Les équipages étudiants sur le TFV
Neuf équipages étudiants participent à l’édition 2010 du Tour de France à la Voile. Malgré les difficultés liées à la recherche de sponsors et à la gestion des entraînements, les étudiants présents sur l’épreuve se révèlent passionnés, enthousiastes et capables de réaliser de belles performances.
Neuf projets étudiants se sont engagés sur le Tour de France à la Voile 2010. Certains, à l’instar de Team SOG-SAFRAN et de CSC-HEC-Ecole Navale, réalisent de belles performances. Ces équipages, actuellement en tête du classement étudiant, occupent respectivement les huitième et douzième places du classement général. Mais ce ne sont pas les seuls à briller. «
Le niveau global des étudiants est très élevé » confirme Daniel Souben, le skipper de Courrier Dunkerque. S’engager sur le TFV n’est pourtant pas aisé pour ces équipages.
Première difficulté : concilier études et entraînement. «
On essaye de se débrouiller, » explique Arthur Ponroy, numéro 1 de Team SOG - SAFRAN. «
On met parfois un peu de côté les cours pour naviguer » avoue de son côté Grégoire Seizilles, piano de Normale Sup Lagardère. Mais pas question de sacrifier les études pour autant. Grégoire Seizilles : «
Nous avons tous un projet académique derrière et la voile reste avant tout une passion. » Si certains étudiants présents sur le TFV nourrissent l’ambition de vivre de la voile, beaucoup sont là pour le plaisir et l’objectif n’est pas de devenir professionnel. La voile reste avant tout une passion.
Une passion qui prend beaucoup de temps. Sur ce point, tous les équipages ne sont pas logés à la même enseigne. Les écoles sont par exemple implantées plus ou moins loin de la mer. Un facteur qui peut avoir son importance, comme l’explique Grégoire Seizilles : «
L’école est à Paris et on navigue en Bretagne donc c’est compliqué pour les transports. Nous avons fait dix heures de voiture toutes les deux semaines pour pouvoir nous entraîner. » La recherche de sponsors, à côté des études et des entraînements, constitue l’un des autres points sensibles. Il n’est pas toujours facile de trouver le budget surtout quand on n’a pas un projet spécialement sur le long terme. Des équipages ont les moyens de s’offrir les services d’un skipper professionnel. D’autres non.
Malgré les entraînements et les régates de préparation, les étudiants arrivent souvent sur le TFV avec un manque de préparation, comme le confirme Grégoire Seizilles: «
On est arrivés un peu juste même si on a eu le bateau relativement tôt (en décembre). C’est un peu limite niveau timing car il faut tout monter en six mois. » Une fois la compétition lancée, ils font leur possible pour combler une partie du retard par rapport aux équipages plus expérimentés. Et y parviennent souvent, devenant ainsi de plus en plus performants.
Les projets étudiants font en tout cas preuve d’enthousiasme. Le TFV leur offre en effet une occasion unique de se confronter aux meilleurs sur des régates de haut niveau. «
On se bat avec des professionnels, des légendes de la voile française. En faisant quelques manches devant eux on a l’impression de toucher le top niveau. C’est une chance unique de faire le TFV, » conclut Grégoire Seizilles.
Olivier Bourbon / Effets Mer