Être numéro 1 dans la brise
Il s’agite sur la plage avant et y gère les manœuvres. Entre l’équilibriste et le gros bras, le numéro un est l’un des postes clés à bord du Farr 30. Installation du tangon, envoi du spi, affalage, virement et empannage : il est en charge de tout ce qui concerne les voiles d’avant.

Il s’agite sur la plage avant et y gère les manœuvres. Entre l’équilibriste et le gros bras, le numéro un est l’un des postes clés à bord du Farr 30. Installation du tangon, envoi du spi, affalage, virement et empannage : il est en charge de tout ce qui concerne les voiles d’avant.
Les numéros un Claire Pruvot (Manche – Basse Normandie) et Elodie Fauve (Côtes d’Armor) nous parlent de leur rôle et de la brise après une manche corsée à Port-Barcarès.
Claire Pruvot, numéro un de Manche – Basse Normandie :
Première participation au projet en 2000/01
Tu es habituellement numéro un en match race. Quelle est la différence avec une compétition comme le TFV ?
« Essentiellement sur les manœuvres de voile d’avant. En match race, on ne change pas de voile d’avant : on n’a qu’un foc. Là, on a à gérer les changements de voile d’avant avec trois voiles d’avant différentes et deux spis de taille différente. Manœuvres des voiles d’avant, changements de voile en cours de manche et manœuvres un peu plus techniques sur les parcours de ralliement. »
Le match race, une bonne école pour le TFV ?
« Oui, ça se complète bien. J’aime toujours venir sur le circuit Farr 30 et sur le TFV pour garder le côté technique du travail à sept. C’est vrai qu’en match race, chez les filles, ça nous arrive de naviguer à six mais c’est vraiment accru en Farr 30. Le côté match race, on peut le retrouver sur des bananes, voire des ralliements un peu serrés. On l’a vu hier avec TPM – COYCH qui était en tête et qui a fait un peu de match race avec Côtes d’Armor, non ? »
Une étape comme aujourd’hui, dans la brise, n’est-elle pas trop difficile pour le numéro un ?
« Il faut beaucoup anticiper. On le sent au niveau physique. Si on enchaîne les manches, c’est vrai qu’il faut un physique et une endurance importante. Si l’équipage anticipe bien les manœuvres, ça reste relativement simple. Dans le gros temps, le gros point est d’avoir toujours un coup d’avance, de tout préparer pour qu’au moment où une risée arrive, on ne soit pas pris au dépourvu et pour qu’on ne parte pas en vrac. »
Le numéro un a aussi un rôle important lors du départ. Vous avez coupé la ligne trop tôt aujourd’hui. Un problème ?
« Aujourd’hui, il y a effectivement eu un petit problème. A quatre secondes du départ, nous voyons encore la marque de bout de ligne, donc nous disons que c’est bon. Je pense que nous volons vraiment sur la toute dernière seconde. En plus, nous étions masqués par Val Thorens qui s’est fait rappelé aussi, et on s’est dit que ça passait. Avec le vent qu’il y avait, nous n’avons pas entendu tout de suite que nous étions rappelés et nous sommes revenus très tard pour reprendre le départ. Ca a été la course poursuite pour revenir au contact. Finalement, nous reprenons six ou sept places. Mais le bilan n’est pas très bon ! »
Des moments scabreux ?
« C’était toujours contrôlable. Il y avait plutôt de la molle vers la marque au vent, donc aucun souci pour l’envoi du spi. Nous restions toujours assez haut en tribord pour récupérer les risées et c’est bien rentré sur le dernier bord de spi. J’ai essayé de filmer à l’arrière mais j’ai dû arrêter et il fallait envoyer le foc. Nous n’avons eu aucun vrac. Globalement aujourd’hui, au niveau manœuvres, nous étions bien ! »
Elodie Fauve, numéro un de Côtes d’Armor :
Deuxième participation au TFV
Tu es numéro un depuis deux jours. Est-ce dur dans ces conditions ?
« Oui, pour moi qui suis plus ou moins débutante puisque je n’ai fait qu’un TFV. Surtout que je ne suis pas très physique ! Mais on apprend petit à petit. Avant le Farr 30, j’ai fait de l’Optimist, du 420 et je fais un peu de match race. »
Les recettes d’un numéro un dans une telle brise ? N’est-ce pas trop physique pour une jeune femme ?
« Il faut s’organiser avant un empannage, un affalage. Affaler ou hisser le spi, empanner quand il y a de la brise comme ça, ça n’est pas évident pour moi. Mais ça va ! Aujourd’hui, c’était dur. Mais j’ai de l’aide à bord : les gars viennent m’aider à l’avant. Le tacticien m’aide pas mal, et même tout l’équipage. Je suis la seule fille à bord mais ça se passe très bien ! »
Agathe Armand / Effets Mer