sens littéral, certes le format est adapté pour répondre à des heures de départ et d’arrivée certaines, mais c’est dans l’air du temps. Il faut en être. »

Xavier Revil (skipper de Spindrift) : « Je veux aussi tirer un coup de chapeau à ASO, qui a superbement géré ce Tour alors que personne ne savait vraiment comment ça allait se passer avec les montages et démontages des bateaux. On était tous assez inquiets et ça s’est passé dans la bonne humeur, ça coulait, c’était un vrai plus. On était organisé en interne, mais ça a été plus facile, on ne s’est jamais senti fatigué par ça, parce que les parkings et toute l’organisation coulait facilement. C’était une belle et grosse caravane. »



Spindrift, grand vainqueur du Tour de France à la Voile 2015 !

Le 25 juillet 2015

Après sa fantastique victoire sur le raid côtier de Nice, vendredi, Spindrift remporte le 38e Tour de France à la Voile, ce samedi, tandis que la journée de régates en stade nautique a dû être annulée, les vents ayant empêché les régates d’aller à leur terme.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Nice, le 25 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Nice, le 25 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Jean de la Fontaine aurait vécu assez longtemps pour connaître cette 38eédition du Tour de France à la Voile, c’est- à-dire 394 ans, il aurait été contraint de revoir la conclusion de la fable Le Lièvre et de la Tortue et de moraliser que rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir.

C’est bien ce qu’a fait Spindrift durant ce Tour de France. Jamais décrochée, mais parfois ballottée, l’équipe composée de Xavier Revil, François Morvan, Thierry Douillard, Matthieu Vandame et Fred Moreau a souvent connu des hauts, et parfois des bas. Son début de Tour, notamment, fut légèrement heurté : 14e du raid côtier de Fécamp, elle terminait aussi dans le peloton du stade nautique de Pornichet à la 8e position. Alors relégués à la quatrième place du classement général, les Men in Black se secouaient et, en état de grâce, François Morvan imposait son coup de barre à toute la flotte lors du raid côtier de Roscoff, puis dans le stade nautique. Une nouvelle victoire lors du raid des Sables d’Olonne, puis une autre à Roses, suivie d’une deuxième place dans le stade nautique catalan permettait au Diam noir de recoller au leader, piégé par les vents capricieux de la Costa Brava (19e).
Lorsqu’il raconte les soubresauts par lesquels Spindrift est passé au cours de ce Tour de France, Xavier Revil a l’œil embué, et pas seulement par le mélange de sel et de crème solaire qui lui brûle la rétine. Emu, il raconte : « On a su ne pas se démobiliser malgré les points de retard qu’on avait sur le leader à un moment donné. Je tire un grand coup de chapeau à toute l’équipe, cette grande équipe qui a montré qu’elle était capable de tenir le choc jusqu’au bout. Je suis tellement heureux qu’on ait réussi àrester soudés jusqu’au bout pour aller remporter cette grande victoire. Ça a été difficile, à un moment donné, mais on savait qu’il se passe toujours quelque chose sur le Tour quand on aborde la Méditerranée. Et puis on a eu des moments difficiles sur des raids, mais il n’y avait pas de raison que les autres y échappent. » Ce fut le cas, une deuxième fois sur le raid côtier de Nice, « moment de symbiose » comme se plut à nommer Thierry Douillard cette victoire de stratèges. Et Spindrift, qui comptait jusqu’alors 13 points de retard sur la tête, profita aussi de la faillite du leader, Groupama, piégé une nouvelle fois en Méditerranée (14e).

Samedi, pas de Promenade des Bretons

Restait alors à disputer ce stade nautique le long de la Promenade des Anglais. Annoncée comme une séance de tirs au but, la journée accoucha d’un match nul. Pas assez de vent le matin, trop de vent l’après-midi… Il n’y a pas que la canicule qui sévit sur Nice ce samedi. Comme prévu, à 13 heures, le vent bascula en ouest sud-ouest, se renforçant tellement que, conjuguée à une mer formée, elle priva la flotte de jouer la finale. « Le vent est rentré, mais trop fort, concéda Pierre Pennec, le barreur de Groupama. Le comité de course a eu raison d’annuler la journée, parce qu’il y aurait eu beaucoup de bateaux sur le toit, et probablement des blessés. » Le chavirage d’Engie, lors de la dernière manche de qualification courue, rappela justement le comité d’organisation à la plus grande prudence.
Jamais en tête du classement général jusqu’alors, Spindrift ne s’impose pas aux points, puisque Groupama en compte également 747 au classement général final, pas non plus au nombre de victoires d’étapes, puisque les deux bateaux en comptent cinq chacun, mais au nombre de deuxièmes places : trois pour Spindrift contre deux pour Groupama.

Vannes Agglo sacré en amateur

Trois points derrière, CombiWest complète le podium après avoir brièvement dominé le classement général après Roses. La quatrième place échoit à l’équipe amateure Vannes Agglo – Golfe du Morbihan, victorieuse de son classement et venue coiffer sur le fil l’équipage de Grandeur Nature Véranda, skippé par Frédéric Duthil. Crédité de ce qui doit être la meilleure progression sur l’ensemble du Tour, Prince de Bretagne termine 6e, devant un gruppetto bien dense.



Retrouvez toutes les déclarations des marins dans la news précédente. 


ILS ONT DIT

Le 25 juillet 2015

Retrouvez les réactions des marins pour l'arrivée

Retrouvez les réactions des marins à l'arrivée de ce Tour de France à la Voile 2015.



Xavier Revil (co-skipper de Spindrift) :
« Ce nouveau format du tour de France à la voile a été une grande réussite. On a tous envie de ramener la voile près du public. C’est un sport magnifique et j’espère que les gens qui nous regardaient depuis la plage ont pris beaucoup de plaisir. On montre que le Tour, c’est du sport, de l’engagement Je crois qu’on a pu montrer ça au grand public. Ça vaut le coup d’être leader à l’avant-dernière journée ! (rires).
Mais on ne sait jamais trop ce qu’il faut faire, s’il faut contrôler un bateau, deux bateaux, ou pas du tout… On aurait préféré avoir en permanence des points d’avance, mais on s’est montré qu’on n’était pas si mal dans la position du chasseur, plutôt que du chassé. On a su ne pas se démobiliser malgré les points de retard qu’on avait sur le leader àun moment donné.
Je tire un grand coup de chapeau à toute l’équipe, cette grande équipe qui a montré qu’elle était capable de relever ce défi. Je suis tellement heureux qu’on ait réussi àrester soudés jusqu’au bout pour aller remporter cette grande victoire. Ça a été difficile, à un moment donné, mais on savait qu’il se passe toujours quelque chose sur le Tour quand on aborde la Méditerranée.
Et puis on a eu des moments difficiles sur des raids, mais il n’y avait pas de raison que les autres y échappent. Ça se joue sur la fin, au final, il nous a juste fallu attendre le retour de la réussite. On y a toujours cru. Toujours. C’est un projet qui a été mis en route par Dona Bertarelli et Yann Guichard en décembre. La mission qui nous était confiée était, clairement, d’aller chercher la victoire. Je suis très content d’y être allé, d’avoir réussi à mener à bien ce projet. J’ai eu Yann (Guichard) au téléphone dès l'arrivée qui était très ému et très fier de notre résultat, mais il nous a soutenu et suivi tout au long de ce tour de France à la voile et a su prendre les décisions stratégiques qui s'imposaient pour le gagner. On s’est battu toute la saison avec Groupama et CombiWest. Ils ne nous ont pas facilité la tache. On savait que le Tour se jouerait entre ces trois bateaux, on s’est échangé les places de bout en bout. Vraiment, c’est le professionnalisme de l’équipe qui fait qu’on a eu les ressources pour tenir la distance de bout en bout. Je voulais aussi tirer un coup de chapeau à ASO, qui a superbement géré ce Tour alors que personne ne savait vraiment comment ça allait se passer avec les montages et démontages des bateaux. On était tous assez inquiets et ça s’est passé dans la bonne humeur, ça coulait, c’était un vrai plus. On était organisé en interne, mais ça a été plus facile, on ne s’est jamais senti fatigué par ça. C’était une belle et grosse caravane. »


Pierre Pennec (barreur de Groupama) :
« Je veux évacuer la frustration et ne pas me laminer la tête pour rien. C’était un beau Tour de France à la Voile, avec de belles conditions pour régater, avec un bon niveau. J’ai la chance de faire partie du projet Groupama Team, qui estun beau projet, j’ai eu la chance de naviguer avec de super mecs ; c’était chouette de faire le Tour de France et toute la saison de Diam avec Groupama. On voulait vraiment le gagner, on termine deuxième, àégalité. On perd trente points sur deux raids côtiers en Méditerranée qui étaient foireux, celui de Gruissan et celui de Nice.
Sur le reste du Tour, je pense qu’on a bien navigué surtout dans les moments importants, les points décisifs, on a su marquer ces points là. Je suis déçu parce que je voulais vraiment gagner ce Tour, mais on n’a pas toujours ce qu’on veut. On reviendra pour le gagner. Voilà. Je n’ai pas envie de laisser de la place à la déception. Les conditions ont d’abord été belles, avec une belle mer, puis le vent est rentré, mais trop fort. Le comité de course a eu raison d’annuler la journée, parce qu’il y aurait eu beaucoup de bateaux sur le toit, et probablement des blessés. Je pense que ça ne passait réellement pas. C’est dommage que le vent ait viré si fort, parce que les premières régates étaient vraiment sympas, on avait bien géré la nôtre et j’aurais vraiment aimé qu’on s’offre une finale face à Spindrift, avec une vraie intensité. Terminer deuxième ex æquo avec le premier, c’est intéressant et on voit bien où sont les points qui nous manquent. Je n’ai vraiment pas envie de penser à ça, mais plutôt à nos cinq victoires et à nos deuxièmes places, aux belles manches qu’on a gagnées et aux courses d’avant-saison qu’on a remportées. Il y a eu des moments de grande régate : quand on colle six minutes au deuxième, àPornichet, sur le raid côtier. On allait à une vitesse folle, on gérait super bien le plan d’eau. Il y a aussi le stade de Gruissan : après la première manche où on se plante, on remporte trois régates et on finit avec une troisième place. Dans ces cas là, soit on s’écroule, soit on relève la tête. Pour moi, ça a été un grand moment du Tour. Je veux aussi me souvenir des  beaux endroits où on a navigué, Fécamp, Roscoff, Marseille, et à cette très belle équipe, à terre comme en mer. »

Matthieu Salomon (co-skipper de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan), 4e du Tour et vainqueur du classement amateur :  
« On a gagné et gardé la quatrième place au classement général, c’est une super récompense, pour un premier Tour de France. On en gardera de super souvenirs, on s’est confronté à l’élite de la voile française et c’était une super expérience pour nous. On est ravi d’être quatrième du classement général et vainqueur du classement amateur. On s’est très bien entraîné cet hiver avec Daniel Souben, et puis je pense que le fait qu’on soit une équipe de potes nous a aidés. On n’a jamais eu de pression, on faisait ça entre amis qui avaient déjà navigué à très bon niveau ensemble. Du coup, on a pris du plaisir sur
l’eau et, quand on prend du plaisir, on performe. C’est une machine vertueuse qu’on a su mettre en place, même si on a eu un peu de mal par moments, avec quelques passages à vide. On reviendra, c’est sûr, parce que Team Vannes Agglo a monté un projet pour trois ans et on sera là l’an prochain avec pour ambition de monter sur le podium. C’est ambitieux, mais on va se préparer pour ça. »

Didier le Vourc’h (régleur de Prince de Bretagne) :
« On prend une des places les plus convoitées du Tour, et on s’est bien battu pour aller la chercher. Pour faire mieux, il aurait fallu se réveiller plus tôt, mais c’est comme ça. On s’est bien régalé en Méditerranée, on a pris énormément de plaisir, on a bien navigué. Pour l’anecdote, on termine en gagnant la première manche du jour, comme à Dunkerque et, comme à Dunkerque, la journée est annulée. Est-ce qu’il faut y voir un signe ? (rires). »


François Morvan (co-skipper de Spindrift) :
« C’est un scénario incroyable ! On est vraiment content. Même si on a été un peu en difficulté au milieu du Tour, on s’est toujours battu, on a toujours donné le meilleur de nous mêmes sur le bateau et on a toujours fait en sorte que le bateau soit performant.
Aujourd’hui, cela a été long d’attendre que le vent rentre et, ensuite, long d’attendre pour savoir si ça allait continuer ou pas. Sur les deux manches aujourd’hui on fait 2e et 1er et on attendait qu’ils lancent la deuxième manche de qualification pour le groupe de Groupama. Mais avec nos résultats, comme il a fait 3e de sa première manche, c’était réglé de toutes façon, même s’il pouvait gagner la suivante. On est vraiment content d’avoir gagné. Je suis ravi pour Yann (Guichard) et Dona (Bertarelli) qui nous font confiance et qui nous ont donné la possibilité d’être au top sur l’eau. Merci à toute notre équipe à terre. Le plus, c’est le suspense jusque la fin. Et le moins… Quand on gagne, c’est dur de trouver des moins. C’est vrai que le rythme est soutenu mais, comme Groupama, on a la chance d’avoir une super
équipe à terre et de tourner à deux barreurs. Je pense que ça nous apporte un peu de fraîcheur en fin de Tour. »


Quentin Delapierre (co-skipper de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan) :
« Mon seul regret, c’est peut-être le Raid de Gruissan. On était dans le coup, mais on fait une erreur, sans doute due à notre manque d’expérience, et on termine 18eau lieu d’être dans les cinq premiers. C’est là qu’on a vu s’éloigner nos chances de podium. Mais on va revenir avec le couteau entre les dents l’année prochaine pour jouer le général. » 

Spindrift remporte le Tour de France à la Voile !

Le 25 juillet 2015

Après sa fantastique victoire sur le raid côtier de Nice, vendredi, Spindrift remporte le 38e Tour de France à la Voile, ce samedi, tandis que la journée de régates en stade nautique a dû être annulée, les vents ayant empêché les régates de se tenir jusqu’à leur terme.


Pas assez de vent le matin, trop de vent l’après-midi… Il n’y a pas que la canicule qui a sévi sur Nice ce samedi. Comme prévu, à 13 heures, le vent a basculé en ouest sud-ouest et s’est sérieusement renforcé au cours de l’après-midi, au point que, avec une mer bien formée, le plan d’eau est devenu impropre à la navigation. Le chavirage d’ENGIE, lors de la dernière manche de qualification courue, est venu rappeler le comité d’organisation à la plus grande prudence.

Spindrift remporte donc le Tour de France à la Voile après s’être emparé de la tête hier, vendredi, au terme d’un raid dominé de bout en bout, tandis que Groupama peinait et préservait son égalité de points avec le nouveau leader en prenant la 14e place.
Jamais en tête du classement jusqu’alors, Spindrift s’impose au nombre de deuxièmes places : les deux bateaux avaient aussi remporté le même nombre de raids et de stades nautiques.
Comme hier, CombiWest grimpe sur la troisième place du classement général. Quatrième, Vannes Agglo – Golfe du Morbihan est un splendide vainqueur du classement amateur.

FLASH INFO

Le 25 juillet 2015

Pas de vent ce matin, trop de vent ce soir

Le comité de course a finalement décidé d'annuler la 2e manche du groupe gris et, donc, d'annuler cette journée de régates en stade nautique. C'est donc Spindrift qui, au regard du classement général d'hier, remporte le Tour de France à la Voile 2015 !
Un point sur la règle qui permet de différencier Spindrift de Groupama, à égalité de points : les deux ont remporté autant de journées de régates l'un que l'autre, mais Spindrift a terminé 3 fois deuxième, soit une de plus que Groupama. Plus d'infos à venir !

Nice, le dernier Acte en temps réel !

Le 25 juillet 2015

Suivez le stade nautique manche après manche

Spindrift et Groupama a égalité de points après 17 jours de compétition, CombiWest à l’affût, à trois points, un match pour la 4 place, un autre pour la 6e… Cette journée en stade nautique est à suivre ici, sur www.tourvoile.fr !

Manche après manche, retrouvez le point sur les différentes batailles navales, et les projections sur le classement final.

Groupe Jaune, manche 2 :
- Grandeur Nature Véranda remporte la manche
- Spindrift attaque le bord de près au large (si si) en 8e position. L'enroulé de bouée est tellement parfait que le Diam noir sort de la porte en 2e position, passe la porte sous le vent en première position et se fait croquer après le dernier crochet par la bouée noire par Grandeur Nature Véranda. Spindrift fait une nouvelle fois 2e, prend la tête de son groupe et provoque encore Groupama, qui court d'ici quelques instants !
- Vannes Agglo - Golfe du Morbihan, 4e, minimise l'impact de la victoire de Grandeur Nature Véranda.
- Incident pour Engie qui chavire et Armor Lux, qui ne terminent pas la manche.


15h15 - Groupe Gris, manche 1


. Victoire de Prince de Bretagne, qui prend un avantage supplémentaire dans sa conquête de la 6e place du général.

. Quel combat entre le 2e et le 3e ! Intox et bras de fer avant la ligne de départ entre Groupama et CombiWest ! Au premier départ, Groupama tente de bloquer CombiWest en venant serrer le Diam barré par Damien Iehl, mais il y a un rappel général. Bis repetita sur le second départ, mais Groupama, CombiWest et Radio Vinci Autoroute se prennent un OCS (départ volé) et sont contraints de laisser passer la flotte devant eux au passage de la première bouée. Bien inspiré, Pierre Pennec vient patienter sous le vent, tandis que CombiWest prend l'option au vent, mais se fait bloquer par la flotte. Sur un bord de près tonitruant et le choix de la bouée de droite, à la porte sous le vent, Groupama gomme la quasi-totalité de son retard. Seul Prince de Bretagne ne se fait pas croquer comme une tomate cerise. Groupama coupe la ligne d'arrivée en 2e et répond ainsi à Spindrift !


14h30 - Groupe Jaune, manche 1

Victoire de Vannes Agglo - Golfe du Morbihan, qui conforte son avantage sur Grandeur Nature Véranda, 10e de la manche, dans la conquête de la 4e place du général.

13h00 - La bascule de vent est à l'heure et elle ne permet pas, pour l'heure, de lancer les premières manches du jour.

12h45 - Deux groupes de 14 Diam vont régater alternativement.
Dans le groupe Jaune : Spindrift, Vannes Agglo, Grandeur Nature Véranda, PRB, Sodebo, Armor Lux, lafrancedunordausud.fr, Armor Lux, Dunkerque Voile, Team OZ, 30 Corsaires, Accord/Natixis/YCSL et Engie.
Dans le groupe Gris : Groupama, CombiWest, Beijaflore, Prince de Bretagne, Maître Coq, Radio Vinci Autoroute, Le Souffle du Nord, Dynamique Voile / Homkia, Techneau, West Courtage - Ecole Navale, Lorina, Cheminées Poujoulat.

12h45 - Les conditions de vent annoncées par Météo France : clair à peu nuageux avec des risques d’orage en fin de journée. Vent s’orientant secteur sud est à 4/8 nœuds, revenant temporairement est entre 13 et 14 heures, virant brutalement ouest sud-ouest à 8/13 nœuds avec des rafales à 20 nœuds après 14h.

Avant le départ de ce stade nautique, voici la situation au classement :

1er – Spindrift 747 points
2e – Groupama 747 points
3e – CombiWest 744 points
4e – Vannes Agglo – Golfe du Morbihan 704 points
5e – Grandeur Nature Véranda 694 points
6e- Prince de Bretagne 666 points
7e – Beijaflore 659 points
8e – PRB 651 points
9e – Lafrancedunordausud.fr 649 points
10e – Maître Coq 641 points


Les mots du matin

Le 25 juillet 2015

« On ne pouvait espérer meilleur scénario »

Groupama et Spindrift à égalité de points en tête, CombiWest en embuscade et des organisateurs ravis du scénario, et inquiets des bascules de vent : voici l’ambiance en ce jour de stade nautique à Nice, pour l’ultime régate du 38e Tour de France à la Voile ! 


Frédéric Guilmin (skipper de CombiWest) :
« On est plutôt d’attaque, on est dans la position de celui qui n’a rien à perdre : on finit au pire troisième, on n’a plus qu’à attaquer. Ça va saigner ! »

Pierre Pennec (barreur de Groupama) : « Il y a une manche VIP, ça ne sert à rien de brûler de l’énergie trop vite. J’attends de voir la météo, et j’espère que le vent va se caler, pour qu’on puisse disputer des manches aujourd’hui. »

François Morvan (barreur de Spindrift) : « On est comme les autres matins, détendus. On a le briefing, il y a des choses à faire, on essaie de ne pas trop penser à la régate, de rester dans ces routines qui nous ont plutôt bien réussi. On ne va pas changer les trucs qui marchent et courir le risque de perdre de l’influx. »

Jean-Baptiste Durier (directeur du Tour) : « Il était quasiment impossible d’espérer meilleur scénario, sinon avec CombiWest ) égalité de points avec Spindrift et Groupama. Mais ç’aurait été faire la fine bouche. J’avais dit, avant le départ, que ce Tour serait fabuleux si la victoire se décidait à Nice, et on y est. Trois bateaux peuvent gagner, on ne peut pas rêver mieux en tant qu’organisateur. On souhaite le meilleur à chacun des trois et il ne faut pas oublier qu’il y des luttes à tous les niveaux : pour la 4e place et pour la 6e place, qu’ils sont plusieurs à se disputer. Ça va être tendu sur l’eau, c’est ce qu’on espère toujours quand on aime le sport. »

Christophe Gaumont (directeur de course) : « C’est le bouquet final oui, mais il faut prendre garde à ce que cela ne change rien pour nous, dans l’organisation en mer de la régate. L’enjeu sportif ne doit pas nous faire changer notre façon de faire. On est dans une situation météo super compliquée avec une bascule de vent à 190°, ce qui est considérable, avec du fond, on s’est préparé et on va gérer. L’enjeu sportif ne doit pas prendre le pas sur ce qu’on a à faire. Il y a du suspense, oui, mais on doit faire abstraction de l’enjeu, de qui va gagner : on fait notre travail comme les autres jours. »

Nice, la lutte finale !

Le 25 juillet 2015

Stade nautique à partir de 11h30

Vents complexes et pronostics impossibles : voici le programme de cette journée de stade nautique à Nice, ultime journée de compétition de ce Tour. Le village du Tour est situé à l’est de la Promenade des Anglais.

LE PROGRAMME SPORTIF

08h30 – Mise à l’eau des bateaux
11h30 – Stade nautique. La météo : clair à peu nuageux avec des risques d’orage en fin de journée. Vent s’orientant secteur sud est à 4/8 nœuds, revenant temporairement est entre 13 et 14 heures, virant brutalement ouest sud-ouest à 8/13 nœuds avec des rafales à 20 nœuds après 14h.
11h30 – Phase de qualification du stade nautique
15h00 – Début des phases de finale
18h00 – Remise des prix sur la scène du village animations
18h00 – Meet the skippers, sur la scène du village animations.

 

ANIMATIONS
11h00 : ouverture du village Animations sur le port de plaisance
Exposition sur les 30 ans du Tour, démonstrations des sauveteurs en mer (SNSM), initiations aux sports nautiques avec la FFVoile, coulisses de la Marine Nationale, plaine des sports Décathlon, Accrovoile, bassin de pédalos à bras, animations jeunesse Canal J / Tiji, Stand du Journal de Mickey, aire de jeux et… Babette la Mouette !


Soirée by Lorina

20h - 21h : 1ère partie de soirée avec un groupe local

21h - 22h : 2e partie avec le groupe « Les envoyés spéciaux »

22h00 : Tirage au sort du Pass K’do

22h15 – 23h : DJ Eddy et musiciens

Et l'extraordinaire est arrivé

Le 24 juillet 2015

Vainqueur du raid de Nice, Spindrift rejoint Groupama en tête !

Que Spindrift remporte le raid côtier de Nice, vendredi, devant Radio Vinci Autoroutes et Prince de Bretagne, c'était de l'ordre du possible. Que le vent faible de la baie des Anges fasse jouer le Tour à la roulette, c'était probable. Mais que le raid entre Nice, Cap Ferrat et l'aéroport pousse le suspense à ce point l'était beaucoup moins. Spindrift, vainqueur du jour, est ce soir en tête, à égalité de points avec Groupama qui termine 14e, et au ralenti. Neuvième du raid, CombiWest est à trois points de la tête. La lutte finale, demain, sur le stade nautique, sera assurément époustouflante !

Tour de France à la Voile 2015, étape de Nice, le 24 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Nice, le 24 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Qui, à part peut-être Groupama, leader au matin de ce raid côtier, pourrait se plaindre du fantastique scénario que le Tour de France à la Voile est en train de servir ? La victoire de Spindrift, ce jour, c’est un peu le drop de 25 mètres de Jonny Wilkinson en finale de la coupe du monde 2003 pour assommer les Australiens en prolongations, un putt de 25 mètres qui rentre pour un eagle victorieux sur le trou n°18 d’un British Open, une égalisation à la 119e minute d’une demi-finale de coupe d’Europe… Un événement que chacun se prend à rêver de vivre ou de créer, mais qui n’arrive qu’en de rares instants d’extraordinaire.

Spindrift, bien sûr, n’a rien volé, et certainement pas cette victoire magistrale que François Morvan, Thierry Douillard et Matthieu Vandamme ont signée en suivant leur instinct. « On a été les seuls à faire ce qu’on avait dit ce matin, à savoir faire notre course sans se soucier du leader », rigole François Morvan. « On voulait vraiment partir tribord au bout, et se mettre au vent de la flotte en bâbord, parce qu’on a vu la pression descendre de Villefranchesur-mer (à l’est) sur Nice », décrypte Thierry Douillard, tacticien ravi mais encore bouillant de l’excitation de ce raid couru au ralenti. « On a vu CombiWest et Groupama aller chercher sous le vent en bâbord. Il nous restait à prendre un super départ et à faire un bon bord de près. Et notre bord de près a été fabuleux… »

Groupama et CombiWest avaient, eux, choisi l’autre côté de la ligne de départ. Décidé à ne s’en prendre qu’à luimême, Frédéric Guilmin parle d’un scénario de « petites quéquettes. On part bâbord, on fait attention à ne pas prendre de pénalité, on ne veut pas mordre la ligne, on reste un peu avec Groupama… et on part ensemble du mauvais côté. » En technicien du multicoque, rôdé au plan d’eau de Nice sur lequel il s’est imposé à deux reprises en Extrem Sailing Series, Pierre Pennec émet d’autres regrets : « Au départ, la ligne était mal mouillée : elle était très favorable à gauche. D’après nos infos météo, c’était la droite du plan d’eau qui était favorable, en direction de l’aéroport de Nice. Et aussi d’après l’expérience que j’avais de ce plan d’eau, avec cette direction de vent que j’ai connue à chaque fois que je suis venu ici. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. La gauche était plus favorable. »

Dans un air de sud sud-est bien peu fourni, le combat tourne très vite à l’avantage de Spindrift après la bouée de dégagement et le bord vers l’aéroport de Nice : « On enchaîne avec un super bord au portant, alors que les mecs revenaient sur nous, et on a su mieux exploiter les refus dans l’axe, analyse Thierry Douillard. « On n’avait pas grand-chose à perdre, justifie François Morvan, son partenaire. On risquait peu de la part du quatrième et on devait être à l’attaque face aux deux premiers, c’est exactement ce qu’il s’est passé. On a tout appliqué comme on le voulait. »

En tête d’un bout à l’autre de ce raid d’une vingtaine de milles, après avoir vécu ce que Thierry Douillard appellera « une symbiose fantastique », Spindrift s’impose après avoir résisté au retour furieux de Radio Vinci Autoroutes, 14e du classement général et particulièrement inspiré par la Méditerranée. « On arrive à passer la première bouée de dégagement pas trop mal, puis on est resté jouer avec le paquet de tête sans faire trop d’erreurs, raconte JeanBaptiste Gellée, le skipper. Puis ça s’est joué en notre faveur sur le dernier bord de vent arrière, quand la pression a commencé à s’échapper de tous les côtés et qu’il a fallu rester serein. Comme l’an dernier, on fait une bonne Méditerranée, après un départ un peu laborieux. » Très belle journée également pour Prince de Bretagne, 3e du raid et qui prend une bonne option sur la très convoitée 6e place du classement général (lire les commentaires de Didier Le Vourc’h ci-dessous). L’autre coup du jour, c’est la 6e place des amateurs de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan, qui surfent sur le coup de frein de Grandeur Nature Véranda pour s’emparer de la quatrième place du classement général.

Un temps rejeté au delà de la 20e place, Groupama résistera au retour sur la ligne de West Courtage – Ecole Navale pour prendre la 14e place… son ultime chance de partager la tête du classement général avec Spindrift qui a gommé dans la baie des Anges ses 13 points de retard sur Groupama. Neuvième du raid, CombiWest est désormais 3 e du classement général, ce qui est moins bien que la veille, mais avec trois points de retard, ce qui est beaucoup mieux qu’hier (8).

On récapitule ? Spindrift, vainqueur et Groupama, 14e , sont co-leaders, avec 747 points, suivis de près par CombiWest, 9e et qui compte ce soir 744 points, soit trois de retard. C’est bien un vent de folie qui soufflera sur la baie des Anges pour la dernière scène du dernier Acte. C’est bien une fantastique séance de tirs au but qui s’annonce dans le stade nautique. On verra bien qui aura l’audace de tenter une Panenka…

ILS ONT DIT :

Thierry Douillard (tacticien de Spindrift), vainqueur du raid et co-leader au général : « Ces journées dans les petits airs en multicoque sont difficiles, parce que la moindre variation de pression fait bouger les angles au vent. Il faut être super réactif. Le départ était stratégique, on avait bien travaillé le scénario du départ, on a vu ce que les autres voulaient faire, et on ne voulait pas faire ça, justement. On voulait vraiment partir tribord au bout, et se mettre au vent de la flotte en bâbord, parce qu’on a vu la pression descendre de Villefranchesur-mer (à l’est) sur Nice. On a vu CombiWest et Groupama aller chercher sous le vent en bâbord. Il nous restait à prendre un super départ et à faire un super bord de près. Et notre bord de près a été fabuleux, c’est un vrai régal de naviguer avec de tels équipiers, François, Xavier et Matthieu, avec un talent pareil. La journée s’est déroulée comme dans un rêve du début à la fin. Ce n’était pas évident, au moindre coup de pression, ils revenaient, et puis Prince de Bretagne a super bien navigué, Radio Vinci est aussi revenu sur la fin, mais on a su se mettre du bon côté du levier. Un régal. On était d’accord sur tout, c’était une symbiose fantastique, on a eu de super discussions à bord… Au final, on a vécu une navigation très facile. On enchaîne avec un super bord au portant, alors que les mecs revenaient sur nous, et on a su mieux exploiter les refus dans l’axe. »

François Morvan (co-skipper de Spindrift) : « C’était bien ! C’est toujours bien, une journée quand on est devant. On a tout fait comme il le fallait. Comme on l’avait annoncé ce matin, et on était les seuls à ne pas mentir, on a joué notre partition pendant que les autres ont tenté de se marquer. Mais on n’avait pas grand-chose à perdre, on risquait peu de la part du quatrième et on était à l’attaque face aux deux premiers, c’est exactement ce qu’il s’est passé. On a tout appliqué comme on le voulait, sans savoir ce que les autres allaient faire. On avait lu la ligne à gauche, la pression supplémentaire qui y arrivait, et on a bien exploité les adonnantes et refus. C’était bien. Il n’y a rien d’écrit dans ce Tour. Ce qui est bien, c’est que notre moment fort est maintenant, manifestement, et c’est le bon moment pour le connaître. Il reste le stade nautique à négocier, on est en meilleure place aujourd’hui qu’hier. »

Jean-Baptiste Gellée (Radio Vinci Autoroutes), 2e du raid : « On a fait une très bonne journée, on a remonté la flotte tout du long, on arrive à passer la première bouée de dégagement pas trop mal, puis on est resté jouer avec le paquet de tête sans faire trop d’erreurs, on a réussi à recoller aux cinq premiers. Puis, pour nous, ça s’est joué sur le dernier bord de vent arrière. Quand la pression a commencé à s’échapper de tous les côtés, il a fallu rester serein, on a un peu attaqué parce qu’on n’avait pas grandchose à faire. On fait une super Méditerranée, un peu comme l’an dernier, après un début un peu difficile. On manquait un peu de navigation. En naviguant, on continue à trouver des choses et à progresser. C’est magnifique. »

Didier Le Vourc’h (régleur de Prince de Bretagne, 3e du jour) : « Une belle journée, oui ! Ce fut intense en émotions. Ce ne fut pas facile, avec de la molle, des départs devant, des retours par l’arrière, on a quand même plutôt bien géré. Quand on passe la bouée de dégagement, on passe troisième, et on creuse un peu sur nos poursuivants. On part à trois et, à l’arrivée, on est 4e ou 5e , on fait un excellent bord de près où on dépasse à nouveau tout le monde, même Spindrift, mais on fait un petit bord de trop qui permet à Spindrift de filer vers la victoire. On aurait préféré la deuxième place qu’on a occupée longuement. Comme je suis le plus vieux, et le plus expérimenté, je suis arrivé à faire redescendre la pression dans les rares moments où elle est arrivée. »

Pierre Pennec (barreur de Groupama) : « Au départ, la ligne était mal mouillée et elle était très favorable à gauche. D’après nos infos météo, c’était la droite du plan d’eau qui était favorable, en direction de l’aéroport de Nice, d’après l’expérience que j’avais de ce plan d’eau, avec cette direction de vent chaque fois que je suis venu. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. La gauche était plus favorable. Spindrift était de ce côté et ils ont très bien navigué. Nous on a eu du mal à remonter des places et on a espéré que le vent devienne un peu capricieux et que l’on puisse remonter. Certains ont réussi, pas nous. Mais finalement qu’on reste deux points devant, deux points derrière ou à égalité, ce sera la même chose. Demain il va falloir bien naviguer. Ce scénario faisait partie des probabilités mais c’est vrai que j’aurais préféré avoir un petit coussin d’avance sur les autres, mais il ne faut pas rêver. Je ne croyais pas avoir 15 points d’avance sur les autres et me la couler douce demain. Donc ça va être une belle régate contre des concurrents doués. CombiWest et Spindrift on aussi bien navigué sur les Stades Nautiques. Ca va être serré et tendu, mais c’est ce que j’aime. Maintenant la journée est finie. On va bien rincer et ranger le bateau et demain on va attaquer à fond. »

Frédéric Guilmin (skipper de CombiWest) : « C’est rare qu’on reste calme sur le bateau et, là, étonnamment, on a maîtrisé nos nerfs. On était dans le bon sens. On était dernier après le départ, on était dernier, mais on s’est remis dans le bon bain et on est remonté. On est dans la position du mec qui n’a rien à perdre, on va prendre des risques à mort, ça a bien marché pour Spindrift aujourd’hui, qui a vécu un scénario idéal, avec départ de malade et une avance qui se creuse. Nous, nous partons bâbord, on ne veut pas prendre de pénalité, on ne veut pas mordre la ligne, on reste un peu avec Groupama et on part ensemble du mauvais côté. C’est pour nous un scénario de « petites quéquettes » (rires). Pourquoi on est 28e à la première bouée ? Pour ça : pour notre départ prudent, l’envie de rester avec Groupama et, techniquement, on pensait que le thermique allait rentrer par le large et, au final, il y a juste eu un effet de site (entre Villefranche-surmer et Nice) sur le début du bord de près, avec des rentrées d’air par la gauche. On a eu le courage de recroiser toute la flotte en jetant la première partie du parcours à la poubelle pour tenter autre chose et on est 10e à la bouée de l’aéroport. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise journée, il y a un peu des deux. Franchement, ce qui est frustrant, c’est qu’on a vraiment cru qu’on allait entrer dans les cinq dans ce raid, surtout dans la remontée au près. On était repassé de dernier à 8 ou 9e , on allait vite, on prenait les bonnes phases et, d’un coup, ça s’est arrêté. Au dernier portant, on a retrouvé la niaque, on perd des places et on en reprend deux pour finir 9e . ça n’hypothèque pas tout, mais ça aurait aidé de compter un ou deux points. »

Alain Daoulas

Le 24 juillet 2015

« Avec le Tour, on renoue avec le haut niveau »

Le lieutenant de vaisseau Alain Daoulas est en charge de la voile sportive à l’Ecole navale. Dirigeant sportif, entraîneur et conseiller technique du Centre National des Sports de la Défense (CNSD), il suit forcément de près les aventures du Diam 24 West Courtage – Ecole navale.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Les Sables d'Olonnes, le 14 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Les Sables d'Olonnes, le 14 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Comment est né ce projet West Courtage – Ecole Navale ?
Alain Daoulas :
« Ce projet s’inscrit dans la volonté de l’Ecole navale de renouer avec le Tour de France à la Voile. Il est dans la lignée du programme voile sportive de l’Ecole, tout comme le Grand Prix de l’Ecole Navale. En revenant sur le Tour, nous touchons à nouveau au haut niveau. La relation entre l’Ecole et le Diam ne date pas de ce projet, puisqu’on les a accueillis sur le Grand Prix, où il trouve un plan d’eau parfaitement adapté aux petits trimarans et, à terre, des infrastructures adaptées.

Votre équipage est issu de l’Ecole navale ?
A. D. :
Il est mixte, cette année, qu’on considère comme une année de mise en place d’un nouveau projet. On découvre le bateau et on s’appuie sur des marins du Pôle Finistère Course au large (dont le figariste Anthony Marchand, ndlr). La deuxième phase nous mènera, dès septembre, à naviguer plus fréquemment sur ce bateau en rade de Brest. Quelques uns de nos élèves sont sur le Tour de France cette année, ils sont inclus dans le team et font les manches en début de journée. Pour cette première année de mise en jambes, on a pour ambition de se comporter honorablement. Etre parmi les quinze premiers nous paraîtrait raisonnable.

Le multicoque est dans la tradition de l’Ecole navale ?
A.D. :
La sportivité est notre tradition. On a un programme de formation qui permet à nos élèves de toucher à tous les supports, et la mutation vers les multis, la grande tendance de la voile mondiale, est dans l’air du temps. Beaucoup de nos élèves ont, avant de nous rejoindre, touché au monocoque et au multicoque au cours de leurs aventures sportives.

Le point essentiel est, pour vous, la monotypie ?
A. D. :
C’est presque une éthique pour nous qui défendons l’égalité des chances. C’est notre règle d’or et on a toujours choisi ce type de bateaux, les J80, Open 5.7 et Longtze.

Quelle est la motivation des étudiants qui intègrent l’Ecole Navale ?
A. D. :
L’Ecole est une grande école de la mer. On y instruit le métier de marin. Les étudiants ont également dans leur cursus une formation d’ingénieurs : ils sont à la fois scientifiques et marins. L’idée, c’est qu’ils acquièrent autant le goût de la compétition que le goût de la mer.

Quels sont les grandes figures qui sont passées entre vos murs ?
A. D. :
Evidemment, Eric Tabarly est le plus célèbre. La voile française est toujours sous son empreinte, d’ailleurs. A l’époque du service militaire, nous avons accueilli quelques jeunes devenus renommés : Yann Elies, Vincent Riou, ou encore Sébastien Josse qui a navigué avec nos équipages. En parallèle, la Marine Nationale a pris sous sa coupe dix marins, dont Billy Besson et Marie Riou, Camille Lecointre, Sophie de Turckheim, Jonathan Lobert… Ils sont juste marins, mais quels marins !

Votre relation avec le Tour de France est ancienne ?
A. D. :
« Nous avons plusieurs victoires en catégorie Etudiants. Cette année, nous sommes la seule école présente et, avant de déclarer la suite de nos engagement, nous regardons comment se comporte le bateau. On constate déjà que le Tour est un immense succès médiatique et sportif, et on espère poursuivre la détection de jeunes talents amenés à prendre en main le bateau dans les années à venir. On découvre également ce qu’est une grosse écurie de course, avec le montage et démontage des bateaux, les transferts par la route… On analysera tout ça à la fin du Tour et on envisagera ensuite l’an prochain.  Mais on entre dans une phase importante de transformation de la voile à l’attention du grand public.

Cela vous satisfait ?
A. D. : 
Oui ! Et pourtant, cela n’a plus rien à voir avec ce qui se faisait auparavant. Les champions sont désormais visibles, le stade nautique est devenu une arène de F1, il y a un retour sur investissement immédiat puisqu’on sait qui fréquente les plages et les médias… Certes, le Tour n’est plus fait de course au large au sens littéral, certes le format est adapté pour répondre à des heures de départ et d’arrivée certaines, mais c’est l’air du temps. Il faut en être. »

Les mots du matin

Le 24 juillet 2015

« Embarque un arc et des flèches ! »

Un brin tendue, cette dernière conférence de presse d’avant raid côtier… A deux journées de la fin, les trois premiers du classement général racontent à demi-mots le combat décisif qui les attend. A côté d’eux, les meilleurs amateurs du Tour étaient bien plus détendus…

LES ENJEUX DU JOUR

Question aux trois équipes qui occupent le podium et se tiennent à peu de points : va-t-on assister à un match tactique avec un marquage en zone ou de la défense en un contre un ?

Frédéric Guilmin (skipper de CombiWest) : « Vas-y, Pierre, je te laisse répondre ! »

Pierre Pennec (barreur de Groupama) : (ironique) On va essayer de partir entre les deux bouées de départ, puis on va naviguer vers la première marque de parcours en allant le plus vite possible, et on fera la même chose vers l’autre marque de parcours... (plus sérieux) Bien sûr, on gardera un œil sur nos concurrents. S’ils viennent avec les gants de boxe, on sortira le bouclier. S’ils viennent plus armés, on s’adaptera. Notre jeu n’est pas d’attaquer et, à notre place, nos deux rivaux feraient comme nous, c’est notre place de leader du classement qui impose ce jeu. En revanche, il se pourrait que ça joue beaucoup plus entre le 2e et le 3e du Tour. Sur la ligne de départ, comme le vent va être mou, ça va déjà être compliqué de prendre les bonnes places. Si, en plus, il faut réagir en fonction des concurrents. Damien Iehl (CombiWest), qui aime bien le match race, va tenter des choses. Nous, nous aimons bien cette intensité, j’aime bien quand le combat est serré. Et puis j’aime bien le plan d’eau de Nice : j’y ai gagné deux fois en Extrem Sailing Series.

Frédéric Guilmin : « Sur un raid côtier dans la pétole, on n’a pas d’autre choix que de faire notre course. Pour les armes dont Pierre parle, je l’invite à embarquer un arc et des flèches, parce qu’on a bien envie d’être loin devant lui (rires). On ne va pas changer notre philosophie : On a un moral de combattants et on est toujours à l’attaque. A deux journées de la fin, si on commence à calculer… »

L’heure du coup d’envoi, un enjeu tactique ?

Pierre Pennec : « Il se peut qu’il n’y ait pas de vent sur la ligne, à 13 heures. Ça serait bien que le comité de course use de son droit de report et nous fasse partir quand le vent entrera, pour que cela ne joue pas trop… »

Frédéric Guilmin : « Moi, j’aime bien la ponctualité : 13 heures, c’est 13 heures, et tant pis si le vent est instable… »

François Morvan (co-skipper de Spindrift) : « J’aimerais aussi que nous débutions à l’heure, quel que soit le vent. Dans un vent instable, il peut se passer plein de choses. On trouve ça bien... »

Le match pour la 4e place

Matthieu Salomon (co-skipper de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan) : « On a grappillé quelques points sur le 4e, et on a envie d’aller le chercher. Comme dit Pierre, l’important est de faire sa course. Ça va être compliqué, dans le vent annoncé, on va rester concentré. »

Pierre Pennec : « Ça fait six mois qu’ils font du multicoque, les gamins, et ils ont sont déjà à viser la quatrième place… »

Frédéric Guilmin : « En avril, on les voyait déjà dans les probables animateurs du Tour, ils ont l’insouciance et le talent de la jeunesse, avec l’irrégularité en corollaire. On savait qu’ils seraient dans le coup. »

Quentin Delapierre (co-skipper de Vannes Agglo) : « On essaie d’avoir de l’ambition à chaque projet, et de faire les choses bien. Avec Vannes Agglo, on a pu nourrir cette ambition. Se retrouver à la 4e place, aujourd’hui, c’est déjà au-dessus des objectifs qu’on s’était fixés. On veut se rapprocher des trois premiers, qui sont les meilleurs du circuit, avec une grosse expérience ; pour nous être à leurs côtés, c’est juste excellent, c’est top. »

L’impact de la Méditerranée sur les résultats n’est qu’une question de vent ?

Fred Guilmin : « La Méditerranée a des vents plus compliqués, notamment à Gruissan, où on rencontré des luttes de plusieurs vents. Après Marseille, on s’est couché avec la gueule de bois après notre neuvième place sur le stade nautique, qui est surtout due à la fatigue et au fait qu’on avait été leader, une position qu’on n’a pas su maîtriser. On approche de la fin après trois semaines de rythme effréné. Les équipes réagissent en fonction du personnel dont elles disposent à terre. »

Pierre Pennec : « A Roses, on a souffert des vents changeants. Mais, côté fatigue, on bénéficie du soutien de l’équipe de Franck Cammas, et notamment de sa grosse équipe technique qui, à terre, nous soulage beaucoup et nous permet de nous reposer. On a connu peu de turn over sur le bateau, j’ai même navigué à chaque étape, mais j’ai eu le temps de me reposer, de faire du sport, de décompresser. Ça compte énormément dans la performance.»

Matthieu Salomon : « On a la chance d’avoir une bonne équipe à terre, on a encore la forme. »


Les Diam 24 affichent toujours les mêmes performances qu’au début du Tour?

Frédéric Guilmin : « Je pense que oui. En tout cas, tous les Diam ont vieilli ensemble, il faudrait faire entrer un bateau neuf pour comparer. On a profité des jours de repos pour faire des gros contrôles. Cela nous a demandé beaucoup d’énergie - on a passé environ 4 heures par jour de repose à checker ce qui pouvait l’être -, on s’est couché tard pour ne pas avoir de soucis sur l’eau. »

Pourquoi des accidents, ces derniers jours ?

Pierre Pennec : « Il y a la fatigue, donc le manque de lucidité ; le niveau monte et il y a aussi l’envie de tous les équipages de finir sur une bonne note, vis-à-vis d’eux-mêmes et de leur sponsor. On peut aussi ajouter la chaleur et l’usure physique. Pour ceux qui jouent le classement général, il y a un peu de pression, on peut se retrouver à jouer « petit bras ». Un autre phénomène peut expliquer ces accrochages, plus psychologique : avec la fatigue, certains vont se mettre en retrait et vont éviter de prendre des risques. D’autres, en revanche, attaquent plus. C’est une question de psychologie. »

L’accueil du Tour par la ville de Nice

Gilles Veissière, adjoint aux sports du maire de Nice : « Bienvenue et merci, au nom du maire, Christian Estrosi. Nous sommes ravis d’accueillir 28 bateaux à la place de 9, ça donne plus de relief à l’événement, dont la nouvelle formule est très adaptée et très sportive, avec ce style de classement qui ouvre la porte aux bouleversements. Nice est une ville tournée vers la mer et le monsieur le Maire travaille beaucoup sur le développement et l’utilisation maximal de ce grand terrain de sport. On accueille aussi les Extreme Sailing Series et on grandit grâce à des événements comme le vôtre. Mais on œuvre aussi beaucoup auprès des écoles, pour lesquelles on assure 4 000 sorties sur l’eau. Nice est une ville très sportive, qui compte 74 111 licenciés sportifs, tous sports confondus. »

 

Nice, dernier Acte, scène 1

Le 24 juillet 2015

Raid côtier à partir de 13 heures

Dans un petit temps, le raid côtier de Nice, cet après-midi, promet une empoignade de tous les diables… au ralenti, en tout cas jusqu’au réveil de la brise thermique, annoncée à 10 nœuds. Cette journée est décisive pour la victoire finale !

LE PROGRAMME SPORTIF

10h30 – Mise à l’eau des bateaux
13h00 – Procédure de départ du raid côtier. Au menu : 22 milles depuis l’extrémité est de la Promenade des Anglais, une bouée à virer au Cap Ferrat, une autre devant l’aéroport, de l’autre côté de la baie, et un retour au village. Annoncé, un vent faible s’orientant sud, à 4/8 nœuds.
18h00 – Meet the skippers, sur la scène du village animations.

 

ANIMATIONS
11h00 : ouverture du village Animations sur le port de plaisance
Exposition sur les 30 ans du Tour, démonstrations des sauveteurs en mer (SNSM), initiations aux sports nautiques avec la FFVoile, coulisses de la Marine Nationale, plaine des sports Décathlon, Accrovoile, bassin de pédalos à bras, animations jeunesse Canal J / Tiji, Stand du Journal de Mickey, aire de jeux et… Babette la Mouette !


Soirée by Lorina
19h – Mille jeux sur la scène Animations, avec des cadeaux à gagner 

20h - 21h : 1re partie de soirée avec une banda languedocienne

21h - 22h : 2e partie avec le groupe « Envoyés Spéciaux »

22h00 : Tirage au sort du Pass K’do

22h15 – 23h : Moussier Tombola ambiancera la soirée !

 

 

C'est Billy the King !

Le 23 juillet 2015

PRB remporte le stade nautique de Marseille

Billy Besson termine en fanfare son intérim à bord de PRB en offrant à Vincent Riou sa première victoire d'étape sur le Tour de France à la Voile. Le triple champion du monde de Nacra 17 a vite compris comment faire avancer un Diam 24. Moins en verve, Groupama est sorti vainqueur de son duel avec CombiWest, et accentue légèrement son avance au classement général, avant le raid côtier de Nice, première scène du dernier Acte, demain, qui sera probablement décisif.


Tour de France à la Voile 2015, étape de Marseille, le 23 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Marseille, le 23 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Sous sa tignasse ébouriffée par le port du casque obligatoire, à bord de PRB comme ailleurs, un sourire large comme la baie de Papeete, où il est né, balaie son visage. Preuve qu’on peut être triple champion du monde de Nacra, prétendant très sérieux à la qualification pour les Jeux de Rio et à l’or olympique, et goûter pleinement d’une victoire d’étape sur le Tour de France à la Voile. Billy Besson a peut-être cassé un peu de bois lorsqu’il a pris en main le Diam 24 de PRB à Roses, il a bien fait tomber un parpaing sur son skipper il y a quelques jours, mais il a aussi très vite compris où se cachait la manette des gaz. Et, après cinq journées passées la truelle à la main, Billy Besson a offert à Vincent Riou et Guillaume Le Brec un joli petit escalier vers la plus haute marche du podium en remportant les trois premières manches de qualification puis en terminant 3e de la dernière et deuxième de la finale Or. Vincent Riou : « Billy a eu sa période de formation, on a eu un peu de mécanique à faire, mais c’est bon, il a désormais son brevet de Diam ! » Convaincu par le Diam 24, « super bateau qui paraît tout petit à bord et bien plus grand depuis la côte », Billy Besson a apprécié son escapade sur le Tour de France : « Je ne connaissais pas Vincent avant qu’on navigue ensemble, c’est un super régatier. Ce n’est pas anodin de gagner une journée de stade nautique face à cette flotte, qui est d’un sacré niveau. Ça fait un mois qu’ils font ça, en courses très rapprochées, et je suis content d’être dans le bain, en faisant peu de fautes, après la première à Roses. »

Ce n’est pas la victoire de PRB qui constitue la surprise du jour, mais plutôt l’apparente fin de domination sans partage du trio de tête. Après avoir tout raflé, Groupama, CombiWest et Spindrift n’ont pas empoché la moindre première place en régate et ont paru, par moments, en deçà de l’excellence qui les a portés en tête du classement général. La guerre des nerfs aurait-elle eu raison de leurs performances, à trois journées de la fin ? « Souvent, à Roland-Garros, les quarts de finale et les demi-finales sont plus belles à regarder que la finale, sourit Pierre Pennec (Groupama). On n’a pas très bien navigué, mais nos rivaux n’ont pas été meilleurs que nous, heureusement. » Plus tranché, le skipper de Spindrift, Xavier Revil, estime forcée la légère prise de recul des trois Terribles : « Il y a des bateaux qui n’ont plus rien à perdre, et qui peuvent attaquer, et des bateaux qui ont tout à perdre, et qui ne peuvent se permettre de prendre des risques. A trois journées de la fin, comme depuis le début du Tour, on ne cherche pas à glisser nos trois étraves n’importe où au risque de faire du petit bois. » Prudents sur la ligne pour éviter les départs prématurés ou les disqualifications, Groupama a terminé la journée à la quatrième place, juste devant Spindrift qui concède un point au leader. Neuvième de la journée, CombiWest a marqué le pas à Marseille et, toujours deuxième du général, compte aujourd’hui 8 points de retard sur le leader et cinq d’avance sur Spindrift. Le raid côtier de Nice, demain, sera vraisemblablement le juge de paix de ce 38e Tour de France à la Voile.

Dans un vent plus léger et plus instable que prévu, mais sur une mer assez agitée, Prince de Bretagne a signé une très belle deuxième place sur l’ensemble de la journée, juste devant les amateurs de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan, décidément monté sur trois coques tout-terrain. C’est bien joli de voir l’avenir en marche…


ILS ONT DIT

Vincent Riou (skipper de PRB) : « Elle fait plaisir à tout le monde, cette victoire, et surtout à toute mon équipe. On est venu sur le Tour de France à la Voile pour prendre du plaisir et faire des bons coups. On en a fait quelques uns. Billy a été énorme toute la journée. Il a pris des supers départs et on a réussi à enchainer derrière. Billy m'avait prévenu qu'il n'avait jamais fait de Diam 24, et c'est vrai qu’il y a eu des choses moins bien au tout début, notamment notre collision, si bien qu’on a dû faire un peu de mécanique. On dira qu'il a eu sa période de formation. Maintenant, c'est parti, il a son brevet de pilote de Diam ! A Nice, on va faire comme on a fait depuis le début, nous allons prendre les journées les unes après les autres. On n'a pas encore le niveau pour faire des calculs  savants. Quand tu vois le sourire des gars dans le zodiac et les sourires de l'équipe, c'est la fête ! »

Pierre Pennec (barreur de Groupama) : « Souvent, à Roland-Garros, les quarts de finale et les demi-finales sont plus belles à regarder que la finale. C’est un peu ce qu’il s’est passé aujourd’hui entre les trois leaders du classement général. On n’a pas très bien navigué, on a fait très bien navigué sur les départs, les manœuvres, les bouées. Nous n’avons pas été bons, mais nos rivaux n’ont pas été meilleurs que nous, heureusement. On grappille des points au classement, c’est bien l’important. Bravo à PRB qui a très bien navigué. Le raid de Nice sera décisif pour la victoire finale, notamment sur le départ. Après, ça va être du tout droit. Le départ au près va être primordial et c’est là que beaucoup de points peuvent se jouer. Sur le stade, le lendemain, tout pourra arriver mais, ça, c’est comme à chaque fois qu’on entre dans un stade nautique : on court toujours le risque de casser. Jusqu’à maintenant, on a été plutôt à l’aise sur les départs au près dans les raids côtiers. On est plutôt en confiance sur cette fin de Tour. »

Billy Besson (barreur de PRB) : « Super belle dernière journée ! On pensait avoir du vent fort et, finalement, on a eu des conditions parfaites, c’était génial en navigation. Avec PRB, on a fait une super journée, on gagne trois manches sur cinq, et deux places de deuxième : on a bien assuré, on s’est fait super plaisir sur le bateau. A trois à bord, il faut une certaine organisation et c’est sympa de repenser le système de communication. Je remercie énormément Vincent qui m’a fait confiance dès le début, alors que je commence en cassant une étrave et le skipper (il a eu un gros hématome), il a continué à me faire confiance et j’en suis ravi. Je ne le connaissais pas avant qu’on navigue ensemble, c’est un super régatier. Ce n’est pas anodin de gagner une journée de stade nautique face à cette flotte, qui est d’un sacré niveau. Ça fait un mois qu’ils font ça, en courses très rapprochées, et je suis content d’être dans le bain, en faisant peu de fautes, après la première à Roses. Je ne fais que du multicoque depuis 20 ans, c’est mon dada, je suis aussi en train de mettre au Flying Phantom, le multicoque volant, ce sont des bateaux qui me passionnent. Prendre en main un nouveau multi, finalement pour moi, ça vient tout seul. Ces Diam sont de super bateaux qui partent très vite, qui offrent de super sensations ; ils remplissent parfaitement leur mission. Ce qui est surprenant c’est que, lorsque tu es à bord, tu as l’impression d’être sur un petit engin et, quand tu les regardes d’un peu plus loin, il te laisse croire que c’est un immense bateau, comme avant, c’est très spectaculaire ! Après deux jours de pause, on va enchaîner avec un stage à la Grande-Motte, pour préparer le test event de Rio, en août. »

 

Xavier Revil (skipper de Spindrift) : « Pour tout le monde, les conditions n’ont pas été faciles. On attendait du vent, il n’y en a pas eu – ce qui est un peu gênant avec nos bateaux -, mais les vagues étaient bien là, en revanche. Je pense que, si les trois leaders du classement général ont été un peu en retrait aujourd’hui, c’est parce qu’il y a des bateaux qui n’ont plus rien à perdre, et qui peuvent attaquer, et des bateaux qui ont tout à perdre, et qui ne peuvent se permettre de prendre des risques. Pour les trois leaders, il est impossible d’envisager prendre un OCS (départ prématuré, avec obligation d’être le dernier à passer la première bouée) ou un drapeau noir et d’être éliminé d’une régate, parce que cela aurait de grosses incidences au classement général. C’est pour ça qu’on s’est moins battu sur la ligne que d’habitude, surtout avec un vent et une mer pareils. Le problème se pose sur la ligne de départ, pas sur les bouées : les meilleurs de la flotte naviguent propre, ils n’ont pas d’accidents : quand on n’a pas la priorité, on ne cherche pas à passer, on ne force pas le passage, on garde la tête froide. A trois journées de la fin, comme depuis le début du Tour, on ne cherche pas à glisser nos trois étraves n’importe où au risque de faire du petit bois. Notre objectif commun, c’est de ne pas faire de grosse erreur qui serait éliminatoire dans la course au podium. Aujourd’hui, le bilan n’est pas mauvais : on perd un peu de terrain sur Groupama, on en gagne sur CombiWest qui est deuxième. »

 

 

 

 

Vannes Agglo – Golfe du Morbihan, c’est peut-être LA surprise du Tour 2015

Le 23 juillet 2015

Le Mag

C’est peut-être LA surprise du Tour 2015. Vannes Agglo – Golfe du Morbihan est le plus jeune équipage de la flotte, il est aussi un des six équipages amateurs de cette 38e édition. Autant dire qu’on ne les attendait pas à les voir jouer aux avant-postes avec les grands noms de la voile. Mais les co-skippers Matthieu Salomon et Quentin Delapierre sont aussi brillants que déterminés, et leur ambition était clairement affichée dès le début du Tour. Ils visaient une place dans le top 5 et, à deux jours du dénouement à Nice, leur objectif est atteint. Avec 64 points d’avance sur le sixième, ils sont désormais hors d’atteinte. Mais qui sont ces ‘young guns’ du Tour ?

Tour de France à la Voile 2015, étape de Marseille, le 22 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Marseille, le 22 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Ils ont commencé à naviguer ensemble à la CataSchool de Larmor Baden dans le Golfe du Morbihan. Premières sensations en multi. Mais c’est en monocoque que Matthieu Salomon et Quentin Delapierre remportent leurs premiers titres de haut niveau : champions du monde de SB20, vice-champions de France d’Open 5.7 et plus récemment champions d’Europe de J80. Ils sont issus, comme leurs trois équipiers Kevin Peponnet, Bruno Mourniac et Solune Robert, du dispositf « France Jeunes Inshore », le projet de formation des jeunes à la pratique Inshore et Course au Large en équipage de la Fédération Française de Voile. 

Des têtes bien faites   

Et c’est d’ailleurs à la FFV, au service communication, que Matthieu vient de passer une année en alternance dans le cadre de son Master 2 Marketing et Communication à Rennes. Car ces jeunes talents de la voile française ont des têtes bien faites. Quentin est titulaire d’une Licence de STAPS et poursuit une année de Master à l’AMOS Business School. Bruno est en deuxième année au Centre de Formation des Journalistes. Kévin est étudiant à l’INSA en science et génie des matériaux, et Solune, le plus jeune, (19 ans) entre en IUT génie mécanique.

 

Et après les études ? Matthieu Salomon a encore du mal à y penser. « Oui, j’aimerais bien pouvoir vivre de ma passion. Mais on verra au fur et à mesure. J’ai pris beaucoup de plaisir à naviguer avec Quentin l’année dernière. C’était une super expérience de travailler à la FFV et de pouvoir m’entraîner en parallèle sur le circuit Diam 24. Le projet Vannes Agglo devrait passer en professionnel l’année prochaine. Mais je prends les choses au fur et à mesure. Je n’ai pas envie de presser le pas. »

 

« Le Tour se joue sur la régularité »

 

Pour l’heure, Matthieu Salomon est concentré à 100% sur le Tour. Il veut la victoire en amateur et il s'en est donné les moyens. Contrairement à d’autres concurrents, l’équipe de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan a reçu son bateau tôt en avant-saison et a pu suivre un entraînement intensif. « Notre Diam 24 est basé à La Trinité-sur-Mer, et on s’entraîne à l’ENV à Quiberon. On mutualise beaucoup avec Sodebo, et c’était très positif en terme de préparation et de logistique. Sur les régates d’avant-saison en Diam 24, nous avons pu affiner notre préparation physique et technique. Nous sommes donc arrivés sur le Tour relativement prêts et nous avons aussi beaucoup travaillé mentalement pour ne pas craquer dans les moments difficiles, de garder la tête froide et d’être lucide jusqu’au bout… Parce que le Tour se joue sur la régularité. »

 

Lucides, ils le sont les équipiers de Vannes Agglo. S’ils ont la fougue des jeunes premiers, ce ne sont pas pour autant des têtes brûlées. Et les petites erreurs de jeunesse du début de Tour ont vite été corrigées. «On avait tendance à partir tête baissée, trop sûrs de nous, quitte à perdre des places », reconnaît Matthieu Salomon. « Et on a eu pas mal de petits malheurs, des dérives abimées, le choc avec PRB… C’est un enchaînement de petites choses qui fait qu’on n’arrivait jamais à jouer dans les trois premiers et inconsciemment nous avions de la frustration. Aujourd’hui, tout s’est libéré. On prend beaucoup de plaisir sur l’eau. On a essayé d’effacer un peu notre fougue et nous sommes beaucoup plus réguliers. »

 

Et ça paye ! Après sa victoire en Stade Nautique à Gruissan, la première depuis le début de l’épreuve, Vannes Agglo termine troisième du Raid Côtier à Marseille et ne cesse de réduire l’écart sur son plus proche rival Grandeur Nature Vérandas en 4e position à seulement 8 points. Au Classement Amateur, sa victoire est déjà assurée avec 127 points d’avance sur Normandy Elite team. Mais Matthieu Salomon et Quentin Delapierre voient déjà plus loin, et de vainqueur Amateur à futur vainqueur du Tour 2016, il n’y a peut-être qu’un pas…

 

Les mots du matin

Le 23 juillet 2015

« Ça va être sport ! »

Du Mistral dans l’air, du combat sur l’eau… La journée en stade nautique à Marseille promet d’être spectaculaire. Revue des ambitions du jour chez les marins du Tour.

Pierre Pennec (barreur de Groupama) : « Il va y avoir du Mistral et, à bord, on aime tous beaucoup la brise. J’espère que nous allons montrer notre polyvalence entre le petit temps d’aujourd’hui et le Mistral demain. Plus il y a d’air, plus c’est fun. Naviguer à Marseille l’été, ça veut dire naviguer en petite combinaison légère. Ça veut dire du soleil, de l’eau bleue, des embruns, de belles photos, de belles images et des sensations de vitesse. Il ne manque plus que le petit Pastis à l’arrivée ! » 


Damien Guillou (Cheminées Poujoulat) : « Le Mistral ne sera pas si fort que prévu, ça va même mollir et il n’est pas stable en direction. Les conditions vont être changeantes, mais ça va être sportif, surtout en début de journée. Se faire plaisir, c’est l’ambition ! A part à Gruissan où on n’a pas été hyper bon, on a la sensation de progresser depuis le début du Tour dans cet exercice. On a fait une rechute en Languedoc-Roussillon, et on a bien l’intention de redresser la barre ».

François Morvan (barreur de Spindrift) : « On a un peu recollé sur CombiWest, mais on a toujours le même écart avec la tête. Ça se resserre juste en tête. Ça va être une journée de combat, avec le mistral, il peut se passer plein de choses sur l’eau dans ces conditions. On va tous se régaler : Marseille vu de la mer, c’est exceptionnel ! »

Didier LeVourc’h (régleur sur Prince de Bretagne) : « On va bien, il fait beau, il y a du vent, on va passer une belle journée dans le mistral. Ça devrait être chouette, sportif et le spectacle va être bien devant la digue. On a le mors aux dents parce qu’on a des places à remonter.  Ça va envoyer physiquement, avec la fatigue cumulée sur un mois. Les journées de brise deviennent plus dures, mais c’est pareil pour tout le monde, et on est plutôt bien préparé physiquement. »

Damien Seguin (skipper de Fondation FDJ – Des pieds et des mains) : « Ça va être sympa ! On n’a pas eu beaucoup de journées avec de grosses conditions, c’est l’occasion d’en profiter. Le Mistral réserve de bonnes surprises, notamment pour les invités qui doivent embarquer avec nous ce matin. Pour nous, ça sera plus souple au fil de l’après-midi. On n’a plus grand-chose à jouer, on doit aller chercher deux bateaux devant nous sans non plus casser le matériel. Il nous reste trois journées de course en comptant celle-là, l’ambition ultime doit donc être de se faire plaisir ».

 

Marseille, Acte 8, scène 2

Le 23 juillet 2015

Stade nautique à partir de 11h30

Ca va swinguer sur la plage de Bonneveine ! Assez soutenu en début de journée, plus léger dans l’après-midi, le Mistral va assurer un gros tempo aux régates en stade nautique aujourd’hui. La lutte pour la victoire finale n’a jamais été aussi intense !

LE PROGRAMME SPORTIF

09h00 – Mise à l’eau des bateaux
11h30 – Stade nautique : début des phases de qualification. Toutes les régates se dérouleront au plus près de la plage, assurant le spectacle toute la journée !
15h00 – Début des phases de finale
18h30 – Remise des prix sur la scène du stade nautique

 

ANIMATIONS
11h00 : ouverture du village Animations sur le port de plaisance
Exposition sur les 30 ans du Tour, démonstrations des sauveteurs en mer (SNSM), initiations aux sports nautiques avec la FFVoile, coulisses de la Marine Nationale, plaine des sports Décathlon, Accrovoile, bassin de pédalos à bras, animations jeunesse Canal J / Tiji, Stand du Journal de Mickey, aire de jeux et… Babette la Mouette !


Soirée by Lorina
19h – Mille jeux sur la scène Animations, avec des cadeaux à gagner 

20h - 21h : 1re partie de soirée avec une banda languedocienne

21h - 22h : 2e partie avec le groupe « Le trottoir d’en face »

22h00 : Tirage au sort du Pass K’do

22h15 – 23h : Moussier Tombola ambiancera la soirée !

Le crash du jour

Le 22 juillet 2015

La France du nord au sud s’ouvre à West

West Courtage – Ecole Navale  et lafrancedunordausud.fr n’auront pas eu le plaisir de faire le tour du Frioul, mais ils auront offert à la flotte le plus gros frisson du jour, et l’image la plus spectaculaire. Dans une collision, West Courtage plante son étrave tribord au milieu du flotteur bâbord du Diam 24 d’Aurélien Ducroz, précipité par-dessus bord sous la force de l’impact. Des hématomes, un flotteur éventré, mais pas de gros bobo. Dunkerque Voile et Cheminées-Poujoulat se sont aussi touchés, comme Prince de Bretagne et Grandeur Nature Véranda, donnant aux équipes techniques un peu de travail pour la soirée…

Le témoignage d’Anthony Marchand, à bord de West Courtage - Ecole Navale : « On n’a pas eu le temps, le carambolage est passé vite. On est bloqué par la zone de trois cents mètres, on est obligé de virer, on essaie d’abattre tout ce qu’on peut pour éviter le concurrent (lafrancedunordausud.fr), sauf que le bateau accélère brutalement, et on percute l’arrière de leur bateau à 45°. On avançait à 14 nœuds, eux à 10 nœuds, ça a donné un choc assez violent. On a de petits hématomes, au genou et à la cuisse, mais l’objectif du jour était de réparer le bateau le plus vite possible et de remplir les papiers de l’assurance pour que les choses se remettent en place le plus vite possible pour lafrancedunordausud.fr et pour nous. On s’en veut, oui, mais ce sont des choses qui arrivent. Après ce genre de choc, on se dit qu’on aurait pu faire autrement, mais toujours a posteriori. Sur le moment, c’est compliqué parce que le temps de réaction est très court, avec ces bateaux qui vont très vite. En visionnant la vidéo, on se rend compte qu’on aurait pu faire les choses autrement,  mais ce n’est pas le seul carambolage du tour, il y en aura peut-être d’autres. L’essentiel, c’est qu’il n’y ait pas de blessés. »

 

Marseille fait tourner la tête

Le 22 juillet 2015

Le raid et le maillot bleu pour Groupama

Deux jours après le cauchemar de Gruissan, Pierre Pennec survole le raid côtier de Marseille, devant PRB et Vannes Agglo - Golfe du Morbihan. A trois journées de la fin, Groupama reprend la tête du classement général à CombiWest, 9e du raid, avec trois points d'avance.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Marseille, le 22 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Marseille, le 22 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

 

Jamais, depuis la prise de pouvoir de Groupama à Fécamp, il n’y avait eu si peu d’écart entre le leader et son second. En remportant à Marseille son quatrième raid côtier en huit Actes, Groupama a repris ce mercredi la tête du 38e Tour de France à la Voile, au détriment de CombiWest, et compte aujourd’hui trois points d’avance sur son rival breton. Un peu comme à Gruissan, il y a trois jours, les cartes ont été rebattues par le parcours concocté par le Tour de France sur le merveilleux plan d’eau de Marseille : un raid de 20 milles entre la plage de Bonneveine, l’auguste Frioul et les Goudes, à l’entrée des calanques. Non dépourvu de subtilités, il s’est révélé plus aisé que prévu, lissé par une brise thermique modérée et régulière.

Piloté par Billy Besson, PRB signe le meilleur départ, emmenant à la bouée de dégagement Groupama, les amateurs de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan et Grandeur Nature Véranda. Le jeu à quatre se prolonge en rangs serrés jusqu’au port autonome, PRB disputant le plus souvent la tête au Diam vert qui allonge la foulée. Aux premières loges une fois de plus, Vincent Riou (PRB) partage son point de vue sur le match en tête de la course : « On prend un excellent départ et on arrive au bord de dégagement à être les premiers à terre, un gros avantage parce que l’air y était plus fort et mieux orienté quand on s’approchait de la côte au niveau de Pointe Rouge. On perd la tête au profit de Groupama sur le grand bord au portant qui nous emmène au port autonome, mais on parvient à recoller une fois devant, derrière le Frioul, mais on ne parvient pas à transformer : il nous manque un petit rien de vitesse. »

 

Pennec revanchard


Aidé par sa capacité de vitesse pure, Groupama parvient à se ménager une marge confortable, pas outrancière, mais suffisante pour couper la ligne en leader. « Ce n’est pas un coup de chance, ni un coup stratégique à droite ou à gauche qui nous permet de gagner, rapporte Pierre Pennec, heureux de gommer sa bévue dans le stade nautique de Gruissan (alors qu’il menait largement une manche en stade nautique, Groupama s’était engagé comme pour faire un troisième tour de parcours, alors que seuls deux étaient programmés). On domine ce raid grâce à tout un ensemble de détails sur le fonctionnement et, ça, c’est le plus important. C’est vrai que nous allons plus vite que certains bateaux à certains moments, mais on travaille vraiment dur sur le bateau. Depuis l’arrivée de Billy Besson sur PRB, le bateau va plus vite. Pourtant, c’est le même bateau, mais avec un autre barreur. On a bossé toute l’année et, moi, ça fait 20 ans que je fais du multicoque. Qu’est-ce que je peux répondre à ceux qui font du multi depuis six mois et qui trouvent que notre bateau est très rapide ? Eh bien, on verra comment ils avancent dans 15 ans. »

Trois coques, trois jours, trois points

Si le classement général bascule à nouveau en Méditerranée, c’est parce que, de son côté, CombiWest a connu une journée « pas noire, mais grise », résume Frédéric Guilmin dans un timide sourire. « 0n attaque mal, avec un départ et un premier bord mal inspirés. Avec le vent stable et le parcours qui nous faisait avancer un peu à la queue leu leu, le passage à la première bouée en 20e position nous a été fatal. Avant le départ, on s’était dit que chaque point allait compter et les gars se sont beaucoup battus pour remonter à la 9e place du raid. Mais ce n’est pas parce qu’on fait une place moyenne qu’il faut tout remettre en question. »

C’était chaud du nord au sud !


L’image du jour, c’est le flotteur bâbord de lafrancedunordausud.fr, éventré par une collision avec West Courtage – Ecole Navale, et qui, sur le paddock, se soulage des dizaines de litres d’eau amassés sur le chemin du retour. Tout en voulant éviter le Diam 24 d’Aurélien Ducroz, le trimaran barré par Christian Ponthieu vient planter son étrave dans le flanc bâbord du bateau du double champion du monde de ski freestyle. Quelques contusions, des hématomes, mais rien de grave. Restera cette image forte, témoin de la lutte que se livrent les 28 équipages depuis le début du Tour.


ILS ONT DIT

Pierre Pennec (barreur de Groupama), vainqueur du raid et leader du classement général : « A Gruissan, on a laissé pas mal de points, sans avoir mal navigué. On a fait une erreur d’école de voile mais, pour le reste, on a montré qu’on allait vite. Sur le départ du raid côtier de Marseille, au près, on a pris un bon départ. On était vraiment à l’aise par rapport à nos concurrents, ce qui nous a permis de passer deuxième. Avec Romain Motteau, on bosse vraiment bien dans les réglages et dans les déplacements et Quentin à la navigation a été très à l’aise. C’est ce que je retiens pour la suite. Ce n’est pas un coup de chance, ni un coup stratégique à droite ou à gauche qui nous permet de gagner, mais tout un ensemble sur le fonctionnement et, ça, c’est le plus important. C’est vrai que nous allons plus vite que certains bateaux à certains moments, mais on travaille vraiment dur sur le bateau. Depuis l’arrivée de Billy Besson sur PRB, le bateau va plus vite. Pourtant, c’est le même bateau, mais avec un autre barreur. On a bossé toute l’année et, moi, ça fait 20 ans que je fais du multicoque. Qu’est-ce que je peux répondre à ceux qui font du multi depuis six mois et qui trouvent que notre bateau est très rapide ? Eh bien, on verra comment ils avancent dans 15 ans. Groupama Team est venu pour gagner le Tour de France à la Voile, l’équipage veut gagner le TFV et je veux gagner ce TFV. On est venu pour ça et si on fait deuxième ce sera une défaite.»

Frédéric Guilmin (skipper de CombiWest), 9e du raid, 2e du classement général : « 0n attaque mal, avec un départ et un premier bord mal inspirés. Aujourd’hui, avec le vent stable et le type de parcours un peu à la queue leu leu, le passage à la première bouée en 20e position était fatal. Avant le départ, on s’était dit que chaque point allait compter et les gars se sont beaucoup battus pour remonter à la 9e place du raid. La journée n’est pas noire, elle est juste grise. Ce n’est pas parce qu’on fait une neuvième place qu’il faut tout remettre en question. On est dans une dynamique hyper positive depuis Pornichet. Evidemment, on ne va pas faire croire que ce n’est pas grave, on va en parler tranquillement ce soir. On retrouve la position de deuxième du classement général qu’on a occupée un bon moment et, quand on est deuxième, si on dépasse le premier, on devient… Premier. C’est toujours notre objectif. On n’a plus la pression, c’est Groupama qui l’a à nouveau. Peut-être est-ce mieux, sur ce Tour, d’être le chasseur que le chassé. D’ailleurs, dans notre idée, on se disait que ça serait top de prendre la tête à Nice, seulement (rires). On recule un petit peu, le bond vers l’avant sera plus grand maintenant. »

Vincent Riou (skipper de PRB) : « Ça fait du bien ! Voici quelques jours que nous ratons nos fins de journée. Ça récompense notre boulot, ça met le groupe dans une bonne dynamique pour la fin du Tour. Ça va forcément compter, même si on ne se souciera vraiment du classement qu’à la fin du Tour. On va avoir du mal à aller dans les cinq premiers désormais, mais on a toujours considéré la cinquième place comme ce qu’il pouvait nous arriver de mieux sur ce Tour. Si on arrive à ne pas en être trop loin, on ne s’en plaindra pas. La régate en multicoque n’est pas notre métier, même si on a embarqué Billy Besson, qui est un grand champion du multicoque. On passe un bon moment en progressant, ce qui est très important. Le groupe progresse et moi aussi, j’ai d’ailleurs regardé Billy faire mon métier, puisqu’il a pris la barre ; j’observe, sa façon de fonctionner, ce qui semble important pour lui, et, à Nice où je prendrai la barre, j’essaierai d’appliquer ce que j’ai pu noter et ce que j’ai appris grâce à son aide. »

Moana Vaireaux (barreur de Sodebo), 6e du raid : « On prend un départ à peu près correct au comité, tandis qu’un petit paquet passe devant en bout de ligne ; et on passe la première bouée aux alentours de la 10e place. Au premier bord de portant, on prend une bonne option en allant chercher les deux cardinales sous le Frioul, ce qui nous permet de passer cinquième en bas. Au près, on a un peu moins de vitesse, on alterne un moment entre la 5e et la 7e place, et on finit par céder la 6e place à Spindrift qui va vite sur le dernier bord. On est content, les conditions étaient dingues, meilleures encore que les autres jours : c’était cool, il y avait des petits surfs à prendre, le paysage sur les îles est splendide ; on aimerait bien faire une manche dans les trois, on va y arriver. Ça a joué : devant, entre le premier et le cinquième, ça a bien tourné, avec un gros match entre PRB et Groupama, et un autre entre les trois suivants. Nous, avec Spindrift et Beijaflore, on s’est échangé les places tout le reste. Il n’y avait pas de gros coups à jouer, mais des petits placements. On est resté concentré du début à la fin, au pilotage et au placement.»

LES MOTS DU MATIN

Le 22 juillet 2015

« Avec le nivellement des vitesses, les choix tactiques deviennent prépondérants »

Riche moment de rencontre avec les marins et la mairie, ce matin à Marseille, quelques minutes avant la mise en route du raid côtier. A quatre journées de la fin du Tour, les regards restent particulièrement affûtés.

L’ETAPE MARSEILLAISE

Dimitri Deruelle (tacticien de Maître-Coq) : « On va naviguer avec du vent thermique aujourd’hui, et du mistral demain. On s’attend à jouer avec les effets de site, l’établissement du thermique qui se fait par la côte, aujourd’hui. L’été, il ne s’installe pas toujours très fort, on aura au maximum une dizaine de nœuds dans l’après-midi. Le raid côtier va nous faire enrouler le Frioul. Comme sur toutes les îles, il y aura des zones de dévent, des zones tampon et des accélérations avec les reliefs. J’en ai fait le tour plusieurs fois dans ma vie, il n’y a pas énormément de relief, ce qui devrait nous éviter de rester « empétolés » C’est un bateau très rapide, il ne faut pas rater le départ, ça peut se creuser très vite. On est alors dans des systèmes de vent différents qui font qu’on ne revient plus jamais. »

Alexia Barrier (skipper de 30 Corsaires) : « Ca fait du bien de courir en Méditerranée et d’avoir chaud. Je sais, je dois être la seule à dire ça aujourd’hui. On va avoir la chance d’avoir nos sponsors et supporters avec nous aujourd’hui, ils seront 70 à nous suivre sur les dernières étapes. »

Frédéric Duthil (skipper de Grandeur Nature Véranda) : « Les conditions sur ces plans d’eau de Marseille et Nice ne seront pas si simples que ça. Sur la fin du Tour, le niveau devient de plus en plus homogène. Autant il y avait quelques différences de vitesse, autant ça se nivelle. Les places sont de plus en plus chères. En début de Tour, quand on était 15e on pouvait remonter de la 15e place. C’est désormais beaucoup plus compliqué. C’est intéressant, et le niveau de ce Tour de France à la Voile est très chouette, et on s’amuse beaucoup. Ici, aussi, il peut y avoir une redistribution des cartes. Avec le nivellement des vitesses, les choix tactiques deviennent prépondérants. Physiquement, on est au taquet : on a le même préparateur physique que Chris Froome, on n’a pas le même ressenti de la fatigue que les autres (rires). »

Didier Réault, Adjoint au Maire Mer, Littoral, Nautisme et Plages de la ville de Marseille : « Le tour de France et Marseille, c’est une vieille histoire, avec des hauts et des bas. On est dans une période où on remonte la pente. ASO a repris le Tour avec des ambitions, des objectifs qui nous conviennent bien. Le Diam 24, présenté lors de Marseille On design, est un beau support. Les régates en stade nautique, qu’on essaie d’imposer comme un format en Europe, et on y parvient, est très intéressant, côté sport et côté spectacle offert à la population. On le sait tous : l’avenir du sport, c’est assurer le spectacle à des populations importantes, qui doivent être dénombrées, pour attirer les sponsors qui veulent bien nous aider. Ça vaut même pour les jeux Olympiques. On essaie d’être le plus efficace possible avec les finances publiques, l’installation qu’on a mise en place sur la plage de Bonneveille dit tout. Le contrat est rempli quand on voit les bateaux sur la plage, c’était le bon lieu pour accueillir le Tour. Franchement, ‘ça a de la gueule’. On a 150 000 visiteurs par jour sur nos plages. Je souligne la superbe mobilisation de tous les employés municipaux mobilisés sur la préparation du village. Si le Tour devait accueillir un jour 60 bateaux, on ferait tout pour répondre à la demande. On peut le faire, on s’adaptera. Le fait d’être candidat à l’accueil des jeux Olympiques de 2024, aux côtés de Paris, montre qu’on a la capacité d’anticiper. »



LES ENJEUX

Christopher Pratt (Maître-Coq) : « L’objectif initial, vu notre expérience  et le fait qeu ce n’est pas le projet n°1 de Jérémie et Maître-Coq (La Solitaire du Figaro la Transat Jacques-Vabre sont au cœur de l’année), on avait surtout l’ambition d’être parmi les 10 premiers. On est à peu près dans nos ambitions, et à quelques points de la 6e place, avec six bateaux qui peuvent venir la chercher. Comme Fred Duthil, notre ambition est de prolonger la phase de progression jusqu’à la fin, et d’apprendre en côtoyant sur l’eau les spécialistes du multicoque. »

Frédéric Duthil (skipper de Grandeur Nature Véranda) : « Avant Gruissan, on avait l’ambition de taquiner le podium. Nos résultats tiennent, pour tout le monde, à peu de choses. Nous avons fait deux mauvaises journées à Gruissan, sur un plan d’eau pas facile lors du raid côtier, puis on a eu des soucis techniques sur le stade nautique, avec une écoute qui a cédé et d’autres problèmes techniques sur les manches de qualification. Sans ça, la journée n’aurait pas été la même et, du coup, on ne tire pas de conclusions hâtives de cet Acte. C’est un tout petit plus complexe maintenant, mais on va poursuivre la route avec l’envie de finir sur des belles journées avec, pourquoi pas, une nouvelle victoire d’étape. On a les moyens de faire de belles choses. On a remis des petites choses en place, on a changé quelques petits trucs, dont des logiques qu’on avait depuis le début du Tour et qu’on modifie, pour voir si ça marche. On prépare déjà l’année prochaine. Mais on est bien parti pour rester parmi les cinq premiers du Tour. »

Aurélien Ducroz (skipper de lafrancenordausud.fr) : « On veut donner une suite à ce qu’on a fait au cours des cinq dernières étapes. Le début du Tour a été compliqué, on n’avait que trois jours d’entraînement dans les pattes. Depuis Gruissan, on a réussi à toucher la vitesse des grands de ce Tour sur les longs bords. On veut continuer à progresser comme ça, dans ce petit groupe qui se bat pour la 6e place. Faire un top 6 serait fantastique pour nous, au delà de nos objectifs initiaux. »

Alexia Barrier (skipper de 30 Corsaires) : « On ne veut pas terminer derniers de ce Tour. Depuis le début, on ne navigue pas à notre niveau et je serais déçue pour mes équipiers et mes partenaires si on finissait derniers. Mais, même si cela devait arriver, on couperait la ligne avec le sourire : on a vécu une très belle aventure humaine, et un très bel apprentissage pour l’an prochain. »



LE TOUR DE FRANCE A LA VOILE

Frédéric Duthil (skipper de Grandeur Nature Véranda) : « Le travail de l’organisation cette année est très surprenant, c’est très probant pour une première année. Les bateaux sont fiables, mais il y a logiquement un peu d’usure matérielle. On fait un peu de maintenance, mais ça tient la route. Monter et démonter les bateaux toutes les deux nuits est épuisant, surtout pour les petites équipes qui n’ont pas les moyens d’avoir une équipe à terre. Les grosses équipes ne sollicitent pas leurs navigants et cela crée de réels déséquilibres des forces. Je pense en revanche qu’il faudra, à l’avenir, faire quelque chose pour que ça soit mieux cadré afin que l’équité sportive soit totale, il y a de petits détails à gérer à ce sujet. Il faudra bien repenser le sujet avec les jaugeurs de la Fédération, pour vérifier que les bateaux sont réellement tous les mêmes. Globalement, on a vu peu de différences de vitesse, mais on sent que ça peut vite dériver, comme dans toutes les classes mal cadrées au départ. Peser les bateaux est la base de ce travail. »

Dimitri Deruelle (tacticien de Maître-Coq) : « Si le comptage des points est juste ? Il y a cet équilibre traditionnel et typique du Tour entre les raids et le stade nautique, comme entre les ralliements d’autrefois et les parcours techniques. C’est parfois un peu frustrant de prendre une claque sur le raid et de la payer plus cher qu’une manche loupée en stade nautique, mais ce n’est pas si grave : à la fin, c’est toujours le meilleur qui gagne le Tour. » C’st un bateau très rapide, il ne faut pas rater le départ, ça peut se creuser très vite ? on est alors dans des sytèmes de vent différents qui font qu’on ne revient plus jamais


Marseille, Acte 8, scène 1

Le 22 juillet 2015

Raid côtier à partir de 13 heures

Un peu plus de 24 heures après que les cartes ont été rebattues à Gruissan, le Tour de France à la Voile a pris ses quartiers sur la plage de Bonneveille, à Marseille. Au menu du jour, un raid côtier de 20 milles autour du Frioul et dans le petit temps.

LE PROGRAMME SPORTIF

10h30 – Mise à l’eau des bateaux
13h00 – Raid côtier. 20 milles au départ de la plage de Bonneveille, en direction du Frioul, que les équipages enrouleront après avoir tiré un bord au Roucas Blanc, puis un retour devant la plage de Bonneveille. 
18h00 – Meet the skippers : Venez poser vos questions aux marins invités sur la scène du village Animations !

 

ANIMATIONS
11h00 : ouverture du village Animations sur le port de plaisance
Exposition sur les 30 ans du Tour, démonstrations des sauveteurs en mer (SNSM), initiations aux sports nautiques avec la FFVoile, coulisses de la Marine Nationale, plaine des sports Décathlon, Accrovoile, bassin de pédalos à bras, animations jeunesse Canal J / Tiji, Stand du Journal de Mickey, aire de jeux et… Babette la Mouette !



 

Diam in progress

Le 21 juillet 2015

Fluidité et sécurité

Après 14 jours de navigation, de raids côtiers à frôler les cailloux ou chercher les bonnes veines de vent sur les longs bords, ou à jouer entre deux portes dans le stade nautique, les équipages du Tour de France à la Voile ont beaucoup progressé dans la maîtrise de leur trimaran. Alors que s’annonce le money time, avec les deux derniers Actes à Marseille puis Nice, tout ce savoir cumulé va lui aussi nourrir le suspense.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Roses, le 17 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Roses, le 17 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

De l’eau a coulé sous les Diam, depuis le raid côtier de Dunkerque, le 3 juillet. Sept raids côtiers et autant de journées en stade nautique ont permis à la totalité de la flotte de progresser, sur tout ce qui fait le Tour de France à la Voile : performance, logistique, sens tactique. « C’est clair, s’enthousiaste Christophe Gaumont, le directeur de course : le niveau de maîtrise a monté depuis Dunkerque. On le voit au niveau des passages de marques, des départs, des enroulés de bouées. J’irais jusqu’à dire que la flotte navigue plus proprement, avec plus de fluidité. » Parfois, cela se voit dans les classements, comme pour lafrancedunordausud.fr, bien plus souvent dans les bons coups que précédemment. « Sur le raid côtier de Gruissan, c’était la première fois qu’on jouait avec le vent, et on n’a fait que gagner, au fil du raid, résume Aurélien Ducroz. On est enfin capable de faire jeu égal en vitesse avec les leaders. Je crois qu’on commence à comprendre la bête ».

Dimitri Deruelle a connu une bonne journée de stade nautique, à Gruissan. Même si son skipper, Jérémie Beyou, faisait la moue après une finale Or en retrait par rapport au reste de la journée, le tacticien de Maître-Coq apprécie la tendance à la hausse : « On a bien progressé depuis le début du Tour. Techniquement au portant, on marche bien. Au près, en revanche, on est encore un peu en retrait sur le potentiel vitesse du bateau. Il faut encore optimiser les réglages et la conduite. C’est plein de petits détails qui font que les autres sont encore un cran au-dessus de nous. »

Sur le même ponton, Bernard Stamm a l’œil bleu-noir et, comme toujours, le verbe franc. « Si on progresse ? Ah bah ce n’est pas le jour pour poser la question, on a tout fait à l’envers aujourd’hui ». Puis le skipper de Cheminées Poujoulat atténue son septicisme : « Tout le monde utilise mieux son bateau et progresse en même temps. Je trouve qu’il n’y a, globalement, pas trop de casse. Vu les engagements, ça pourrait être un paquet d’allumettes. Ça frotte sur la ligne dans le stade nautique mais, comme les bateaux sont arrêtés, ça ne fait que frotter. Ça reste chaud sur les enroulés de bouées, où tu retrouves des bateaux arrêtés et d’autres qui déboulent à Mach 2. »

Même lorsque cela ne se traduit pas dans les résultats, les progrès peuvent être très sensibles, comme à bord de Lorina. « On a énormément progressé techniquement, raconte Bruno Staub, le skipper. On est comme un pilote face à un virage. On a d’abord constaté qu’on pouvait le passer à 110 km/h et, maintenant qu’on passe à 130, on regarde s’il n’y a pas moyen de prendre le virage à 150. »

« On a tous progressé en même temps »

« Les progrès sont difficiles à évaluer, estime Vincent Riou, le skipper de PRB. On est dans le relatif : on progresse par rapport à certains bateaux, on stagne face à d’autres. Je pense qu’on manœuvre mieux et on va tous plus vite. » « La flotte reste plus ou moins dans le même ordre, puisque tout le monde utilise mieux son bateau », analyse aussi Bernard Stamm.

Est-ce que ces montées en puissance et en confiance amènent à prendre plus de risques ? « Ça ne frotte pas vraiment plus, car tout le monde a compris que ça ne sert à rien de frotter, en réalité, estime Vincent Riou. Ce qu’il faut, c’est naviguer propre, ne pas concéder de fautes. C’est peut-être le progrès collectif à noter : ça navigue plus propre. » Au regard des statistiques, c’est à la fois vrai et pas vrai. Sur l’eau, le nombre d’actions du jury a évolué en deux temps. Peu d’actions à Fécamp (3 décisions sur le raid, 12 en stade nautique), beaucoup aux Sables d’Olonne (9 sur le raid, 42 dans le stade nautique), et presque rien à Gruissan (2 le premier jour, 10 le lendemain).

« Plus le niveau monte, plus la confiance se renforce, plus on se croise de près, juge Gwen Gbick, le barreur de Made in Midi. On ne va pas tarder à se croiser en survolant la coque d’un adversaire. Mais, de temps en temps, il est bon de se rappeler qu’on doit rester maître de son engin. » Un clin d’œil sans doute au dessalage spectaculaire du bateau girafe à Roses… Chez Vannes Agglo – Golfe du Morbihan, l’équipage amateur vainqueur pour la première fois lundi à Gruissan et beau sixième du classement général, les plus gros progrès ne sont pas techniques. « Avec les Diam Series, on a eu le temps de se caler techniquement et on a appris à rester lucide, raconte Matthieu Salomon. Depuis le début du tour, l’évolution est dans la maîtrise de notre fougue : avant, quand nous étions sûrs de nous, nous foncions tête baissée, quitte à perdre des places. Le Tour nous a enseigné l’art de la régularité, ce qui nous manquait foncièrement jusqu’alors. »

A chacun sa marge


Tout n’est pas parfait, évidemment. Bruno Staub espère trouver, à Marseille comme à Nice, des traces manifestes de progrès « dans la cohésion de l’équipe et la conjugaison des compétences qu’on a à bord ». Même quête dans l’équipage de Techneau, résumée par Nicolas Bouveyron, à bord depuis deux Actes seulement : « Les rotations à bord sont problématiques, nous n’avons plus le même équipage depuis Roses : deux sont partis, deux sont arrivés. On a une grosse marge de progression sur les départs, qu’on prend volontairement en retrait depuis le début du Tour. Là, à Gruissan, on a fait un pas en arrivant lancés sur la ligne au bateau comité. On a constaté qu’on avait progressé tout au long de la journée, c’est encourageant. Il nous reste à mieux communiquer sur les bouées, pour éviter que le barreur et le tacticien ne soient pas dans le même timing… »

Et devant ? « Groupama est arrivé avec un niveau de maîtrise du bateau absolument édifiant, admire Christophe Gaumont. Il faut les filmer et diffuser les images de leurs manœuvres dans les écoles de voile, tellement c’est propre. Mais il n’est pas interdit de penser que ceux qui ont un tout petit peu plus progressé sont les actuels leaders de la flotte…»


Vannes Agglo s'éclate, CombiWest solide

Le 20 juillet 2015

Groupama, fatale boulette

Très belle première victoire sur le Tour de l’équipe amateure Vannes Agglo – Golfe du Morbihan, impériale dans le stade nautique de Gruissan, ce lundi. Troisième du jour, CombiWest conforte sa position de leader du général grâce à sa grande régularité, mais aussi grâce à l’incroyable erreur de l’équipage de Groupama qui, alors qu’il dominait largement la première manche, a cru devoir faire un tour de bouées supplémentaires. Décidément, rien n’est joué, à quatre journées de la fin de ce 38e Tour de France à la Voile.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Gruissan, le 20 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Gruissan, le 20 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Mais que s’est-il donc passé ce matin lors de la première régate en stade nautique sur le Diam 24 de Groupama ? Reprenons. Dès la ligne de départ, Pierre Pennec, Romain Motteau et Quentin Ponroy transpercent de bord en bord le plan d’eau du stade nautique, face à la plage des Chalets. Une première fois pour prendre l’avantage, une seconde pour larguer le reste de la flotte… Ne reste que la ligne d’arrivée à aller chercher, mais le Diam vert met le clignotant à gauche, et file vers les bouées rouges… comme s’il restait une boucle à faire. Ebahis mais ravis par l’ampleur de l’erreur de Groupama, Made in Midi signe son premier succès, Spindrift se régale et Maître-Coq chante sous le vent. Pierre Pennec, lui, largué et assommé, ne coupera pas la ligne d’arrivée de cette manche qu’il n’aurait de toute façon pas finie dans les temps.

« Un coup de batte de base-ball »

Sous son masque blanc de crème solaire, le barreur de Groupama est livide. Lui, le barreur en second de Groupama, le presque médaillé des JO de Sydney en Tornado, vient de commettre « une erreur affligeante, une erreur d’école de voile ». L’opiniâtre, le précis, le combattant a fauté. Il parlera de « honte », de « coup de batte de base-ball ». Sonné, pas assommé, Pennec ira chercher loin dans ses ressources pour sauver les meubles sur les manches suivantes, conjuguant sa hargne et la vitesse du Diam vert pour arracher trois premières places et une place de troisième. Un long et épuisant sursaut qui permettra à Groupama de terminer quatrième de cette journée en stade nautique à Gruissan, et de ne concéder que deux points à Spindrift, et un point à CombiWest, leader depuis hier. Mais le bilan de l’Acte 7, à Gruissan, est loin d’être positif pour l’assureur qui a perdu la tête hier dans les caprices des cieux en terminant 19e du raid côtier.

CombiWest cumule malgré tout

Plutôt régulier dans la complexité d’une tramontane frivole (quatre Top 3), le nouveau leader du Tour a marqué le pas sur la quatrième manche de qualification (8e). Entre coup de grisou et coup de mou, l’équipe de Damien Iehl termine troisième de cette journée. « On s’en contente largement, finit par admettre Pierre Leboucher, pas totalement satisfait des performances du jour. Spindrift reprend deux points, l’équipage va se battre un peu avec Groupama, et nous, nous allons continuer à naviguer jour après jour. On attendra la fin pour compter les points. » 

La grosse perf’ du jour est pour Vannes Agglo – Golfe du Morbihan. Depuis le temps que l’équipage amateur pointe le bout de ses étraves dans les hauteurs du classement (il est un solide cinquième du classement général), il était devenu inévitable qu’une victoire lui tombe dans le trampoline. Avec trois victoires de manche, une deuxième et une troisième places, dans le désordre, Quentin Delapierre, Bruno Mourniac et Kevin Péponnet ont plané au-dessus de la plage des Chalets. « Ça se passe hyper bien aujourd’hui parce que Kevin fait une super tactique, parce qu’on fait bien avancer le bateau et qu’on prend de bons départs, sourit le co-skipper. On a une super équipe à terre, qui fait un super travail à réparer tous les coups qu’on met au bateau parce qu’on est de jeunes fougueux ; la victoire de ce jour leur appartient aussi. »

Avec 816 points, CombiWest compte désormais 5 points d’avance sur Groupama, soit un de plus que la veille, et 13 sur Spindrift, soit un de moins qu’hier. A quatre journées de course de la fin de ce Tour de France, le suspense n’a jamais été aussi bien intense. Marseille, mercredi et jeudi, puis Nice, vendredi et samedi, se réservent un « money time » palpitant.


ILS ONT DIT

Pierre Pennec (barreur de Groupama), 4 du jour et 2e du classement général : « Dans la première manche, on fait une énorme erreur en repartant pour un troisième tour alors qu’il n’y en avait que deux. C’est une erreur affligeante, une erreur d’école de voile, vraiment pas professionnelle. J’avais honte vis-à-vis de Franck Cammas, de Groupama et de mon équipage professionnel. Ça a été aussi violent qu’un coup de batte de base-ball quand on a réalisé notre erreur. Et c’est là qu’il faut se bouger, retrouver une bonne cohésion à bord et se surpasser mentalement en se disant que chaque point compte et qu’il ne faut jamais baisser les bras. Ça a toujours été notre fonctionnement à bord, c’est le minimum que je doive à Groupama et Franck et c’est aussi ce que je ne cesse de dire à mes enfants. On s’est bien rattrapé par la suite, on termine quatrième d’une journée qu’on a débutée par un DNF (course non finie). Au général, le jeu est quasiment remis à égalité, à quelques points près, et je pense que ce sont les raids côtiers de Nice et de Marseille qui vont nous départager. Reprendre la tête avec un point d’avance à quatre jours de la fin, ou avoir cinq points de retard, ça ne change pas grand-chose. On va profiter de la journée de transition pour vérifier l’ensemble du bateau parce qu’il n’y a pas que les humains qui sont fatigués. Les voiles aussi ont tendance à se déchirer. Quant à moi, il va falloir que je récupère du coup de batte de base-ball que j’ai pris. Il m’a bien cassé… »

Quentin Delapierre (skipper de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan), vainqueur du jour et 5e du classement général : « Ça se passe hyper bien aujourd’hui parce que Kevin fait une super tactique, parce qu’on fait bien avancer le bateau et qu’on prend de bons départs. Dans le stade nautique, le départ se joue sur un rien et, aujourd’hui, ça nous a souri. Je suis content parce qu’on a eu une bonne vitesse, on était tout le temps dans le coup, même sur notre rappel individuel (sur la 4e manche de qualification), où ça se joue à quelques centimètres, mais qu’on gagne malgré ça. On a une super équipe à terre, qui fait un super travail à réparer tous les coups qu’on met au bateau parce qu’on est de jeunes fougueux, la victoire de ce jour leur appartient aussi. Ils nous permettent aussi de bien nous reposer. On tournait autour de la victoire depuis un moment et, avant la dernière manche, on s’est dit qu’on ne pouvait pas laisser les autres partir, parce qu’on allait avoir beaucoup de regrets. On prend à nouveau un top départ, Kevin tactique à merveille. Groupama gagne la finale, mais heureusement qu’il nous fait une fleur en début de journée, parce que l’équipage va tellement vite… »


Frédéric Guilmin (skipper de CombiWest), 3e du jour et leader du classement général : « On est content. On a eu du spectacle à terre, il y a eu du jeu, des enfournements, des retournements de situation, on a navigué dans des vents qui sont allés jusqu’à 18 nœuds, mais il était hyper oscillant, un enfer pour les tacticiens aujourd’hui. On adore ces jeux du stade, c’est chouette à vivre, ça fait du spectacle, du show ; on n’est pas tout seul au large et on espère que c’est sympa à regarder pour le public qui était sur la plage. Il nous reste quatre journées de compétition, on ne va pas se prendre la tête. L’avance est assez minime. Alors, si on commence à regarder en haut sans garder les yeux sur la marche suivante, c’est là qu’on risque de tomber. On compte les marches, c’est vrai, mais on va les prendre l’une après l’autre en levant bien les genoux. »

Pierre Leboucher (barreur de CombiWest), 3e du jour et leader du général : « Finalement, c’est une belle journée pour nous. Nous n’étions pas très contents de nos prestations, mais les autres ont été moins bons que nous. Les jeunes de Vannes Agglo ont très bien navigué, Spindrift aussi, et nous prenons un point d’avance supplémentaire au classement général. Les vents étaient très instables, c’était très dur, la tramontane n’était pas bien installée, il y avait tantôt du vent, tantôt plus du tout. Tactiquement, ce fut très dur, ça a pas mal brassé. On fait une mauvaise manche, mais d’autres ont dû en faire autant que nous. On conclut par une super finale, pour prendre la troisième place du jour. On s’en contente largement. Spindrift reprend deux points et va se battre un peu avec Groupama. Nous, nous allons continuer à naviguer jour après jour. On attendra la fin pour compter les points. »

Xavier Revil (barreur de Spindrift), 2e du jour et 3e au général : « On n’a pas tenté des choses extrêmes parce que, avec ce vent instable, un mauvais choix aurait pu se payer par une 10e ou 12e place. On a joué prudent et ça nous a réussi. Certains adversaires ont pris des claques, c’est vraiment ce qu’il faut éviter dans ce type d’exercice, où le vent est très changeant. Tant mieux pour nous, le quatrième (Grandeur Nature Véranda, non qualifié pour la finale Or pour la première fois du Tour) a pris un peu de retard, on va pouvoir se concentrer un peu plus sur le podium. »

 

 

Contenu

"J’ai navigué en Diam 24 pour ma première navigation "

Le 20 juillet 2015

Retour d'expérience de Jules Vincent

" Samedi matin, invité à embarquer à bord du Diam 24 de Prince de Bretagne, j’ai vécu ma première expérience de voile. J’ai accompagné cette équipe du Tour de France à la Voile lors d’une manche du parcours de stade nautique durant l’étape de Roses en Espagne. Dans les stades nautiques se disputent des parcours techniques qui demandent une bonne communication à bord ainsi qu’une parfaite coordination entre les navigateurs, ceux-ci devant redoubler de vigilance en raison de la proximité des autres concurrents.

Chaque journée de Stade Nautique débute par les « Inside », des manches de 20 minutes durant lesquelles des invités et des journalistes peuvent découvrir le Diam 24.

Ce privilège assez exclusif, je le dois à ma mission sur le Tour : je suis l’assistant de Jean-Marie Liot, le photographe officiel du Tour. Et quoi de mieux pour comprendre ce sport, saisir la vie à bord, toucher du doigt l’intensité du combat, que d’embarquer sur le nouveau trimaran du Tour ?

Mes hôtes, Matthieu Souben, Benjamin Arriot et Didier Le Vourc’h, équipiers sur Prince de Bretagne, ont été très accueillants et ont su me mettre à l’aise dès mon arrivée. J’ai d’abord pensé que le fait que je n’ai jamais navigué auparavant allait faire de moi le cœur d’un problème à gérer, mais l’ambiance et la convivialité à bord m’ont rapidement mis en confiance.

Jeune photographe, j’ai vécu cette expérience avec un oeil entraîné à percevoir avant tout les lignes, les courbes, les mouvements, mais aussi les ombres et jeux de lumières. Ces mêmes ombres, formées par la grand-voile blanche griffée Yanmar, varient en fonction de la direction que nous prenons. Ajouté aux mouvements des marins, cela forme un impressionnant mélange au résultat très graphique.

Même si je n’étais que spectateur (les invités ne prennent pas part aux manœuvres), j’ai du être attentif aux moindres faits et gestes des navigateurs, afin d’anticiper leurs déplacements et de ne pas les gêner, notamment lors des changements de cap, moments d’ultra-concentration. Les manoeuvres s’enchaînent très rapidement, on peut percevoir la tension. Il faut alors se faire tout petit.

Les sensations propres aux sports de glisses étaient belles en cette matinée ensoleillée. Quelle expérience ! Depuis, j’ai retrouvé mon ordinateur et mon objectif. Cette navigation m’a permis de mieux comprendre l’enjeu de ces régates ultra-serrées. Les Diam 24 assurent un spectacle grandiose sur l’eau depuis le départ de Dunkerque ! Quelle chance de faire partie de ce Tour nouvelle version ! "

Jules Vincent

Les mots du matin

Le 20 juillet 2015

« Encore de la tramontane »

Ce matin, les marins ont quitté les pontons pour se rendre sur le stade nautique de Gruissan, qui sera assurément chaud bouillant cet après-midi. Aurélien Ducroz, Emeric Dary et Richard Silvani font le point.

Aurélien Ducroz (skipper de La France du Nord au Sud) : « Cette deuxième place hier fait vraiment du bien au moral parce que, physiquement, ça commence à tirer dur. On se fait plaisir sur l’eau et ça marche bien. On a vécu le premier raid côtier sur lequel on devait jouer avec le vent ; on a touché des vitesses qui sensiblement identiques à celles des autres bateaux. On commence à bien comprendre comment marche la bête, et c’est très positif. On va tout faire pour continuer cette belle ascension. Question météo, j’ai misé sur mon Méditerranéen, Olivier Backes, qui est de Marseille et qui connaît bien le coin. Il a été très utile hier dans les conditions complexes. Il se souvenait d’une manche aux Jeux Olympiques d’Athènes (en Tornado, avec son compère Laurent Voiron) lors de laquelle ils avaient rencontré exactement le conflit entre deux vents. C’est ce souvenir qui lui a permis de dire : « C’est à terre que ça se passera ». Il a eu tellement raison… Aujourd’hui, le vent sera un peu plus stable parce qu’on sera à terre, mais il va falloir être ‘punchy’ sur les départs. » 

Emeric Dary (skipper de Dynamique Voile) : « Je n’étais pas à bord hier lors de la collision, mais voici ce qu’il s’est passé : notre équipe était première en bout de ligne mais, à 20 secondes du départ, les gars ont senti qu’ils seraient trop tôt à chasse du courant. Ils ont donc choisi d’empanner, mais Cheminées Poujoulat - qui était le deuxième bateau à côté - a pris la même décision 10 secondes plus tard. Ils peinent à empanner et heurtent de plein fouet la coque arrière du bateau, donc voie d’eau immédiate, dégâts importants, et disqualification. Il y avait un trou béant donc beaucoup de travail, notre équipe technique a fini de réparer à 1 heure du matin ! Au classement général ça nous met hors jeu donc ça plombe un peu le moral. C’est vrai que plus le Tour avance plus tout le monde est en confiance et prend d’avantage de risques, et quand il y a du vent, c’est chaud, donc aujourd’hui on va vraiment faire attention.
»

Richard Silvani / Météo France

Aujourd’hui, la Tramontane sera moins forte, mais sur la bande côtière il y a toujours de l’air, et comme on ne va pas jouer au large cet après-midi sur les parcours en stade nautique, ça ira. Le vent restera nord-ouest. Même s’il est moins fort qu’hier, il devrait être suffisant pour contrer le phénomène de brise thermique. »

 

Bérenger : « Même à bord, c’est spectaculaire »

Le 20 juillet 2015

Témoignages du skipper de Beijaflore

En attendant d’endosser un nouveau costume, Nicolas Bérenger profite à plein de son dernier Tour de France … Le skipper de Beijaflore partage ses coups de cœur et sa surprise après le bouleversement provoqué par le raid côtier de Gruissan.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Roses, le 18 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Roses, le 18 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Nicolas, vous connaissez bien le plan d’eau de Gruissan, pour y naviguer depuis longtemps. Quelle est votre analyse du raid côtier d’hier ?
Nicolas Bérenger : « On a vécu un scénario typique de la région. Au passage de la bouée à Valras, on a vu le groupe qui était devant investir dans la promesse d’une brise thermique. Pour nous, à la lecture des fichiers de vent, il était pourtant clair qu’il n’y aurait pas de thermique. Le coup de météo (qui a piégé Groupama), c’est un truc très local. On sait que le thermique a des facilités à s’installer, mais on sait aussi que, face à un vent synoptique, il peut ne pas prendre l’avantage, surtout après une certaine heure. Fabien (Henry) a été très clair sur le fait que notre option était la bonne. L’autre groupe nous a vraiment offert la course et je trouve que c’est une grosse bêtise que d’investir aussi cher alors qu’ils nous voyaient bien marcher dans la Tramontane. Ça prouve que rien n’est joué jusqu’à la fin, et c’est tant mieux ! On n’est pas à l’abri de revivre quelques journées comme celle-là : on est dans un endroit propice à ce genre de choses avec des coups de météo très locaux.

Comment se comporte Beijaflore sur ce Tour, pour vous ?
N.B. :
On réalise un assez bon Tour, même s’il n’est pas aussi brillant qu’on aurait pu l’espérer. On est mêlé à une bagarre qui concerne six bateaux qui se battent pour la sixième place (la place qu’a pris Beijaflore hier grâce à sa 6e place sur le raid, ndlr). On fait de belles choses sur les raids côtiers, on est moins à l’aise dans le stade nautique. Mais le groupe commence à se connaître, on monte en puissance doucement. On sera prêt pour l’an prochain, si on est sur le Tour ! (Nicolas Bérenger va prendre à pleines mains ses fonctions de responsable export de Musto, à la fin du Tour, ndlr).

Le Tour vit son 7e Acte. Vous appréciez cette nouvelle formule ?
N. B. :
L’ancienne formule ne me manque pas : on a tous ses avantages sans ses inconvénients. On navigue toujours dans les cailloux, mais on ne se fait plus déchirer le ventre par le rappel pendant toute la nuit. Beaucoup de choses rendent ce Tour plus intéressant, à commencer par le bateau. On va plus vite qu’avant, la navigation est grisante, on est souvent à 15 nœuds même au près, même si le faire aller vite est un job très technique. Je crois que c’est beau depuis la terre mais, même à bord, on vit aussi ce côté spectaculaire. Pour moi, les trimarans sont les meilleurs bateaux au monde. A terre, on a pris nos habitudes et on sait monter et démonter le bateau en une heure, désormais. Le gros point positif de l’organisation, pour nous, c’est le service de restauration qui a été mis en place dans le paddock : il nous fait gagner énormément de temps alors qu’on est sur un timing très serré. Cela nous évite d’avoir à aller chercher à dîner, à faire des courses…

Votre partenaire, Beijaflore, est satisfait ?
N.B. :
C’est simple : pour un budget similaire à celui qu’on avait pour une saison de Longtze, on a le Tour, sa visibilité et des retombées média qu’on n’avait pas précédemment. Le retour sur investissement est vraiment énorme. »

 

Stade nautique à partir de 11h30

Le 20 juillet 2015

Témoignages du skipper de Beijaflore

En attendant d’endosser un nouveau costume, Nicolas Bérenger profite à plein de son dernier Tour de France … Le skipper de Beijaflore partage ses coups de cœur et sa surprise après le bouleversement provoqué par le raid côtier de Gruissan.

Nicolas, vous connaissez bien le plan d’eau de Gruissan, pour y naviguer depuis longtemps. Quelle est votre analyse du raid côtier d’hier ?
Nicolas Bérenger : « On a vécu un scénario typique de la région. Au passage de la bouée à Valras, on a vu le groupe qui était devant investir dans la promesse d’une brise thermique. Pour nous, à la lecture des fichiers de vent, il était pourtant clair qu’il n’y aurait pas de thermique. Le coup de météo (qui a piégé Groupama), c’est un truc très local. On sait que le thermique a des facilités à s’installer, mais on sait aussi que, face à un vent synoptique, il peut ne pas prendre l’avantage, surtout après une certaine heure. Fabien (Henry) a été très clair sur le fait que notre option était la bonne. L’autre groupe nous a vraiment offert la course et je trouve que c’est une grosse bêtise que d’investir aussi cher alors qu’ils nous voyaient bien marcher dans la Tramontane. Ça prouve que rien n’est joué jusqu’à la fin, et c’est tant mieux ! On n’est pas à l’abri de revivre quelques journées comme celle-là : on est dans un endroit propice à ce genre de choses avec des coups de météo très locaux.

Comment se comporte Beijaflore sur ce Tour, pour vous ?
N.B. :
On réalise un assez bon Tour, même s’il n’est pas aussi brillant qu’on aurait pu l’espérer. On est mêlé à une bagarre qui concerne six bateaux qui se battent pour la sixième place (la place qu’a pris Beijaflore hier grâce à sa 6e place sur le raid, ndlr). On fait de belles choses sur les raids côtiers, on est moins à l’aise dans le stade nautique. Mais le groupe commence à se connaître, on monte en puissance doucement. On sera prêt pour l’an prochain, si on est sur le Tour ! (Nicolas Bérenger va prendre à pleines mains ses fonctions de responsable export de Musto, à la fin du Tour, ndlr).

Le Tour vit son 7e Acte. Vous appréciez cette nouvelle formule ?
N. B. :
L’ancienne formule ne me manque pas : on a tous ses avantages sans ses inconvénients. On navigue toujours dans les cailloux, mais on ne se fait plus déchirer le ventre par le rappel pendant toute la nuit. Beaucoup de choses rendent ce Tour plus intéressant, à commencer par le bateau. On va plus vite qu’avant, la navigation est grisante, on est souvent à 15 nœuds même au près, même si le faire aller vite est un job très technique. Je crois que c’est beau depuis la terre mais, même à bord, on vit aussi ce côté spectaculaire. Pour moi, les trimarans sont les meilleurs bateaux au monde. A terre, on a pris nos habitudes et on sait monter et démonter le bateau en une heure, désormais. Le gros point positif de l’organisation, pour nous, c’est le service de restauration qui a été mis en place dans le paddock : il nous fait gagner énormément de temps alors qu’on est sur un timing très serré. Cela nous évite d’avoir à aller chercher à dîner, à faire des courses…

Votre partenaire, Beijaflore, est satisfait ?
N.B. :
C’est simple : pour un budget similaire à celui qu’on avait pour une saison de Longtze, on a le Tour, sa visibilité et des retombées média qu’on n’avait pas précédemment. Le retour sur investissement est vraiment énorme. »

 

Gruissan, Acte 7, scène 2

Le 20 juillet 2015

Stade nautique à partir de 11h30

Journée palpitante en vue ce lundi à Gruissan : plus que jamais, la lutte sera enragée sur le stade nautique entre CombiWest, le nouveau leader, Groupama désarçonné et Spindrift revenu au contact. Les régates sont à vivre depuis la plage des Chalets.

LE PROGRAMME SPORTIF

11h30 – Phase de qualification pour les deux groupes Jaune et Gris
15h30 – Début des phases de finale pour les groupes Or et Argent.
18h30 – Remise des prix sur la scène du village Animations.

ANIMATIONS

11h00 : ouverture du village Animations sur le port de plaisance
Exposition sur les 30 ans du Tour, démonstrations des sauveteurs en mer (SNSM), initiations aux sports nautiques avec la FFVoile, coulisses de la Marine Nationale, plaine des sports Décathlon, Accrovoile, bassin de pédalos à bras, animations jeunesse Canal J / Tiji, Stand du Journal de Mickey, aire de jeux et… Babette la Mouette !


Soirée by Lorina
19h – Mille jeux sur la scène Animations, avec des cadeaux à gagner

20h - 21h : 1re partie de soirée avec une banda languedocienne

21h - 22h : 2e partie avec le groupe « Le trottoir d’en face »

22h00 : Tirage au sort du Pass K’do

22h15 – 23h : Moussier Tombola ambiancera la soirée !

Groupama grince à Gruissan

Le 19 juillet 2015

Spindrift remporte le raid, CombiWest nouveau leader

Groupama, qui s’est laissé enfermer dans une voie sans issue lors du raid côtier de Gruissan, termine 19e de l’étape remportée par Spindrift, et cède le trône à CombiWest. A cinq rendez-vous de la fin, le Tour est totalement relancé !

Pain au chocolat ou croissant ? Fromage ou dessert ? Tramontane ou brise thermique ? L’été, la Méditerranée impose deux choses : choisir le bon indice de crème solaire… et le bon vent. Dès le briefing du matin, les fous de flux s’écharpent autour de Richard Silvani, le météorologue de Météo France, venu dispenser son savoir auprès des 28 skippers du Tour de France à la Voile. Se pose la problématique du jour : qui, de la tramontane ou de la brise thermique, sortira victorieuse de leur affrontement au-dessus du bassin de navigation du Tour, entre Gruissan et Narbonne ?

Pour Pierre Pennec, de retour aux manettes après le départ de Franck Cammas à Portsmouth pour les AC World Series, le choix semble évident : le thermique l’emportera. La première partie du raid du jour, qui mène la flotte jusqu’à la bouée de Valras Plage, se joue pour tous au près et au plus proche de la plage, là où s’ébat la tramontane (le cers en Languedoc-Roussillon), qui souffle en nord-ouest. Bien plus performant que le reste de la flotte à cette allure depuis le début du Tour, Groupama vire la bouée dans la foulée de PRB, dopé par la présence à la barre de Billy Besson, triple champion du monde de Nacra 17, série olympique, et entame sa redescente en orientant sa route vers le large. « Notre choix était déjà fait avant le départ, assure Pierre Pennec. A la montée, on avait navigué très près de la plage, et on estimait qu’en allant au large, on aurait le vent du large (la fameuse brise thermique annoncée le matin). Ça n’a pas été le cas. On s’est vraiment posé la question de la droite ou la gauche en repartant au près à partir de la plage et, une fois qu’on avait choisi, il était déjà trop tard. »
Derrière, Spindrift, qui est revenu de la 22e à la 6e place dans la remontée au vent, hésite encore. Xavier Revil, raconte : « On avait le choix entre suivre les premiers (Groupama, PRB…), ou tenter un truc. En fait, on n’a même pas tenté un truc : on a vu les gars qui étaient derrière virer pour aller à terre et on s’est dit que c’était aussi bien de contrôler la flotte, parce qu’on était sûr de ne pas pouvoir suivre les premiers (Groupama) en vitesse pure. »

A bord de CombiWest, deuxième du classement général au départ, le choix est encore plus cornélien. Damien Iehl : « Rapidement, les bateaux de tête ont commencé à tomber dans du mou, avec ce fameux thermique, et on a saisi l’opportunité tout de suite pour retourner à terre avec Spindrift et quelques bateaux. Tout de suite, un énorme écart s’est creusé entre ceux qui ont choisi la tramontane et ceux qui ont insisté sur le thermique. Dans ces cas là, le tacticien regarde le plan d’eau, on discute à partir ce qu’il nous apporte et on agit. Mais c’était une prise de risque importante puisque virer signifiait qu’on laissait Groupama faire sa route. On a eu de la réussite, mais on a aussi été opportuniste. »

Sixième à la bouée ouest, CombiWest parvient à grignoter quelques places pour, finalement, prendre la troisième place derrière Spindrift et lafrancedunordausud.fr, en pleine bourre depuis une semaine. Ne restait plus alors qu’à égrener le nombre de bateaux intercalés entre le Diam 24 barré par Damien Iehl et celui de Pierre Pennec, finalement 19e de l’étape et dépossédé du gennaker bleu du leader du classement général. « On prend notre première « bâche », et c’est une vraie bâche, qui n’arrive pas vraiment au bon moment », lâche le barreur de Groupama, dépité de n’avoir pas su choisir entre Charybde et Scylla.

Mieux valait, en ce dimanche à Gruissan, être en proie au doute que porté par une certitude. Ce qui n’est pas vraiment une règle en régate. Mais c’est bien pour cette capacité à ne pas respecter les règles et à brouiller les cartes que la Méditerranée est tout autant redoutée que désirée, sur le Tour de France à la Voile.

ILS ONT DIT

Pierre Pennec (barreur de Groupama) : « On passe deuxième à la troisième bouée, on choisit de partir au large parce qu’on estime que la quatrième bouée mouille au large et qu’il y a, là-bas, un autre vent. A la montée, on avait navigué très près de la plage, et on estimait qu’en allant au large, on aurait le vent du large. On a espéré qu’à un moment l’autre groupe taperait dans une zone de transition pour aller retourner au large. Ça n’a pas été le cas : c’est le vent de la plage qui a prédominé, et on est passé derrière. Une fois qu’on avait choisi, il était déjà trop tard, et notre choix était fait avant le départ. On prend notre première « bâche », c’est une vraie bâche et elle n’arrive pas vraiment au bon moment. Ca fait beaucoup de points perdus sur nos deux concurrents directs. C’est le sport… On  va se battre point par point pour gagner le Tour parce qu’on est venu pour ça. »

Damien Iehl (barreur de CombiWest) : « C’est un scénario fou ! . On savait que la tramontane serait présente, mais il était annoncé aussi que, au large, la brise thermique allait monter, étonnamment, et que les deux allaient se confronter. Rapidement, les bateaux de tête ont commencé à tomber dans du mou, avec ce fameux thermique, et on a saisi l’opportunité tout de suite pour retourner en terre avec Spindrift et quelques bateaux. Tout de suite, ça a fait un énorme écart. Entre le thermique et cette fameuse tramontane, on a eu de la réussite, mais on a aussi été opportuniste. Pierre a super bien navigué, il a bien senti le coup. Comment ça se décide ? On a discuté assez rapidement. Dans ces cas là, le tacticien regarde le plan d’eau, on discute avec ce qu’il nous apporte et on agit. Mais c’était une prise de risque importante puisque virer signifiait qu’on laissait Groupama faire sa route. Quand on a viré de bord, Spindrift virait aussi et on a choisi d’aller tenter notre chance. Et ça a payé. »

Frédéric Guilmin (skipper de CombiWest) : « Aujourd’hui, il y a eu un all in, on a gagné un bon pactole. On a commencé à la course avec un trou dans le bas de laine (12e du raid côtier à Dunkerque), on a mis des sous de côté sur le livret A au fil des étapes, il faut maintenant qu’on serre notre bas de laine. On va faire super gaffe à ne pas faire de grosse faute, comme une règle noire (disqualification pour départ volé sous pavillon noir), pour ne pas faire comme Groupama aujourd’hui. Ça serait trop bête de gâcher ce capital sur un seul coup. »

Xavier Revil (skipper de Spindrit) : « Il ne faisait pas bon ouvrir la route ? Ce n’est pas dit : on les a vus partir très loin devant nous sur le premier bord. Mais ça a tamponné à Narbonne, on était revenu 6e, avec un grand bord de près. On avait le choix entre suivre les premiers (Groupama), mais quand on cherche à les suivre, on n’arrive pas à les doubler, ou tenter un truc. En fait, on n’a même pas tenté un truc : on a vu les gars qui étaient derrière virer pour aller à terre et on s’est que c’était aussi bien de contrôler la flotte. C’est étonnant que les cinq premiers n’aient pas choisi de virer à terre pour maîtriser la flotte. Sans doute avaient-ils un autre schéma en tête… On est très content, on n’a rien lâché, on a eu notre lot de contrariétés et on sait que la route sera encore longue. C’est vraiment super de se battre comme ça quand le bateau marche bien et que l’osmose dans l’équipe est si belle. C’est une super journée. »

 


Flash info

Le 19 juillet 2015

Spindrift OK, Groupama KO

Spindrift remporte le raid côtier de Gruissan en coupant la ligne d'arrivée après 35 milles et 3h45 de course, ce dimanche. Le Diam mené par Xavier Revil s'impose devant Lafrancedunordausud.fr et CombiWest, nouveau leader du Tour de France à la Voile. Coincé dans une voie sans issue au large, Groupama termine 19ème et cède le leadership.

Infos et commentaires à venir !

Tour de France à la Voile 2015, étape de Gruissan, le 19 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Gruissan, le 19 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Tramontane ou thermique ? Le vent à Gruissan… Comment ça marche

Le 19 juillet 2015

Contrairement à beaucoup de sports, la voile dépend totalement d'un phénomène que l'homme de maîtrise pas : le vent. Et comme la météo n'est pas une science exacte, il arrive qu'on s'y perde un peu...

Richard Silvani de Météo France est le 'Monsieur Météo' du Tour de France à la Voile. Il est en contact permanent avec le Directeur de Course Christophe Gaumont pour anticiper les parcours et gérer au mieux les régates.

Il nous explique les conditions sur le parcours côtier de Gruissan : « Nous sommes sur une petite Tramontane, donc avec un vent de nord-ouest et ça risque de naviguer un peu sportivement !! Il y aura 20 nœuds de vent moyen et parfois des rafales à 26-27 nœuds. Les marins devront donc être vigilants sur l'eau. Ce n'est pas ce que les modèles annonçaient au départ. Il y a deux jours, ils prévoyaient du thermique mais aujourd'hui, ce que nous appelons le vent synoptique qui est généré par les grands systèmes météo, est plus fort et le phénoméne de brise thermique ne peut pas s'installer. On va donc garder du nord-ouest toute la journée. » 

Vent synoptique, vent thermique, kezako ?

Le vent synoptique est un vent généré par l'interaction entre un anticyclone et une dépression.

Le vent thermique est un vent généré par les différences de réchauffement entre terre et mer. Il peut s'agir d'une brise de mer ou d'une brise de terre.

La brise de mer :

Durant la journée, le soleil chauffe la terre tandis que la mer garde sensiblement la même température. Il résulte de cela une brise de mer. En altitude (300m), l'air subit un mouvement inverse. Cette brise apparaît en début d'après-midi. Elle est plus importante au printemps et au début de l'été car la mer reste froide alors que le soleil chauffe rapidement la terre.

La brise de terre :

Durant la nuit, la terre se refroidit rapidement tandis que la mer garde sensiblement la même température. Il résulte de cela une brise de terre. En altitude (300m), l'air subit un mouvement inverse.

Cette brise est nettement plus faible. Elle devient importante au début de l'automne car la mer reste assez chaude tandis que l'air se rafraîchit.

Un grand vent synoptique gêne souvent la mise en place de brise thermique.

 

La Med selon Kito

Le 19 juillet 2015

Amour, gloire et Méditerranée

Christophe Fourcault de Pavant se préfère Kito de Pavant. Il est né en Dordogne, se frotte aux Bretons à longueur d’année, il a pris la Méditerranée pour terre d’adoption, et la région du Grau-du-Roi pour camp de base. Le skipper de Made in Midi, qui prépare aussi le prochain Vendée Globe avec des entreprises provençales, raconte sa Méditerranée.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Pornichet, le 09 juillet 2015. © Morgan BOVE / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Pornichet, le 09 juillet 2015. © Morgan BOVE / ASO - Morgan BOVE / ASO

« Ma Med… J’y suis arrivé quand j’étais petit. C’est là que je navigue depuis toujours. J’y ai tellement navigué, en croisière, en course, en régate, surtout sur l’ouest du plan d’eau… Résumer cette mer en quelques mots ? Elle peut être compliquée à naviguer. On a coutume de dire qu’elle est plus difficile à lire que l’Atlantique, mais je ne suis pas forcément d’accord avec ça, même si la météo est plus stable dans l’Atlantique. On voit arriver les choses. En Méditerranée, avec les reliefs, tout peut se passer. Mais, ce qui est sûr, c’est que les bons régatiers sont ceux qui brillent sur la Méditerranée, parce qu’elle t’oblige à anticiper et à prendre l’habitude d’exploiter tout ce qui se présente. Il faut savoir changer de stratégie rapidement, être opportuniste… Moi, j’aime bien ça. Je suis parfois décontenancé en Atlantique dans le vent stable medium, alors que je pense ne pas être trop mauvais dans le petit temps méditerranéen et dans la brise. Naviguer dans le mistral, j’adore ça, ça m’éclate.

La course au large n’est pas dans la culture du bateau en Méditerranée. Les gros bateaux de course y passent rarement, la Solitaire quasiment jamais, même s’il y a des formats, comme la Generali Solo qui vient y faire étape tous les deux mois. Ce sont d’autres cultures qui s’affirment : la voile de propriétaires parce que les gens fortunés s’installent notamment sur la Riviera, ou la régate au contact et le match race. Il y a une exception culturelle en Languedoc-Roussillon, autour du Grau du Roi et de la Grande-Motte, justement parce que ce n’est pas l’endroit où s’installent les grandes fortunes.

Alors il a bien fallu aller chercher une autre façon de naviguer. Pas mal de régatiers du coin aussi on fait de l’olympisme et du match racing, et ils ont développé un exemple qui a été suivi. La Coupe de l’America, qui a fait halte à Sète, par exemple, a donné à des jeunes de se frotter à ça, dans l’élan provoqué par exemple par Sébastien Col, Pierre Mas et quelques autres.

La Med a accouché de pas mal de coureurs de très haut niveau, malgré tout : Sébastien Josse, Jean-Pierre Dick, Dominique Vittet, qui a gagné la Solitaire, Jean-Marie Vidal, Laurent Pellecuer, moi aussi et tant d’autres… Puis il y a cette équipe qui a développé le CEM (Centre d’entraînement Méditerranée, à la Grande-Motte), qui ont permis de goûter au large.

Mon coup de cœur sur la Méditerranée ? Le Cap de Creus, à deux pointes de Roses, à même pas 10 milles du village du Tour de France à la Voile. C’est l’extrémité orientale de la péninsule ibérique et des Pyrénées. L’endroit est sublime et c’est notre Cap Horn à nous, Méditerranéens. Quand le vent souffle à trente nœuds à Marseille, il cogne à 70 nœuds au Cap de Creus. C’est très, très impressionnant. Ce qui est magique, c’est qu’il y a mille petites criques pour s’abriter, des zones cachées dans la côte escarpée, où le vent n’entre jamais. On peut toujours trouver une crique qui protègera le bateau, quelle que soit l’orientation du vent, qui passe au-dessus. Dans ce coin, il y a des pépites, sable blanc et mer turquoise, qu’on ne peut atteindre que par la mer. Un régal. » 

Les mots des marins

Le 19 juillet 2015

Humeurs et impressions des marins

Les mots du matin

À Gruissan, où la tradition de l’accueil du Tour de France à la Voile se perpétue, les « sudistes » sont au rendez-vous de la conférence de presse du matin. Nicolas Bérenger (Beijaflore) représente la Grande-Motte, Gwen Bick et Made in Midi sont de Port-Camargue et Bruno Staub (Lorina) skippe un projet établi à Marseille.

Tour de France à la Voile 2015, étape de Gruissan, le 19 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Gruissan, le 19 juillet 2015. Photo © Jean-Marie LIOT / ASO - Jean-Marie LIOT / ASO

Nicolas Bérenger (Beijaflore) :
« On fait un assez bon Tour, même si on n’est pas aussi brillant qu’on l’espérait. On va être à la bagarre jusqu’à la fin du Tour avec Prince de Bretagne et PRB pour la sixième place, voire plus puisque six bateaux se tiennent de près entre la 6e et la 11e place. On fait de belles choses sur les côtiers, on est moins à l’aise dans le stade nautique, mais le groupe commence à se connaître et on monte en puissance doucement. On est super fort à terre : on a mis une heure pile pour construire le bateau, uniquement avec les quatre navigants du team. Ça compte énormément, chaque minute de sommeil a de la valeur. Mais, j’avoue, ce matin, ça pique un peu. »

Gwen Bick (co-skipper de Made in Midi) :
« Notre optique est de former des jeunes pour l’avenir. On a plein de jeunes talentueux marins à la Grande-Motte ou dans les différents clubs alentours, dont celui de Carnon, d’où vient une partie de notre équipage. L’idée est de leur ouvrir d’autres horizons, et le Tour de France à la Voile ouvre beaucoup de portes. On ne voulait pas louper le coche de ce nouveau format, les jeunes s’éclatent et progressent. On a les défauts de ces qualités sur les résultats : on fait tourner neuf navigants ; on n’a donc pas tous les automatismes, notamment hier, où on a péché par manque de réflexes (Made in Midi a spectaculairement chaviré à Roses en chavirant par l’avant, offrant des images saisissantes, sans accuser de blessé). L’enchaînement des régates et des montages et démontages des bateaux « tire sur la couenne ». On n’a que Françoise, la femme de Kito de Pavant, pour nous aider à terre. Du coup, ce sont les navigants qui travaillent à terre. Cela demande beaucoup d’organisation, de répartition des tâches pour ne pas engranger trop de fatigue. »

Bruno Staub (skipper de Lorina) : 
« On est fournisseur officiel du Tour, et le projet sportif est arrivé un peu tard, ce qui a raccourci notre préparation. Avec Gruissan et la Méditerranée, on arrive chez nous, même si nos équipiers viennent de Brest, Lorient, Marseille… On se découvre, même si on se croise depuis longtemps en tant qu’adversaires. On a navigué les uns contre les autres sur différents supports – et de la même manière, on se connaît très bien avec Nicolas Bérenger et Gwen Bick), mais ce Tour est une grande première pour nous, comme ça l’est pour notre sponsor, qui n’avait jamais communiqué dans la voile. Bref, on a beaucoup de compétences cumulées, on apprend encore à les conjuguer sur l’eau. Ce qui me marque le plus de cette nouvelle formule du Tour ? Il y a beaucoup d’entraide entre les teams, ce que je ne voyais pas avant, avec la formule des étapes de ralliement d’une ville à l’autre. Là, chaque team passe beaucoup de temps à terre, le service de restauration mis en place par ASO nous facilite la vie et nous permet aussi de nous retrouver, tous, à table, autour d’un café ou d’une limonade et, du coup, il y a bien plus d’échanges qu’auparavant. Il y a aussi beaucoup plus de solidarité entre équipes. Quand Vannes Agglo est rentré au paddock, hier, pour changer un flotteur, on a vu les préparateurs de différentes équipes se presser pour donner un coup de main. C’était un beau moment de solidarité. » 

Jean-Claude Meric, directeur de l’Office du tourisme de Gruissan et secrétaire général de la FFVoile :
« Notre marina compte 1650 anneaux, ce qui n’est pas rien. C’est un plaisir d’accueillir le Tour pour la cinquième année consécutive. Comme pour l’organisation, la nouvelle formule du Tour nous fait penser et nous organiser autrement.  Je suis ravi du changement du passage au multicoque, qui offre plus de spectacle. Les bateaux ne partent pas au large, ils ne sont plus anonymes et, en termes d’accueil et d’image, cela défend l’idée que la voile n’est pas un sport qui exclut les gens. La station de Gruissan est griffée sports de glisse, et, pour ça notamment, le Diam 24 est bien mieux que le M34. Si on peut accueillir plus de Diam l’an prochain ? Gruissan est une station no limit : rappelez-vous que nous avons lancé il y a longtemps un événement de windsurf pour 100 planches. On en a plus de 1 000 maintenant, on sait accueillir tout le monde. »

Le programme du 19 juillet

Le 19 juillet 2015

Gruissan, Acte 7, scène 1

Raid côtier à partir de 13 heures

En transfert hier soir, la caravane du Tour de France à la Voile vient de s’installer à Gruissan, pour deux jours de course en Languedoc-Roussillon. 38 milles attendent les 28 Diam via un aller-retour Gruissan-Valras Plage. 

LE PROGRAMME SPORTIF

11h00 – Mise à l’eau des bateaux
13h00 – Procédure de départ du raid côtier. Départ de l’entrée du port de Gruissan, direction le nord-est et Valras Plage, 38 milles nautiques en triangle. Les conditions météo : soleil, belle chaleur et la tramontane qui soufflait en matinée sera renforcée en milieu d’après-midi, aux alentours de 20 noeuds.
18h00 - Meet the skippers : Venez échanger avec Nicolas Bérenger (Beijaflore), Gwen Bick (co-skipper de Made in Midi) et Bruno Staub (skipper de Lorina) .


ANIMATIONS

11h00 : ouverture du village Animations sur le port de plaisance
Exposition sur les 30 ans du Tour, démonstrations des sauveteurs en mer (SNSM), initiations aux sports nautiques avec la FFVoile, coulisses de la Marine Nationale, plaine des sports Décathlon, Accrovoile, bassin de pédalos à bras, animations jeunesse Canal J / Tiji, Stand du Journal de Mickey, aire de jeux et… Babette la Mouette !


Soirée by Lorina

19h – Mille jeux sur la scène Animations, avec des cadeaux à gagner 

20h - 21h : 1re partie de soirée avec une banda languedocienne

21h - 22h : 2e partie avec le groupe « Le trottoir d’en face »

22h00 : Tirage au sort du Pass K’do

22h15 – 23h : DJ Eddy Sound et son saxophoniste fou



CombiWest, tapas et chavirages

Le 18 juillet 2015

Fred Guilmin remporte le stade nautique de Roses

Quelle journée ! Dans une brise soutenue et des risées traîtresses, CombiWest remporte la journée de régates en stade nautique de Roses devant Normandy Elite Team et lafrancedunordausud.fr. Pas très à l’aise lors des qualifications, Groupama termine 5e de cette journée. L’avance du leader au classement général n’est « plus » que de 12 points sur CombiWest. PRB et Vannes Agglo Golfe du Morbihan se sont accrochés, Made in Midi et Sodebo ont chaviré sans dommages. Sacré spectacle !



« Eh, les gars ! On est les seuls à avoir battu CombiWest aujourd’hui, c’est pas beau, ça ? » Hilare, Aurélien Ducroz interpelle sa dream team, Laurent Allais Voiron et Olivier Backès. Le tacticien et le barreur, qui ont frôlé le podium olympique à Athènes en 2004 sur Tornado ont aussi la banane : lafrancedunordausud.fr décroche son premier podium sur ce Tour de France à la Voile en prenant la troisième place du jour, notamment grâce à sa victoire dans la première manche de qualification du jour, juste devant CombiWest.

C’est la seule concession faite par Frédéric Guilmin au reste de la flotte en ce samedi. Premier des deux régates suivantes de qualification de leur groupe, le skipper de CombiWest et ses compères terminent également premiers de la finale Or… Trois victoires, une deuxième place, l’équipage breton s’impose devant Normandy Elite Team, très à l’aise dans le vent soutenu, et lafrandunordausud.fr. « C’était beau, on a navigué propre, simple et dans la facilité, souligne Fred Guilmin. C’est le deuxième Acte dans sa totalité qu’on gagne (après les Sables d’Olonne, ndlr). Je garde toujours la même ligne de conduite : on fait bien les choses et on les laisse faire des trucs mal. » Ou comment inverser la pression… ou tenter de le faire. Dans des conditions assez soutenues (17 à 20 nœuds de sud-est avec des risées bien vitaminées), les CombiBoyz performent tandis que, pour une fois, Franck Cammas et Groupama ne parviennent pas à marquer à la culotte leur principal poursuivant au classement général.

Des conditions d’Hombre

Sixième de la première manche de qualification, septième de la deuxième, Groupama a semblé peu à l’aise à Roses. « Ce qui a été compliqué ? D’abord, je crois que le parcours était mal mouillé », déplore Franck Cammas, avant de reconnaître quelques hésitations à bord : « On aurait pu mieux faire en manœuvres et en placements. L’équipage était nouveau, il fallait se caler et on a trouvé pour les deux dernières manches seulement. C’était un peu tard... » Cinquième de la journée, Groupama concède quatre de ses seize points d’avance au classement général à CombiWest, sans doute le dernier équipage vraiment menaçant. Puni pour un départ volé lors de la première régate du jour, Spindrift marque le pas et prend la septième place du jour. Bien que toujours troisième du classement général, le Diam noir se retrouve sous la menace de Grandeur Nature Vérandas, toujours d’une épatante régularité.

Si Damien Iehl, Louis Clayessens et Frédéric Guilmin conjuguent leur expertise du match racing et de l’olympisme sans faux accord, ils se sont faits deux petites frayeurs : « On a fait deux plantés un peu ‘costauds’ où je suis passé de l’arrière à l’avant juste avant l’arrivée… », concède le skipper de CombiWest. Chaud, mais maîtrisé, le Diam bleu blanc et vert a juste trempé le nez de son Diam 24 dans l’eau, tandis que Made in Midi et Sodebo ont culbuté par l’avant dans le bord de vent arrière qui menait de la porte bleue à la porte rouge, rendu redoutable par des risées imprévisibles. Pas de bobos, mais des images spectaculaires qui souligneront que, oui, vraiment, Roses fut une étape reine de ce 38e Tour de France à la Voile.


ILS ONT DIT

Fred Guilmin (skipper de CombiWest), vainqueur du jour : « On est vraiment content. C’était beau, on a navigué propre, simple et dans la facilité. C’est le deuxième Acte dans sa totalité qu’on gagne : on sent la montée en puissance, et ça fait du bien. Les conditions étaient solides, on a fait deux plantés un peu ‘costauds’ où je suis passé de l’arrière à l’avant juste avant l’arrivée… On est encore loin du premier au général mais peut-être doivent-ils (Groupama) commencer à s’inquiéter un peu. Je garde toujours la même ligne de conduite : on fait des trucs bien et on les laisse faire des trucs mal. Aujourd’hui j’avais mis la configuration plus musclée à bord, c’est-à-dire avec des mecs un peu plus lourds, avec Louis (Clayessens) et moi à tirer sur les bouts, et Pierre (Leboucher) au repos. Le vent était au rendez-vous, même un petit peu plus fort qu’on l’attendait, des conditions parfaites pour nous. Damien a pris de super bons départs, nous n’avions plus qu’à assurer, à aller de bon bord en bon bord sans faire de nœuds. On a envoyé de la calorie ! Maintenant il faut récupérer de cette journée et ce n’est pas simple. On va arriver tard cette nuit et Gruissan va être une étape charnière, parce qu’il n’y a pas de jour off. On va étudier le côtier de demain dans la voiture, ce soir. Sur le Tour de France à la Voile, l’outil principal c’est le convertisseur 12V-220V pour pouvoir bosser dans la voiture ! »

Franck Cammas (skipper de Groupama) : « On doit avoir une dizaine de points d’avance encore, mais c’est sûr que CombiWest travaille bien. Je pars naviguer sur les ACWS su Groupama Team, on va avoir d’autres bateaux, d’autres compétiteurs, et c’est plutôt sympa. On voit bien qu’on ne tue pas le suspense, aujourd’hui. Spindrift prend une règle noire d’entrée de jeu et se retrouve pénalisé d’entrée de jeu, avec un gros déficit à l’arrivée. Ça peut arriver à tout le monde. Avec ce système de classement, 12 points d’avance, ce n’est vraiment pas beaucoup. Ce qui était compliqué ? D’abord, je crois que le parcours était mal mouillé. Quand on s’est retrouvé sur un départ où tout le monde est passé au vent, il n’y avait pas d’ouverture, et c’était des bords obligatoires. On a attendu beaucoup entre les manches, on s’est un peu refroidi. On aurait pu mieux faire en manœuvres et en placements. L’équipage était nouveau, il fallait se caler et on a trouvé pour les deux dernières manches seulement, un peu tard, quoi. Vent arrière, ce n’était pas grave, mais le vent était extrêmement instable, on a vu même les meilleurs tomber dans le piège, il fallait vraiment avoir un coup d’avance pour pouvoir anticiper les risées.

Aurélien Ducroz (skipper de lafrancedunordausud.fr) : « C’est un joli bilan oui ! On est super content, on s’est bien battu toute la journée. Ça ressemblait un peu à Roscoff au niveau des conditions. On se rend compte qu’on est très à l’aise quand il y a de l’air. A la barre, Olivier Backès est incroyable quand ça souffle, au portant, il est d’une précision hallucinante. On fait quelques bons départs, et, quand c’était moyen, on a su revenir sur la flotte. Tout s’est bien déroulé, au niveau des manœuvres, ça filait tout seul, et, voilà, c’est une super journée ! On a pris énormément de plaisir, on signe notre premier podium sur le Tour de France, c’est génial ! »

Moana Vaireaux (régleur sur Sodebo) : « Bilan multiple aujourd’hui. On est plutôt content parce qu’on ne s’était jamais trop entraîné dans le vent, et on a eu de bonnes surprises, avec nos départs pas trop mauvais, des manœuvres pas trop mal, on navigue bien… Les conditions étaient top, come hier sur le raid côtier. Aujourd’hui, on a déchiré la grand-voile, et la voile de spare ne nous a pas trop pénalisés. Sur la finale, on prend un super départ, on domine assez confortablement et on se « met une boîte » alors qu’on n’attaquait pas comme des sourds. On est un peu déçu, parce que ça nous prive du podium, ça fait longtemps qu’on attend ça, maintenant… Jusqu’au dessalage, on a toujours su gérer ce bord de vent arrière. Quand on chavire, c’était presque plus mou que le passage d’avant. On fait le spectacle, mais on peut aussi essayer autre chose pour éviter le dessalage. On tarde à choquer le gennaker, ça a semblé bloquer un peu, mais on était tellement content d’avoiner, que ça pouvait arriver. »

Charles Hainneville (skipper de Normandy Elite Teams) : « Je suis très content. Les conditions étaient solides, mais pas musclées, on a fait pire. On gagne deux manches et on fait une fois deuxième. C’est toujours agréable de mettre des bateaux comme Groupama derrière nous. Et comme en plus on s’est fait chambrer par Franck Cammas, c’est qu’on a dû bien faire le taf, c’est plutôt sympa. On se fréquente un peu en Nacra 17, on aime bien se chambrer. »

Gwen Bick (barreur de Made in Midi) : « Il y a des photos de notre chavirage ? Oui ? Alors je veux bien raconter (rires). On n’a pas eu le temps d’avoir peur. Ça va super vite, on était sur le bord du parcours pour aller à la bouée sous le vent, à la layline, et on n’arrivait pas à empanner à cause des bateaux autour de nous. On empanne tard, on est très serré et, pendant que le prépare le roulage du gennaker, une grosse « bouffe » nous rattrape (une risée, ndlr). Et on a un tout petit souci technique qui nous freine dans notre intervention : le gennak se détache. On est parti super rapidement. J’étais au milieu, je n’ai pas sauté de très haut, contrairement à Marie Soler, qui est tombée depuis le poste de barre. Quant à Robin (Christol), avec ses deux mètres, il est arrivé vite à l’eau et il ne s’est pas fait mal. Il est solide, le gaillard… La seule angoisse, dans ces cas-là, c’est de se retrouver coincé sous le trampoline. Pour le reste, le bateau n’est pas très grand et on ne risque pas énormément. On attaque, oui, c’est normal : on est en course, il y a des adversaires à effacer, les bords sont parfois serrés avec de grosses risées. Et la nature est plus forte que nous, définitivement ! C’était notre première navigation ensemble, on n’a pas d’automatismes, mais on a été plutôt bon sur les départs, avec Marie qui dit clairement ce qu’elle veut et qui ne se laisse pas faire par les anciens. Elle a un vrai potentiel. On a été dans le match, et on a été à l’attaque, avec les petits jeunes… à part moi (rires) !"

 

Contenu

Parce qu’elles l’Agrival bien

Le 18 juillet 2015

Le mag

La régate au contact, elle connait. Pauline Chalaux, skipper du seul équipage 100% féminin de ce Tour de France à la voile fut vice-championne de France de Match-Race en 2014, tout comme ses équipières Nolwenn Combaux et Jeanne Courtois. Habituée à jouer des coudes sur un plan d’eau, Pauline découvre en revanche le multicoque, un nouveau support auquel il faut s’adapter. Et quand on est un équipage amateur avec une vie professionnelle à gérer à côté, cela demande du temps. Le Team Agrival a reçu son bateau début février et s’est entraîné du côté de Lorient où est basé le Diam 24. Sur le Tour de France à la Voile, elles sont huit à se relayer. La plupart d’entre elles, naviguent ensemble depuis 2007 et ont déjà participé au Tour de France à la Voile…

Tour de France à la Voile 2015, étape de Dunkerque, le 03 juillet 2015. © Morgan BOVE / ASO
Tour de France à la Voile 2015, étape de Dunkerque, le 03 juillet 2015. © Morgan BOVE / ASO - Morgan BOVE / ASO

Comment sont répartis les rôles à bord ? 

De l’arrière vers l’avant, il y a la barreuse, puis la tacticienne qui règle le chariot de grand-voile, et dans le petit temps c’est tranquille, mais dans la brise c’est assez physique au près. Ensuite on a l’embraque, qui gère l’envoi de grand-voile et le réglage du gennaker et qui se fait aider par la numéro un. Quand le vent fracîhit, c’est la numéro un qui manivelle et l’embraque qui tient l’écoute, ce que les gars arrivent sans doute à faire tout seul, mais nous on doit le faire à deux dès qu’il y a plus de 15 nœuds de vent…

Notre barreuse Sophie d’Ortoli s’est blessée au Havre avant le Tour. Jeanne a barré jusque Roscoff, puis c’est Julie Bossard qui a pris le relais aux Sables d’Olonne. Elle reste jusque Gruissan inclus et ensuite c’est Jeanne qui reprend la barre jusque la fin.

 

Est-ce un avantage d’être quatre, en terme de poids ?

On a besoin d’être quatre parce que physiquement, dès qu’il y a de l’air, ça devient très dur, notamment pour le gennaker. C’est un bateau très exigeant. Par contre quand il n’y a pas beaucoup de vent, comme hier, on préférerait être trois. En Diam 24, il y a un poids minimum pour l’équipage, qui est de 220kg, donc à quatre, cela reviendrait à peser 55kg chacune, or pour être solide physiquement à 55kg, c’est difficile. Donc on est forcément au dessus, en milieu de tableau. Mais si on pesait 73kg chacune, on le ferait à trois !

Quel bilan tirez-vous de cette première moitié du Tour nouvelle formule ?

A Pornichet, on a réussi à faire une belle journée. On était dans la première moitié du paquet dans les stadium. Nous sommes plus à l’aise sur ce format de course parce qu’on a fait beaucoup de match race, on est plus habitué aux parcours courts et à la régate au contact. Sur les raids, on découvre un peu la navigation avec les petits instruments et on a encore du mal à décoller de l’écran pour équilibrer avec ce que l’on voit sur le fond et quand même attaquer dans les cailloux. Mais c’est une question d’habitude, ça va venir.

 

Qu’est ce qui vous paraît le plus difficile ?

Pour l’instant, on n’a pas eu énormément de vent sur le Tour donc physiquement, ça va. A terre, certains transferts sont un peu fatiguants. Nous sommes cinq filles plus un préparateur, et comme on est trois bateaux à mutualiser pas mal de choses, on peut s’entraider. Mais le montage et démontage du bateau, c’est tout le monde en même temps, donc ce sont les naviguants et le préparateur qui s’en occupent. Or, même si en théorie, on peut monter et démonter le bateau en une heure et demi, cela prend plus de temps car il faut toujours bricoler un peu.

 

Régater face à des grands noms de la voile quand on est un équipage amateur, c’est comment ?

Les fois où nous avons fait le Tour, il n’y avait pas forcément de grands noms de la voile, mais aujourd’hui c’est impressionnant. Ca fait vraiment plaisir quand on réussit parfois à être devant des bons. Et en même temps on se dit qu’il y a encore du boulot pour être dans le Top 10 ou 15. Mais je crois qu’il y a moyen.

 

 

Roses, Acte 6, scène 2

Le 18 juillet 2015

Stade nautique à partir de 11h30

La baie de Roses a ravi les équipages hier lors du raid côtier. La voici promise à des bagarres féroces dans une brise qui devrait forcir au fil des manches, dont la première sera lancée à 11h30 devant la marina de Roses.

LE PROGRAMME SPORTIF

11h30 : Procédures de départ pour les phases de qualification des groupes jaune et gris
15h30 : début des phases de finale des groupes Or et Argent.
19h00 : remise des prix sur la scène du village Animations

Soirée by Lorina

20h - 21h : 1ère partie de soirée avec un groupe local

21h - 22h : 2e partie avec Lionel Tim

22h00 : Tirage au sort du Pass K’do

22h15 – 23h : DJ Eddy et musicien


A Spindrift le bouquet de Roses

Le 17 juillet 2015

Morvan, costaud sur la Costa Brava

Après 3h35 de course, Spindrift remporte le raid côtier de Roses (Espagne), vendredi, devant CombiWest, Groupama, Vannes Agglo – Golfe du Morbihan et Grandeur Nature Vérandas. La Méditerranée semble ne pas vouloir redistribuer les cartes tout de suite : les trois premiers sont des habitués du podium du classement général de ce 38e Tour de France à la Voile.

Au menu, 36 milles dans la baie de Roses, dans une brise côtière bien établie mais non dépourvue de pièges. Parti plein pot dès la ligne de départ, Spindrift trace la route avec plusieurs longueurs d’avance sur le peloton. Une avance qui oscillera sous la pression de CombiWest, Grandeur Nature Vérandas et Vannes Agglo – Golfe du Morbihan notamment, tandis que Groupama, parti prudemment, voire trop prudemment, grignote son retard, plus sûrement que lentement.

Pour effacer le souvenir des Sables d’Olonne, douloureux pour François Morvan, rien de mieux qu’une victoire. Le barreur de Spindrift, qui prit sans partage la responsabilité de cet Acte manqué, a retrouvé le sourire, ce vendredi à Roses, en menant le bateau noir et or à la victoire sur le raid côtier. Dès la ligne de départ, la journée sent le bon boulot. Plus vite, plus précis, Spindrift s’envole et prend plusieurs longueurs d’avance, un pécule sur lequel François Morvan, Thierry Douillard et Mathieu Vandamme préserveront une bonne partie des 3h35 de course.

S’ensuit pourtant un mano a mano, raconté par les barreurs. François Morvan : « On a été en tête depuis le départ, mais on se fait doub