Le Sud et le Nord en haut de la vague
Les Sudistes de Toulon-Provence-Méditerranée - COYCH et les Nordistes de Courrier Dunkerque s'emparent des deux manches disputées aujourd'hui en Vendée. La journée a été houleuse avec un peu de clapot et un vent plus faible que prévu. Ce soir, les équipages embarquent pour Royan. Un ralliement avancé pour, justement, éviter d'être encore à Talmont quand la houle y sera trop importante.
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Sur les côtes vendéennes, le fond remonte beaucoup et en cas de vent de Sud-Ouest, la mer est assez dure. » Explication efficace du Figariste Antoine Koch, navigateur à bord de Team SOG – Safran. Et aujourd’hui, devant Port-Bourgenay, les deux parcours bananes ont bien secoué les coureurs. Mer verte, deux mètres de houle minimum et vent faible : c’est une météo difficile qui a exigé une vraie concentration des équipages.
Des conditions complexes domptées par TPM – COYCH et Courrier Dunkerque. Les Sudistes s’imposent sur la première manche et reprennent la troisième place du général, derrière Nouvelle-Calédonie et Courrier Dunkerque qui a remporté la deuxième manche du jour. Chez les amateurs, Ville de Genève – Carrefour Prévention continue de mener, mais est talonné par Mummaduck ! Deuxièmes et neuvièmes aujourd’hui, les Hollandais se sont réveillés et attaquent pour de bon. Chez les étudiants, CSC – HEC – Ecole Navale devance de 48 points les Trinitains de Team SOG – Safran, qui ne leur lâchent rien.
Le ralliement qui partira ce soir à 20h pourrait d’ailleurs changer cet ordre-là. Ces 64 milles de coefficient deux amèneront rapidement les Farr 30 à Royan. Selon Koch, ce sera «
a priori un long bord de près débridé, tout droit. Le départ et le passage à la bouée de dégagement seront importants. Il faudra tenir sa place. Arrivés dans l’estuaire de la Gironde, il faudra peut-être tirer des bords au vent arrière avec du courant portant. Par contre, au milieu, il y aura 50 milles plus neutres où il faudra juste aller vite. » Route directe vers la Gironde, donc, avec une arrivée estimée demain matin, très tôt.
Récit de la première manche du jour :
Six à dix nœuds de vent, creux de deux mètres. Banane à deux tours mouillée au 245°, longue d’1,5 milles. 10h35 : premier départ et rappel général. Le deuxième départ sous pavillon noir est le bon, aucun bateau n’est disqualifié. Après la première bouée au vent, Ile-de-France 2010 mène devant Nouvelle-Calédonie et Mummaduck. Mais TPM – COYCH remonte et finit par couper en tête la ligne. Mummaduck est deuxième, Nouvelle-Calédonie troisième. 12 minutes d’écart à l’arrivée entre le premier et le dernier, Supelec.
Récit de la seconde manche du jour :
Première procédure de départ, bascule de vent et aperçu. Le vent a pris de la gauche : le parcours est mouillé au 225° et est long d’1,5 milles. Banane à deux tours. Manche – Basse Normandie prend de suite les devants, suivi par Courrier Dunkerque et Ville de Genève – Carrefour Prévention. Courrier Dunkerque passe les Normands et remporte la manche. Derrière, Manche – Basse Normandie et Nouvelle-Calédonie.
Ils ont dit
François Verdier, numéro un de TPM – COYCH :
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C’était assez dur. Il y avait plus de mer que de vent et le vent a molli tout au long de la journée. Nous avons eu du mal à nous caler, à faire marcher le bateau. Mais la première manche a bien fonctionné. Nous nous sommes bien placés dès le début et avons mené le bateau là où il y avait plus de pression. Deuxième manche : nous sommes un peu moins bien partis. Nous avons croisé quelques bateaux derrière et avons essayé de composer avec ça. Nous sommes revenus mais un bel écart s’était formé. Le ralliement de ce soir ? Ca nous a un peu surpris, mais toutes les équipes sont dans le même cas. Nous allons faire une petite sieste. L’équipage ne va pas tourner, mais il est en forme. Le tout, c’est de garder le moral et de s’amuser. »
Benoit Charon, skipper et tacticien de Manche – Basse Normandie :
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Dix et deux : c’est une bonne journée. Nous sortons d’un ralliement hyper difficile où nous sommes 26e – je crois que nous n’avions jamais fait ça sur un TFV. Nous sommes plutôt satisfaits. Surtout qu’il y a un derby ici : les Bulots contre les Malouins. Et aujourd’hui, nous les battons deux fois ! Nous avions une bonne tactique au près et une vitesse correcte. C’était vraiment compliqué. Il fallait un peu d’inspiration et beaucoup de chance. C’est très difficile de maintenir la vitesse du bateau. Il tape dans les vagues et c’est beaucoup de travail. Ce soir, ils n’annoncent pas tant de vent que ça, au moins au début du ralliement. Nous allons surtout arriver au petit matin dans les passes de la Gironde. Ca risque d’être spectaculaire, avec du coefficient et d’énormes vagues. On va avoir peur !(rires) »
Antoine Koch, navigateur de Team SOG – Safran :
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Une journée pas facile, avec pas mal de clapot. Sur les côtes vendéennes, le fond remonte beaucoup et en cas de vent de Sud-Ouest, la mer est assez dure. Pas beaucoup de vent. Il fallait être très concentré pour faire marcher le bateau. Nous avons eu un peu de mal, nous étions un peu englués dans le trafic sur les premiers bords de près. Malgré tout, nous sommes restés concentrés et revenons un peu sur la fin des manches. Deux manches moyennes, mais nos concurrents directs au général sont derrière : nous sauvons les meubles. J’ai rejoint cet équipage à Lorient. Il y a un très bon potentiel à bord, le bateau est bien réglé. Mais le TFV est long et difficile. Les ralliements sont un exercice différent de ce à quoi ces régatiers purs sont habitués. Il faut découvrir l’organisation du TFV, la régularité dans la durée. Je ne me fais pas de souci parce qu’il y a vraiment une bonne ambiance et beaucoup de talent. »
* Changement de programme ! La direction de course du Tour de France à la Voile a décidé d'avancer le ralliement entre Talmont et Royan. Les 28 Farr 30 partiront ce soir à 20h. Une décision liée à la météo et annoncée ce matin au briefing de 8h30.
Météo Consult prévoit du vent de force six à sept et des rafales à neuf dès demain midi. Et en cas de vent fort, un phénomène de houle bloque l'entrée de Port-Bourgenay. Maintenir le départ du ralliement à l'heure initiale, demain, risquerait donc de bloquer la flotte au port 36 heures. « Pour mettre les bateaux à l'abri », William Borel et l'ensemble de la direction de course ont choisi d'avancer la course.
Conséquence : le départ de la course-étape est avancé de 24 heures et décalé à 20h ce mardi. Un nouveau parcours de 64 milles a été étudié. Si la flotte file à sept nœuds, elle devrait arriver à Royan à partir de 5h, demain matin.
Agathe Armand / Effets Mer