Bienvenue sur la Grande Bleue !
Le décor a changé. Le mistral souffle, la mer est chaude et c'est la cagna. Arrivés hier à Port-Camargue, les 28 équipages de cette 33e édition ont remis leur Farr 30 à l'eau. Grutages, mâtages, réglages et essais en mer avant que la compétition ne reprenne, demain.
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Deux minutes ! Il vous reste deux minutes ! » Ce matin, au moment de gruter sur la zone technique de Port-Camargue, Jérôme Fourel presse les coureurs. Si ce responsable manutention ne les arrêtait pas, les concurrents pourraient polir leur carène toute la journée ! «
Effectivement, ils sont un peu tatillons ! » Fourel s'en amuse. « Mais ça fait partie du jeu. » De toute manière, les équipages ont du boulot et il est temps de mettre à l'eau.
Pour cela, deux appareils : une grue de 16 tonnes qui lève le bateau et le sort de sa remorque. Et une grue de 80 tonnes qui place le Farr dans la darse du port. Puis c'est le mâtage, moment délicat selon Fourel. «
Aujourd'hui, il y a un peu de vent. Ce sont des mâts très légers que l'on prend, que l'on met en hauteur et qui bougent. »
Une fois le voilier mis à l'eau et mâté, il faut le ranger et régler le gréement. Une tâche déterminante pour les futures performances du bateau ! Avant de démâter, les coureurs ont repéré les réglages, les longueurs de câble et les emplacements des haubans pour pouvoir reproduire les mêmes ici, dans le Gard. Et pour les peaufiner, certains sortent s'entraîner en mer cet après-midi.
S'entraîner, c'est aussi le moyen de prendre ses marques sur ce nouveau plan d'eau. « Il y a moins de jeu avec les courants en Méditerranée, » confirme Martin Fauvel, équipier de CSC - HEC - Ecole Navale. Après la Manche et l'Atlantique, la Grande Bleue peut redistribuer les cartes ! Cette dernière semaine de régates sudistes est prometteuse - et, peut-être, un peu inquiétante. Fauvel : «
Il va falloir être performant et à fond pour conserver la tête du classement. Nous avons nos points forts et nos points faibles, et ce n'est pas sûr que la Méditerranée soit notre point fort. Nous allons essayer de ne pas en faire un point faible ! »
Même écho du côté des pros : Bertrand Pacé, le skipper de Nouvelle-Calédonie, est leader au général. Il sait que les hommes de Courrier Dunkerque, deuxièmes avec 30 points d'écart, ne lâcheront rien. Troisième, Toulon-Provence-Méditerranée - COYCH se rapproche de ses terres ! Toujours à l'aise en Méditerranée, l'équipage varois s'accroche. Et chez les amateurs, c'est Ville de Genève - Carrefour Prévention qui mène. Les Suisses estiment avoir plus d'expérience en Méditerranée qu'en Atlantique, ils vont donc tout faire pour distance Purflo - Les Thermes Marins - St Malo, deuxième.
Reprise de la course dès demain, à midi, en baie d'Aigues Mortes. La première régate sera sans doute une manche d'entraînement, suivie d'une ou plusieurs manches. Un vent thermique de force deux à trois est annoncé, et la direction de course espère donner de nombreux départs pour que, justement, le jeu continue !
Martin Fauvel, piano de CSC - HEC - Ecole Navale :
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Nous sommes partis vendredi à 20h de Royan et avons roulé de nuit. Nous sommes arrivés à 3h du matin à Port-Camargue. Le bateau a été transporté par un transporteur professionnel. Hier, nous avons d'abord passé un coup de papier de verre sur la coque, puis un coup de polish histoire que ça glisse bien. Nous avons nettoyé le mât et enlevé toutes les saletés qu'on a trimballées sur la route. Ce matin, il a fallu ramener le mât à côté de la cale de mise à l'eau. Nous avons gruté pour mettre le bateau à l'eau. Après, il faut mâter, mettre les drisses au clair, accrocher les haubans et faire un peu de ménage sur le bateau. Nous allons faire un tour sur la Méditerranée. C'est un nouveau plan d'eau, ce sont de nouvelles conditions et il faut s'y familiariser. Nous allons sortir quatre ou cinq heures pour travailler les manœuvres. »
Guillaume Combescure, régleur de grand-voile d'INSA - SOPRA - TSP - TEM :
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Nous étions en retard pour gruter hier. Nous devions bosser sur la carène, refaire le joint de quille, mettre quelques coups de mastic, polisher toute la coque. Nous terminons aujourd'hui et allons gruter. Nous nous attendions à avoir du boulot sur le bateau, mais pas autant ! Nous avions talonné à Dunkerque, mais ça coûte des points de sortir le bateau de l'eau. Nous ne l'avions pas sorti tout de suite et avons dû refaire la réparation. Plusieurs bateaux ont gruté avant Royan parce que c'était plus grave. Nous, ce n'était quasiment rien ! En Méditerranée, il va falloir que nous remontions au classement. Nous avions bien commencé et avons eu un gros coup de mou. Là, plusieurs coureurs sont de la Med, c'est comme si nous étions à domicile. Nous allons tout donner ! »
Rens van Arkel, numéro un de TU Delft :
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Hier, nous avons préparé le bateau pour le grutage prévu ce matin. Ce que nous attendons de la Méditerranée ? Nous étions venus pour gagner le classement étudiant, mais nous sommes actuellement quatrièmes. Nous avons eu un début difficile et le niveau est vraiment haut. Je crois que nous serions contents d'atteindre le top trois. Nous allons donner le meilleur de nous-mêmes. »
Agathe Armand / Effets Mer